Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

29 août 2025

1104. Les Ruines de YHWH

 

LES RUINES DE YHWH

Ô mon Dieu, toi qui fuis l’élan de ta grandeur,
Laissant là s'effacer ta sainte indifférence,
La porte ouverte aux fous, aux âmes en laideur,
Trafiquants, assassins, meurtriers à outrance.  

Quand tu tais tes appels aux portes des enfers,
Délivrant les esprits que la tristesse ronge,
Ces démons à kippas, quittant leurs cieux amers,
Viennent hanter ce lieu où nul ne te prolonge.  

Dans ce panthéon vaste où ton nom s’évanouit,
Tu marches au cœur de l’ombre et des os entassés,
Chaque fosse à Gaza où l’humain se réduit,
Et vois que l’amour manque en ces restes glacés.  

Que font donc ces Khazars, convertis d’un vieux temps,
Sur terre d’Israël, volant l’espoir promis ?
Vois leurs pas s’enliser dans la cendre et le vent,
Sous un ciel où ton nom n’est plus qu'écho terni.  

Ce n’est point le jugement, ni l’éclat du pardon,
Mais l’odeur de la mort, tenace, qui s’élève.
Ici, tout n’est que cendres, sans espoir ni raison,
Un monde où la lumière en silence s’achève.

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28 août 2025

1103. Quand Gros Nounours renverse les Euro-Poubelles


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QUAND GROS NOUNOURS RENVERSE LES EURO-POUBELLES

On a tous vu, les yeux ébahis, l’Empire du Chaos joueer les gros durs, en mode guerre hybride ou pas, contre les BRICS et l’Eurasie qui ose s’intégrer sans demander la permission ! Quelle audace, vraiment. Et puis quoi, une petite photo souvenir dans le Bureau Ovale, ça fait pas de mal ! L’humiliation intégrale des élites euro-poubelles 2025, alignées comme des gamins apeurés venant se faire gronder par le grand patron du cirque, la Voix de Son Maître en personne. 

On aurait dit une comédie de bas étage : la Coalition des Connards, courbée, la queue entre les jambes, pendant que Trump pliait l’Europe sur son genou telle une vulgaire brindille. Pathétique. 

Évidemment, Poutine, ce devin des steppes, l’avait vu venir de loin, genre six mois avant, avec sa petite prophétie bien sentie : « Trump va remettre tout le monde au pas, et vous verrez, ils agiteront la queue comme des toutous bien dressés. » 

En plein dans le mille ! L’humiliation à la Maison Blanche n’a fait que confirmer l’obsession maladive de ces « dirigeants » euro-poubelles : pour eux, la paix, c’est la guerre, point barre. Leur logique tordue ? Si l’Ukraine est une marionnette anti-Russie depuis Maïdan 2014, eh bien, la Russie, cette ingrate, ose répliquer avec un peu trop de panache. Inadmissible !

Le fin mot de l’histoire, c’est cette fameuse « cause sous-jacente » de la tragédie ukrainienne, que ces génies refusent d’examiner, parce que, soyons sérieux, réfléchir, c’est trop leur demander. Résultat : l’Empire du Chaos et la Russie doivent s’asseoir pour négocier un nouvel accord de « sécurité indivisible », comme Moscou l’avait gentiment proposé en 2021 – avant de se prendre un vent monumental, évidemment. 

Et maintenant, la corproration euro-poubelle s’imagine redessiner les frontières entre une Europe réarmée (mais fauchée et divisée) et une Russie qui leur met une raclée stratégique. Rêvez toujours, les amis. Trump, ce grand stratège (mdr), pense qu’il peut imposer sa « réalité » à la Coalition des Connards, qui adore jouer les va-t-en-guerre sans un sou en poche. Son plan génial ? Faire porter le fardeau de la « contenance » de la Russie à l’Europe, avec un stock d’armes US hors de prix. Bravo, quel visionnaire. 

Sauf que, surprise, c'est pas tout. C’est la Coalition des Connards elle-même qui va mener cette nouvelle saison des Guerres Éternelles, pendant que les Américains regarderont depuis leurs canapés. Stratégie à court terme ? Survivre à Trump jusqu’en 2026, saboter sa présidence, et attendre le retour triomphal des russophobes démoncrates en 2028. 
Subtil, non ?

Et puis, y’a ce vieux renard de l’État Profond, qui sort de sa tanière pour nous éclairer de sa sagesse : « La Russie traîne trop en Ukraine, laissant l’OTAN jouer ses petites diversions. » Selon lui, à force de jouer les tortues, la Russie risque de se faire doubler dans les Balkans et ailleurs. Écraser les Slaves des Balkans ? Un jeu d’enfant pour l’OTAN, apparemment, pendant que la Russie lambine dans le Donbass. Conseil du jour, amis russes : finissez cette guerre fissa et occupez-vous du bazar dans les Balkans et à Bakou, sinon ça va vous coûter cher.

Trump, lui, n’a clairement pas le décodeur pour capter ces subtilités. Il marmonne sur Fox News que « l’Ukraine ne récupérera pas la Crimée » et « ne rejoindra jamais l’OTAN », mais il semble trouver normal que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni veuillent envoyer des troupes en Ukraine pour jouer aux « garanties de sécurité ». Une ligne rouge intergalactique pour Moscou, mais bon, Trump, hein, il a d’autres chats à fouetter en extrême-orient. 

Pendant ce temps, croire que Poutine va gentiment négocier la « paix » pendant un « cessez-le-feu » permettant de réarmer l'Ukraine ? C’est comme croire au Père Noël. Pour Moscou, la guerre se gagne sur le terrain, pas autour d’une table en dégustant des macarons. Les Russes, eux, avancent. Dernière ligne défensive ukrainienne dans le Donbass ? Slaviansk-Kramatorsk, bientôt un souvenir. Pokrovsk et Konstantinovka ? Encerclées. Une fois tombés ces bastions, y a plus rien jusqu'à la capitale Ukronazie. Et cerise sur le gâteau : un piratage informatique révèle que Kiev a perdu 1,7 million d’hommes, soit officiellement morts soit officiellement disparus du monde des vivants sur le champ de bataille sans laisser de traces. Ça calme. 

On approche du moment où que le vainqueur dictera ses conditions, sans avoir besoin d’aller planter son drapeau à Kiev. Un accord de « paix » à la sauce Trump ? Une blague qui coûterait à la Russie des défaites stratégiques majeures, genre abandonner Odessa et Kharkov aux griffes des anglais du MI6. Pendant ce temps, Moscou ferait bien de surveiller le Caucase du Sud, où la Turquie lorgne sur son corridor pan-touranique. Subtil, Erdogan, subtil.

L’Empire du Chaos, lui, continue sa croisade contre les BRICS et l’intégration eurasiatique. Le sommet de l’OCS, à Tianjin du 31 août au 1er septembre, va mettre tout ça sur la table, avec Poutine, Xi, Modi et Pezeshkian en guest stars. Message clair : BRICS et OCS doivent serrer les rangs, pas juste pour le commerce, mais pour la géostratégie. Négocier avec l’Empire du Chaos ? Oui, mais en bloc, et sans illusions. Poutine et Xi l’ont compris, Lula et Modi commencent à percuter. 

Et puis, il y a cette tentation délicieuse : Poutine offrant à Trump une sortie « magnanime » de l’Ukraine - qui la lui a joué à l'envers en jouant la proxypute de l'OTAN - en stoppant tout sur les lignes de front, histoire de sauver la face tout en encaissant une défaite stratégique. Sauf que le front « La Paix, c’est la Guerre » – de l'euro-poubelle, financiers atlantistes, néocons zombifiés – ne l’acceptera jamais. Ces gens-là ne lâchent rien. Et pendant ce temps, le front des menaces nucléaires, armes biologiques et du terrorisme se profile. La Russie a la Main Forte, prête à tout raser. L’Occident poubelle ? Une main décharnée de vieux zombie. 
Charmant tableau.

27 août 2025

1102. L'Intégrale de l'Arc à Robin

 

L'INTÉGRALE DE L'ARC À ROBIN

Les yeux de la classe avaient du mal à suivre ce qui se déroulait sur le tableau noir. La poussière de craie volait comme la fumée d'une mèche de pétard du même nom sur le point d'exploser. La main de Robin se déplaçait tel un piston, cliquetant sur le tableau dans un brouhaha d'arcs, de symboles et de paraboles. Les fractions se réduisaient à des racines carrées, les cosinus se séparaient et se rejoignaient, les intégrales se courbaient en boucles élégantes. Criii-craaa, criii-craaa, criii-cr-cr-craaa, la craie frappait de plus en plus vite, chaque coup atterrissant tel un tir de sniper. Des murmures s'élevaient dans son dos comme des étincelles jaillissant d'un fil électrique, crépitant plus fort, de plus en plus fort, plus sauvagement.

" C'est une intégrale de longueur d'arc de parabole, Robin, tu ne peux pas la résoudre ! " haleta Mme Compas.
    
Il ne s'arrêta pas, se contentant d'un sourire en coin, empli de secrets. Il fit tourner le puzzle mentalement – ​​à l'envers, puis à rebours, puis de haut en bas – le résolvant plus vite que ses doigts ne pouvaient le suivre. Puis, après un dernier coup de craie sur le tableau telle une griffe, il balança la craie en arrière comme une jeune mariée balançant sa jarretière. Sans même regarder, il le savait : plusieurs mains s'étaient levées pour l'attraper. Il se retourna et découvrit Mme Compas qui fixait le tableau d'un air qui disait qu'on venait de lui révéler la réponse à l'origine de l'univers.

" Personne ne résout ça en moins d'une semaine ", murmura-t-elle en secouant la tête, incrédule, envoyant ses lunettes glisser en bas de son nez comme si même elles n'arrivaient pas à croire ce qu'elles avaient devant les verres. Presque respectueuse, elle demanda : " Comment… comment as-tu appris à faire ça ? " 
Il haussa simplement les épaules. " J'ai lu le livre de Newton à la bibliothèque cet été."
 
La salle de classe explosa : les snickers tapèrent du pied, les poings frappèrent les bureaux, les voix s'élevèrent dans une cacophonie tumultueuse.

" Robin ! Robin ! Robin !
- Qui ça ?
- Robin ! Robin ! Robin !
- Robin qui qui ?  
- Robin Desbois ! "
  
" Aïe ? " Robin cligna des yeux, frottant l'endroit douloureux sur sa tête où quelque chose venait de rebondir. Un morceau de craie roula à ses pieds.
 
"Que se passe-t-il ? "
 
Le visage vide, il regarda Mme Compas comme une inconnue, comme une étrangère se profilant à côté de lui.
 
" Sais-tu résoudre l’équation ou pas ? "

Il se tourna vers le tableau. Les symboles défilaient devant lui ; malgré tous ses efforts pour les réorganiser, ils restaient obstinément indéchiffrables, comme écrits dans une langue ancienne que les dieux eux-mêmes avaient oubliée.
 
À bout de patience, Mme Compas rétorqua : " Répond !
- Je-je ne sais pas. "
 
" St-st-stupide ", railla un élève au fond de la classe.
- Ro-Rob- Robin, la bobine est cassée ", lança un autre.

Des rires éclatèrent dans la salle. La main de Mme Compas s'abattit sur son bureau tel un marteau, partagée entre pitié et exaspération.
 
" Silence ! " cria-t-elle. " Et toi," dit-elle à Robin, " je veux voir ta mère demain dans le bureau du directeur."
 
Tandis qu'il regagnait sa place, quelque chose lui accrocha la cheville – pas quelque chose d'anodin, mais un pied – et il s'écroula lourdement, tête la première. Un rire gronda autour de lui, profond et lointain comme le tonnerre.

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Le lendemain, Robin était assis face au nouveau directeur, nommé quelques semaines plus tôt. Mr. Laurimont, le précédent directeur, avait été licencié par l'académie pour avoir traité la responsable de l'association de parents d'élèves de « Putain de Babylone » et avoir mis le courriel insultant en copie à tout le corps enseignant, y compris aux parents d'élèves. Robin ignorait ce que tout ça signifiait, si ce n'est que le collège avait fermé ses portes pendant trois jours, le temps que les parents viennent déverser leur rage lors de l'assemblée suivante, et ça avait été amusant.
  
Sa mère était assise à côté de lui, ayant troqué le regard sombre qu'elle avait porté toute la matinée contre une expression polie et reconnaissante - son déguisement habituel en présence de personnes qui, selon elle, allaient la jau -sinon la ju- ger.
 
Il y avait également dans la pièce, en plus de Mme Compas, sa professeure de français, Mme Grace, et le conseiller d'orientation, le vieux Lebranchu, dont le vocabulaire semblait se résumer à trois mots : « Dites-m'en plus ». À voir leurs regards graves rivés sur lui, tels des faucons encerclant un mulot, les mains de Robin étaient moites de sueur.
   
" Madame Desbois ", commença le directeur, " nous vous avons convoquée pour discuter de certaines choses concernant votre fils Roland. 
- Robin ", corrigea Mme Desbois.
Il cligna des yeux. " Robin ? 
- Oui, il s'appelle  Robin.
- Eh bien, ce n'est pas ça qui compte ", rétorqua-t-il en agitant la main d'un air dédaigneux. " Ce qui compte, c'est… " ses yeux s'emplirent soudain d'émerveillement et d'excitation, " … qu'il soit… exceptionnel .
- Qui ça ? demanda la mère Desbois, déconcertée.
- Votre fils, bien sûr ! Qui d’autre ? 
- Robin ?
- Oui ! " s’écria le directeur, sautant pratiquement par-dessus le bureau, rayonnant.
" Mais… mais vous avez dit qu’il souffrait du pire cas de dyslexie que vous ayez vu depuis des décennies ! balbutia Mme Desbois.
- Ah !" , entonna le vieux Lebranchu, " je l'ai examiné plus en détail. Son QI est de 150 ! 
- Oh là là ! Attendez, c'est… élevé ?
- L'un des plus grands pouvoirs qu'un humain puisse posséder. Et il n'a que douze ans !"

Mme Grace pressa ses mains contre sa poitrine. " J'ai tellement honte ", dit-elle. " Je le jugeais paresseux à cause de son orthographe et de son écriture. Il s'avère que c'était un génie qui se battait pour s'affranchir de la prison des mots ! 
- Mais son bégaiement ne le freine-t-il pas ?  demanda Mme Desbois, peu convaincue.
- Avec son génie ", déclara le conseiller Lebranchu, " le bégaiement ne signifie rien.
- Il peut résoudre un tangram de quinze pièces en quelques secondes, lâcha Mme Compas.
- Il peut identifier Chopin, Mozart, Bach, Strauss, simplement en écoutant leur musique, déclara Mme Grace.
- Il ne prend pas de notes en cours, il se souvient simplement de tout !
- Son devoir « La différence entre l'empathie et la sympathie » est le meilleur que j'ai jamais lu.
- Je l'ai lu aussi", s'exclama le directeur. " Il a mieux expliqué ça que la plupart des psychologues de renom !
- Même Kévin, le plus grand tyran de l'école, le respecte. Imaginez quelqu'un d'aussi intelligent que même les tyrans disent « Non, il est cool. »
- Découvrir son esprit ", déclara M. Lebranchu, " c’est comme redécouvrir la pénicilline."

Bouleversée, Mme Desbois s'essuya les yeux avec son mouchoir. " Mon garçon ", murmura-t-elle. " Mon petit génie." Elle le répéta encore et encore en le serrant dans ses bras.
    
Tous les professeurs autour de la table applaudirent des deux mains.
 
" Robin, tu m’écoutes ?
- Devrions-nous l’inscrire au programme pour surdoués ?
- Robin ?
- Non, ce serait bien trop ennuyeux pour lui… 
- Robin!
- Hein ? " sursauta Robin. À sa grande surprise, le visage de sa mère à côté de lui ne rayonnait pas de fierté – il était noir comme un orage, sa bouche se crispait.

Secouant la tête, elle se tourna vers le directeur et demanda : " Quand pourra-t-il commencer les cours pour enfants ayant des besoins spéciaux ?"
     
---o---
 
Pas pressé de retourner en classe, Robin alla flâner dans les couloirs maintenant vides. Au collège, il ne se sentait jamais à l'aise un seul instant. Le vieux bâtiment dégageait une énergie étrange et brutale qu'il ne comprenait pas. Même dans le sous-sol humide, dans les recoins où que personne n'allait jamais, il se sentait traqué.
    
" Pourquoi je dois aller à l’école ? avait-il demandé un jour à sa mère.
- Parce que c’est ce que font les enfants, lui répondit-elle.
- Mais j’aime pas ça, y-aller.
- Et pourquoi pas ? L'école, c'est la chose la plus facile qu'on puisse faire."
     
Ce n'était pas facile du tout. Quoi de plus dur que l'école, pensa-t-il. Mais il n'était pas à l'aise non plus à la maison. Il avait l'impression d'être en désaccord partout. Il y avait chez lui quelque chose de mystérieux qui ne pouvait être résolu, comme une étiquette de col de chemise qui le démangeait malgré tous ses efforts.
     
" Hé, passe le ballon ! " cria quelqu’un.
     
Surpris, Robin regarda autour de lui et réalisa qu'il s'était dirigé vers le terrain de basket. Alors qu'il attrapait le ballon qui rebondissait vers lui, la voix – celle de Thomas Daquin – retentit à nouveau.
    
" Regardez-les gars, c'est lui ! "
     
Thomas, l'un des héros de l'école, jouait au basket dans l'équipe du collège en plus de celle du club sportif local et arpentait les couloirs avec un air de maussaderie royale et de mépris barbare. Il se tenait maintenant sous le panier au bout du terrain, entouré d'un groupe de garçons : Kévin, Fred, qui ne semblait jamais sourire ni bavarder, et un garçon qui, pour une raison inconnue, se faisait appeler par son nom de famille, Gasol. Ils n'avaient tous qu'un an de plus que lui, mais faisaient deux fois sa taille.
     
" Hé, Robin", dit Thomas. " Tu veux nous montrer comment que tu t'y prends ? " le défia-t-il.
  
Dans la main de Robin, le ballon lui parut soudain léger, électrique, comme s'il implorait de s'envoler. Un léger sourire se dessina au coin de ses lèvres tandis qu'il dribblait une fois – boum-boum-boum –, recula d'un pas et se dirigea droit vers le panier.  Le temps ralentit. Les lumières se transformèrent en halos autour de lui.  Il lança, à plus de 11 mètres, le ballon en un arc de cercle parfait, une parabole majestueuse. Et telle une comète à peine visible, il fila à travers le cercle du panier sans même fleurer les bords.
   
Pfouit. Rien que le bruit de frottement du filet.
 
Une acclamation retentit. Les garçons accoururent. Une salve d'applaudissements s'abattit sur Robin. Thomas Daquin s'agenouilla comme un chevalier devant son roi. " Apprends-moi, messire Robin ", dit-il solennellement. " Apprends-moi."
  
Claquement
     
" Aïe !" hurla Robin en se frottant le menton.
     
Thomas avait frappé par en dessous la balle que Robin tenait encore dans ses mains, la lui envoyant au visage. Les garçons, désormais rassemblés autour de Robin, éclatèrent de rire.
" Joli shoot, tête brouillée , se marra Thomas.
- On t'avait dit de passer le ballon, pas de lui rouler une pelle.
- Pourquoi t'es si bizarre ?" demanda Kévin en frappant Robin à la tête. " Tu te balades toujours comme un zombie.
- Laisse-le tranquille, Kév.
- Quoi ? Je vérifie juste qu'il est pas en état de mort cérébrale. " dit Kévin en frappant à nouveau Robin.

Soudain, Thomas repoussa Kévin : " Arrête ça !"

Les sourcils froncés d'inquiétude, il se tourna vers Robin : " Est-ce que ça va ? "
Le menton de Robin se leva : " Pourquoi tu demandes ? "
La confusion se lisait sur son visage, Thomas répondit : " Parce que je t'aime bien ! "
 
Soudain, Thomas se tenait trop près, son visage à quelques centimètres seulement. Il était si près que Robin pouvait voir les boucles noires de ses cils, la tache dorée dans ses yeux. Il sourit – un sourire éclatant – un trait de lumière brisant les ombres de son visage.

" Je t’aime bien, Robin , répéta-t-il.
- C'est vrai ?
- Oui. Tu es un peu petit, mais t'es gentil et a-musant. Mais… " Sa voix s'éteignit.

Les joues de Robin s'embrasèrent. " Mais ? insista-t-il.
- Tu es trop bien pour moi", dit-il en baissant la tête, comme s'il était gêné.
   
Levant le menton d'un doigt, Robin sourit : " Je t'aime bien aussi. Je t'ai toujours bien aimé."
   
Sans plus réfléchir, Robin se leva sur la pointe des pieds, rapprochant sa tête de celle de Thomas.
  
" Mais qu’est-ce que c’est que tu fais… bordel !"
  
La tête de Robin continua de s'élever...

" Qu'est-ce que tu fais, mec ?"
  
...et à s'élever…, ses pieds quittèrent le sol.
 
" Putain !"
 
...une élévation qui se transforma en arc de parabole avant de redescendre et de se dissoudre en un nuage de craie dans le trou du panier de l'autre côté du terrain.

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24 août 2025

1101. Big Brother veut ton selfie

 

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BIG BROTHER VEUT TON SELFIE

Nous devrions probablement quitter Internet. Ou pas, parce que, franchement, qui a le temps pour ça ?
Et voilà le grand complot pour "protéger les enfants" en espionnant tout le monde

23 août 2025, parce que, apparemment, le monde s’effondre en une semaine chrono. Oh, regardez-moi ça ! En SEULEMENT SEPT JOURS, le monde occidental a eu une illumination divine : les enfants existent sur Internet ! Quelle découverte époustouflante ! Après des décennies à laisser les prédateurs numériques se balader comme des touristes en tongs, à collecter les données des gamins comme des cartes Pokémon et à programmer des algorithmes pour transformer les ados en zombies accros aux écrans, nos chers gouvernements se réveillent soudainement avec une mission sacrée : « Protégeons les enfants ! » 

Pitié, passez-moi un kleenex, je suis tellement ému que j'ai les fesses qui suent. Si cet article vous donne des frissons de révolte, aimez-le, partagez-le, parce que, soyons honnêtes, ça changera probablement rien, mais ça fera super plaisir à mon ego surdimensionné. Et puis, ça lutte contre la censure, ou un truc dans ces eaux là. Youkaîdi !

13 août 2025 : YouTube, dans un élan de patriotisme digne d’un blockbuster hollywoodien, exige maintenant une carte d’identité pour regarder des vidéos de chatons  qui tombent des tables. God Bless America ! Liberté, courage, et… vérification d’identité pour du contenu en 480p. 

Le Royaume-Uni, jamais loin derrière, veut interdire les VPN, parce que pourquoi se contenter de murs quand on peut aussi brûler les échelles ? L’Irlande, elle, propose de scanner vos pensées avant que vous ne les tapiez – génial, non ? L’Australie interdit YouTube aux moins de 16 ans, parce que, visiblement, regarder des tutos Minecraft est une menace nationale. 

Et l’UE, fidèle à son amour pour les lois poussiéreuses, ressuscite des règles de surveillance dignes d’un méchant de James Bond. Tout ça en sept jours. Bravo, les gars, vous avez battu le record de la panique autoritaire.
Perso, je suis prêt à tout plaquer. Internet ? Poubelle. Blogspot ? À la trappe Et même Telegram s’ils osent demander ma carte d’identité ou mon permis d'écrire. Je suis prêt à vivre comme un ermite numérique, à graver mes posts sur des tablettes d’argile si ce besoin devient nécessaire. 

Vive la liberté ! Toutes ces plateformes qui se plient comme des roseaux sous la tempête méritent un boycott cataclysmique, genre le boycott des cartes bancaires prévu pour le 10 septembre puissance 10. Pas un petit « je désinstalle l’appli » discret, non, un exode biblique, une chute des actions qui fera pleurer leurs actionnaires dans leurs pentachaumières de Dubaï. 

Ce qu’ils veulent vraiment ? Oh, rien de bien méchant : juste scanner votre visage en continu pendant que vous regardez des niaiseries. Mesurer vos pupilles, analyser vos micro-grimaces, et transformer vos émotions en un joli tableur Excel pour leurs algorithmes. Adorable, non ? 

Apple, ces gentils philanthropes qui fabriquent des iPhones dans des usines avec des filets anti-suicide, a quand même eu le culot de dire non au gouvernement britannique. Chapeau, les gars, vous êtes quasi-presque des héros. Pendant ce temps, Spotify verrouille votre playlist de death metal derrière une vérification faciale. Parce que, oui, écouter du Metallica ou Marilyn Manson, c’est apparemment une menace pour la société. Imaginez Beethoven obligé de montrer son passeport pour jouer sa Neuvième. Ou Bob Dylan scannant sa rétine pour chanter Blowin’ in the Wind. Poétique, non ?

Ils protègent pas les enfants. Ils protègent leur petit pouvoir chéri. Chaque chanson rebelle, chaque post qui ose critiquer le système doit d’abord passer par leur base de données biométriques. Bien essayé, les gars. Supprimez Spotify, achetez des vinyles, piratez votre musique comme en 2005. Un peu d’effort, et hop, la liberté, la vraie, pas celle qu’on vous vend à 9,99 € par mois.

Au pays de Keir Starmer, 913 enfants meurent chaque année par automutilation ou suicide. Septième cause de mortalité infantile, juste après les accidents de bagnole et les cancers. Est-ce que le gouvernement a lancé une croisade contre les routes mal sécurisées ou les hôpitaux sous-financés ? Haha, bonne blague. Non, ils préfèrent scanner vos gueules pour vous empêcher de lire un thread sur Reddit. 

Pendant la plandémie de COVID qu'ils ont eux-mêmes orchestrée, ils ont enfermé les gosses chez eux, détruit leur santé mentale, saboté leur éducation, et maintenant ils blâment TikTok. Classique. Et pendant qu'en Angleterre, Channel 4 diffuse du porno soft à 21h, ils exigent une vérification d’âge pour regarder un tuto de tricottage. Logique imparable. 

Et qui récupère vos données ? Pas votre gentil gouvernement, non, non. Ce sont des boîtes privées, avec des CV qui sentent le renseignement militaire à plein nez. Authentics, dirigée par un ancien de l’unité 8200 israélienne, et AU10IX, encore des copains du Shinbet. Ils créent des « jumeaux numériques » de vous, des profils biométriques pour chaque fois que vous voulez tweeter une blague sur les chats. Rien de flippant là-dedans. 

Votre carte d’identité pour écouter du rap sur Spotify ? Elle ne va pas à Cupertino, elle atterrit direct dans une base de données d’espions. Youpi, la fête continue ! 300 000 Britanniques ont uploadé la bouille à Keir Starmer juste pour troller et saturer les systèmes de vérification. Chef-d’œuvre. Bravo les angliches ! Norman Reedus de Death Stranding est devenu l’icône improbable de la rébellion. C’est presque trop beau. Mais vous inquiétez pas, le système s’adapte. Bientôt, ce sera un scan facial en temps réel pendant que vous regardez une pub pour du shampoing. Vos émotions ? Monétisées. Votre attention ? Quantifiée. Votre liberté ? Lol, c’était quoi ce truc, déjà ?

Ils ne se soucient pas des enfants. S’ils s’en souciaient, ils n’auraient pas transformé la COVID en prison pour gamins, ignoré les vraies causes de mortalité infantile, ou diffusé du contenu explicite à l’heure du dîner. Ils ne veulent pas protéger, ils veulent contrôler. Internet est devenu trop puissant, trop libre, trop… dangereux pour eux. Printemps arabe, Occupy, WikiLeaks, GameStop, Brexit, Trump – tous ces moments où les gens ont osé penser par eux-mêmes. Quelle horreur ! 

Internet, c’est le pouvoir des gens, et ça, ils ne peuvent pas le tolérer. Google, ces gentils philanthropes du capitalisme de surveillance, a lancé son API d’identification numérique il y a onze mois. Quelle coïncidence ! Ils créent les lois, fournissent la tech, et facturent chaque clic. Votre existence ? Un abonnement Netflix. Votre vie privée ? Un péage à 2,99 balles par jour. Bienvenue dans le futur.

On a besoin d’un autre Internet. Pas un vague protocole à la mode, non, un truc parallèle, chiffré, décentralisé, où on peut parler sans qu’un algorithme ne vienne vérifier si on a le droit d’avoir une opinion. Les Amish avaient raison, finalement. Ils ont vu le piège venir et ont dit : « Non, merci, on va tricoter. »

Mais soyons sérieux deux secondes : on est à deux doigts du score de crédit social. Vérification d’âge aujourd’hui, interdiction des VPN demain, et après-demain, votre tweet sur le prix du pain sera refusé parce que votre score d’obéissance est trop bas. Youpi, la dystopie party ! Et pendant ce temps, Roblox, cette plateforme pour gosses qui vaut 25 milliards, attaque en justice les gens qui dénoncent les prédateurs pédophiles sur son site. Pas les prédateurs eux-mêmes hein, juste ceux qui les dénoncent. Logique. Montrez des preuves de grooming de gosses ? Poursuites. Exiger un scan facial pour lire Wikipédia ? Mesure de sécurité. Tout va bien dans le meilleur des mondes.
Les plateformes comme Roblox adorent le danger, juste assez pour faire peur, pas assez pour fermer boutique. Les gouvernements adorent les scandales, ça justifie leurs joujoux de surveillance. Et les boîtes de renseignement ? Elles transforment vos données en or massif. Tout le monde gagne, sauf vous. 

Et les enfants ? Lol, qui ? Les héros qui dénoncent les vrais problèmes ? Ils se retrouvent avec des avocats à payer. Les plateformes qui laissent les prédateurs courir ? Protégées par les lois. Et pendant ce temps, on vous demande votre passeport pour lire un article sur les bienfaits du yoga ou du miel d'acacias. Magnifique.

Alors, quoi ? On abandonne Internet ? Pff, dramatique. Le vrai Internet, celui où on s’organise, où on résiste, c’est notre dernier bastion. Boycottez les plateformes qui demandent votre ADN pour un like. Faites chuter leurs actions. Ignorez leurs règles. Créez vos propres réseaux, vos propres serveurs, vos propres règles. La révolution, c’est maintenant, pas après la prochaine mise à jour de leurs conditions d’utilisation. Ils veulent jouer les papas protecteurs ? Qu’ils surveillent des plateformes vides. Qu’ils scannent des fantômes. Qu’ils vérifient l’identité de personnes absentes ou d'ectoplasmes. Résistez. Boycottez. Criez. Pas demain. Maintenant. Parce que sinon, vos gosses grandiront dans un monde où que chaque pensée devra être approuvée par un algorithme. Sympa, non ?

Choisissez la liberté. Ou choisissez la commodité et regardez vos rêves devenir un service par abonnement. À vous de juger. À vous de jouer.

22 août 2025

1100. Washington 2025 : Ré-Capitulation d'une Mascarade


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WASHINGTON 2025 :
Ré-Capitulation d'une Mascarade

Trump flingue Zelensky : " T’as voulu jouer les caïds, t’as tout perdu, mon gars !"Alors là, Volodymyr, t’as cru que t’étais le héros d’un blockbuster Hollywoodien ou quoi ? T’as déclaré la guerre à la Russie, genre "j’vais tous les niquer", et maintenant, t’es là, à pleurnicher dans les jupons de Washington et Bruxelles pour quémander des thunes et des flingues. Bravo, champion ! Regarde ton Ukraine : un champ de ruines, des millions de gens qui se barrent, une économie qui fait pitié. 

T’as tout misé sur ta gueule de star devant les caméras, mais t’as oublié un détail : t’es pas Tony Stark, mec, t’es juste un pion ! T’as cru que l’OTAN, l’UE et les faucons de l'état profond ricains allaient te porter sur un trône doré pour avoir russophobé et massacrer les civils du Donbass pendant 8 ans dans le seul but d'inciter Poutine à intervenir ? Erreur fatale, frangin ! Les sanctions n'ont pas fonctionné, Bruno Lemaire a eu tout faux. T’as été manipulé comme une marionnette par ces vautours qui s’en battaient les couilles de ton pays.
C'était  écrit d'avance. Résultat ? Ton armée est en PLS, ton territoire est en lambeaux, et ton peuple te regarde comme un enculé de vendu à qui on avait promis la lune mais qu'a livré qu'un tas de gravats et 1.7 millions de soldats morts et/ou disparus dans ton camp, sans compter les blessés et les mutilés. Parce que oui oui, mon pauvre Volo, les chiffres planqués dans ton ministère de la défense ont été piratés et divulgués à la planète entière. Bien joué, maestro !

Le pire, c’est que t’avais des occases en or pour négocier la paix au début, mais non, toi, t’as écouté les promesses bidon de tes potes occidentaux, Biden, les Angliches et l'UE. Maintenant, t’es à sec, t’as plus rien dans le calbute à proposer, à part une capitulation déguisée en "super accord de sécurité". Mon pauvre Volo, tout le monde voit clair dans ton petit jeu foireux ! T’as transformé l’Ukraine en terrain de jeu pour les gros bonnets de l’Occident, et eux, ils vont bientôt se casser en te laissant seul face à Poutine, sans thunes, sans soldats, et avec une carrière politique qui sent le sapin. T’as tout gagné, pantin !"

Europe : l’UE, le pigeon de service, va raquer avec un sourire crispé ! 
Attendez, matez-moi cette scène digne d’une comédie bien naze ! La fine équipe des bras cassés qui se prennent pour les boss de l’Europe s’est pointée chez Trump, genre " on va lui montrer qui c’est qu'est les patrons ". Sauf que, oups, ils étaient même pas invités ! Ils ont dû se faufiler par la porte de service, reçus par une secrétaire peroxydée, avant de poireauter comme des glands dans l’antichambre. Et là, boum, Trump les a accueillis en mode " je vais vous éclater la tronche avec un sourire". Chacun a pris sa petite claque personnalisée, histoire de bien leur faire renifler la honte ! Et devinez qui qu'ils ont ramené dans leur équipe de bras cassés ? Le président finlandais, un mec qui représente que dalle, un figurant homo qui passe ses journées à taper des balles de golf et à mater le fion et l'entrejambe des autres joueurs. Ils se sont dit : " Oh, vu qu'il a déjà joué au golf avec Trump, ça va le faire !" Sauf que Trump, en mode troll ultime, a fait semblant de pas le reconnaître. La loose totale ! 

Macron a eu droit à une flatterie bien méprisante, genre "Oh comme t’es mignon avec ton bronzage", et Ursula von der Leyen, la reine des gaffes, s’est pris un combo spécial : Trump s’est foutu de sa gueule en la qualifiant de "super négociatrice" après qu’elle a signé le traité le plus foireux (1300 milliards + 15% de frais de douanes) du 3ème millénaire. Et quand elle a voulu parler des gosses ukrainiens, il l’a envoyée bouler direct. Cerise sur le gâteau : il l’a virée de la réunion parce qu’elle représente que dalle vu qu'elle est pas une dirigeante. Franchement, Ursula, t’as un problème avec la dignité ou quoi ? T’aimes te faire marcher sur les nibards, c’est ça ? Les Chinois t’ont déjà humiliée, et t'en redemandes, pov' tarte !

USA : Trump, le roi du vent, remet la despote blondasse à sa place ! 
Sérieux, ce sketch était tellement énorme que même les spectateurs en ont eu le souffle coupé quand ils ont pas lâché une prune en se tordant de rire ! La presse européenne, LCI en tête, ces champions de la désinfo, a fait genre "nan, tout va bien", mais personne n’est dupe. Les larbins de l’UE sont venus se faire remettre à leur place par le boss Trump, qui leur a bien rappelé qui c’est qu'est le patron. Sur la photo, on les voit tous baisser les yeux, en mode "j’regarde mes pompes, je fais profil bas"

Et le meilleur ? Un certain Poutine, le grand méchant loup qui bouffe des bébés selon les médias, un ogre selon Macouille se confiant à Darius Rochebin, l'irano-suisse de LCI tricard à la RTS, la radio-télé suisse, pour agressions sexuelles sur des jeunots, avait prédit tout ça ! Non mais c'est dingue quand même que Manu soit entouré que par des homos, des trans, des pervers et des pédos... Mais bon, revenons à nos moutons, pas besoin d’une DeLorean pour voir l’avenir, juste un peu de bon sens pour capter que cette bande de guignols et de tarlouzes allait se faire démonter.

France : Macron, le roi des pirouettes, entre gesticulations et courbettes.
Et là, gateau sur la cerise, on reparle de Poutine, le mec que tout le monde dépeint comme un monstre, qui avait déjà tout capté en février. Dans une interview, il balançait cash : "Les Européens ont chié sur Trump, ils ont soutenu Kamala Mala Harris à fond, mais Trump, avec sa grosse personnalité, va vite leur rappeler qui qui commande. Vous allez voir, ils vont tous ramper à ses pieds en remuant la queue." Et boum, il avait raison ! Pas besoin de boule de cristal, juste un peu de jugeote pour voir que cette coalition de pieds-nickelés allait se faire laminer par le Donald Duck.

Et oualà, le rideau se déchire, la lumière crame la rétine des gogos qui croient encore au Père Noël et à la grande fraternité transatlantique. Avec un peu de recul – celui des mecs qui zappent les infos en sirotant une bière, pas du lait chaud comme des bébés – le grand cirque post-Trump, c’est d’une clarté à nous faire marrer ou chialer, au choix.

Flashback, les gars. L’orange fluo en chef, le roi du bronzage en spray, qui se pointe à Kiev comme une rockstar, juste avant de remonter sur le trône. Nous, les petits Européens, naïfs comme des premières communiantes, on se demandait : « C’est quoi ce plan tordu ? » Eh ben, la réponse, elle est simple comme une vanne de comptoir, à s’en taper les cuisses ou à s’arracher les cheveux.

France : Macron, le roi du salto diplomatique, entre discours de warrior et courbettes de larbin
D’après des sources aussi fiables qu’un pari sur la météo russe, voilà comment ça s’est passé : Trump, avachi, les pompes sur le bureau, un Big Mac dégoulinant dans la main : « Écoute bien, Volodymyr, mon pote. Fini le cirque de la charité à la sauce Biden, le roi des magouilles. Terminé, les billets imprimés en mode photocopieuse pour aller cramer dans le Donbass. Nous, les vrais, les caïds du business, on donne plus que dalle. On vend ! C’est propre, c’est net, c’est capitalisme pur jus ! »
Zelensky, avec son treillis plus stylé que la perruque à Chibritte, un éclair de génie dans les yeux après deux shots de vodka : « J’kiffe grave, mec ! Concept de ouf ! On achète, et devinez qui c'est qui raque ? Les pigeons de l’Europe Unie ! »
Silence. Puis un check transatlantique qui claque comme un coup de tonnerre jusqu’aux bureaux moisis de Bruxelles.

Et là, mes neveux, le génie de l’arnaque explose comme un feu d’artifice discount. 
Pendant que nos champions de l’UE, la dream team Macron-Von der Leyen, jouent les cowboys en costard sur la scène mondiale, signant des chèques avec NOTRE fric – ouais, le nôtre, celui de notre feuille d’impôts – le duo Trump-Zelensky a bouclé le deal du siècle. L’UE, dans son rôle préféré de dindon de la farce, se crève à financer une guerre où l’oseille finit direct dans les poches des usines à flingues américaines. On paye l’Ukraine, qui paye les States, qui nous envoient une facture avec un sourire de requin. C’est rond, c’est beau, c’est une arnaque de haut-vol !

Macron, le grand gourou de la « souveraineté européenne » – qui achète ses bateaux aux Émirats et son gaz au Qatar, lol – et Von der Leyen, la reine des chèques en blanc, sont les Dalton de ce western foireux. Ils braquent la caisse de l’Europe pour engraisser les autres, tout en se prenant pour des super-héros. Ils sprintent devant le train en pensant le tirer, sans capter qu’une locomotive trumpiste les pousse direct dans le ravin de la loose stratégique.

Europe : Les Dalton de l’UE, en tournée à Washington pour éviter que Volo Dalton se fasse latter par Lucky Luke. Alors, les gars, ça vous branche d’être les pigeons de luxe, les portefeuilles ambulants, les bouffons officiels d’un jeu géopolitique où que vous êtes juste la monnaie d’échange ? Trump veut arrêter la guerre, qu’il dit. PTR. Il a juste lancé une nouvelle baston, version virtuelle, une « guerre de sécurité » bien juteuse. 
Il a pas arrêté le conflit, il l’a mis sur PayPal ! Et nos chefs, coincés dans leur délire de grandeur, lui ont refilé le terminal de paiement sur un plateau d’argent.

La blague est énorme, mais c’est nous qui casquons. Et elle coûte cher, la vanne : 150 milliards par an, drones inclus, en plus des 600 milliards pour le gaz US et les 700 milliards d'investissement aux States. Alors, on dit merci qui ? Merci Trump, merci les nôtres, et surtout, merci à nous, les champions du chèque en bois !

20 août 2025

1099. Saint-Perplexe, l'ïle crypto-esclavagiste

 


SAINT-PERPLEXE, L'ÎLE CRYPTO-ESCLAVAGISTE

Avant propos - Note du service juridique de Meltingpot56

En publiant les délires les plus fous de l'entité égrégorique connue uniquement sous le blaze de « Roro », ou Ronaldo, un individu qu'a squatté nos appartements il y a quelques années de ça, la rédaction de ce blog n'approuve en aucune façon le contenu de cet essai et décline toute responsabilité quant aux conclusions qui pourraient en être tirées ni aux conséquences financières et/ou économiques (positives ou négatives) qui en découlent. L'auteur (Roro) est seul responsable, y compris, mais sans s'y limiter, des réclamations pour diffamation, calomnie, dénigrement, privation de droits, délit, dommage, pré-préjudice, préjudice, post-préjudice, démiurgie, apocalypse, fracture, fracas, chute, perte économique ou non, perte métanomique, métanymes, hétéronymes, orthonymes, fausse poétique, séquestration, embarras public, honte privée, culpabilité religieuse, visions béatifiques et/ou élévation de conscience.

Que le lecteur se le tienne pour dit et vienne pas nous chercher des noises ou jouer les casse-couil noisettes.

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Le texte à Roro

Pendant l'année sabbatique entre mon séjour chez le rédacteur de ce blog (avitaillement en cartons de bières et paquets de chips et popcorn) et mon master (Mise en scène et réalisation cinématographique), j'ai été embauché comme huissier de justice par une entreprise de Saint Denis, sur l'île de la Réunion, dans sa succursale néo-calédonienne de Nouméa. Un huissier de justice est la personne qui vous remet des documents dans le cadre d'une affaire juridique ou judiciaire, vous traque, vous incite à vous identifier, puis signe une déclaration sous serment attestant que les documents vous ont bien été remis. Il faut parfois se rabaisser. Un jour, je me suis fait embauché comme barman dans le café préféré d'une personne qui refusait de m'ouvrir sa porte, juste pour pouvoir prendre sa commande de thé glacé, et je l'ai un peu draguée juste pour qu'elle me refile son 06 et son nom complet afin de lui faire me confirmer, totalement insouciante de ma vraie nature, son identité. Je lui ai alors remis son injonction de payer avec sa boisson, puis j'ai filé en courant sans me retourner tandis qu'elle me hurlait dessus et jetait, folle de rage, son verre couleur de vieille pisse emplie de glaçons contre le miroir du bar.

Mais ma toute dernière mission d'huissier de justice fut la plus étrange qui soit, me plongeant dans un monde de citoyens souverains, de travail forcé, de devises manipulées et d'une série de fausses pistes. Tout commença lorsque je fus chargé de signifier une assignation à un certain Pierre-Yves Silbert de Kermelen, résident de l’île oubliée de Saint-Perplexe…

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Saint-Perplexe est un sont deux lieux. Mais ce fut aussi un homme.

Saint-Perplexe est une micro-aiguille dans le temps et l'espace, une chiure de puce dans un champ de betterave, un soupçon de  goutte de menthe poivrée dans une piscine de Curaçao, un îlot des îles du Ponant transplanté à l'autre bout du globe, une tache de terre flottant dans l'océan Indien à la jonction de l'Afrique, de l'Australie, du Sri Lanka et des Territoires Australs et Antarctiques Français. Elle n'apparaît sur presque aucune carte accessible au grand public.

Son éponyme humain, Saint-Perplexe, était un saint homme du nord de la Grèce, persécuté par le roi tyrannique Denys de Syracuse pour ses prophéties acerbes. Après un procès public, il échappa de justesse à la décapitation, s'enfuit à Corinthe et fit vœu de silence, jusqu'à ce qu'une nuit, un ange lui apparaisse en rêve et lui ordonne de naviguer aussi loin au nord-ouest que possible. Au-delà de la Sicile, de Gibraltar et de la Gaule, il poussa son petit navire vers le nord jusqu'à ce qu'il tombe sur les îles et îlots du Ponant au large de l'Armorique. À son arrivée, il refusa d'adresser la parole aux habitants, si ce n'est pour exiger à plusieurs reprises leur baptême en leur parlant avec les mains en dépit du fait qu'il n'était pas italien, ce qui lui valut de se faire rapidement bastonné à mort à coups de gourdins par les endruidés du coin. D'où le nom béni de cet îlot et de ce saint, Perplexe, qui aurait été oublié sans la source miraculeuse qui jaillit de sa tombe, utilisée plus tard comme fonts baptismaux, et finalement immortalisée dans le célèbre poème du XIXe siècle « Sur un îlot du Grand Ouest, des ruisseaux silencieux apaisent » de Victor Nigo :

Sur les rivages d'une île du Ponant, un puits sacré
Jaillit d'un vallon verdoyant,
Une artère d'eaux ensanglantées
Transformée par les arts les plus sacrés.

Un homme silencieux et perplexe
N'a pas péri sans une solide défense
Pour que le secret ultime soit tissé :
La Mort peut-être résolue – sinon vaincue.
Ou vice et versa.

Aucune main humaine n'a posé le pied sur l'île antipodale homonyme de Saint-Perplexe avant 1777, bien après que tout le reste du monde ait été revendiqué, mesuré et partagé au moins plutôt deux fois qu'une. Elle ne fut découverte que grâce au manque de jugement, à l'abus de vin de palme et à la malchance d'un capitaine breton nommé Youenn Silbert de Kermelen. Il traversait un océan qu'il ignorait, à bord d'une goélette marchande mal équipée pour le voyage prévu de la Nouvelle-Calédonie à Majunga, au plus fort de la saison des cyclones. Que très peu de membres de son équipage se noyassent releva du miracle ; que son navire fut projeté contre les falaises abruptes de la côte ouest de l'île ne fut qu'un accident géographique et météorologique.

On nous a appris que la politique est en aval de la culture, mais nous oublions que, pendant la majeure partie de l'histoire de l'humanité, la culture était en aval de la géographie. Politique et culture ne sont que les trajectoires conflictuelles des individus, et les individus sont contraints par leur environnement immédiat. Les villes ont besoin d'une source d'eau douce, le commerce d'un port protégé, les forteresses d'un peu de hauteur, etc.

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L'île de Saint-Perplexe du sud a la forme d'une cuvette penchée dans l'océan, comme si la main de Dieu déversait ses ruisseaux et ses torrents dans les vagues déferlantes. Une chaîne de montagnes s'élève à l'extrémité occidentale, descendant en pente abrupte puis plus douce vers les côtes orientales, déplaçant la gravité vers la mer. Les pâturages orientaux sont luxuriants et riches grâce à la terre sombre pillée par les cours d'eaux qui traversent les contreforts occidentaux, tandis que le sol de la partie occidentale de l'île est dur et constitué de silex, recouvert d'une fine couche de terre végétale facilement emportée par les fortes pluies. La géographie elle-même a contribué à créer la société déséquilibrée de Saint-Perplexe, sans malice ni calcul. La main de Dieu posée sur la balance.

Il va sans dire que Youenn Silbert de Kermelen et ses descendants s'emparèrent de toutes les terres de la partie orientale de l'île, vivant comme des rois sur une terre abondante. Mais d'autres furent confinés aux champs broussailleux de l'ouest, et leurs descendants survivent encore aujourd'hui dans ce sol aride.


Saint-Perplexe est absente de la plupart des cartes marines, à l'exception d'un ou deux palimpsestes de la Compagnie Française des Indes Orientales conservés dans les archives ternes de l'Université de Nouvelle Calédonie, archives financées par plusieurs donateurs, principalement des magnats miniers au cou lourdaud, mais aussi par un certain Yann-Fanch Silbert de Kermelen, représentant de la  Fondation Silbert de Kermelen. Lorsque j'étais huissier, j'avais accès aux archives grâce à ma carte d'étudiant de l'université de Bretagne Sud expirée, que j'utilisais principalement pour bénéficier de réductions sur les transports en commun comme sur mes passes hebdomadaires avec les filles de joie de Nouméa. C'est ainsi que j'ai découvert Saint-Perplexe, en fouillant dans la base de données de la bibliothèque, après l'échec de mes autres tentatives pour remettre une assignation à comparaître à ce Pierre-Yves Silbert de Kermelen.

La famille Silbert de Kermelen règne sur Saint-Perplexe en chefferie féodale depuis plus de cent ans, le chef de famille étant reconnu comme magistrat résident. La Compagnie Française des Indes Orientales annexa officiellement l'île en 1784. Pendant les années suivantes, elle fut administrée depuis Madagascar et depuis  l'Île Bourbon, ce qui ne signifiait guère grand-chose, si ce n'est un drapeau à fleur de Lys ensuite remplacé par un tricolore flottant en haut d'un mât, un échange régulier de lettres patentes avec le gouverneur général et, en 1911, l'installation de câbles télégraphiques. Aujourd'hui, Saint-Perplexe fait techniquement partie des Terres Australes et Antarctiques Françaises, mais les Silbert de Kermelen possèdent toujours la plupart des biens immobiliers habitables de l'île, propriétaires éternels de tous ceux qui en avaient moins.

Youenn Silbert de Kermelen débarqua sur l'île avec trente-cinq membres d'équipage et, réalisant sa chance d'être tombé sur une véritable terra nullius, il fit ce que tout homme de sa situation aurait fait : il dépêcha promptement son second, Jacques Breurec, à Madagascar sur un navire réparé à la hâte pour embaucher des hommes locaux comme ouvriers et constituer un harem d'une cinquantaine de femmes, dont huit devinrent les premières meufs de Youenn. Le reste de l'équipage reçut une épouse (ou deux) et l'île commença à se peupler et à se stratifier.

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Exploiter l'homme et la nature est le moyen le plus sûr de gagner du capital. Très peu d'investissements sont nécessaires, aucun fonds de départ n'est requis, si ce n'est le travail humain pour extraire ce que la nature a déjà fourni. Une économie viable prospéra rapidement sur l'île, avec des expéditions de la production de peaux de phoque, de bois de fer, d'os de baleine, d'huile de cachalot et d'écorce d'arbre à thé vers les colonies britanniques de Malaisie, bataves d'Indonésie, les îles Bourbon et Maurice ainsi que vers certains comptoirs australiens. Ces mêmes navires retournaient à Saint-Perplexe avec des moutons, du bétail, des semences et des marchandises sèches, qui étaient tous rapidement transportés au magasin de la Compagnie et vendus aux habitants de l'île. Ingénieusement, Youenn opérait un commerce non monétaire et basé sur l'échange de biens avec le monde extérieur, mais dans le cloître de Saint-Perplexe, une seule monnaie était reconnue au magasin de la Compagnie, la même que celle payée aux ouvriers Malgaches et à leurs descendants : un jeton nommé le Blank de Silbert de Kermelen, nouvellement frappé sur place.

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Lorsque j'ai indiqué à mon patron où que se trouvait l'île, il a appelé l'entreprise qui avait fait appel à nos services et l'a convaincue de financer mon voyage à Saint-Perplexe afin que nous puissions donner suite à son affaire en suspend. L'île n'ayant pas d'aéroport, j'ai navigué pendant sept nuits sur l'un de ces cargos rouillés qui font des voyages semi-réguliers autour de l'océan Indien et du Pacifique Sud pour ravitailler les populations déclinantes d'anciennes possessions coloniales obscures. J'ai atterri dans le port de pierre granitique dans une brume temporelle, remonté les rues délabrées du 19e siècle de la ville, observé la rangée de visages abattus devant le magasin de la Compagnie, et me suis finalement retrouvé devant le portail du 4 Avenue d' An Orient, l'adresse officielle de Pierre-Yves Silbert de Kermelen, un pavillon de pierre bas entouré d'un parc impeccable.

Personne ne s'est présenté au portail lorsque j'ai sonné et la maison semblait vide. Mais les huissiers, comme je crois bien vous l'avoir déjà dit, ne se laissent pas facilement décourager. J'ai donc glissé l'injonction dans ma ceinture, enjambé la clôture basse et pénétré dans le jardin. Des pelouses vertes et des arbres taillés touffus entouraient le pavillon et, alors que j'approchais de la porte de derrière, une statue a attiré mon regard. Un bloc de béton d'où dépassait le torse d'un homme, en bronze poli, au visage aux traits indistincts, vêtu d'un sweat à capuche marron métallisé. J'ai eu un regard comique, interrompant brusquement mon incursion furtive, car j'ai immédiatement reconnu le buste représenté par cette statue. Je l'avais déjà vue sur internet, celle de Budapest, devant l'Académie hongroise de cryptographie. C'était une statue de Satoshi Nakamoto.

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Satoshi Nakamato est le créateur anoonyme du Bitcoin et de son architecture blockchain, ce qui fait de lui le père des cryptomonnaies. Sauf que c'est un père absent, car personne ne sait qui il est et les Bitcoins sont orphelins. Il est bien connu que la ou les personnes se cachant derrière l'identité de Nakamato ont créé le système de transactions financières décentralisé qu'on connait tous sous le nom de Bitcoin, ont initié les protocoles permettant à Bitcoin de continuer à fonctionner via le minage et les loteries, puis ont cédé le contrôle des systèmes back-end à d'autres membres du cercle restreint du Bitcoin en 2010, avant de disparaître. La seule trace qui subsiste aujourd'hui de Satoshi Nakamato est son portefeuille Bitcoin bien rempli et ses statues.

En janvier 2011, la valeur d'un Bitcoin était de 0,52 USD. En 2025, un Bitcoin vaut plus de 90 000 euros. Cela signifie que Satoshi Nakamato, propriétaire du plus grand nombre de Bitcoins au monde malgré son inexistence, possède un portefeuille de 1.1 million de Bitcoin actuellement évalué à 99 milliards d'Euros, suivi de près par la plateforme chinoise de trading de cryptomonnaies Binance et la société au nom vague Grayscale Investments, détenue par une société écran enregistrée sous le nom de « Digital Currency Group », elle-même entièrement détenue et contrôlée par un certain Barry Silbert dont la seule adresse permanente connue est à Chiyoda, au Japon.

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Le principal problème de toute monnaie, surtout une monnaie nouvellement inventée, est la double dépense ou la contrefaçon. À quoi bon contrôler la rémunération et l'achat de biens de ses serviteurs sous contrat s'ils peuvent créer leurs propres copies de la pièce ? À ma connaissance, Saint-Perplexe n'a connu que trois catastrophes économiques majeures au cours de ses plus de 200 ans d'histoire, et toutes trouvent leur origine dans l'accumulation soudaine de liquidités par de petits groupes d'ouvriers ou de concubines. Leur capacité à contrefaire le Blank local a provoqué une dévaluation massive de la monnaie, jusqu'à ce que les Silbert de Kermelen créent un nouveau modèle à l'hôtel des monnaies local.

De même, avant Satoshi Nakamoto, les monnaies numériques étaient pratiquement inutiles, car il n'existait aucun moyen infaillible de garantir que la même monnaie n'avait pas été dépensée deux fois. La blockchain a surmonté ce problème en permettant une vérification décentralisée de chaque changement de pièce. Au départ, ça ressemblait à une forme de liberté radicale, mais ça signifie en réalité que quelqu'un surveille en permanence ce que vous faites de votre argent.

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Imaginez que vous descendiez d'une lignée qui, pendant des générations, a expérimenté la manipulation monétaire et le contrôle économique rigoureux sur une population test vulnérable, sans aucun contrôle extérieur. Vous avez également grandi dans un lieu géographique prouvant comment la configuration spécifique de l'environnement et les méthodes d'extraction des ressources et de transaction des richesses influencent directement le pouvoir. Puis, un jour, vous entrez dans une économie mondialisée du XXIe siècle qui a abandonné l'étalon-or et toute autre mesure objective de la richesse pour connecter des milliards d'ordinateurs sophistiqués par fibre optique. Vous en arriveriez à la conclusion que celui qui a créé une monnaie en ligne sécurisée et une méthode de transaction fiable contrôlerait le monde entier, et vous en arriveriez à cette conclusion instantanément et inconsciemment.

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J'ai jamais trouvé Pierre-Yves Silbert de Kermelen pour lui signifier son injonction (mais si suffisamment de personnes s'abonnent à Meltingpo56 après avoir lu cet article et lui balacent de la thune, alors le rédacteur de ce blog m'a assuré qu'il financerait une expédition au Japon pour retrouver la véritable identité de Satoshi Nakamoto – alors, à vos porte-monnaies msieurs-dames !), et personne à Saint-Perplexe n'a pu me donner la moindre information sur son sort. La plupart des ouvriers malgaches m'évitaient, s'éloignant précipitamment du Magasin de la Compagnie avec leurs provisions, retournant dans la brousse occidentale où ils gagnaient péniblement leur vie grâce aux quelques heures qui leur étaient accordées après leurs treize heures de travail dans les plantations et les entreprises de la famille Silbert de Kermelen. Mais j'ai fini par convaincre quelques-uns d'entre eux de parler en leur offrant le contenu de ma valise – ils étaient surtout intéressés par les livres que j'avais emportés pour passer le temps sur le navire qui m'avait amené ici : Les Cités Invisibles de Calvino, Le Nom de la Rose d'Eco, La Chronique de l'Oiseau Mécanique de Murakami. Ils parlaient à voix basse et respectueuse de la famille Silbert de Kermelen, des hommes en particulier, et louaient les générations de dirigeants forts. Ils n'aspiraient pas à fuir l'île, ni à plus d'un jour de congé par mois, et ils étaient ravis à l'idée d'être félicités pour leur travail acharné. Et lorsque je leur ai parlé du Blank de Silbert de Kermelen et de leur mécontentement à être payés dans une monnaie contrôlée par leurs maîtres, ils sont restés perplexes. Ils étaient reconnaissants d'être payés, et le magasin de la Compagnie vendait tout ce dont ils avaient besoin. Pourquoi voudraient-ils autre chose ?

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Je ne suis pas resté longtemps à Saint-Perplexe : un autre cargo repartait pour l'île Maurice le lendemain après-midi, et j'étais heureux de quitter cette île reculée et balayée par les pluies où que j'étais visiblement pas le bienvenu. Un malaise évident imprégnait toutes mes interactions avec les habitants. J'étais un intrus, posant des questions sur un membre protégé de la famille régnante, bien trop curieux pour mon propre bien. La propriétaire décrépite de la chambre d'hôtes où je logeais me lançait un regard noir chaque fois que je passais devant sa réception.

J'ai passé ma dernière matinée à Saint-Perplexe dans une longue randonnée autour de l'île, grimpant jusqu'aux montagnes occidentales pour admirer la masse continentale concave, puis grimpant jusqu'au bord pour surplomber les spectaculaires falaises grises dans l'immensité de l'océan, avant de faire une boucle et de redescendre vers la ville. Au fil de la journée, j'ai observé les ouvriers et les harems de la classe dirigeante se déplacer sur l'île, entrant et sortant des grandes propriétés du plateau oriental, dictés par les caprices de leurs maîtres féodaux, incapables de se construire une vie indépendante de la volonté des riches et des puissants, tout cela à la poursuite d'une monnaie inventée, ce qui me semblait une forme de contrôle fragile, mais qui a permis aux Silbert de Kermelen de maintenir une économie de plantation esclavagiste jusqu'au XXIe siècle. J'ai pensé aux ancêtres des ouvriers qui avaient volontairement embarqué sur le navire en provenance de Madagascar, débarquant sur une île si peu favorisée par une poignée d'élus. Si seulement ils avaient su à quoi ils s'engageaient !

Du moins, me suis-je dit en redescendant vers la ville, impatient de faire mes valoches et de quitter cet étrange avant-poste colonial, la plupart des gens du monde ne connaîtront jamais une telle situation. De nos jours, personne ne serait assez bargeot pour céder volontairement le contrôle de sa richesse et de son pouvoir à un système trop opaque pour être compris, contrôlé par des forces obscures qui dissimulent leur identité et inventent des monnaies dans un environnement de transactions destinées à leur seul bénéfice. Dieu merci, Saint-Perplexe ne sera jamais qu'une étrange et silencieuse anomalie géographique, brumeuse et religieuse portant le nom d'un homme aussi étrange et inconnu que silencieux.

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Merci pour votre inconditionnel soutien qui me va droit au cœur
... ainsi qu'au porte-monnaie
ou
et à très bientôt !