Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!
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4 août 2022

645. Pas de banane pour les gorilles


Pas de banane pour les gorilles

Ma tendre moitié me dit que mon blog, c'est rien que de la masturbation cérébrale. Sartre disait que la littérature n'existe que comme acte social. Elle ne prend forme que lorsque le cercle de création et de communication se referme sur la lecture. Un blogueur assis devant son ordinateur portable ou son PC n'est pas de la littérature. Ni l'un ni l'autre n'est une excellente édition d'un texte de Cortazar ou de Kawabata, disposé à une place d'honneur dans une bibliothèque. 
Un lecteur impatient qui vole des heures de travail pour lire Kundera n'est pas non plus de la littérature, mais avec ce seul acte il lui permet enfin de déployer sa magie et sa puissance. L'écriture, le texte et l'acte de lire sont également nécessaires pour que ce cycle appelé littérature puisse exister, avec son double caractère d'éphémère par sa manifestation, et d'éternel par son influence.

La littérature se reconstruit ainsi chaque fois qu'un lecteur referme le cycle. Et cela peut être dit non seulement de la littérature, mais de tout processus de communication. On dit que nous vivons dans une société de l'information. Tout ce qui nous entoure est constitué de messages, de signes que nous recevons et interprétons consciemment ou inconsciemment. L'homme contemporain fait face à des millions de messages par jour, et cela, selon certains, l'a rendu, face au pouvoir de la communication, moins innocent que l'homme de tout autre époque.

Il est curieux que je me souvienne de tout ça en observant, devant moi, ce cadeau que j'ai reçu il y a des années déjà. C'est un gorille empaillé brun, assis avec ses jambes et ses bras, dodus et rembourrés, étendus vers l'avant. Une énorme banane sort d'entre ses cuisses, à moitié pelées, qui atteint son menton et qu'il enlace de ses deux bras, comme pour l'embrasser. Ses yeux sont grands ouverts et ses pupilles sont tournées discrètement vers la droite, comme si qu'il veillait à ce que personne ne s'approche et ne le découvre avec une banane aussi pelée entre les pognes.

J'ai pas pu m'empêcher de ressentir de la joie quand je l'ai reçu. Je pense pas qu'on m'ait jamais offert un singe en peluche aussi spécial. Mais ensuite j'ai pensé à notre époque, aux signes et à l'innocence perdus dans la communication, et en silence je me suis demandé ce que cela signifiait. Cela ne signifie certainement pas la même chose quand ce type de peluche vous est offert à la fleur de l'äge que s'il l'avait été pendant mon enfance ou - et heureusement ce ne fut pas le cas - durant ma puberté, ni la même chose que si, au lieu de ma fille insouciante, c'eut été une vieille "tante" à la réputation douteuse et sulfureuse qui me l'avait offert.

Je laisserai pour une autre fois le commentaire des options d'interprétation qui m'ont traversé l'esprit, et je me limiterai à partager le nom que j'ai donné au sympathique gorille : Branleur. Bien qu'il faille peut-être préciser que branler est interprêté comme l'expression vulgaire de "provoquer le plaisir sexuel en excitant les parties génitales à l'aide d'une main laborieuse". 
La gauche pour ceux qu'ont le cerveau à l'envers, les deux pour les peine-à-jouir devant un clavier.


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Merci pour votre inconditionnel soutien qui me va droit au cœur
... ainsi que dans ma tirelire
ou
et à très bientôt !
😍



30 oct. 2021

551. Dors encore


Dors encore !

Je sais que comme moi tu as peur, peut-être plus encore !
Tu trembles devant ma douleur, mon inconscience destructive,
Mes silences éreintants, l’insécurité dans laquelle je te tiens,
Tu trembles devant le froid, la froideur de ma mort vive.
Tu trembles et tu résistes,
Tu charges mes moulins à l’aveuglette avec une foi qui me déborde.
Mais dors encore, mon amour.

Me vient la paix à travers ton étreinte comme un préambule à la mort,
Cette mort existentielle qui se réjouit de mes chimères innombrables.
Non, ne cherche pas refuge en moi !
Il n’y a pas d’endroit où s’envoler dans mes visions,
Je deviens transparent en ce monde, je n’y ai pas d'abri,
Je ne cherche pas à me cacher en toi.
Et pourtant, je voudrais m’oublier dans tes sillons.


Tu trembles lorsque je frissonne,
J’arriverai à me relever, lentement, de cette sourde agonie.
Tu trembles, et au final, toujours, je reste ton refuge.
Tu te disperses dans mon immensité, berceau des illusions.
Et je ris. Ne cherche pas refuge en moi.
Mais tu frémis ?
Dors encore, mon amour !


Pantomines gesticulantes,
Personne ne répond, le chaos se reproduit,
Mon corps est une accumulation de nations en guerres.
Il n’y a pas d’unité, pas de paix, je n’existe pas.
La peur se déplace avec une arrogance souveraine
Et il n’y a pas de frontières, mes cellules la laissent passer,
Elle m’envahit complètement.
Ma résistance ne fait que me briser un peu plus,
Des morceaux, des lambeaux, des morceaux de lambeaux,
Des miettes de moi-même,
Elles sont des milliers de moi qui se décomposent,
D’un moment à l’autre, mon visage va se dissoudre.


Il n’y a qu’un fil qui me retient,
Un fil qui me soutient avant que je ne tombe,
Un fil si fin qu’il parait invisible.
Je le sens qui se bat contre le néant,
Savais-tu que le néant portait une faux?
Et ce cordon ombilical qui me relie à toi,
Ne va-t’il te contaminer de mon vide fragile ?
Non, tu es tout ce qui m’unit. Unique.
Mon unique…Jamais je n’aurais cru tant adorer l’unicité.
Cette dualité mixte, La tienne et puis la mienne…
Mais dors encore un peu, mon frémissant amour ... ! 

 


28 sept. 2021

541. Songeur ...

 

La Songeuse

Tombe la pluie sur la colline humide éloignée du hameau d’une contrée oubliée des mémoires. Y chemine une femme suivie de son ombre vacillante, les gouttes de pluie clapotent dans les flaques et elle avance, trois fleurs entre les bras.
Des toiles sombres la recouvrent, ...son ombre avance, lentement.

Au fond, une maisonnette, peut-être son logis, petite, seule, isolée. une porte craquelée de bois foncé qui laisse entrevoir lorsqu’elle la pousse un sol recouvert de dalles brunes.
Elle traverse la salle, les marches de l’escalier frémissent sous ses pas et l’endroit murmure des échos du matin.
Entre la poussière et le sol dorment quelques bûches, un chat gris bleuté y dort aussi, attendant les yeux fermés, les prémices d’un soleil qui tarde à se montrer, ...et il s’étire, langoureux.

Et elle avance, oubliant le monde en sa démarche. Et elle pénètre un jour du passé, un monde d’un siècle oublié avec elle éclatant dans la vétusté des lumières d’antan et de ses rêves.
Et elle songe éveillée tout en posant les roses. sa peau d’albâtre, ses cheveux courts et soyeux, l’azur de ses yeux et ses gestes gitans se déplacent perdus dans un monde qui n’est pas le sien, peut-être relégués dans le temps et rêvant au prétérit...

Entrée dans son alcôve, elle se dévêt comme elle le ferait la nuit venue, comme un saule en automne,
Et elle se tient nue ...son corps de gitane et ses bras fragiles comme des rameaux secs caressant la peau de son âme.
Et ses mains desséchées effleurent sa blanche peau et ses doigts se dressent ordonnant des rituels rebelles, inondant la matinée qui se lève soyeuse d’une brise nostalgique. brise d’un nouveau matin pour l’aube de ma gitane.

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Maintenant, j'arrive pas à me décider si je dois laisser ça tel quel ou si je devrais pas plutôt revoir ma façon d'aborder cette rêveuse. Sacré dilemme si vous voulez mon avis.
Classeriez-vous ce truc en poésie ou bien en divagation ?
Ça me laisse songeur, maintenant je sais plus si je dois raser les murs comme là-haut ou centrer tout sur elle.
... et vous, vous feriez quoi ?
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La Songeuse

Tombe la pluie sur la colline humide
Éloignée du hameau
D’une contrée oubliée des mémoires.
Y chemine une femme suivie de son ombre vacillante,
Les gouttes de pluie clapotent dans les flaques
Et elle avance, trois fleurs entre les bras.
Des toiles sombres la recouvrent
...son ombre avance, lentement.

Au fond, une maisonnette, peut-être son logis,
Petite, seule, isolée.
Une porte craquelée de bois foncé
Qui laisse entrevoir lorsqu’elle la pousse
Un sol recouvert de dalles brunes.
Elle traverse la salle,
Les marches de l’escalier frémissent sous ses pas
Et l’endroit murmure des échos du matin.
Entre la poussière et le sol dorment quelques bûches,
Un chat gris bleuté y dort aussi, attendant les yeux fermés,
Les prémices d’un soleil qui tarde à se montrer,
...et il s’étire, langoureux.

Et elle avance, oubliant le monde en sa démarche.
Et elle pénètre un jour du passé,
Un monde d’un siècle oublié
Avec elle éclatant dans la vétusté
Des lumières d’antan et de ses rêves.
Et elle songe éveillée tout en posant les roses.
Sa peau d’albâtre, ses cheveux courts et soyeux,
L’azur de ses yeux et ses gestes gitans
Se déplacent perdus dans un monde qui n’est pas le sien,
Peut-être relégués dans le temps et rêvant au prétérit...

Entrée dans son alcôve, elle se dévêt
Comme elle le ferait la nuit venue,
Comme un saule en automne,
Et elle se tient nue ...son corps de gitane
Et ses bras fragiles comme des rameaux secs
Caressant la peau de son âme.
Et ses mains desséchées
Effleurent sa blanche peau et ses doigts se dressent
Ordonnant des rituels rebelles,
Inondant la matinée qui se lève soyeuse
D’une brise nostalgique.
Brise d’un nouveau matin
Pour l’aube de ma gitane.

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11 août 2021

526. Lèche-babines


Nom de Zeus, comme 412 000 et plus de spectateurs, j'ai poireauté jusqu'à 02h00 du mat - 19h00 CT aux States- devant Rumble RSBN et le Cyber Symposium de Mike Lindell afin de voir et d'entendre de mes propres oreilles l'hyper-giga révélation qu'il devait communiquer au monde entier sur la fraude électorale de Biden et des globalistes. Bon, vous connaissez tous la suite je suppose... Va juste nous falloir patienter 24 ou 48 heures de plus.

Hyper déçu tout de même du report inopiné de cette divulgation, je me suis réfugié dans la caverne de magiciens, de savants fous, et d'un alchimiste sage mais renégat. Sur les murs et les étagères, au lieu des tableaux et des horloges, des petits écrans et des mini-caméras qui prennent à la fois photos et visioconférences, il y a des livres, mais pas que des livres: il y a aussi plein de bouquins. Ainsi qu'un pot géant, dans lequel j'ai pas voulu regarder de trop près de peur d'y trouver des restes d'espoirs déçus.
Ou des trucs que je devrais pas voir.

Il semble que les occupants sont et seront absents depuis et pendant un certain temps, donc je vais profiter des nuits solitaires qui risquent d'entourer l'entrée de la grotte pour me faufiler, m'allonger sur le lit avec un des livres pioché au hasard, et dormir à l'abri de la froidure et des intempéries, comme a choisi de le faire Boucle d'Or dans le bouquin que j'ai choisi. 
Par le seul fruit du hasard comme je viens de vous le dire plus haut, têtes de linottes. 

Je reste cependant attentif aux pas qui semblent de temps en temps s'approcher de l'entrée, de peur qu'on ne me surprenne allongé sur le lit ni dur ni mou, mais un peu bancal tout de même - comme s'il avait été monté par un parkinsonien atteint de strabisme -, perdu au milieu d'une de ces histoires irrésistibles où on m'a empoté dans le pot géant sans me permettre de finir les pages que j'ai pas encore fini de feuilleter. 

Mais comme nombre d'entre vous le savent aussi bien que je crois le savoir, une des faiblesses les plus communes à toute l'humanité est sa capacité à rationnaliser ses désirs les plus égoïstes, donc pour pas faire mentir cette terrible constatation, je vais vous laisser, j'ai pas de temps à perdre..., ce miel est trop bon, je peux pas me permettre d'en perdre une goutte...

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25 mai 2021

500. Quel étage ?


Papa, papa, pourquoi que l'ascenseur vole pas comme Superman ? Et ce foutu sac me brise les épaules. Papa, hein que c'est Dieu qu'a inventé les ascenseurs ? Et les prix, comment qu'y sont au paradis ? Est-ce qu'on y arrive avec quelques piécettes pour en repartir avec des billet de cent ? Papa, les ascenseurs rêvent-ils ? 
Papa, pourquoi que les ascenseurs s'appellent tous Saint Terotis ? Et vu qu'ils t'élèvent pas au-dessus d'un Fa dièse, pourquoi ne pas tout dépenser en terre promise ? Papa, les ascenseurs devraient-ils pas avoir des ailes d'oiseau ? Parce que c'est ce qu'y sont pour moi, des pies jacasses qui n'apportent pas de plumes de paon et qui amassent tout ce qui brille, c'est sûr, espèce de tarés que nous sommes. 
Papa, est-ce que je pourrai être un ascenseur quand je serai grand ? Question toute rhétorique, de toute façon, je sais bien que ça sera pas le cas. 
Papa, l'escalier est-il jaloux de l'ascenseur ? 
C'est tout ce qui nous reste. Papa, l'ascenseur ne te gêne-t'il pas un tout petit peu aux entournures malgré l'état de tes jointures et de tes rotules  ? 

Il se couvre le visage. Bien que ce soit plus que de la simple colère que d'avoir à mendier quoi que ce soit, non seulement vis-à-vis de la loi, mais par le sens le plus élémentaire de la justice sociale ou de ce qu'il en reste.

Papa, l'ascenseur peut-il devenir fou? 
Mais qu'est-ce que c'est que l'ascenseur social ? Qui sait ? Une blague, un foutage de gueule ? Voilà ce que c'est. 
Papa, et si l'ascenseur ne s'arrêtait pas au sixième et continuait vers l'infini et au-delà ? 
Nous devrions tous sortir dans la rue, comme avant, comme toujours. Papa, est-ce que l'ascenseur grimpe au paradis ? 
Et les syndicats qui se sont vendus sont beaucoup à blâmer pour ça. Papa, papa, est-ce que l'ascenseur a l'air triste ? C'est triste, très triste, après tout, ils étaient le moteur de la conscience de classe. 
Papa, pourquoi il ne pleut jamais dans l'ascenseur ? Bien sûr, il ne pleut jamais au goût de tout le monde. Ces boutons là-bas sont pour le voyage dans le temps, hein que c'est vrai, papa ? Parce qu'il y a encore ceux qui y croient. 
Papa, si j'appuie sur cette cloche, les pompiers arriveront-ils avec leur grande échelle ? 
Et si je touche celui avec les deux portes écartées, où c'est qu'on va sortir ? Et où sont les garçons d'ascenseur ? Papa, pourquoi qu'on reste immobiles dans le miroir quand l'ascenseur monte ou descend ? Mais nous ne pouvons pas tous être partout, d'ailleurs, qui diable allume les loupiotes qui indiquent les étages ? 

Papa, papa, les ascenseurs seraient-ils plus intelligents que toi ? Tu pourrais demander une promotion, tu travailles pour le même boss depuis plus d'années que la porte d'entrée, et rien, t'es toujours cireur de pompes. Papa, cet ascenseur est peut-être à nous mais il bosse pas pour nous. 
Demandez, demandez, comme si que c'était facile, s'il dit déjà et non sans raison, "Demandez, ce que je vais devoir demander, ... pourvu qu'ils me jettent pas à la rue comme un clébard." 
Papa, cette lumière s'allume et puis s'éteint, l'ascenseur serait-il malade ? La vérité est qu'un oiseau dans la main en vaut plus qu'une centaine en escadrille de migration. 
Papa, est-ce vrai que les ascenseurs meurent aussi ? Parce que s'ils l'enterrent, je mourrai. Papa, pourquoi l'ascenseur n'a-t-il pas besoin d'escaliers ? 

Mais ça va, tellement peur, puis même plus peur, et la peur qui revient,  à cause de ce putain de sac qui me mord les épaules, à cause de la putain de pluie qui s'est infiltrée dans mon corps, parce que je pourrais le mettre par terre, mais comment que j'ai pu ne pas me dépêcher, il me semble que si je le fais, je vais perdre un monde. Papa, quand est-ce que l'ascenseur prendra des vacances ? Mais la question de savoir si cela nous plait ou non n'est rien qu'une perte de temps. 
Papa, la voisine du dessus a peur de l'ascenseur, ainsi que de ses colères, elle le qualifie de sacrément meurtrier et se fait un signe de croix chaque fois qu'elle rentre dedans. Le temps, la distance, les paiements, l'angoisse, tous ces trucs que nous avons mal rincés avant de quitter le camping de Bénodet. 
Papa, t'es bien sûr que les ascenseurs sont pas une invention du diable ? Cette vie est diabolique. Papa, je pense qu'elle nous a toujours menés par le bout du nez. Enfin, papa, l'ascenseur ne mange pas ? Alors pourquoi préparer la nourriture à la hâte. Papa, je peux t'aider avec tes sacs ? 

Papa, je peux t'ouvrir la porte ? 
- Écoute, fils, l'ascenseur est ... 
- Papa, tu crois que j'aurai le temps de voir les dessins ? Le fils de la voisine m'a dit que l'ascenseur était juste un ... Papa, papa, pourquoi devons-nous faire des courses tous les jours? 
- Pour manger. 
- Et pourquoi mangeons-nous ? 
- Pour travailler. 
- Et pour quoi qu'on doit travailler, papa 
- Pour manger, fils, pour manger, et arrête un peu de me prendre la tête, tu vas finir par me faire pleurer...


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7 mars 2021

476. Les fuyards d'Avalon


Au son d'une volée de volées de cloches qui fit décoller en masses les mouettes et les goélands, le festival du Solstice débuta dans la cité d'Avalon, la ville aux spires argentées dominant l'océan. 
Les gréements des navires dans les bassins étaient pavoisés de drapeaux et oriflammes. Dans les rues, entre les maisons aux toits d'ardoises et aux murs peints de vives couleurs, entre les jardins aux murets couverts de mousse et sous les grandes allées ombragées d'arbres sculptés, passé de grands parcs et bâtiments publics, les processions se mirent en mouvement.
Certaines étaient purement décoratives: Des anciens dans de longues robes mauves et orangées, des sculpteurs de tombes, des femmes joviales portant leurs nouveaux-nés et papotant entre elles en avançant.
Dans d'autres rues, l'ambiance était plus endiablée, un tintamarre de gongs, flûtes et tambourins, et la jeunesse se trémoussait en levant des cornes emplies de cervoise. Toute la procession gesticulait, comme en extase. Les enfants se faufilaient pour la rejoindre ou en ressortir, leurs cris aigüs comme ceux des oiseaux de mer. 

Toutes les processions se dirigeaient vers le nord de la ville, vers les Vertes Pâtures saturées d'eau, où filles et garçons, dans le plus simple appareil sous l'air vivifiant, aux bras souples et aux pieds et chevilles maculés de boue, tentaient de calmer leurs chevaux rétifs avant la course.
Les chevaux aussi étaient à poil, sans selles ni étriers, seulement équipés de rênes et sans mors glissés entre les dents. Leurs crinières étaient tressées de fils dorés, argentés et émeraude. Ils écumaient des naseaux et caracolaient comme s'ils se lançaient entre eux des défis, au comble de l'excitation: les chevaux étaient les seuls animaux  qui avaient adopté comme les leurs nos cérémonies.
Il y avait juste assez de vent pour faire claquer les bannières qui marquaient le champ de course et emporter jusque là le tintement joyeux des volées de cloches. 
Joyeux ! Comment vous expliquer ce qu'est la joie ? Comment vous décrire les habitants d'Avalon ?
Ce n'étaient pas de simples bonnes gens, voyez-vous, même s'ils étaient heureux. Mais nous ne poussons plus de cris de joie depuis longtemps. Les sourires sont devenus un lointain souvenir. Un archaïsme. 
Oh, je sais bien que la description que je vous ai donnée pourrait laisser entendre que la cité avait aussi un roi, ou un duc, monté sur un splendide étalon et entouré de ses fidèles fouvaliers et porte-glaives, ou peut-être à l'intérieur d'un carrosse doré tracté par une douzaine d'esclaves nubiles et musclés. Mais non, y avait pas de roi, pas de duc.
Les gens d'Avalon n'avaient aucun goût pour les glaives ou autres katanas, et ils ne savaient même pas ce qu'était un esclave. 
Ce n'étaient pas des barbares. Je connais pas exactement les règles et les lois de leur société mais je suspecte qu'elles étaient en tout petit nombre. Puisqu'ils vivaient sans autorité ni esclavage. Ni bourse d'échange, publicité, police ou bombe à retardement.
Mais j'insiste sur le fait que ce n'étaient pas de simples bonnes gens, d'innocents bergers, de nobles sauvages ou de fades utopistes. 
Ils n'étaient pas moins complexes que nous. Le problème, c'est que nous avons pris la fâcheuse habitude, encouragée par les pédants, les fats et les sophistiqués, de considérer le bonheur comme quelque chose de stupide. 
Seule la douleur est intellectuelle, seul le mal est intéressant.
C'est la trahison de l'artiste, le poignard dans le dos du créatif: le refus d'admettre la banalité du mal et le terrible ennui de la douleur. Si vous ne pouvez les soigner, embrassez-les. Si ça fait mal, recommencez.
Mais louer le désespoir, c'est condamner le plaisir; embrasser la violence, c'est perdre tout le reste. Nous avons presque tout perdu; on ne peut plus décrire un homme heureux, ni célébrer la joie.
Comment vous décrire les gens d'Avalon ? Ils n'étaient pas naïfs ni d'heureux enfants - quoique leurs propres enfants, en fait, l'étaient. Ils étaient matures, des adultes intelligents et passionnés, dont les vies n'étaient pas misérables. Oh , miracle ! 

J'aimerais bien pouvoir mieux les décrire. J'aimerais pouvoir vous en convaincre. Avalon, par ma bouche, ressemble à une cité de conte de fée, d'il y a très longtemps et très éloignée, du genre il était une fois de votre tendre enfance.
Peut-être vaudrait-il mieux pour vous que vous l'imaginiez avec vos propres fantasmes, en assumant qu'elle sera à la hauteur de vos espérances et mieux que dans Sim City. Car c'est sûr que je pourrai jamais tous vous satisfaire.
Par exemple, qu'en serait-il de la technologie ? Je pense qu'y aurait ni bagnoles ni hélicoptères dans et au dessus des rues, un peu comme dans cette antiquité que j'avais postée en 2007 ; ceci découle du fait que les gens d'Avalon étaient des gens heureux. Le bonheur est basé sur une saine discrimination entre ce qui est nécessaire, ce qui n'est ni nécessaire ni destructeur, et ce qui est destructif.
Dans une catégorie intermédiaire, toutefois - celle qui n'est ni nécessaire ni destructrice, celle qu'on pourrait attribuer au confort, au luxe et autres exubérances, ils pourraient parfaitement avoir des Harley-Davidson qui n'émettent pas plus de CO2 qu'un cheval arabe ou qu'une vache frisonne n'émet de méthane, le chauffage central, le métro, des machines à laver, et toutes sortes de gadgets merveilleux pas encore inventés à cette époque, des sources lumineuses flottantes, de l'énergie sans carburant, un traitement naturel contre la Covid. 
Ou rien de tout cela: c'est pas ça qui compte.
C'est vous qui voyez. Je suis enclin à penser que la majorité des gens des autres villes des deux côtés de la côte qui sont venus à Avalon pour participer aux festivités ont fait le voyage à bord de petits trains rapides, de Harley à moteurs quantiques mais pétaradant aussi bien que la mienne, et que la gare centrale et le parking à motos d'Avalon ressemblent à des Luna Parks, mais pas autant tout de même que le marché aux légumes ou la halle aux poiscailles.
Mais même avec ces trains et ces motos quantiques, j'ai bien peur qu'Avalon ne paraisse dans les yeux de certains d'entre vous que comme l'équivalent d'un village de Shtroumpfs ou d'une ville de la Comté de Tolkien au pays des Hobbits.
Des sourires, des cloches, des parades, des chevaux, blablabla. Si c'est le cas, rien ne vous empêche de rajouter des orgies. Si une orgie vous parait indispensable, je vous en prie, faites comme chez vous.  
Mais évitons, toutefois, ces temples dont surgiraient des prêtres et prêtresses à poil déjà complètement en extase et prêts à copuler avec les premiers venus, hommes ou femmes, qui ont l'envie de s'unir à la tête de bouc d'un Dieu sanglant, même si l'idée m'en avait traversé l'esprit au tout début. 
Non, vraiment, ce serait mieux si y avait pas de temple à Avalon - du moins pas de temples avec du personnel. La religion ça va, le clergé on s'en passera.
Sûrement que les nymphomanes et les satyriasiques pourraient se balader en liberté, s'offrant tels des souffles divins à la faim et aux besoins des chairs solitaires en manque de partenaires. 
On pourrait même les faire participer aux processions et aux parades pour satisfaire les voyeurs ! On pourrait faire tinter les tambourins au-dessus des copulations sauvages, et glorifier le désir à grands coups frappés sur des gongs ! 
Et, dernier point mais pas le moindre, permettre aux fruits de ces passions d'être adorés et les pupilles chéries de tous.

Un des trucs que je sais être inexistant à Avalon est la culpabilité. Mais quoi d'autre devrait être absent ou absente d'Avalon ? Au début, je me suis dit qu'y aurait pas de drogues, mais je me suis dit ensuite que c'était trop puritain. 
Pour ceux qui aiment en utiliser, la doucereuse arôme de l'herbe divine parfume les ruelles de la ville, l'herbe qui apporte légèreté et brillance au corps et à l'esprit, et, après quelques heures, une langueur rêveuse, et les visions merveilleuses des arcanes et des plus profonds secrets de l'univers, ainsi que les plaisirs sexuels les plus vifs bien au delà de vos rêves les plus fous comme les plus téméraires, et ceci sans aucune accoutumance ! 
Pour des goûts moins extravagants, il y a déjà la cervoise. Quoi d'autre ? Quoi d'autre chercher dans la cité de la joie ? 
Le sens de la victoire, assurément, la célébration du courage. Mais comme nous avons éliminé le clergé, faisons en autant des soldats. La joie bâtie sur des massacres réussis n'est pas la bonne sorte de joie; ça ne ferait pas l'affaire; ce serait à la fois terrifiant et trivial.
Une satisfaction généreuse et sans limite, un triomphe magnanime ressenti, non à l'encontre d'un ennemi extérieur mais en communion avec les âmes les plus pures et les plus justes de tous les humains et la splendeur d'un jour d'été: c'est cela qui fait gonfler les cœurs des citoyens d'Avalon, et les victoires qu'il célèbrent sont celles de la vie. Je pense pas qu'ils soient nombreux à utiliser l'herbe divine.

Le gros de la procession a désormais atteint les Vertes Pâtures. Une appétissante odeur de grillades s'échappe des tentes multicolores des marmitons. Les bouilles des marmots sont macérées de compotes et de confitures; dans la barbichette d'une jeune homme s'accrochent des miettes de pâtisserie. 
Les jeunes gens et les jeunes filles sont grimpés sur leurs montures et commencent à se regrouper près de la ligne de départ. Une vieille femme, ventripotente et riante distribue des fleurs que de jeunes hommes accrochent dans les cheveux de leurs amies. 
Un gamin, de huit ou neuf ans, au bord du champ de course, joue du pipot. Les gens s'arrêtent pour l'écouter, lui sourient mais ne lui parlent pas, car il ne cesse de jouer et ne les voit même pas, ses yeux sombres se balançant au rythme et à la magie de sa musique. Il termine enfin et repose lentement sa flûte sur ses cuisses. 
Comme si ce nouveau silence était un signal, une trompette sonne depuis le podium situé sur le côté de la ligne de départ: impériale, mélancolique et perçante. 
Des chevaux trépignent sur leurs jambes fines, certains se dressent sur leurs pattes arrière et d'autres hennissent comme en réponse.
Visages calmes, les cavaliers caressent le cou de leurs montures pour les calmer, "Calme, du calme, c'est bien ma beauté..." Ils commencent à s'aligner sur la ligne de départ. La foule, le long du champ de course, ressemble à une prairie d'herbes et de fleurs multicolores agitées par le vent. Le Festival de l'Été a commencé.

Vous y croyez ? Acceptez-vous le festival, la cité, la joie ? Non ? Alors permettez-moi de vous décrire un truc de plus.
Dans le sous-sol d'un des plus beaux bâtiments publics d'Avalon, ou peut-être dans le cellier d'une de ses plus belles mansions, il existe une salle. Elle ne possède qu'une porte verrouillée et pas de vitre. Un infime rai de lumière poussiéreux filtre à travers les planches qui barrent une ouverture grillagée et rouillée masquant la rue.
Dans un coin de la petite pièce sont rangés des balais-serpillières aux têtes malodorantes au côté d'un vieux seau tout corrodé.
Le sol est de terre battue et humide au touché. La pièce mesure trois mètres sur deux: à peine plus grande qu'un cagibi pour ranger des outils. Dans cette pièce, un enfant est assis. Ce pourrait être un garçon ou une fille, difficile à dire. On lui donnerait dans les six ans, mais en fait, il ou elle en a dix. 
L'enfant est faible d'esprit. Peut-être est-il né ainsi, ou peut-être l'est-il devenu par peur, par malnutrition ou par négligence. Ou les trois à la fois.
Il se fouille le fond d'une narine pour en ressortir une crotte de nez, de temps à autres il se triture les orteils ou les parties génitales, tandis qu'il se tient assis dans le coin opposé aux balais-serpillières et au seau. 
Il a peur des têtes de serpillière. Il les trouve horribles. Il ferme les yeux pour ne pas les voir, mais il sait bien qu'elles sont toujours là; et la porte est verrouillée et personne ne vient jamais, sauf que l'enfant n'a aucune compréhension du temps ou de ses intervalles - parfois, la porte grince en couinant et s'ouvre, et une ou plusieurs personnes entrent. 
L'une d'entre elle peut alors s'approcher - ou pas - et lui balancer un coup de pied pour le faire se lever. Les autres ne s'approchent jamais, mais l'observent d'un air apeuré et dégoûté puis détournent les yeux.
Le bol et la gamelle, en hâte, sont remplis d'eau et de nourriture, la porte est refermée, reverrouillée et les yeux disparaissent. Ces gens ne prononcent jamais un seul mot, mais l'enfant, qui n'a pas toujours vécu dans ce cagibi, qui a encore des souvenirs de ciels bleus ensoleillés et de la voix de sa mère, parle quelque fois. " Je serai sage," implore-t-il. "S'il vous plait, laissez-moi sortir. Je serai sage !" Ils ne lui répondent jamais. 
Le gosse a même appelé à l'aide certaines nuits, de tous ses poumons même, mais désormais il n'arrive plus qu'à geindre des "gniiiih" et des "gnaaaah" qui ne traversent que difficilement les planches qui obstruent l'ouverture grillagée donnant sur l'extérieur. Et il s'exprime de moins en moins souvent. 
Il est si maigre, il n'a même plus de mollets sur l'arrière de ses tibias; son abdomen ressemble à un ballon; il survit d'un demi-bol quotidien de flocons d'avoine mêlés de saindoux . Il est nu comme un ver et ses cuisses sont un tapis d'égratignures grouillant d'asticots, tandis qu'il s'assoit et s'allonge dans ses propres excréments.

Tout le monde sait qu'il est là, tous les habitants d'Avalon le savent. Certains sont même venus le voir, la majorité se contente de savoir qu'il est là. Tous savent que cet enfant doit demeurer où il se trouve.
Certains comprennent pourquoi, d'autres non, mais ils comprennent tous que leur bonheur, que la beauté de leur cité, la tendresse de leurs amitiés, la santé de leurs propres enfants, la sagesse de leurs savants, l'habileté de leurs artisans, et même que l'abondance de leurs pêches et de leurs récoltes ou la clémence de leur climat ne dépendent que de la plus grande et abominable misère de cet enfant.
Tout ceci leur est généralement expliqué entre l'age de huit à douze ans, dès qu'ils semblent capables de compréhension, quoique assez régulièrement, un adulte vient, ou revient, revoir l'enfant. 
Mais quelle que soit la manière dont on le leur explique, les jeunes spectateurs sont toujours choqués du spectacle. Ils ressentent du dégoût, ce dont ils se croyaient incapable de ressentir.
Ils ressentent de la colère, de l'outrage, de l'impuissance, en dépit de toutes les explications. Ils aimeraient pouvoir faire quelque chose pour l'enfant. 
Mais il n'y a rien qu'ils puissent faire.
Si l'enfant avait été tiré de son cagibi et sorti dehors, s'il avait été nettoyé, nourri et réconforté, ça aurait pu être une bonne chose; mais si cela était fait, à l'instant même toute la prospérité, la beauté et les délices d'Avalon s'évanouiraient et seraient détruits ! 
Ce sont les termes. Ceci est le narratif.  
Échanger tous les bienfaits et toute grâce de toutes vies en Avalon pour cette unique petite amélioration: Jeter aux ordures le bonheur de toute une population pour laisser une chance de bonheur à une seule: Voilà qui serait laisser le champ libre à la culpabilité dans les murs de la ville !

Les termes sont stricts et absolus; pas le moindre mot d'affection ne doit être prononcé envers cet enfant. Souvent, les plus jeunes rentrent chez eux en pleurs après leur visite, ou dans une rage dénuée de larme une fois vu l'enfant et été confrontés à ce terrible paradoxe. Certains même ruminent là-dessus des semaines et même des années.
Mais avec le temps, ils réalisent que même si cet enfant était libéré, sa liberté ne lui apporterait pas grand chose: un vague petit plaisir  dû à la chaleur et à la nourriture, sans doute, mais pas grand chose de plus. 
Il est vraiment trop endommagé et trop idiot pour assimiler de la joie véritable. Il a vécu trop longtemps dans la peur pour se libérer de cette dernière.  
Ses habitudes sont trop grossières pour qu'il réponde positivement à un traitement humain. En effet, après tout ce temps, il se sentirait misérable sans ses quatre murs pour le protéger, sans l'obscurité pour ses yeux, sans ses excréments pour se rouler dedans.
Leurs larmes contre la mordante injustice sécheront vite quand ils commenceront à percevoir la terrible justice de la réalité, et à l'accepter.
Pourtant, ce sont leurs larmes et leur colère, leur tentation de générosité et l'acceptation de leur incapacité à la donner, qui sont peut-être la véritable source de la splendeur de leurs vies. 

Il n'existe pas de bonheur insipide ou irresponsable. Ils savent qu'eux-même, tout comme l'enfant, ne sont pas libres. Ils savent ce qu'est la compassion. 
C'est l'existence même de cet enfant dans le cagibi, et leur conscience de cette existence, qui rendent possible la noblesse de leur architecture, la beauté de leur musique, la profondeur de leur science. C'est à cause de ce gosse qu'ils sont si doux avec les leurs.
Ils savent que si ce pauvre petit damné n'était pas là à sangloter dans sa cave, l'autre, le joueur de flûte, ne pourrait pas égrainer sa musique joyeuse tandis que les cavaliers s'alignent dans toute leur beauté pour la course au soleil de ce premier matin d'été.
Maintenant, croyez-vous toujours en eux ? Ne sont-ils pas plus crédibles ? 
Mais j'ai un autre truc à vous dire, et c'est le plus incroyable.
Il arrive parfois qu'un ou qu'une des adolescents qui ont rendu visite à l'enfant ne retournent pas chez eux pour pleurer ou tempêter, en fait, ils ne rentrent tout simplement plus chez eux du tout.
Parfois même des adultes gardent le silence un jour ou deux, puis quittent leurs demeures. Ces gens sortent dans la rue et marchent en solitaires. Ils continuent à marcher jusqu'à atteindre les portes de la cité d'Avalon, puis les franchissent.
Ils traversent les campagnes d'Avalon. En solitaires, enfants ou adultes, mâles ou femelles. La nuit, ils traversent des villages, entre les maisons éclairées à la bougie, et en ressortent pour s'enfoncer toujours plus loin dans l'obscurité champêtre. En solitaire, ils s'en vont vers l'est ou vers le nord en direction des collines. Ils continuent. Ils quittent Avalon. Ils marchent devant eux dans la pénombre et ne se retournent pas.
L'endroit vers lequel ils se dirigent est encore moins imaginable pour nous que ne l'est la cité d'Avalon. Possible même que cet endroit n'existe pas.
Mais elles semblent pourtant savoir où elles vont, toutes ces âmes en peine s'enfuyant d'Avalon.

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27 févr. 2021

474. Point d'Interrogations ?


Point d’interrogations ?

Te poses tu parfois les questions surannées,
Celles qui stagnent là, aubades sans refrain
Comme l’œil scrutateur qui poursuivit Caïn,
Venant hanter les nuits de ses vieilles années ?

Âme seule égarée sur la Terre incarnée,
Prisonnière d'un corps qui l’a prise en chemin,
Qui la libèrera, peut-être bien demain,
Sans savoir pour autant quelle est sa destinée ?

Est-ce la fin d’un tout, le début d’un néant,
N’était-ce qu’une escale en trop vaste océan,
N’était-ce qu’une halte prise en purgation ?

Levure dans le pain qui demain séchera,
Étincelle de vie d’un cœur qui lâchera,
Ira t’elle assouvir une autre conception ?

*
Dis-moi donc, chambellan, grand maître du festin,
Quel dessert prévois-tu pour son humain palais
Une fois libérée, timide feu follet,
Sa pauvre âme apatride en quête de destin ?

Meringues de couleurs ou bien glaces sans tain
Tandis que l’être aimé pleure sur mausolée,
Se demandant aussi, pauvre âme inconsolée,
Si rejoindra un jour son très cher Valentin ?

Et que peut espérer un pauvre esprit athée
En attendant la mort de sa cape drapée
Fauchant devant lui ces points d’interrogation ?

A quoi peut donc s’attendre une âme à l’agonie
Qui se sent délaissée, vouée aux gémonies,
Sera-ce point final ou temps de transition ? 

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7 janv. 2021

461. Épiphanie 2021

 

Les points sont bien là, mais y a encore rien qui les connecte. Pas encore.

L'incertitude me laisse pas dormir. Ce serait n'importe quel jour ordinaire, sans le fait que le jour qui suit ne sera pas un jour normal. Je devrai probablement garder cette date en mémoire pour la postérité ou elle deviendra un souvenir que je pourrai pas effacer même si j'essayais de toutes mes forces.

Ce dont je suis sûr d'être certain, c'est qu'à un moment donné cette nuit, tandis que mon corps sera dans une inconscience presqu'inerte, quelque chose dans nos vies aura soudain changé, pour le meilleur, ou pour le pire, et qui sait, peut-être même pour toujours.

Le problème est que je ne peux pas dormir. En silence et dans le noir devant mes écrans, j'attends, plus lucidement que je ne le voudrais, que le marchand de sable me balance une pelletée de sommeil entre les deux yeux. 
Je suis tenté de regarder ma montre, mais je sais que si je le fais, je perdrai également mon sang-froid. Je pense à toutes les nuits importantes que j'ai vécues jusqu'à ce jour, la nuit précédant mon baptême de l'air, la nuit précédant mon examen de permis moto,  celle précédant la prise de commandement de mon premier navire, et toutes les veillées des jours importants de ma vie durant lesquelles je devrai encore faire face à l'insomnie. 

Mais en fait, ces nuits n'étaient pas si importantes qu'elles en avaient l'air à première vue. Pas si importante que la nuit qui vient de s'écouler. 
Une épiphanie s'est produite cette nuit. Signe du ciel, elle succédait au jour de la fête des rois. La bête a dévoilé son vrai visage. Les plus fidèles amis ont trahi. Mais bon, DuckDuck nous a dit de rejoindre nos pénates en paix. 

Même quand j'étais petit, j'avais ce genre problème: la peur du noir. Mais avec le temps, j'ai appris à vivre avec les monstres qui vivaient sous mon lit; j'ai compris que si vous ne les nourrissiez pas de votre imagination, ils finissaient par mourir de faim ou tout simplement par s'enfuir foutre les chocottes à quelqu'un d'autre.

Maintenant, d'un autre côté, j'aime le silence et l'obscurité. C'est la seule façon d'écouter mes pensées, de les réfuter et de les mettre en ordre pour que personne ne les change. C'est le problème du monde: le bruit et les images excessives empêchent les gens de réfléchir et ils finissent par agir par imitation et non par conviction.

Chaque seconde qui passe, je déduis les minutes qui restent jusqu'à ce que le réveil sonne et je sais que quand cela se produira et que la fatigue ne me laissera plus ne pas poser les pieds sur terre, je me souviendrai de ce moment et je me dis que j'aurais aimé ne pas être resté éveillé en pensant à des choses futiles.

Mais je suppose que nos lendemains seront des jours mémorables, cela n'aura pas d'importance pour moi. Parce que j'aurai plus de raisons de me lever que d'être paresseux entre les draps. Parce que demain, quand je me réveillerai, ce coin de mon esprit que j'ai gardé silencieux pendant si longtemps sera enfin rempli. Cet écart si proche de l'endroit où la joie, l'illusion et le sentiment de plénitude seront sécrétés.

Le 6 janvier 2021 aura été marqué dans l’histoire comme une journée historique, une journée de révélation. On s’attendait à la présence de 1 à 2 millions d’américains ce jour là montés à Washington pour soutenir le président Trump qui avait promis et a délivré de grosses révélations, notamment des tonnes de "preuves spécifiques" toutes soumises mais jamais entendues par toutes sortes de tribunaux qui les ont entendues, depuis des tribunaux de comtés à des tribunaux d'états jusqu'à la Cour Suprême et finalement jusqu'au Congrès. Toutes preuves inconnues du grand public car jamais dévoilées par les médias main stream et censurées sur  les réseaux sociaux de masse.

N’oubliez pas que rien de l’élection américaine de novembre n’a pu échapper au services du renseignement puisque 64% des satellites d’espionnage du NRO (de reconnaissance optique, radar et d’écoutes SIGINT) ont étés réorientés sur le territoire américain pendant l'élection. Sans oublier que l’ensemble des SCIF (A Sensitive Compartmented Information Facility ou Installation d'Information Compartimentée et Sensible) de la Garde Nationale ainsi que celui de l’aile ouest de la Maison Blanche ont secrètement enregistré en temps réel l’ensemble des fraudes de la quasi-totalité des bureaux de vote américains.

En ce jour, il n'a  pas été posé de question sur la validité de l’élection de Joe Biden, à savoir s’il était élu ou non, mais plutôt sur la problématique des preuves qui attestent incontestablement d’une tricherie massive et avérée du parti Démocrate donc du coup d’état orchestré par l’état profond contre les États-Unis d’Amérique et son peuple, à savoir si ces preuves étaient recevables ou non. 
Et la grande majorité des représentants et des sénateurs américains, comme les juges des différentes cours, ont décidé de fermer les yeux et d'ignorer ces preuves accablantes pour les démocrates et d'introniser le représentant de la pieuvre. 
Les criminels de l'état profond sont arrivés comme des graines, ils ont fait profil bas en s'infiltrant partout, étendant leurs racines tentaculaires sous la surface, et puis hier, ils ont germés en surface aux yeux du monde entier.

Le cancer a bouffé presque toute l'humanité, en Europe comme aux USA, mais en ce jour de l'épiphanie 2021, ce cancer a réveillé le système immunitaire et ça va chier pour ce panier de crabes...

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