Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

25 nov. 2006

223.C'est beau l'amour !


Descendant mon bonhomme de chemin depuis Tié Tié jusqu'au centre de Pointe Noire, j'arrêtais pas de mater les gazelles moulées dans leurs boubous fleuris du dimanche. A m'en donner le torticolis. Faut dire qu'il y a de quoi mater sur le boulevard Mavoungou.

Puis maintenant, à solas dans ma cabine, je m'imagine la scène si ça c'était passé le mois dernier en descendant la rue Bichon.
Avec Marylou, je précise.
Examinons la scène et faisons arrêt sur image si vous le voulez bien:


" …ainsi, ma louve, ne le prends pas mal si je me retourne sur les jolies femmes dans la rue… c’est vrai, considère moi comme un animal, un mâle au sens strict, un « nain » à l’instinct sexuel à fleur de peau… mon amour, je suis un animal, l’être humain est un animal… euh, je dis pas que tu es une animale, mais je dis qu’aucun homme ne peut s’empêcher de regarder, et que celui qui s’oblige à ne pas le faire se fait du mal et en souffre, nous souffrons énormément. Puis merde, c’est pas parce qu’on est au régime qu’on peut pas regarder le menu ! Regarde les autres mecs et tu verras que je suis normal.
- Mais oui mon chat, tu as raison, c’est vrai que les hommes sont des animaux… parfait, je te remercie quand même de le faire avec discrétion. Le respect, c’est important quand même
- Sûr mon amour. Merci de me comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas d’infidélité ni rien de ce genre, tu comprends…, le sens de la vue est naturel, le monde est plein de belles choses dignes d’être admirées, et parmi ces jolies choses, il y a vous, les femmes… Chérie, dis moi, est-ce que tu souffres à me rester fidèle ?
- Non, certainement pas mon chat… je t’aime et de ce fait, je n’ai aucune envie d’aller avec d’autres hommes. Si nous n’étions pas ensemble, là, je dis pas…
- Je te crois pas, ma louve… on vient d’admettre qu’on a l’instinct sexuel à fleur de peau, ne me fais pas croire que tu croises jamais un mec dans la rue ou dans ton bureau de poste qui te fait envie quand je suis pas là…
- Rhooo, bon, oui, d’accord, ça m’arrive, mais c’est pas de ça que j’ai envie maintenant, dis, il y a des choses qui retiennent plus mon attention que le fait d’accoster un inconnu, on est ensemble, oui ou non… ?
- Des choses comme quoi ? je demande , intrigué.
- Par exemple, quand je marche dans la rue et qu’un homme cherche le contact avec moi, il laisse tomber quelque chose par terre, ou il m’adresse la parole à l’arrêt de bus, ou même il m’attend à la sortie du bureau de poste, etc…
- Et c’est ça qui te plaît ?
- Pas que ça me plaise vraiment, mais me sentir belle et désirée… regarde, laisse moi t’expliquer, alors voilà, ça me plaît bien quand je vois un homme dans une super bagnole, et ça me séduit encore plus s’il est beau, je veux dire, moi c’est pas comme toi, c’est pas le sexe qui m’intéresse, ça ne me frustre pas comme toi de te rester fidèle parce que dans ma tête, il n’y a pas que le sexe à chaque instant.
- Et alors ?
- Ce qui me plaît, c’est de m’imaginer avec cet homme dans cette voiture de luxe, je m’imagine la vie qu’il pourrait m’offrir et l’envie que ça provoquerait chez les autres femmes qui diraient « Cette femme, tu as vu avec qui elle se trimballe… » et les hommes diraient « Regarde ce mec, la belle plante qu’il se paie… » Et ça, mon chou, ça me séduit beaucoup… être admirée…
- Je vois.
- Si je vis avec un homme qui me donne tout, qui n’a pas de problèmes d’argent ou rien de tout ça, je voyagerais, j’aurais des robes, on irait au bal, tout ça… Comme tu peux le voir, mon chou, ne pas avoir de relation sexuelle ne me frustre pas, encore moins avec des hommes différents, dans ma tête, je n’ai pas cette frustration.
- Je comprends. Le simple contact avec cet homme, c’est comme un rapport sexuel par défaut.
- Quoi ? Tu dis quoi ?
- Rien mon amour… que c’est bien… finalement, vous les femmes, vous avez pas ce besoin de sexe qu’ont les hommes parce que pour vous, il suffit de lancer un petit regard coquin pour avoir les hommes à vos pieds.
- Et oui, mon chéri, c’est comme ça…
- Hem… tandis que nous les mecs, on ne pense qu’à ça, finalement. Si on a plein de fric et une grosse caisse, le moins qu’on puisse espérer en rencontrant Cristale b36, c’est de la voir à l’horizontale.
- Comment ?
- Rien mon bébé… c’est toujours captivant de discuter avec toi…

Et heureux comme des poissons rouges, nous continuons notre descente de la rue Bichon en léchant les vitrines du bocal...

27 oct. 2006

222. Téléprospection


Ce foutage de gueule ne vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier du groupe "OUEST-FRANCE"

Avant de commencer: "Faites qu'est-ce que je dis, pas qu'est-ce que je fais, okay ?

[Le téléphoooone sonne mais tu n'es pas là.... Il est 8 heures 51.]
Ah bah si, y a quelqu'un...


M56 : [sonné] « Allo ? »
La Prospectrice : « BONJOUR Mr 56 ! Ravie de ne pas vous réveiller. Je m’appelle Vanessa et je vous appelle pour vous offrir l’opportunité de recevoir le journal Ouest France à domicile tous les jours et ce, pour la modique somme de 37,45 euros pendant les trois premiers mois !!! Cette offre extraordinaire inclut bien entendu notre supplément du Dimanche. »
M56 : [cogitant vitesse grand V] : « Attendez une petite minute… Vanessa, c’est bien ça ? »
La Prospectrice : « Tout à fait, Mr 56, Vanessa. »
M56 : « C'est un joli prénom. Bien, Vanessa, laissez moi vous dire que je suis vraiment très content que vous m’ayez appelé parce que justement dimanche dernier je l’ai acheté au bureau de tabac pour voir les photos de Cynthia et de Marina (pitain qu'est-ce qu'elles sont bonnes - et connes en même temps) dans le supplément et je m’étais dit que ce serait vraiment le pied si je pouvais le recevoir tous les matins dans ma boîte aux lettres au lieu d’aller l’acheter à pieds comme je l’ai fait l’autre jour. »
La Prospectrice : [déjà entrain de saliver] « … hem, on dirait que je tombe à pic dans ce cas, Mr 56 ! Comment souhaiteriez vous régler votre abonnement, aujourd’hui même avec votre carte de crédit ou préférez vous que nous vous le facturions plus tard ? »
M56 : [le sourire en coin] « Houla… Doucement, Vanessa. Pas si vite. D'abord, je voudrais bien que vous m’expliquassiez les options. Vous savez ; par exemple, est-ce que par exemple quand je pars en vacances, vous pourriez m’envoyer juste que le supplément du dimanche avec les photos des filles ou des trucs comme ça… Mais plus important, je voudrais savoir si vous pourriez m’envoyer ce supplément direct à mon camping. »
La Prospectrice : [comptant déjà les billets qu’elle va se faire sur ce pigeon stupide] « Eh bien, Mr 56, ce sera un plaisir de vous parler de nos options. Et tout est possible, ne craignez rien. D’abord, vous pouvez choisir l’abonnement d’un an renouvelable par automatique reconduction … »
M56 : [ayant du mal à retenir son rire] : Une petite seconde, Vanessa ! Je pourrais pas tout me rappeler si je prends pas de notes. Pouvez-vous patienter une minute le temps que j’aille me chercher un papier et un crayon ? »
La Prospectrice : [entrain de se faire un deuxième orgasme en pensant à la commission qu’elle va se faire] « Mais certainement, Mr 56. »
M56 : « Alors attendez encore un tout petit peu, je viens de trouver le papier là sur l'étagère mais j’ai pas encore trouvé le crayon. Je vais en chercher un et puis je reviens, d’accord, bougez pas, hein ? »
La Prospectrice: « Oui oui, Mr 56 ! Allez y et je vous attends. Je ne bouge pas, promis. »

[Cet enfoiré de taré d' M56 met le téléphone sur muet puis retourne raconter ses conneries sur mon Blog]


24 oct. 2006

221. Puis-je vous penser une question?

Pourquoi est-ce que quand un mec a besoin d’une petite gâterie, c’est parfaitement acceptable de la part de Marylou de répondre « Pas ce soir, mon chat. Je suis trop fatiguée/stressée/triste/en colère/autre chose. » et que l’homme doive laisser tomber parce qu’il n’y a rien que je puisse dire ou faire qui ne le fera pas passer pour une bite assoiffée de sexe.

Mais si par hasard c’est sa femme qui a un petit besoin d’amour tendre et que l’homme dise que c’est pas son cas, il est automatiquement présumé que j’ai un grave problème relationnel et le pauvre de lui devra passer les trois heures suivantes à ‘discuter’ de tous les problèmes perçus par sa louve dans leur relation et finir par s’excuser de tous les maux de la planète sans comprendre exactement de quoi, ou même pourquoi je m’en excuse ?
Hem. Pas que ce me soit arrivé. Je demande. C’est tout.

21 oct. 2006

220. Les nouveaux héros de la Raie Publique: Hortefeux, Jégo, Lelouch, Devedjian, Aeschlimann et les autres...


(Nan nan nan, pas tout d'suite, pas encore, patience, avant de commencer, je voulais vous dire que bon, je dis pas qu’y a pas un léger tout petit mieux dans le nombre de commentaires que vous avez la bonté et la reconnaissance de laisser sur ce blog depuis l’année dernière mais bon une fois de plus, c’est pas encore ça.
Alors z’avez intérêt à vous remuer un peu les doigts sur le clavier pasque mon Blog égocentrique et maniaque commence à s’essouffler et à se prendre la tête à taper des pieds et des mains comme il le fait pour vous y inciter.
Même que maintenant, ils sont plein d’ampoules et autres cloques dont je vous tairai les patronymes et que Marylou - c'est ma louve- aime pas que je la caresse avec des mains pleines de cals. Ça lui irrite ses partie intimes l’épiderme qu’elle a très sensibles.

Alors ayez pitié siouplaît bonnes gens, faites travailler vot'cœur et vot'clavier.
Vous l’aurez compris, j’suis un tout petit peu beaucoup en colère, rouge comme un chili ardent mexicain désincarné, au bord de la crise de nerfs, surtout avec l’autre enflure qui ramène sa fraise depuis que ses sbires se sont ramassés des pavés sur le coin de la gueule à Cachan ou dans ce couin là.

Ah la la, j'allais pas laisser passer ça tout de même, ah non alors, rrrrontudju de bordel de merde…
Alors citoyens, oyez et soyez prévenus !
Une nouvelle meute héroïque est née:
La masse timide et docile de l’humanité vivant à Paris ou dans nos grandes villes n’aura plus jamais à craindre la mécanisation du monde criminel et souterrain vivant sous la surface actuelle de leur monde virtuel ordinaire. Les bonnes gens de nos terres gauloises ont désormais de nouveaux défenseurs de la justice, de nouveaux protecteurs de la voie, de nouveaux héros volontaires pour combattre les droits des petites gens.
Et pour eux, les petites gens, c’est nous.
Ils protégeront les gens de leur monde, ces puissants sauveurs, cette meute dynamique. Aucun crime ne demeurera impuni tant qu’ils seront aux manettes. Aucun super criminel au regard fuyant n’échappera à la morsure acérée de leurs pinces de vertu. Ils sont les défenseurs des sans défense. Ils dicteront aux dictateurs et seront entendus. Ils sont la main droite de la Justice à deux vitesses, le pied gauche de la Liberté bafouée, le pénis turgescent de la Ploutocratie dans son âge d'or.


Ils sont Maître Sarko et ses enragés de pitbulls !

Grands amis de Bush, adorateurs du grand Israël, orateurs publics à têtes creuses de jour, ces combattants du juste combat sont toujours prêts à entrer en action. Glissant le long de poteaux métalliques huilés discrètement planqués dans leurs palaces au moindre appel d’un Walkie-Talkie annonçant une alerte jaune, ils atteignent leurs secrètes caves des secrets horreurs et revêtent leur tenues de combat de plastique et de lycra, complètes avec blindage Merkava de poitrine et d’arrière train, afin de débarrasser le monde des malandrins qui menacent le pécule de ceux se trouvant sous leur protection. Leurs packs multi-usage contenant tous les gadgets pour combattre le crime solidement amarrés à leurs flancs.
Sarkoorangs et Nunchalouchs inclus.
Sautant dans leurs chars d’assaut, Sarkoman et ses boyz filent dans la nuit en quête de dangers, d’aventures et de tous les torts qu’ils doivent redresser. Peut-être y a-t-il eu une nouvelle attaque d’Ousama sur Gotham City, peut-être s’en prépare t’il une autre sur les Hauts de Seine ?
Quoi qu’il en soit et quel qu’en soit le coût, vous pouvez être sûrs que Sarko et ses roquets sont déjà dehors, faisant tout ce qu’ils peuvent pour protéger Jean Kronembourg et Marie Botox des maux du monde qui les entourent.

Sarko et ses lieutenants. Bientôt sur vos écrans. Ne les ratez pas!

*Note à l'intention du Betar et affiliés: Y a rien d'antisémite çi-dessus alors venez pas m'faire chier.

19 oct. 2006

219.Expérience nautique


Faisons une expérience si vous le voulez bien. Mettez vous à oilpé, ou dans la tenue d’Adam si vous ne causez pas verlan, et ôtez vous la vision – surtout pas en vous tranchant la tête, c’est tout à fait crucial dans la réussite de l’expérience (vous pouvez utiliser un masque ou un bandeau) et asseyez vous - ou mieux, allongez vous sur le dos - sur un grand matelas en plein milieu d’une chambre agréable et bien éclairée. Si vous n’en possédez pas, vous pouvez toujours faire une réservation au Crillon.

Faites vous accompagner de trois femmes, nues et à l’esprit ouvert. Par ouvert, je veux dire ouvert comme un océan qu’on ne traverse que rarement, un océan privilégié. Vous, évidemment, ne pourrez voir ces dames de compagnie ni versi-versa. 
Aucune des trois ne devra être parfumée, en fait rien ne devra permettre de les distinguer les unes des autres. La seule chose que vous aurez le droit de savoir sur vos compagnes, c’est que la première se nomme Ouragan, que la seconde pourrait bien être une de vos amantes et que la troisième est votre femme. 
L’ordre de description que je viens d’établir est arbitraire. Les trois femmes feront exactement la même chose : Elles s’assiéront tour à tour la durée d’un instant sur votre tête, vous enrobant le sexe de leur visage visage de leur sexe. 
Vous devrez deviner au goût et à l’odeur laquelle est votre femme. Tout à fait exceptionnellement et parce que je ne me suis pas levé du pied gauche ce matin, vous aurez le droit de caresser (une fois seulement) les seins de celle que vous considérerez la votre donc l’unique. 

Si vous ne commettez pas l’erreur que j’ai la trouille de commettre, la femme que vous aimez retrouvera la foi qu’elle eût en vous par le passé, elle chassera ses amants – aucune femme saine d’esprit ne se montrera infidèle envers l’homme capable de reconnaître mieux que quiconque ses saveurs secrètes - et tout redeviendra comme avant quand vous vous dégustiez mutuellement. 

Si vous vous plantez, votre femme passera dans la chambre d'à côté où à son tour elle s’assiéra toute nue sur un grand matelas avec ses yeux bandés en plein centre de la pièce et où elle attendra la visite de trois hommes nus aux yeux également bandés et donc l’unique point commun sera que ça fera énormément longtemps qu’aucun des trois n’aura navigué.
Voilà, amusez vous bien, quant à moi pauvre capitaine, je vais préparer mon sac, la fin du mois approche et mon navire m'attend...

15 oct. 2006

218. Ça ferait combien de douzaines exactement?


588 est un chiffre franchement facile à retenir, quoi que ce soit que ce soye que vous vous proposiez d’en faire. Pourtant il ne rappelle rien, ne signifie rien, si tant est qu’un chiffre puisse nous signifier quelque chose.
Non, c’est nos esprits qui s’inventent mille et une possibilités pour, par exemple, mettre en relation les 2 avec les 8, puis pour se sevir de ce nouveau 28 qui constitue en fait la troisième partie du code de mon compte FTP chez Lycos (®) (qui coïncide avec la date de notre rencontre ainsi d’ailleurs qu’avec celle où je l’ai oubliée, cette tordue - tout ça me laisse penser que dans trois mois ou à peu près quand je rentrerai de mer, j’aurai aussi bien oublié ce putain de code).
Mais ce cinq cents quatre vingt huit là pourrait aussi être une date : le cinq août 2008 par exemple, au pif je dis ça, quoique ce jour là, mon fils aura fêté ses seize ans depuis deux mois…
Non, j’essaie pas de lui donner un sens ou de justifier ce chiffre, ni même de m’en souvenir. Mais il est parfait, quoique je n’ai jamais savouré chacune des 84672 fractions de sensations interconnectées et en même temps, délirantes et indépendantes, recluses dans ces 588 fragments de miroir.
Bon, j'avoue que j’ai bien essayé mais j’ai pas réussi à retrouver l’Unité, ni réussi à l’élever de tête à quelque puissance que ce soit, ni même à le multiplier par plus que trois, alors venez pas me demander d’isoler ses inconnues, trouver ses variables ou déformer ses constantes…
Laissons de côté les sinus, les pharynx et les cosinus je vous prie, ainsi que les chiffres binaires parce que je vous cause d’un Trio là, qui n’a rien à voir avec le sexe bien que Cristalle B36 me l’ait insinué - ou me l’aurait-elle proposé ? - plus d’une fois.
(Pitain, si c’était le cas, va falloir que je la recontacte…)
588 est un chiffre, okay, mais il échappe à mon contrôle. Je veux pas lui assigner de place spéciale, d’ailleurs je pense pas que ce soit vraiment nécessaire, il est fastoche à se rappeler de toutes manières et c’est ça qui compte.
Aussi importante que soit la mémorisation d’un chiffre (et je parle pas de fric ou de comptes cryptés au Lichtenstein là…).
Au final, il n’est rien de plus que le 78ème chiffre à précéder le chiffre de la Bête ainsi que le nom de l’année calendaire de la 927ème année précédant la baston de Marignan.
Voyez que je suis quand même au courant alors m’prenez pas pour la bille que vous savez qu’j’suis pas mais que vous aimeriez bien que je sois.
Mais il est aussi la somme de chacun des jours de désir élevés à la puissance n, de désespoirs ventilés, d’angoisses desséchées, de délires et d’espérances compartis. C’est aussi le nombre de nœuds composant le sac de nœuds dans la bobine qui constitue ma vie – ou son fil si vous êtes tatillons.
C’est aussi le nombre exact de jours passés depuis que j’ai tardé à essayer d’ouvrir une brèche par laquelle nous échapper ensemble de ce labyrinthe en laissant de côté nos petites misères et nos faux espoirs.
Calculez vous même!

13 oct. 2006

217. Superstitieux?


Ce billet ne vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier de "BOUYGUES TELECOM"

Madame Caroline Durand - ou serait-ce Durant ? -, secrétaire particulière d'un certain Bouygues, m’a appelé personnellement en ce début d’après midi. Comment qu’elle a eu mon numéro, je le saurai jamais parce que, comme elle avait interrompu ma sieste, j’ai eu la saine malséance de lui raccrocher au nez sans la traiter de tous les noms d’oiseaux que je connais par cœur.

Mais une petite minute d'abord, pourquoi la secrétaire d’un mec aussi connu et plein de pognon que ce mec là prendrait elle la peine de se casser le cul pour m’appeler par cet après midi d'automne ensoleillé ?


Les vendredi 13 ont la tradition de porter la poisse. Des jours remplis de vieilles superstitions. Faites gaffe aux chats noirs, aux échelles sur les trottoirs et aux miroirs que vous pourriez avoir l'envie de briser.

Mais aujourd’hui, c’est un vendredi 13 spécial de chez spécial. C’est le 700ème anniversaire d’un des épisodes les plus noirs de l’histoire, à part bien sûr le massacre des Indiens d’Amérique, celui des Juifs de Sobibor, l’immigration de la famille Sarko dans l’hexagone ou la création de l’état hébreu…


Aujourd’hui, ça fait exactement 699 ans que notre bon Roy Philippe 4ème du nom fit arrêter et dissoudre l’ordre des chevaliers du Temple, en faisant main basse sur leur Grand Maître Jacques de Molay ( à ne pas confondre avec Guy de Mollet qu’était rien qu’un enculé politicien).
Après interrogatoires et confessions arrachés façon Guantamo (souvenez vous que ça se passait à l’époque de l’Inquisition qui n’a rien à envier à notre siècle bien de chez nous), de Molay confessa seulement qu’il avait rejeté le Christ et piétiné la sainte Croix – pécadilles si je puis me permettre, confessions qu’on l’obligea à réitérer en place publique. Cette confession en poche, le bon pape Clément 5 ordonna l’emprisonnement de tous les Templiers de la Chrétienté.

De Molay et ses chevaliers croupirent en géoles durant 7 ans avant d’être condamnés à perpète en 1314. Voyant où en était rendue la destruction de son édifice, de Molay revint sur ses confessions dans un acte de défiance à notre bon Roy Philippe qui le fît sommairement rôtir sur l’île de la Cité à Paris.

Dévoré de flammes sournoises, insidieuses et brûlantes, on raconte que de Molay aurait enjoint Roy comme Pape de le rejoindre sur les marches de l’Enfer avant la fin de l’année. Ce que firent les deux d’ailleurs, même si nul ne sait s’il le firent de ou à l’insu de leur plein gré, ou même s’ils se mirent préalablement d’accord pour ce rendez-vous post-mortem au moment du supplice du supplicié.

699 ans donc. Le chiffre 69 – à part la position dont moi et Cristalle b36 raffolons dans nos rêves les plus chevaleresques – est depuis longtemps considéré comme magique et ceci depuis la plus haute antiquité, pas seulement parce qu’il est symétrique verticalement (il se ressemble exactement si on lui fait faire une culbute). Il est aussi le symbole zodiacal du signe du Cancer – un signe utilisé par les égyptiens et attribué au dieu Thoth, qui, comme Hermés Trismegistus, était soit disant le patron des Templiers, l’octroyeur de la connaissance secrète.
Quant au chiffre 9 nécessaire pour compléter le 69 et le transmuter en 699, il était aussi vital à la symbologie Templière qu’ Égyptienne. 9 Dieux majeurs contemplaient les égyptiens du haut de leurs pyramides et 9 chevaliers sont à l’origine de la création de l’ordre du Temple.


Alors dîtes moi, est-ce juste une pure coïncidence si le 699ème anniversaire de la chute du Temple correspond à un Vendredi 13 ainsi qu’à la passion commune que Cristalle B36 et moi éprouvons pour la position du soixante neuf ou pour les annnées soixante-huit (sic) ?

Mais qu’est ce donc que c’est donc que cela peut-il bien donc signifier ? ( z’inquiétez pas, c’est les dunks des Sixers devant le CSKA de Moscou qui me rebondissent dans le crâne). Bon, alchimiquement parlant, si on accepte quelques unes des théories conspiratives de notre début de siècle, alors il y a de fortes chances qu’aujourd’hui sera une date mémorable pour quelques personnages clé en position de pouvoir.
Même si on ne se rend pas compte d’un changement immédiat. Il a d'ailleurs été porté à mon attention à travers la visite de multiples forums conspirationnistes sur le net qu’une multitude de gens serraient les fesses par peur d’effroyables actes terroristes avant cette fin de journée…


Et c’est cette date là qu’a choisie cet homme clé et plein de pouvoir qu’est monsieur Bouygues Telecom pour me contacter personnellement.

C’est pas un signe téléphoné, ça ?



12 oct. 2006

216. Aventure in Blogland

Bon, ce post, c'est juste pour me faire repérer par les mecs de chez Technorati. Si ça marche comme ils disent et comme je m'efforce de les croire, Ô pauvre innocent que je suis, je vais me retrouver Rocket high sur les classements de la Blogosphère Franchouillarde, fasse le ciel que je nique le pion à l'imitation merdique de merde de l'UMP.

11 oct. 2006

215. Êtes-vous un trou du cul? Moi oui..., parfois.


Une des dérives contre lesquelles je me bats tous les jours est celle de me transformer en rondelle… enfin je veux dire en vrai trou du cul. Je me tate pour monter une secte ici à Gwened – éventuellement, ici ou ailleurs, faut bien commencer quelque part – et je me demande comment je pourrais bien m’empêcher de penser que je suis une sorte de star ecclésisatique. 
Souvenez vous que j’ai des ancêtres dans le business, alors disons que ça fait partie de mon héritage génétique.

L'Innomable m’a pourvu de dons très publics en ce qui concerne ce genre de ministère, super. Je me rends compte que je suis simultanément ébahi de plaisir et dégoûté par les louanges que je reçois de mon auditoire. 
Ce matin, je suis tombé sur les pensées de Frère Martin (Luther) sur ce sujet - le vrai, pas l’imitation afro-américaine - dans sa préface à l’édition de Wittenburg (1539).

(Petite parenthèse, c’est pas par racisme que je parle d’imitation en référence au King des States même s'il s'est lamentablement fourvoyé en annonçant qu'être anti-sioniste, c'était de l'antisémitisme. 
En plus j’adore les noires. Je sais pas vraiment pourquoi mais je les kiffe vraiment. Pas dans le sens jambes en l’air, fesses rebondies et tout et tout, non, loin de moi ce genre de pensées lubriques qui me traversent toute la journée mais dont je me garde bien de parler sur ce blog - mais j'en pense pas moins. 
J’adore la façon dont elles s’expriment. Leur attitude. Elles ont jamais tort. Elles ont leur propre langage et j’adore ça. J’en croise souvent lors de mes périples maritimes et j’ai remarqué que si le propos de leurs conversations diffèrent pas tant que ça des propos des gazelles blanches, elles le font avec beaucoup plus de piment. Par exemple, une blanche dirait : « J’ai rencontré M56 en boîte, quel grand enfant ce mec ! », une noire, elle, dirait : « J’ai serré-collé M56 au club, givré ce toubab, mais quel Bangâla de killer! »

Je pense que j’aimerais bien me transformer en blackette quand je serai mort. Revenir en congolaise des quartiers chauds avec un cul bien rebondi. Si j’étais une négresse avec un cul qui se respecte, je pourrais dire à qui je veux d’aller se faire mettre sans avoir peur d'en subir les conséquences. Au secrétaire du préfet dans l’ascenseur, je dirais : « Tain, ta race keum, tu renifles grave ! »

Je blâmerais toutes les maux de ce monde sur les blancs. Absolument tous. J’aurais plein de gosses et je les baptiserais de noms imprononçables rien que pour faire chier leurs profs de maths. La vie serait kiffante.)

Mais où que j’en étais déjà ? Ah oui, Martin Luther. Le blanc.
Putain, il est pas brillant ce mec? Altruiste et marrant comme c’est pas permis? En voici une traduction assez libertaire :
« Si, toutefois, vous êtes portés à croire que vous avez réussi, vous flattant de vos propres pamphlets, billets ou autres écrits, parce que vous l’avez fait de main de maître ; si vous bandez comme un cornack quand on vous fait des louanges comme ils en font au pin's à l'UMP, si vous recherchez ces louanges et frisez le suicide ou le lock-out cérébral si elles tardent à venir et qu'elles le font pas en rangs serrés – si vous êtes de cette engeance, mon ami, alors prenez vous par la peau du cul, et si vous le faites de manière raisonnable, vous hériterez d’une magnifique paire d’oreilles d’âne. Alors, n’hésitez plus à délier les cordons de votre bourse ! Décorez ces appendices auditifs de grelots d’or, afin que tous puissent vous entendre où que vous alliez brouter, qu’ils pointent leurs doigts sur vous en disant: « Regardez ! Regardez ! Voici venir cette bête surprenante qui sait tant nous régaler de ses écrits et de ses paraboles ! »

Une prière pour aujourd’hui :
"Cher Dieu,
Merci pour mes talents. Fasse le ciel qu’ils ne soient utilisés qu’à tes louanges et non aux miennes. Je sais bien que ça risque pas d’arriver de si tôt, mais peut-être qu’avec ton aide, le trou de balle que je suis se transformera t’il en bourricot.
Au nom du fils, amen."

PS de dernière minute.com: Entendu sur France Inter ce matin, rapport aux migraines fréquentes de l'intéressé: "Il faut faire tout ce qu'il faut pour que Sarkozy se prenne les pieds dans le tapis. C'est une question de salubrité publique."

6 oct. 2006

214. Les couloirs du temps (Une autre réalité)



Cette p'tite histoire ne vous est pas gracieusement offerte grâce au soutien financier des "MONTRES CASIO"


Einstein nous a dit que le temps était relatif. Il semblerait qu’il défile de plus en plus vite. De nouveaux produits arrivent dans nos vitrines tous les jours. La technologie avance à pas de géant et on perd la mémoire des petits gestes simples du passé. D’ailleurs voyez de quoi j’ai été le témoin en descendant la rue Bichon pas plus tard qu'un peu plus tôt tout à l'heure, juste à peine quelques minutes avant tout de suite:

« Monsieur ! », l’interpella le jeune homme quand le vieux atteignit le passage piéton.
« Oui, vous désirez ? »
Le jeune scruta autour de lui, l’air mi-étonné, mi-apeuré et continua à voix basse : « Voyez vous, je suis un voyageur spatio-temporel et je suis revenu du passé il y a à peine vingt minutes et j’aimerais… »
« Du passé ? », le coupa le vieux, « Vous avez bien dit du passé ? »
Il sourit tristement « Oui. Je sais bien que vous n’allez pas me croire, que vous allez me prendre pour un fou… »

Ma curiosité légèrement émoustillée, je détaillai le jeune un peu plus attentivement : la vingtaine, taille moyenne, longiligne, survêtement Adidas, paire de Nikes, petit sac à dos en bandoulière, cheveux châtain et bouclés.
« Du passé, d’accOoord – Et ? », demanda le vieux.
« Eh bien, comprenez moi, je suis un peu perdu, je voudrais savoir comment marchent ces trucs, comment on les règle, enfin avec quel bouton quoi… »
« Pas de problème, mon garçon. Mais d’abord, dites moi, en quelle année se trouve votre présent si c’est pas trop vous demander ? »
« En 2257, monsieur. »
« Vous m’en direz tant ! Et de quelle année du passé rentrez vous, si c’est pas indiscret ? »
« Je reviens du 21ème siècle, monsieur. De 2006 ! »
« Mais NOUS sommes en 2006 ! »
« Ben je sais bien… mais c’est que la machine du temps se plante parfois, il se peut qu’ils se soient trompés de quelques mois ou de quelques trimestres dans mon transfert. »
« Ah oui. J’avais pas pensé à ça. Mais de quel mois revenez vous dans ce cas ? »
« Du mois d’octobre, msieur. »
« Vous vous foutez de ma gueule ? On EST au mois d’octobre ! – Essayons d’être précis, vous revenez de quel jour exactement ? »
« Du vendredi 6, msieur. »
« Hmmm…, non mais attendez, là, mais c’est aujourd’hui, vous vous foutez VRAIMENT de ma gueule si je comprends bien ? »
Le jeune sursauta, le regard surpris, presque effrayé, m’interrogeant du regard. Le vieux lui saisit le poignet gauche : « Regardez », lui dit-il en lui montrant la Casio flambant neuve que le jeune portait à son poignet, « C’est votre montre qui retarde. La date est bonne mais il est quinze heures trente et si mes yeux me trompent pas, votre montre indique neuf heures trente. Vous avez 6 heures de retard ! »
Il le toisa en soulevant un sourcil réprobateur et s’éloigna les mains dans les poches en marmonnant que décidément il y avait vraiment de plus en plus de tarés dans cette bonne vieille ville de Vannes.
Le jeune resta immobile au bord du trottoir, observant sa montre qu’il tapotait de l’index puis il s’adressa à moi comme s’il me prenait à témoin :
« C’est bien ce que j’essayais de lui faire comprendre, à lui comme aux autres, mais que voulez vous ! » D’une main furieuse, il rabattit ses cheveux en arrière, « Y a déjà plus personne qui se souvient comment qu'on remet à l’heure ce nouveau modèle déjà dépassé que je viens d’acheter ce matin y a tout juste une demi-heure… ».

4 oct. 2006

213. Télétransportation



Ce post ne vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier de "Mc Donald"


Le grand méchant loup se trouve télétransporté dans notre temps car il a una cita urgente à la Direction Régionale des Affaires Loumarines dans moins d’une heure. 
Il a la dalle alors il rentre dans un fastfood parce qu’il est à l’entrée nord de Rennes, il a les crocs, il est 13heures et ...

Le petit chaperon rouge: Bonjour et bienvenue chez not' fastfood ! Puis-je prendre votre commande, monsieur ?
Le loup, plein de confiance : Sûr. Je voudrais un menu Chicken Nuggets avec un thé glacé s’il vous plait.
Le petit chaperon rouge, l’air concentré : Désirez vous des frites avec ceci, monsieur ?
Le loup, surpris : C’est pas des frites là sur la photo du menu Chicken Nuggets ????
Le petit chaperon rouge, désarçonnée : En effet, monsieur.
Le loup, un peu confus : Ben, je croyais avoir commandé un menu Chicken Nuggets… alors je pensais…
Le petit chaperon rouge guillerette mais avec un soupçon d’admonition : Monsieur, vous avez commandé un Big Mac et un Coca, si vous vouliez un menu Chicken Nuggets, vous n’aviez qu’à m’le dire.
[Lui et le renard qui fait la queue juste derrière lui échangent un regard amusé, quoique interrogatif et visiblement apeuré, surtout en ce qui concerne celui du goupil .]
Le loup, empli de compassion : D’accord. Alors changez cette commande pour celle que j’avais pensé avoir commandée en arrivant, ça ira comme ça ?
Le petit chaperon rouge guillerette mais un tantinet frustrée : Je vous écoute, monsieur.
Le loup, très conciliant : Alors je voudrais un menu Chicken Nuggets avec un thé glacé s’il vous plait.
Le petit chaperon rouge guillerette et professionnelle, édition spéciale : Désirez vous un Coca avec votre menu Chicken Nuggets, monsieur ?
Le loup, sidéré : Je vous ai demandé un thé glacé !
Le petit chaperon rouge guillerette mais haussant les épaules : Ne criez pas, monsieur !
Le loup, interloqué : J’ai pas crié !!!
Le petit chaperon (toute rouge) hargneuse : Monsieur, si vous ne vous calmez pas et ne voulez pas me donner votre commande, je vais devoir vous demander de partir. Il y a du monde derrière vous.
Le loup, martyrisé : Okay, on s’énerve pas. Je crie pas. Je voudrais juste que vous me donniez mon menu Chicken Nuggets et mon thé glacé, puis je vous laisse tranquille. D’accord ?
Le petit chaperon rouge guillerette qui en redemande : Et c’est à prendre sur place ou emporté ?
Le loup, en ébullition : Vous savez, je crois savoir quel est votre problème. Je crois que vous ne saisissez pas ce que je vous demande parce que la circulation sanguine en direction de votre cervelle est ralentie par le soutif que vous portez trop serré dans votre futile effort pour rendre ces piqûres de moustiques que vous appelez vos nichons plus sexys aux yeux du gros nase couvert d’acné que vous appelez le directeur de cet établissement de merde qui va voter Sarkocertain, ça c'est sûr, et que vous avez branlé dans son bureau dans l’espoir de transformer votre CPE en CDI, c’est ça, hein, c’est bien ça ????
[Le goupil derrière lui éclate de rire et change de file.]
Le petit chaperon rouge moins guillerette, en état de choc et les yeux exorbités :
Le loup, furieux : Où est ma commande ?
Le petit chaperon rouge abattue et plus du tout guillerette : Voici-votre-menu-Chicken-Nuggets-monsieur. Et-votre-thé-glacé-à-emporter. Merci-et-bonne-journée-monsieur…
Le loup, revigoré : Pareillement, p’tite pisseuse.
Il quitte le Mc Do sous un tonnerre d’applaudissements et enfourche son bolide temporel. Du coup, il a oublié de payer et elle d’encaisser, ptr.

* Tout est strictement exact dans les contes de Perrault, mots pour mots, enfin tout… …sauf ce que vous avez rêvé.




30 sept. 2006

212. Questions cosmiques?



C’est comme tictac, le gros codile de chez Peter Pan, ou comme le temps, il fait rien qu'à tous nous cavaler au cul. Tout le temps. Enfin, c’est sur ça que je rumine ce soir, surtout quand je pense à ça.
Nous sommes le 30 septembre, le centre SETI d’Aussaguel vient d’envoyer un message numérique vers Alpha du Centaure ou sa proche banlieue, - que ses hypothétiques destinataires recevront hypothétiquement, si leur officier radio ne fait pas grève ou n'est pas en pause café, dans environ 45 ans. Comptez en à peu près autant pour une hypothétique réponse.
Tellement de questions, si peu de réponses.

Mais si vous en avez, je me ferai un devoir de vous répondre…
Seulement, je vous demanderai de pas me poser de questions sur ma journée ou sur comment je me sens aujourd’hui. Ni sur mon boulot ou sur mes relations sexuelles avec Marylou.


Dina, – c’est notre chatte - va très bien, aussi ne vous prenez pas la tête pour ce qu’on risque de retrouver dans sa litière.
Vous pourriez m’interroger sur l’état de ma santé mais c’est probable que vous trouveriez ma réponse fort ennuyeuse. 
N’essayez pas non plus de me faire avouer quels films j’ai loués ou piratés dernièrement. J’ai bien vu une redif de "Million dollar hotel" comme vous l’avez peut-être lu et oublié y a pas longtemps, mais je suis sûr que vous êtes à des années lumière d’altitude au dessus de ce genre d’inepties de toutes manières...


Pour ce qui est de ce que je suis entrain de faire, de créer ou d’accomplir en ce moment - ouais, ben évitez ce genre de questions aussi sauf si ça vous cause vraiment une occlusion intestinale - parce que ça fait pas de bien de commencer à parler de quelque chose d’interessant et de se retrouver sur la liste d’attente pour un meilleur scoop.
Mais, bon, j'serai sympa ce soir, allez y quand même, posez votre question...

22 sept. 2006

211. The Million Dollar Hotel


Les critiques n’ont pas toujours été tendres avec The Million Dollar Hotel de Wim Wenders - auteur entre autres de Paris-Texas - co-produit par la bande à Bono de U2 qui est à lui-même à l’origine d’une grande partie de la bande musicale avec d’autres musicos aussi doués qu’Eno ou Daniel Lanois, le plus new-yorkais de nos cousins québécois. Mais sorties de leur contextes visuels, les chansons du film n’en demeurent pas moins des chefs-d’œuvre. 
J’ai re-regardé ce film la nuit dernière sur Paris Première, une des rares chaînes à pas trop se foutre de nos gueules au niveau de ses choix cinématographiques. Et j’en ai eu le souffle coupé une fois de plus ! Putain de film psychédélique comme j’aimerais en voir plus souvent. Chaque rôle semble avoir été choisi avec des pincettes en or. Alors, après vous avoir parlé de Million Dollar Baby, je m'en vais donc essayer de tenter de vous faire aimer celui-ci:
J’adore Héloïse - non non, c’est pas celle d’Abélard - interprétée par Milla Jovovitch, surtout la scène où elle plie son bras pour le ramener contre sa tête, si lentement, si délicatement qu’on dirait un nouveau-né - appétissant, je le concède - .
L’apparence supposée attardée de Tom-Tom (Jeremy Davies), le rôle de Mel Gibson en flic mutant né doté d’un 3ème bras dans le gras du dos et qui doit s’efforcer de pénétrer l’univers de paumés - mais le sont-ils vraiment ou ont-ils trouvé là le moyen de vivre pleinement leurs vies en dehors des arcanes d’un système abhorré? - de la faune underground qui peuple cet hôtel de L.A. réquisitionné par la ville pour héberger ces gens qu'on voudrait cacher.

L’ambiance eighties, et même sixties, à la mode Warhol, pendant la petite sauterie lors du vernissage médiatisé des toiles bitumées d’Israël - Izzy - Goldstein ; le Velvet Underground - on a droit à un « Satellite of Love » de Lou Reed sur une scène d’un romantisme époustouflant et à une reprise hispanisante de « I am an Anarchist » de Johnny Rotten quand Tom-Tom pète les plombs dans un délire total entre les quatre murs de sa turne. Ou encore le pseudo Beatles qui chante "I'm the eggman, I am the Walrus" à un Gibson déguisé en un agent du FBI consterné...

Et toujours ce même cinquième beatles déjanté qui semble régner sur cet univers loufoque comme un politicien de chez nous : quand il s’agit de passer aux votes et qu’il a distribué les bulletins, il explique que le
O c’est pour Oui et que le N, c’est pour Naturellement au cas ou quelqu'un ne l'aurait pas compris du premier coup. Non mais sans dec, ça vous rappelle pas nos démocraties ? Ou cette autre sortie cocasse, « Qu’on fasse tous les idiots, okay. Mais nos dirigeants devraient pas en faire de même ».
Ben oui quoi, c’est vrai, c’est pas pour ça qu’on les paye, merde…

Puis là où je me suis bien vautré, c’est là où le marchand d’art sort sa tirade sur la merde que représente pour lui les « Paint it black » sur toiles volées - à cet instant du film, on ne sait pas encore qu’elles le sont - du fils défunt du juif milliardaire.
Le fil est très mince entre l’art et la merde, dit-il, parfois les artistes eux-même ne s’en rendent pas compte. C’est le marchand d’art qui fait l’art et non le contraire…, putain, vous trouvez pas ça aussi profond sinon plus que le décolleté de Madonna ou de Britney Spears???

Mais le plus beau, le plus terrassant, c’est la réponse de Tom à Héloïse à sa question sur l’amour. Il ne peut être décrit comme on décrit un arbre ou la mer, c’est l’œil par lequel on voit, le pêcheur caché dans le saint, la lumière dans la peinture.
Ne le manquez pas la prochaîne fois!

21 sept. 2006

210. Ça roule pour moi...


Quoi de neuf chez vous aujourd’hui? Rien?
Ben en ce qui concerne ma pomme pas grand chose non plus en fait à part le fait que j’ai une fois de plus la mâchoire en compote grâce au tripatouillage de mon maxilliaire inférieur par mon enfoiré de khmer rouge de dentiste nazi pas plus tard que ce matin.
Et tandis que je me dirigeais à pince pour mon rendez-vous de 11 heures vers son salon de torture exotique, d’un pas traînant, tentant tant bien que mal de vaincre la marche arrière vers laquelle semblaient à tout prix vouloir se diriger mes baskets pouraves, voilà t’y pas que je me retrouvai dans une de ces situations de merde comme j’en raffolais tant quand j’étais plus jeune et que j’avais de bonnes dents, genre celles qui vous les font grincer.
Et pas sous la roulette du nazi cité plus haut.
Le genre de situation qui vous donne envie de benner vos poubelles par la fenêtre ou de vous enterrer tête la première sous un tas de coussins épais.
Donc je marchais le long du port de plaisance en direction de la tanière de cet enfoiré pour m’en faire dévitaliser une de plus parmi la longue série prévue de longue date, quand j’aperçus un groupe de jeunes venant de la direction opposée.
Deux mecs et une nana qui ressemblait aux deux premiers. Un des larrons affichait ce regard suspicieux qui dit, « Je suis un mauvais garçon, et j’adore ça. » Il portait aussi sous le bras un paquet de journaux publicitaires gratuits.
Tandis que cette troupe se rapprochait, je le sentis venir. Ils causaient fort et s’esclaffaient de brusques risées de joie sinistre.
Celui qui portait les journaux demanda à la vieille qui me précédait d’une dizaine de pas si elle voulait un journal gratos. Ce à quoi elle répondit poliment « non. » et le jeune lui rétorqua, « Pas de blème, je t’en donne un quand même. » Sur ce, il lui en balança trois ou quatre exemplaires dans le dos et entre les omoplates.
Je pense que la vieille était trop choquée pour réagir parce qu’elle se retourna même pas et continua sa bonne femme de chemin. Elle tira juste un poil sur son col pour le remonter et progressa de son pas traînant. Je ne réagis pas non plus. Quelque chose en moi me disait, « Laisse les aller, et peut être qu’ils te laisseront tranquille. » Même si mon autre hémisphère voulait défendre l’honneur bafoué de la dame.
Mais je savais par mon expérience passée, que mes remontrances ne feraient qu’exciter leur belligérance.
Alors vînt mon tour de croiser ces oiseaux de proie. Tandis qu’ils se rapprochaient, j’essayai d’afficher le regard le plus téméraire et le plus endurci qui soit. Le genre de regard qui dit, « Si vous m’faîtes chier, j’vous écrabouille les vertèbres. »
Ce regard aurait pu fonctionner dans la cour d’une école primaire de banlieue chic mais pas ici dans la rue où je n’étais rien qu’un pèlerin de plus en route pour la torture. Aussi quand le porteur de journaux arriva à ma hauteur avec son regard menaçant, je compris illico que j’allais y avoir droit.
- « Hey m’sieur » qu’y me dit, « Tu veux un journal ? »
- « Non, » je lui dit, en espérant l’effrayer par ma réponse froide comme un frigidaire. Mais c’est moi en fait qu’avais les chocottes. La trouille d’être humilié en public. Effrayé de ma réaction si jamais l’animal décidait de me canarder ses journaux dans le dos. Merde les mecs, foutez moi la paix. Siouplaît.
Il n’y eut pas de réponse de sa part. Tout ce que j’entendis, c’est le rire de quelques mouettes et la voix d’un mec en contrebas sur un canote demandant à quelqu’un de lui passer un seau. J’y avais échappé. Ces connards n’allaient pas se la jouer avec moi. J’étais invincible. Comme Superman.
Bang ! C’est le bruit que fit la liasse de journaux en m’atterrissant sur la nuque. Le tout très vite suivi d’une explosion de rires joyeux.
- « Putain, le shoot à trois points, Kaya! » s’exclama la gonzesse, amenant instantanément ma pression sanguine en zone critique.
Nom de Zeus, j’allais pas laisser ces branleurs s’en tirer comme ça. Fallait que je sauve la face.

- « Hey ! », que je leurs dis, en m’agenouillant pour ramasser le tas de journaux, « C’est quoi votre problème ? » Ah, quelle inspiration !!!
- « Hey, c’est quoi notre blème ? » me répondit en écho l'un des rufians, faisant de son mieux pour imiter Vincent Cassel dans la Haine de Kassowitz.- « Renvoies si t’as des couilles ! » me cracha la gonzesse prête pour la guerre.
Ça rigolait de partout si j'ose dire. Le bas de ma nuque suait comme un robinet qui fuit. Je trouvai rien à répliquer. Zip. Nadazéro. Une partie de moi voulait les charger comme un taureau enragé sous PCP, l’autre savait que toute action serait futile. Sinon dangereuse. Je serrai même pas les poings; en fait, la seule chose que je trouvai à serrer furent mes dents et ma rondelle.
Alors je leur balançai un dernier regard méprisant avant d’en faire de même avec le paquet de journaux dans une corbeille qui se trouvait là puis je repris ma marche désormais effrénée en direction de chez mon tortionnaire.
Impatient que j’étais de me retrouver en territoire amical sous le réconfort de sa délicieuse roulette.

17 sept. 2006

209. Deux poids, trois mesures...


Je suis entrain de perdre ma guerre domestique.
Si vous êtes célibataires, si vous ne vivez pas jour et nuit avec quelqu’un et n’avez nulle part ailleurs où vous réfugier à part l’endroit où vous et cette personne lavez votre linge sale, alors vous n’avez pas la moindre idée de ce que je veux dire quand je vous parle de guerre domestique.

Vous n’entravez rien aux batailles quotidiennes concernant le tour de qui ce sera aujourd’hui de faire la vaisselle, ou pourquoi une magnifique pile de paire d’assiettes peut sembler aussi droite que la tour de Pise pour l’autre partie, ou, combien important… ou dirai-je plutôt combien vital, le contrôle absolu de la télécommande du téléviseur peut devenir si vous souhaitez passer une soirée pénarde.

Vous ne savez rien des échauffourées thermostatiques gagnées ou perdues selon la proximité ou non d’une couverture chauffante sur votre sofa, et vous n’aurez jamais la moindre idée de comment le fait de concéder la moindre petite victoire à votre autre vous – comme par exemple qui va lever son cul pour fermer la fenêtre – pourrait causer votre chute et vous transformer en eunuque imminent.
Et tout ça devient de plus en plus imminent en ce qui me concerne avec chaque jour qui passe.
Tout ceci devint tout à fait clair pour moi une certaine nuit de la semaine qui vient de passer tandis que j’étais confortablement assis dans le canapé entrain de mater un match de foot et que Marylou décida de m’y rejoindre.
Et par « m’y rejoindre », je veux dire qu’elle me rampa littéralement dessus, s’introduisit par moult gymnastiques entre mon corps torturé et l’accoudoir du canapé contre lequel j’étais moi-même accoudé en premier lieu, qu’elle me poussa en se tortillant les fesses et les épaules jusqu’à ce que finalement elle trouve sa place avec sa tête sur mes cuisses et ses gambettes balancées par dessus l’accoudoir de tout à l’heure, pour enfin m’envoyer un direct du gauche dans l’estomac avec sa nuque jusqu’à ce celle ci soit tout à fait confortable.
Et c’est à ce moment là que sa tête choisit de se mettre à causer.

Maintenant les mecs, repensez à votre jeunesse quand vous pensiez que votre père était un abruti. Souvenez vous, quand votre mère lui parlait ou lui ordonnait de faire quelque chose et qu’il n’avait jamais l’air d’entendre ce qu’elle disait. 
Et plus tard, il vous demandait tout le temps de lui répéter ce que votre mère venait de lui dire parce qu’il s’en souvenait plus. 
Ben je pense pas que c’était parce que votre père était si abruti que ça, je pense qu’il s’agissait plus d’un instinct de survie parce que dès que Marylou a commencé à causer, soudain, comme par enchantement, j'entendais plus rien de ce qu'elle m'disait.
Comme par magie.
L’instant précédent, elle déblatérait sur un truc dont je n’avais rien à secouer, comme par exemple combien elle se faisait chier parfois au bureau de poste, ou sur la belle robe qu’elle avait vue en solde dans la boutique de marque de la rue Bichon ou sur autre chose d’aussi sensationnel, et la seconde suivante j’entendais plus rien de ce qu’elle me contait sinon la voix de Thierry Roland ou de son ami Largué racontant comment Marseille était entrain de botter le cul du PSG.
Comme je viens de vous le dire, féérie et magie pure.

Voyez vous, à un moment donné, la louve intestine interrompit ses inepties et commença à s’endormir. Sur mon ventre, rappelez-vous.
Et ça commença à devenir un petit peu inconfortable. Pour moi je veux dire. Ne voulant pas la réveiller trop virilement, je lui tapotai gentiment l’épaule en lui demandant d’aller s’allonger plus loin car si c’était confortable pour ses petites fesses et sa petit tête, et ben ça devenait tout le contraire pour les miennes.
Sans même déplacer ne serait-ce que le moindre gramme de son anatomie, Marylou me répondit, « Je suis tellement bien et tu fais un si bon oreiller que je pense que je vais rester où que je suis jusqu’à la fin de ton match ».
Ce qui m’amena à cogiter.
Voyez vous, si c’était elle qui avait été assise à regarder confortablement une de ses émissions favorites - genre un défilé de mode de Jean Paul Gauthier ou un truc vaporisant dans ces eaux là - et que je m’étais pointé et m’étais incrusté dans le canapé comme elle venait de le faire, et que je m’étais mis à me servir de son corps comme d’un oreiller, et que je m’étais mis à lui causer de trucs dont elle n’a rien à secouer - genre la beauté sensuelle des lèvres pulpeuses de Sophie Marceau ou la couleur des gazelles que je croise habituellement dans les ports bordant l’atlantique sud – comme elle venait de le faire pour moi, eh ben je pense pas qu’elle aurait été aussi compréhensive et complaisante que moi.
Et en plus, pour pas être en reste, si son corps ressentait autant d’inconfort que le mien en cet instant là, avec sa nuque me perforant l’estomac, et qu’elle me demandait de m’arracher et que je ne le faisais pas, je suis pratiquement sûr et quasiment trois-quarts certain qu’elle se serait mise en colère et qu’on aurait eu une espèce de dispute où elle m’aurait traité d’insensible, d’indélicat ou autres termes incommensurables connus seulement d’elle, de sa cervelle et de son vocabulaire. En d’autres termes, elle aurait cru qu’elle pourrait s’en tirer avec ce genre de comportement tandis que moi, je le pourrais pas.

Tout compte fait, elle aurait appliqué deux poids, trois mesures, comme le gouvernement de l’état sioniste ou les hommes politiques en vogue de la francozone. Incroyable, non ?
Alors je me suis dit que c’était tout à fait anticonstitutionnel. En fait, ça m’a tellement fait cogité les neurones que j’ai pas pu m’empêcher de lui expliquer mon raisonnement. 
Je lui ai expliqué dans les détails et sans fioritures ma position, et qu’elle ne devrait pas pouvoir s’en tirer à si bon compte avec ce type de comportement, et qu’est ce qui pouvait bien lui faire croire qu’elle le pouvait et pas moi ?
Et vous savez ce qu’elle a osé me répondre, la volage ? Elle a ouvert ses beaux yeux bleus, m’a regardé depuis le creux de mon estomac en souffrance et m’a répondu texto : « Mais parce que je suis belle et que tu m’aimes plus que tout, mon gros chat. » Puis elle a refermé ses jolis yeux.
Point, set et match. Je vous l’avais dit, foutu de chez foutu je suis…