Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

14 févr. 2007

232.Cette enfoirée de fleuriste au restaurant


Vous savez comment l'homme aime ce qu'il aime s'offrir et le déteste quand c'est du domaine de l'impossible. Alors voilà, ça fait exactement 108 jours que je me fait chier loin de ma louve sur mon rafiot en Afrique, j'en ai encore combien à tirer? Devinez? Dîtes 33!
La Saint Valentin cette année, moi et ma louve pouvons donc tirer une croix dessus. Mais je vais pas me démoraliser tout seul, c'est pas rigolo. Je m'en vais donc vous démoraliser aussi un tout petit peu. M'en veuillez pas si je suis partageur, okay?

La Saint Valentin, comme nombre d’autres jours qui entraînent l’action, l’interaction et les attentes de l’homme, n’est rien de plus qu’un piège de plus inventé par le commerce libéral pour extorquer de l’argent des mains de ces mêmes hommes.
C’est l’équivalent d’un mauvais lascar menaçant votre intégrité physique si vous ne lui lâchez pas votre portefeuille. Vous n’avez pas d’autre choix que de lui donner votre pognon pour sortir de la zone rouge et retomber en zone neutre. Mais vous ne vous en sortez pas neutre comme on pourrait le supposer puisque vous y avez laissé des plumes thunes. Vous me trouvez un petit peu trop extrême ? Mais voyons, pas le moins du monde!

Comme tout Bouddhiste le sait, les hommes participent d’un cercle sans fin dans lequel, après avoir vu, ils ont envie, et cela les attristant, il achètent et il consomment afin de retrouver à nouveau les grands calmes de la zone neutre. Maintenant, les publicitaires bombardent les hommes à longueur de journées avec des images qui les rendent moins heureux en leur faisant prendre conscience de leur pseudo-démunition.

Sont ils le Mal ? Oui, mes frères, effectivement, ils le sont.
Ils promeuvent le crime et la guerre et rendent notre monde abject, mais au moins ils financent les chaînes de télé et de radio et subventionnent les prix bas de quantités de magazines et autres canards. Pour le malheur qu’ils engendrent, certains d’entre nous ont droit à du Patrick Sébastien en retour.

Putain, même ici à Pointe Noire, ils ont réussi à Con-Gauliser les congolais. La radio Ndjindji (90.5 FM) n’arrête pas de causer de la saint Valentin comme si le monde venait de s’arrêter de tourner. Partout des stands à la sortie du port avec des cœurs rouges, des fleurs, des cartes et des boîtes de parfums de troisième zone à l’étalage.
Mais bordel, qu’est ce qu’elle en a à secouer, la congolaise, qu’on lui offre une carte, un parfum ou un bijou ? Nan, ce qu’elle veut, elle, c’est que son homme lui ramène un beau capitaine à la case – vous méprenez pas, je cause de poisson là – accompagné d’un gros sac de riz, de manioc ou de foufou premier choix, à la rigueur un drap de pagne afin qu’elle puisse confectionner son prochain boubou pour quand celui qu’elle porte en ce moment se sera effiloché à l’usure. 
Elle lui offrira en retour un peu de bois bandé ou de racine de mindjoudjou afin de transformer la nuit à venir en hymne à l’amour.

La Saint Valentin, c’est juste comme cette enfoirée qui vient vous faire chier au restaurant avec ses boutons de roses rachitiques. Elle se pointe, interrompt votre vie, vous embarrasse et vous laisse dans un dilemme dont vous sortirez vaincu.
Approchez m’sieurs-dames, c’est facile comme Basile, tranquille facile dans le mille ! Soit vous achetez les fleurs à votre autre vous et vous ressemblerez à un beauf pressé par la société pour acheter un truc de merde dont ni vous ni elle n’aviez besoin, soit vous les achetez pas et vous ressemblerez à un enfoiré de roi des cons de rat d’Écosse.
L’enculé de patron de la petite marchande de fleurs se fait du blé en l’envoyant semer le malheur jusque dans le coin le plus intime de votre restaurant de prédilection – peut-être celui où vous vous êtes rencontrés.

Les couples n’ont rien à gagner à la Saint Valentin car il ne s’agit pas d’un échange de fluide mais d’un échange de fric. Les deux doivent raquer. Et à la différence de ce qu’on s’offre pour Noël, ça doit demeurer des cadeaux IN-utiles, genre des fleurs, des cartes ou des bijoux.
Le mieux que vous puissiez encore faire, c’est lui payer des chocolats, pour peu qu’elle fasse un peu de régime, vous retomberez au moins sur trois pattes. En plus de ça, il faut pas se laisser distancer par les Dugland ou les Ducon, vous devez faire mieux qu’eux, vous dépasser et, dans tous les cas, faire mieux que l’année dernière.

Et alors, pour les célibataires, c’est le plus pire du pire de tout. Ce jour là pour eux, c’est l’enfer tandis qu’on leur rappelle partout et constamment leur solitude.

Et n’oublions surtout pas nos petites têtes blondes à qui les maîtresses de France et de Bretagne demandent de confectionner et d’écrire des cartes d’heureuse saint Valentin à leurs voisin/voisines de table. Imaginez le stress entre leurs petites tempes tandis qu’ils mordillent leurs crayons jusqu'à s’en rougir les dents - tels des abyssins de la mer Rouge à Monfreid shootés au khât - en tentant en vain de refuser d'imaginer l’interprétation que vont en faire leurs petits destinataires…

10 févr. 2007

231. Star Wars (scène censurée)













Action !
Maître Yoda donnait un cours magistral de 1ère année de médecine Jedi. La salle était pleine de disciples attentifs prenant des notes rapides.

Il dit : « La semence des mammifères terrestres, y compris celle des hommes, possède une grande concentration de glucose. Ce qui lui confère l’énergie nécessaire au déplacement intense de milliers de spermatozoïdes frénétiques après l’éjaculation… »

Une étudiante - terrestre elle aussi ? - leva timidement une main incertaine et demanda : « Maître Yoda, le glucose est un sucre, n’est-ce pas ? »

« Tout à fait, jeune Padawane. » confirma le Grand Maître, lui reportant toute son attention.
« Dans ce cas, » continua la disciple innocente (mais aux rondeurs parfaites), « comment se fait il que le sperme ne soit pas sucré ? »
D’abord, il se fit un grand silence – juste avant que l’amphi du vaisseau intergalactique n’éclate des rires tapageurs d’Obi-Wan Kenobi, de son pote Anakin, d’R2B2, de moi-même et des autres . Missa Jar Jar Binks le Gungan se plia quant à lui carrément en deux en se tapant sur les cuisses et en profita pour lâcher un pet sonore et tonitruant des moins furtifs tout en secouant les deux tranches de jambon qui lui servaient d’esgourdes tandis que la divine Padmé posait trois doigts laborieusement manucurés et empreints de pudeur sur ses lèvres en baissant ses jolis yeux en direction de ses babouches.
C’est à cet instant précis que Cristalle B36 commença à percevoir la façon dont elle venait de se fourvoyer telle Bécassine en se dévoilant ainsi toute nue crue. Elle se fit toute petiote et ses joues se prirent d’une teinte rosé des plus subtiles – un ravissement, du genre à exciter méchamment les tatisticules de Jar Jar (gonflés de désir).
Maître Yoda fit gronder puis taire le silence dans la salle d’un simple froncement de sourcils, puis il lui répondit en la fixant d’un regard profond, empli de sagesse: « Il est bien sucré en fait, je peux vous l’assurer, mais vous ne vous en êtes pas rendu compte, jeune et innocente Padawane, car les papilles gustatives destinées à être excitées par les douceurs sont situées au bout de la langue, pas au fond de la gorge. »
Coupez !

Et voilà les filles, maintenant vous pourrez plus dire que vous ne saviez pas !

Quant à vous, jeunes Jedis impétueux, pensez à en proposer une petite lampée à vos compagnes ou compagnons ou même à ingurgiter un peu du votre en cas de crise d’hypoglycémie diabétique.


NOTE DE LA REDACTION D’M56 : 
Il est parfois arrivé à des lecteurs de ce Blog – vous peut-être ? - d’être confrontés, en périodes de peines physiques, morales, ou les deux à la fois, à ceux que l’on pourrait nommer les ‘nouveaux charlatans’. 
Le genre de personnes, qui, lorsque vous leur annoncez votre inquiétude grandissante face à une colique aiguë - et les fuites qui en résultent le long de vos cuisses – ne trouvent rien de mieux à faire que de vous prescrire du Prozac ou bien encore du Démérol.
Ouais, ben excusez du peu, mais c’est là faire montre d’un manque flagrant de déontologie médicale, et ça montre bien combien ce genre de personnes sont peu à l’écoute de leurs patients. 
Il y a de fortes chances qu’ils arrivent à faire ainsi passer vos inquiétudes mais certainement pas la racine du problème, en l’occurrence les fuites fétides le long de vos entrejambes. Imaginez un peu que la patiente en question soit première vendeuse dans la parfumerie de la rue Bichon, je vous laisse imaginer la baisse de chiffre d’affaires chez Dior ou YSL. 

Travail bâclé si vous voulez mon opinion personnelle.

L’écoute du patient. Savoir rester à l’écoute et percevoir les interrogations cachées derrière les symptômes de chacun.
C’est dans cet esprit que l'enfoiré qui dirige ce Blog s’engage à répondre en ligne à toute question d’ordre médical posée par ses lecteurs.
Hypochondriaques ou simplement passionnés de littérature médicale ou reliée aux problèmes de santé, les maux et leurs traîtements ? La rédaction de ce Blog vous invite dès aujourd’hui à lire - ou à relire - les articles à haute valeur sanito-éducative suivants :


Grippe aviaire

2 févr. 2007

230.Un Indien Cowboy dans La ville


Cette critique cinéma ne vous est pas gracieusement offerte grâce à l'appui financier des chapeaux "STETSON HATS" 

Vous avez tous, à quelques exceptions près, dû voir cette comédie intitulée « Un indien dans la ville. » C’était kiffant cette comédie, drôle et tout; à défaut d’être réaliste, ça nous a au moins donné des rêves d’éxotisme. Mais à quand « Un cowboy dans la ville, hein, à quand ???

Ici, chez M56, nous comprenons vos attentes et avons concocté pour votre émerveillement ce scénario, qui, vous l’avouerez plus tard et même s’il sort un peu du commun de vos soirées ennuyeuses, n’en est pas moins d’un réalisme surprenant. Vous êtes prêts ? À vos marques…

Un Cow-Boy dans La ville.

La femme était échevelée, le ciel, maculé de voiles et de bandes de coton gris plus ou moins sombres et lourds, masquait aux passants les reflets bleutés de sa crinière noire qui semblait flotter derrière elle tel un étendard présageant un funeste destin. D’ailleurs, les badauds et les passants qui glanaient sur le boulevard bordant le verso de l’hôtel de ville n’étaient pas dupes et s’écartaient sur son passage telle la mer rouge devant Moïse.
La femme était nue, et elle courait à une vitesse effrénée. Ses seins, fermes et lourds, ballottaient à bâbord à tribord au rythme de sa course comme si quelque démon, malfaisant et sournois, s’était juré de les lui voler.
Soudain, le temps sembla s’immobiliser, la femme stoppa net dans sa course, semblant s’interroger, puis, imperceptiblement, ses yeux et puis son corps lui-même vacillèrent en arrière, tel un roseau pliant sous la bise, pour finir par s’étaler sur le dos, pieds et bras en croix, au beau milieu d’un petit groupe de gens attendant le bus 46 de la ligne RATP.

Ben Laden et son ami Abou Nidal qui attendaient celui à destination de la Porte d’Aubervilliers, se penchèrent sur le cadavre de la pauvre femme et se concertèrent un bref instant entre leurs poils de barbe, suite à quoi Abou se défit de son Kéfieh, et, pudiquement, en voila le visage et en recouvrit les seins de la pauvre femme. Il faut avouer qu’Abou étant décédé depuis de longues années, il ne craignait plus qu’on le reconnaisse. Ousama, quant à lui, préféra, pour les raisons qu’on sait, garder le sien sur sa tête et ses épaules.

BHL et Sharon qui croisaient dans le quartier, peut-être en provenance de la rue des Rosiers ou de quelque autre endroit mal famé du quartier du Temple ou du Sentier, se penchèrent sur la défunte, ôtèrent les Kippas qu’ils portaient chacun sur le crâne, déplacèrent légèrement le Kéfieh Qu’Abou venait de déposer, découvrant le sein gauche qu’ils s’empressèrent de recouvrir de leurs deux rondelles superposées. - Ainsi, c’était Kasher, pas question de laisser ces ‘Gentils’ Goyim s’emparer de deux collines sur les deux qui se trouvaient là, même si c’était ces derniers qu’étaient les premiers arrivés sur les lieux du drame.-

Georges W , qui sortait quant à lui d’une visite amicale et de travail dans le bureau de son très cher et très fidèle allié de la place Beauvau et qui passait par là entre un saut dans la salle des coffres d'une banque helvétique et un atterrissage à Bagdad, se défit de son Stetson orné d’un pins offert par le Führer en chef de l’UMP et en recouvrit le dense pubis boisé d’ébène de la trépassée.
Ce n’est qu’au bout de sept longues minutes plus quelques interminables secondes qu’un fourgon de la préfecture de police s’arrêta enfin devant l’abri bus, certainement alerté par un des badauds qui se trouvaient là.

Le brigadier Van de Putte , [qui comme son nom ne l'indiquait pas n'était pas Belge mais bien Français depuis trois générations] chef de section, accompagné de cinq agents, fit établir un périmètre de sécurité autour de la défunte puis fit lentement trois fois le tour du cadavre en l’observant sous tous les angles.
Ensuite il s'accroupit, souleva d'un doigt le Kéfieh recouvrant le sein droit et le visage de la morte. Il déplia ce dernier, le soupesa, l’observa méticuleusement avant de le reposer avec respect sur la pauvre femme. Alors il se leva, sortit un calepin dans lequel il griffonna ses premières impressions.

Il fit ensuite le tour du cadavre pour se repositionner sur son côté gauche, s’accroupit de nouveau, et souleva les deux Kippas qu’il étudia sous toutes les coutures avant de les reposer sur le sein gauche en abaissant les paupières.

C’est juste alors que les supérieures étaient sur le point de rencontrer les inférieures qu’il nota, à la périphérie de ses cils et à sa grande consternation, ce tatouage incompréhensible à la base du sein de la belle : CB36. Qu’est ce donc que cela pouvait-il bien donc signifier ? Quel code secret se cachait donc sous ce mamelon ?
Il se releva, sélectionna une page vierge de son calepin, puis y consigna ces nouvelles observations.

Finalement, il vint camper fermement ses pompes réglementaires et de service entre les cuisses de la morte, s’accroupit, puis souleva le chapeau de cow-boy qui lui recouvrait le pubis. Il scruta scrupuleusement l’intérieur du couvre-chef, peut-être y cherchant un indice, une marque de fabrique ou quelque chose dans ces eaux là, puis il porta deux doigts vers les poils pubiens de la défunte, se saisit d’une bouclette de poils sombres et bouclés qu’il tripota du bout des doigts quelques instants avant de porter ses derniers à ses narines pour les renifler. Il reposa ensuite religieusement le chapeau où il l’avait trouvé.

Alors il se releva, ôta sa casquette de brigadier et se gratta l'arrière du crâne au niveau de l’oreille gauche en contemplant la scène d’un air pensif et hébété tout en se tapotant le bout du menton avec le bout de son crayon.
Il reposa ensuite son couvre chef sur son crâne légèrement dégarni - mais au front démontrant une grande concentration-, se raccroupit et répéta toute l’opération. De nouveau il se releva, encore une fois il ôta sa casquette pour se regratter l’arrière du crâne d’un air soucieux. L’opération se renouvela trois fois encore sous les regards expectatifs des badauds.

Quelque chose, apparemment, ne collait pas, dans l’esprit cartésien de Van de Putte.


L’hôte de la maison blanche - mais loin d’être comme neige comme chacun le sait -, intrigué, fit trois pas en avant, franchissant intempestivement le cordon de policiers, « Quewlque chose qui n’va paw, officier ? 
- On pourrait dire ça, oui. », rétorqua ce dernier.
- Ah bon, et qu’est ce que c’est qui vous intrwigue tellement, dîtes moaw ? »
Le brigadier ôta une fois de plus sa casquette en se grattant l’arrière du crâne d’un air de plus en plus perplexe, à la limite de l’incrédulité, « Ben, comment dire, euh, c’est plutôt inhabituel. Je dirais même exceptionnel. Ça dépasse toutes les lois de la physique et ça fout en l’air toutes les théories policières scientifiques communément admises. C’est à n’y rien comprendre et j'avoue que j’en perds mon latin…
- Wow, sonovagun, j’y compwends rwien moi non ploo, vous m’intwiguez, officier, expliquez-vous, s’il vous plaît…
- Ben je vous jure, m'sieur, c’est bien la première fois dans l’histoire de la maréchaussée qu’on aura retrouvé autre chose qu’un trou de balle sous un chapeau texan. »

* Gracias Alex, para la idea de base y shalom.

24 janv. 2007

229.La vérité si je mens 2

D’abord, et avant de ré-entamer les débats, je voudrais déposer une petite pensée qui me gonfle le cœur d’amertune. Le fil de la petite Ariane n’a pas fait le poids et s’est brisé, ses jolis yeux se sont éteints jeudi soir, 18 janvier. Et sans mentir, je peux vous affirmer que c’était pas elle qu’avait descendu le Chivas Régal. Que Dieu, s’il existe, pardonne sa pauvre mère effondrée pour ce manque d’attention momentané qui lui coûte aujourd’hui la chair de sa chair. Petite puce, repose en paix, loin de ce monde empli de merde et de soude caustique.


Ceci étant dit et le deuil consommé, revenons à nos moutons. Encore des doutes, hein ? Je vois bien à vos sourcils froncés que mon petit exposé de l’autre jour ne vous a pas totalement convaincus. Que la peur du rouleau à pâtisserie - qui, comme chacun le sait, est aux dames de France et de Navarre ce qu’est une matraque, une batte de baseball ou un Flash ball dans les mains des forces vives Sarkozistes et Front Nationalistes – a encore sur vous l’emprise douce amère d’une mémorable migraine cavitatoire. Mais que cela ne vous arrête pas, mes frères, que cela ne vous arrête pas. Si je sais que je n’ai pas manqué de substance dans mes arguments précédents, j’avoue pourtant que j’ai été loin d’avoir fait le tour du sujet.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous aborderons une autre facette de la vérité et du mensonge. Je veux parler ici des promesses faites et non tenues.

Exemple pratique : Va-t-il vraiment le faire ?

Pour bien vous faire comprendre le processus, j’illustrerai mon propos de ce que le fournisseur d’accés AOL appelle communément la « gestion des désirs » de ses abonnés.
Disons que vous avez promis à votre autre vous de faire quelque chose de particulièrement désagréable et fatigant. Peut-être avez-vous promis de nettoyer les gouttières de sa maison, de tailler sa haie, ou de lui servir de chauffeur, de garde du corps et de mécène pendant toute la durée de ses emplettes dans les boutiques des deux côtés de la rue Bichon. Ou encore de faire ce truc bizarre et compliqué qu’elle adore faire sous la couette, qui implique votre langue et ses petits tétons petons.
Alors bien sûr, quand vous promettez à la femme de votre vie que vous êtes enfin partant pour n’importe quel truc cauchemardesque qu’elle a choisi, elle est toute excitée. Normal.
Il se pourrait même qu’elle en fasse des vertiges.
Mais elle est un petit peu méfiante aussi, circonspecte si vous préférez – vous ne vous laissez habituellement pas embarquer dans ce genre de galère. Pas sans avoir défendu bec et ongles votre tranquillité. Et elle est pas sûre que vous allez vous montrer à la hauteur de ses espérances. Vous, bien sûr, souhaitez éviter ce tas de monstruosités contre-nature à tout prix. Mais on ne peut pas revenir sur une promesse. Alors vous êtes baisé, c’est bien ça ?

Hem… pas nécessairement. C’est là que notre vieille pote l’incertitude se pointe au galop sur sa jument pour vous sauver la mise une fois de plus. Disons que ça fait deux ou trois jours que vous lui avez hypothéqué votre âme contre quoi que ce soit d’infernal qu’elle vous a fait promettre. Maintenant, votre chérie veut vérifier, tenter de savoir si vous aurez le courage d’aller au bout de ses rêves les plus fous, ou si vous allez tenter de filer à l’anglaise la queue entre les jambes.
(Ce qui, évidemment, est le cas.)
Elle vous demande, en toute innocence :
« Alors, mon chat… tu vas bien faire <insérez ici le truc innommable qu'elle vous à fait promettre> ce weekend, hein ouais ? »

Maintenant, vous pouvez pas prétendre que vous n’avez jamais accepté de le faire. Elle vous a entendu le dire, et c’était très clair, y avait pas de parasites, de larsen ou de merdes de ce genre. Si ça se trouve, elle vous a même enregistré à l’insu de votre plein gré sur une de ces putains de micro-cassettes, peut-être même avec la touche ‘record’ du téléphone portable dernier cri que vous lui avez payé pour ses étrennes – vous commencez d’ailleurs à vous mordre les doigts de ce cadeau empoisonné.
Alors pas moyen de vous en tirer en invoquant une perte de mémoire. Sinon, attendez vous à la voir coincer ses quatre lèvres, celles du haut et les deux autres - donc à quatre semaines d’abstinence et de monologue en compagnie de votre ours en peluche.
Mais rappelez-vous : elle vous a pas demandé si vous aviez accepté de faire ce qu’elle vous a fait promettre. Non, ce qu’elle veut savoir, c’est s’assurer –
disons avec une certitude maladive – que vous allez bien le faire ce weekend. Houla, c’est pas du tout la même chose, là…
Considérez ce que vous savez sur ce que ce weekend va apporter d’imprévu dans ses valoches. Je crois pas me montrer trop téméraire en affirmant que vous n'en savez pas grand-chose. Sauf si c’est marqué Karl Lagerfeld sur le socle de votre boule de cristal.
Presque rien en fait.
Vous ne savez pas à quoi va jouer la météo – personne ne le sait d’ailleurs, et ça inclut évidemment ces connards de présentateurs météo de TF1 et comme de ses chaînes ennemies qu’essaient sans relâche et sans succès de nous faire croire le contraire. Donc, si le truc en question qu’elle vous a forcé de promettre dépend du temps qu’il fera, vous ne pouvez rien lui assurer. Là, c’est fastoche. Moi, je pourrais le faire en hiver sur un pied dans le fond d’une barrique qui prend l’eau par houle de suroît bien établie dans l'ouest des Shetland, ce qui vous donne, je n’en doute pas, une toute petite idée sur l’étendue de mes capacités.

Mais si vous y regardez de plus près, vous ne savez pas grand-chose d’autre non plus sur ce que va vous apporter ce weekend à la con. Disons que c’est pour la virée dans les boutiques de luxe de la rue Bichon que vous vous êtes engagés. C’est pas une petite averse ou une petite bruine bretonne qui devrait vous ralentir.
(Quoi que, soyons honnêtes – je parie qu’une tempête de grêle ou un déluge de grenouilles feraient très bien l’affaire. Mais laissons de côté les sales blagues à Moïse pour l’instant. C’est utilisable à la rigueur, mais il existe de meilleurs trucs pour vous sortir de cet imbrogliesque quiproquo.

Retour à votre niveau de confiance sur ce que sera ce weekend. Vous est-il possible de savoir si vous allez faire le truc infect qu’elle vous a fait promettre ? Qui peut dire quand vos jambes vont spontanément se détacher de vos rotules, un nuage d’abeilles tueuses s’abattre dans votre salle de bain, ou le soleil se faire gober par un trou noir en maraude?
Il n’existe aucun moyen de savoir si un ou plusieurs événements de ce genre vont – ou plutôt ne vont pas – se produire. Donc vous êtes parfaitement raisonnable si vous répondez à votre tendre mais sceptique poupette :
Tu sais, honnêtement, je ne sais absolument pas si je pourrai faire ça ou pas ce weekend.’
Encore une fois, pas un mensonge. Et, si vous avez le cul bordé de nouilles, assez frustrant et assez vague pour vous en sortir la tête haute et tout entier. Après avoir entendu ce genre d’argument et de réponse trois ou cinq fois, votre femme / amante / copine significative / belle mère - se fera une idée, et réalisera que vous n’allez probablement pas faire ce truc horrible après tout. Gestion des désirs sans recours à des non-vérités. Félicitations. Voyez comme c’était facile ?

Et je pourrais continuer comme ça jusqu’à la saint Glinglin, les mecs, mais je pense que vous êtes assez perspicaces pour avoir capté le truc arrivés à ce paragraphe. Vous avez pas besoin que je vous explique comment éviter de l’accompagner à l’opéra (Pouvez vous définir exactement ce que c’est que ‘l’opéra’ ? Nan.), ou de dépoussiérer votre chambre (Êtes vous vraiment le propriétaire de sa chambre ? Vous pensez-vous en mesure de pouvoir la dépoussiérer complètement, sans omettre la moindre particule ?).
Ou comment vous en sortir quand elle vous a pris sur le fait en train de renifler ses petites culottes dans le panier à linge sale (‘Hey, j’étais pas là quand tu les a achetées, ma louve, comment je pouvais savoir que c’était les tiennes, hein dis, franchement ?)

Hum, bon… d’accord, celle là approche un peu trop de ma vie privée. Je pense que je viens juste de vous donner un tantinet trop d’informations sur la façon dont je passe mes dimanches après midi.
(C’est un véritable challenge que de remplir les temps morts entre mes deux matchs de rugby télévisés du dimanche. Estimez vous heureux que j’ai un loisir, okay ?)
Donc, je vais considérer ma tâche accomplie pour aujourd’hui et couper mon PC pour la nuit. J’espère que mes lecteurs auront trouvé quelque chose d’utile dans mes confidences. Et en périodes de doute, les mecs, rappelez-vous seulement de notre défunt ami Gabin poussant la chansonnette : la seule chose qui est toujours vraie – Je sais – et nous savons - qu’on ne sait jamais.
Et ça, c’est hyper super trop difficile à contester ou contredire, pas vrai, ma louve les filles ?

15 janv. 2007

228.L'a mérité si je mens...


S’il y a quelque chose que j’ai appris après plus de 13 de mariage, c’est que l’honnêteté est d’une importance primordiale. Il faut toujours dire la vérité à sa femme ou son mari, quelles que soient les circonstances ou la situation.
Hem… mais rien ne vous empêche de prendre d’abord votre temps avant de décider quelle sera cette vérité. Tout est relatif, après tout.
C’est là que certains bouquins de philo que j’ai lus prouvent leur efficacité.
Voyez-vous, un nombre incalculable de personnes extrêmement réfléchies ont cru – et ont pris le temps et fait l’effort de confirmer, logiquement – qu’il règne un certain nombre d’incertitudes dans ce monde pervers. Et c’est cette incertitude qui me permet (non, je déconne ma louve – qui permet à un certain nombre de maris, de copains ou de fiancés) de dire à la fois la vérité tout en se démerdant pour éviter qu’elles ne leur tapent sur la tronche avec leurs sacs à main ou leurs talons pointes à aiguilles.
(Ou pire, avec un de ces trucs de cuisine – comment ça s’appelle déjà ? « Un rôtisseur ? Un grilleur ? Bref, de toutes manières, ces putains de trucs sont hyper lourds et hyper durs ! C’est comme si on vous balançait une culasse sur le coin de la gueule.)

Maintenant, messieurs, observez comment fonctionne ce truc pour dire toute la vérité et rien que la vérité. Ça pourrait vous faire l’économie de plein de maux de tête et de frais médicaux. 
Souvenez-vous, pour qu’une déclaration soit ‘vraie’, tout ce que vous avez à faire, c’est de vous convaincre vous-même qu’elle est vraie – et regardez les choses en face : on n’a pas la science infuse, si vous voyez ce que je veux dire.
Alors voici comment vous servir de la ‘vérité’ pour faire durer votre mariage. Je caresse l’espoir que ça puisse vous donner des idées pour sauver le votre comme j’essaie de sauver le mien.
Exemple : C’est toi qu’a fait ça ?
Disons que vous rentrez à la maison un soir, avant votre autre vous, et que vous tombiez sur une bouteille de Chivas Régal au frais dans le frigidaire. 
Quelle surprise ! 
Et disons en plus que ça a été une rude journée, que vous vous êtes un peu énervé avec votre contrôleur fiscal et que vous avez trouvé trois PV sur votre pare-brise juste en sortant de chez lui, que vous avez giflé l’impudente agente municipale qu’a eu l’audace de s’en prendre à votre innocente guimbarde, suite à quoi vous avez passé 3 heures en garde à vue à vous faire cogner dans le gras du bide par trois flics puant la vinasse.
Alors quoi de plus naturel, je suis sûr que tout le monde vous comprendra, si vous décidez de vous en taper un pour vous calmer. Puis un autre, pourquoi pas, vos nerfs ont été mis à rude épreuve. Et encore un autre, tant qu’à faire, tant et si bien qu’à la fin et avant que vous ayez plus soif – la boutanche est décalquée. Plus de Chivas. Cool. La vie est, hips, coole.

Maintenant, votre femme rentre de son bureau de Poste, et - parce qu’elle le vaut bien mais aussi parce qu’elle est joyeuse et de bonne humeur - elle décide qu’elle a envie d’un petit drink on ze rocks en tête à tête en compagnie de son coquin de mari. 
Elle ouvre le frigidaire, et trouve… ben zut alors : un cadavre de Chivas Régal !
Mais elle sait bien qu’il y avait une bouteille de Chivas pleine là ce matin, et pour cause, c’est elle qui l’y avait mise pour fêter vos 13 ans de mariage. 
Alors à tous les coups, ce qu’elle va faire, c’est se diriger vers vous, où que vous soyez assis (ou rétamé, ça dépend comment vous tenez le Chivas), et là, elle va vous dire, ses petits poings serrés comme des étaux et fermement calés sur ses jolies hanches rebondies :
" Hey, Philippe, qui c’est qu’a bu toute la bouteille de Chivas ? "
- Qui qu’a descendu la bouteille de Chivas ? "
Qui ? Bonne question. Bon, houla, mollo mollo, une p'tite minute là, ne répondez pas tout de suite, les mecs – prenez le temps de réfléchir sérieusement et en profondeur avant de répondre.
D’abord, soyons clairs, la question n’est pas spécifique. De ‘quel’ Chivas qu’elle cause en premier lieu ?
En plus d’être clairs, soyons aussi justes avec elle – les journées sont tellement dures au bureau de Poste, les clients récalcitrants, les papis durs d’oreille, les dragueurs qui puent le Ricard, les clodos de la rue Bichon qui viennent pisser devant le guichet, elle a probablement pas toutes ses idées en place. 
Elle pourrait parler de n’importe quelle bouteille de Chivas et Dieu sait si doit y en en avoir tout plein tout plein de par le monde. Tiens, je parie que rien que dans le Morbihan à l’instant où je vous cause, doit y en avoir au moins 235, si c’est pas plus. Vous pouvez pas être vraiment sûr et absolument certain d’avoir bu la bouteille dont elle parle, correct ?

Bon, même si elle vous a demandé si c’est vous qu’avez bu la bouteille de « Chivas qu’était dans le frigo » - vous pouvez pas non plus être sûr qu’elle parle du même frigo. Moi, je connais plein de frigos, rien que sur mon navire, y en a au moins huit, neuf…, dix, disons neuf et quelques. 
Et franchement, la bouteille dont elle parle pouvait se trouver dans n’importe lequel d’entre eux. Qui saurait le dire sans être sûr de pas se tromper ni sans se méprendre ?
En plus, vous devez vous poser la question suivante, vite vite avant qu’elle devienne suspicieuse sur qui se passe dans votre sale petite caboche avez-vous vraiment bu le Chivas ?

Essayons d’imaginer que vous concédiez le fait que le Chivas en question était bien le Chivas que vous êtes entrain de cuver – mais vous le niez, les mecs ; là ce que je suis entrain de tenter de vous expliquer est purement hypothétique – mais imaginons qu’on parle bien du même Chivas, comment pouvez vous être vraiment sûr et ab-so-lu-ment certain de l’avoir bu ?
C’est là que les bouquins de Philosophie dont je vous causais là-haut tout à l’heure volent à votre secours tels Superman, le 7ème de cavalerie, Sarko & ses boyz et SOS chiens battus réunis. 
Il existe une école de pensée expérimentale qui pose le problème suivant : Pouvons nous être vraiment réellement certains de vivre la vie que nous pensons vivre ?
Est-ce vraiment votre image là dans le miroir ?
Le miroir est-il bien là ?
Est-ce vraiment un miroir?
Est-ce bien moi qui commande ‘ce’ navire, conduit ‘cette’ bagnole ou qu’a bu ‘ce’ putain de Chivas ?
N’est-ce pas du moins possible après tout que nous ne soyons rien de plus que des cerveaux désincarnés dans une cuve quelque part, stimulés électroniquement de milliards de micro-façons toutes les pico-secondes afin de nous faire croire que ‘nous’ serions ce que ‘nous’ croyons que ‘nous sommes ?
Quelqu’un peut-il réellement se targuer de pouvoir prouver le contraire sans l’ombre du moindre de doute ?

Hey ho, j’entends plus rien là, y a quelqu’un dans les huniers ?

Mettons ça de façon plus familière, Ô vous mes amis de la drogue Hollywoodienne – comment savoir si l’on ne fait pas partie de la ‘Matrice’ à Matrix ou quelque chose dans ces eaux-là ? 
Chacun d’entre nous vivant ‘sa’ vie, alors que réellement tout ce que nous faisons, c’est faire trempette dans une bulle remplie de gélatine rose fluo quelque part, ‘rêvant’ nos expériences dans l’existence.
Vraiment, votre femme peut-elle vous garantir que c’est pas ce qui est entrain de se passer ?
Car moi, je vous le jure, même sous la torture, je le pourrais pas.
Ce qui rend, sinon sournoise, du moins absolument franche et honnête votre réponse à sa question quand je lui répond :
« Ben, mon bébé, hips… je sais vraibent pas gui c’est gu’a bien pu boire cette boudeille de Chibras, j’en ai bas la boindre idée, même pas la blus pruneuse. Ça debeure un bysdère total qui débache, hips… mon enchendement. »

Voilà, je suis sûr que vous commencez maintenant à saisir la puissance de cette technique. Soyez vrai envers vous-même… mais seulement une fois que votre moi est convaincu de la plus ridicule des choses que voulez faire croire à votre autre vous.
Super, hips, non ?

5 janv. 2007

227. Me, myself and I: Come d'hab', Doc!


Bon, je vois bien, à la vitesse d’escargot à laquelle défile mon compteur depuis que je suis en rade sur mon navire que le dicton se justifie : Quand le chat n’est pas là, les souris pointent pas leurs museaux près de la souricière. Mais bon, on vient de passer en 2007 alors je me suis dit que pour vous ragaillardir un petit peu, fallait que je vienne vous exciter les neurones. Donc acte
:

C’est pas ma faute si je suis comme ça. Non, c’est pas ma faute, c’est juste celle à mon alter ego qu’arrête pas de m’embrouiller. J’ai une dualité exacerbée, ma mère arrêtait pas de me le rabâcher. Marylou, qui m’adore comme trente six mères, n’a pas traîné pour prendre le relais…

« Hey, Captain’, tu vas passer pour un charlot si tu ramènes ta fraise là-bas nipé comme ça. »
Je regarde mon reflet dans la glace de l’armoire de ma cabine. Qu’est ce qui m’veut ce con, y’m’va très bien ce T-Shirt noir imprimé ‘ECILOP’ en grosses lettres blanches des deux côtés.
« Mais non, vieux snobard, ça va jeter, te fais donc pas d’bile. »

On arrive donc au ‘Picardie’ de Pointe Noire pour ce réveillon de la Saint Sylvestre. Et c’est plein de marins, de matafs de toutes les nations comme on pouvait s’y attendre - surtout croates à la peau moîte (il y a presqu’autant d’ex-yougos sur les rafiots que têtes de noeud immaculées à l’UMP, c’est vous dire) -, c’est plein de lampions et de guirlandes, et plein de gazelles à peau d’ébène. Ça saute de partout, Saga Kikongo, ambiance Kouilou, la Ngok, bière locale qui fait gonfler le bidon et le Gin Tonic, magicien des matins qui déchantent, qui coûlent à flots.

Sauf que les sauteries où vous ne connaissez quasiment personne peuvent s’avérer intimidantes.
Je peux pas rester dans l’entourage de mon équipage croate toute la soirée – à essayer de comprendre les mots placés entre les Kurva, les Kurac et les ‘Pichku materinu – comme une espèce de mère poule autour de ses canetons - ou serait-ce l’inverse - ou pire encore, j’exagère rien, vous me connaissez, comme un tournevis sans manche.

Tant bien que mal, j’arrive tout de même à faire resurgir du fond de mes souvenirs quelques uns de ces arts martiaux sociaux dont je me servais si bien du temps de l’Hydro à Saint Malo, je m’enfonce dans la fosse aux lions, prêt à faire jouer mes talents de grand prêtre du romantisme hexagaulois exacerbé.

Et qu’est ce qui devait m’arriver me tombe sur la gueule sans crier gare: juste alors que je commence à me sentir un chouïa plus confortable en compagnie d’une plantureuse congolaise en extase devant mon T-shirt et mon porte feuilles, mes yeux trahissant leur émerveillement devant les siens de biche époustouflante, deux hanches parfaites et le paquet de strass sur sa poitrine qui lui donne cet air tellement véridiquement subliminal, vlà que se ramène cet immense Dalmate bronzé et aux épaules démesurées débordant d’un débardeur noir avec le sigle… ‘FBI’ imprimé dessus en grosses lettres blanches!!!

Ajoutez à ce phénomène une sirène technicolor sur le biceps gauche et la dague des forces spéciales yougo-slaviennes sur le bras de l’aut’ bord.

Fuckin’hell, je l’ai dans le cul trop profond ce coup là.
Ouane more time.

« Et ouais, barre toi. Je t’avais prévenu de pas t’mettre ce putain de T-shirt à la con.
Mais tu m’écoutes jamais, regarde toi main’nant, regarde la situation désopilante dans laquelle tu viens d’te mettre avec tes bras de has-been tout blancs grêlés de tâches de rousseur ! Tu vas passer le reste de la moitié de ton réveillon à passer pour un poseur minable face à ce géant. »

« Hey, tu sais quoi, toi ? »
« Quoi ? »
« Tu m’gonfles. Je t’arrache de ce putain de trou. »
« Super, je veux pas qu’on me voit avec toi dans c’t’habit de clown de toutes manières. »
« … Hem, how’zit goin’ ? » nous interrompt poliment le géant de tout à l’heure en se détournant un instant de mon ex - future fiancée.
« Heu, me ? Just fine, I was just going to get going, » je lui dis.
« Oka positivo. » qu’y m’répond. « Au fait, je aimer beaucoup ton T-Shirt, la police ça impressionner toujours beaucoup les pichkas. »
« Hvala, merci, » je lui retourne. « C’est un cadeau de la mienne. » Puis je lui souhaite le bonsoir, la bonne année - qu’il aille se faire mettre au Kossovo – et tout et tout puis je me dirige vers la sortie et les rades des quais de Boscongo. Putain de Saint Sylvestre de merde. Encore heureux que ma louve a pas vu ça…


Mais elle perd rien pour attendre, la cocotte…


29 déc. 2006

226. La sonate à Bill Gates

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C’est Brian Eno qu’a fait le jingle de Windows. Brian Eno la zique de Windows ??? Voyons voir… Brian Eno a fait… la musique… de Windows.

La musique de Windows ? Farpaitement...

La musique que vous entendez quand se lance le système de votre bécane (si vous êtes pas sous Mac ou sous Linux), une espèce de sonate sonnette céleste, un petit dard déconcertant de psychotropie qui au début, si vous avez pas encore l’habitude d’en être rassasiés chaque fois que vous allumez votre machine depuis des années, semble avoir pour mission de vous réinitialiser les neurones.

Eh ben cette mini-pièce musicale n’aurait été écrite et composée par nul autre que par Brian Eno.

Pas plus tard qu’y a très peu de temps, j’écoutais encore sur mon good old Winamp un vieux morceau MP3 de ce musicien si peu conformiste – ‘Here come the warm jets’ – qui date de 1973, année de mon entrée dans le monde aquatique si vous connaissez vos classiques.
Et une fois de plus, je me retrouvai agréablement surpris par ce pot-pourri d’une crudeur certaine , un rock des seventies de première intention, et cet élan expérimental qui a toujours motivé son travail.

Donc avant-hier, Pavo, mon officier en second, se pointe à la passerelle avec un de ces magazines croates - comme il en laisse traîner sur tous les ponts, sur le radar, sous le sondeur, dans le tiroir de la table à cartes, éparpillés un peu partout sur les pupitres, dans le carré, dans tous les chiottes et j’en passe, j’aurai pas la témérité de vous décrire sa cabine - , me montre un article illustré d’une photo et me balance : « Captain’, guess wvhatt it wvas he who thzatt wvhatt make ze musik for Wvindows ? » (scuzez son englé hétéroclite-on rit bien, il a pas encore fini de saizire la prononciassion de sa granmère anglèze mé il s’y mais alors j’garde quand même les scares l’espoir).

« Wvhatt ze holly fuckin’ lollipop is wvhatt thzatt you tryin’ to sing, Pavo ? », je lui demande en tentant d’imiter sa diction inimitable. Irrésistible. Pété de rire. Pas lui.

Quoi qu’il en soit, ce bon vieil Eno aux solos acides et ravageurs que je connais bien et dont je raffole serait aussi l’auteur du fameux jingle qui a peut-être aidé à faire de Bill Gates l’homme le plus riche de l’Eldorado. Putain, j’ai failli passer par-dessus bord. Remarquez, mon second s’est peut-être fourvoyé à se foutre de ma gueule vu que je sais pas lire le serbo-croate et que l’ami Pavo est l’un des plus fieffés embobineurs du comté de Makarskar, mais dans ce cas, à qui faire confiance sur mon rafiot, hein, dîtes le moi, vous qu’êtes perspicaces?

Quand on sait qu’Eno est aussi l’auteur de Memories can’t wait, le jingle choisi par Cristalle B36 pour clore l’interview exclusive mondiovisée que j’ai eu l’honneur et le privilège de lui accorder, c’est à se poser des questions, non ?

Ozren, lieutenant et compatriote à Pavo doublé d’un ami de longue date m’a confirmé la teneur de l’article, alors le doute s’amenuise.
Assurément à moitié fou – quelle mouche à merde l’a donc piqué ? -, Eno a pourtant participé à la confection de trois albums de Bowie : Low, Heroes et Lodger. Il a aussi bossé sur pas mal d’albums conjointement avec John Cale , Kevin Ayers ou encore Nico et son ami Lou Reed, et a été au cœur d’une grande partie de l’âme des Talking Heads, lead vocal et lead guitar sur ce morceau frémissant parmi tant d’autres qu’est Electric Guitar tiré de l’album Fear of Music (Someone control … electric guitars, never listen to … electric guitars : This is a crime … against the state, this is the verdict they reach : pom pom pom pom…). Il a encore participé à la zique du film dont je vous parlais récemment et nommé le Million Dollars Hotel. Mais de là à se fourvoyer avec Microsoft de merde, ça fait un manche. Une perche, même...

Pour ce qui concerne la collaboration entre musicos et industrie, - et la surdose conséquente d’Eno -, je ne peux pour l’instant que vous donner un indice sur une de celles qui se sont enrichies à l’aide du talent de Brian : ‘She moves in mysterious ways.’ Bon, je sais pas si le fait d'avoir appris ce scoop au large des côtes congolaises me fera me lever moins con que l'année dernière mais je vous laisse juges. 

A ciao bonsoir.


24 déc. 2006

225. Le Fil d'Ariane


Ce post n’a pas d’autre titre que celui que je viens de lui donner alors venez pas me prendre la citrouille pour que je le change. Le fil de mes pensées ne me conduisent que vers des trucs moches depuis que j’ai appris la nouvelle.
Et vous, n’avez-vous jamais ressenti quelque chose de noir en regardant passer un fil par le chas de l’aiguille ?

Question merdique, je sais, et vous aurez sûrement du mal à deviner où je veux en venir avec ce genre de trucs à la con. Mais peut-être qu’une partie infime d’entre vous va continuer cette lecture un tout petit peu plus loin, juste pour s’assurer qu’elle va pas rater quelque chose de piquant , d’acide, de mordant ou de captivant.


Je ne suis tombé ni de la dernière pluie ni du dernier grain et je sais que dès que vous aurez passé la fin de cette phrase, la plupart d’entre vous auront déjà mis les voiles car vous n’aurez rien trouvé de caustique… et certains d’entre vous doivent déjà se dire que ça va être un de ces posts chiants comme la mort comme seul l’auteur de ce blog en a le secret. Je suis même surpris qu’il y ait encore du monde à ce paragraphe. C’est vrai, il y a sûrement des posts plus hilarants à lire sur d’autres Blogs en ce moment même. D’ailleurs, quelqu’un vient juste de poster un truc d’enfer sur un de ceux-ci, celui avec un nom accrocheur – vous savez lequel – qui raconte la fois où son chat s’est pris les pattes dans le fil et est tombé dans le trou de l’aiguille des chiottes. Sûrement plus marrant que mon post à moi, je vous le concède. Je comprendrai si vous vous barrez maintenant. Pas de problème. Ce post va pas aller en s’améliorant de toutes manières.

Quoi ? Vous êtes encore là, vous ? Bueno, vu que vous insistez et puisqu’on est plus que tous les deux maintenant, donc dans une relative intimité relationnelle, je peux peut-être en finir avec ce dont je voulais m’épancher tout à l’heure. Vous savez, le truc sur le truc moche qu’on ressent parfois. C’est dur à expliquer. Tu ressens quelque chose, quelque chose que t’as jamais ressenti avant. Ou peut-être que si, mais alors ça fait tellement longtemps dans ce temps relatif que seuls quelques fragments te semblent familiers. Je voudrais appeler ça une émotion, mais je suis pas sûr que le terme soit approprié. C’est une sensation. Est-ce qu’une sensation équivaut à une émotion ? Vous le savez, vous? Et si vous le savez, comment pouvez vous être si catégorique ?


Parce que c’est ce que vous pensez ? Bon, ben je dirai que je ressens ça comme une émotion dans ce cas.


Je n’ai rencontré Ariane qu’une fois une seule. Quelques heures de complicité intense au cours de l’été 2005. Elle avait alors entre 5 et 6 ans, petite cousine à Marylou en vacances par chez nous et qui avait pris l’habitude de se coller à moi – et rien qu’à moi - comme une bernique. Un peu collante je dois l’admettre - même si ma fierté avait enflé comme la grenouille qui se change en bœuf à ce moment là -, mais adorable et pétillante.


Elle est depuis près de 15 jours à l’hôpital Necker à Paname. Plongée par d’éminents spécialistes dans un coma artificiel. Ils restent sceptiques et confondus devant l’ampleur des dégâts. La pauvre choupette a confondu une bouteille de jus d’orange avec une de soude caustique.

Sa vie ne tient plus que par ce petit fil.

Ça me fout tellement les boules que j’ai les tripes qui clignotent. Joyeux Noël à tous.





13 déc. 2006

224. Testicule's story (Eight Ball Deluxe)


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Je suis sûr qu’avec vos esprits critiques et votre grand discernement vous allez remarquer tout de suite que je suis dans un de ces jours où la création régresse face à la dépression, et où mon esprit se barre en couille comme un congolais ( Y a pas que les Ritals qui le font comme vous seriez en droit de le supposer).

Trop de temps de mer, pas assez de séjours à quai, de gazelles ou de safaris. Alors, pour entretenir les pattes de coq que j’ai encore le culot d’appeler mes mollets, me voici parti à faire le tour de mes ailerons de poulet passerelle, 98 pas au bas mot, soit près de 75 mètres le tour. Multipliez ça par le nombre de départements français ( de métropole, d’outre-mer sans oublier les TOMs et autres collectivités territoriales) pour ne pas perdre le compte et vous auraient la distance que je parcours quotidiennement à pince dans les hauts de mon rafiot pour que les pattes de gallinacé dont je vous parlais t’tà l’heure ne se transforment pas en vermicelles.

J’étais donc rendu quelque part dans les hautes sphères de la Haute Savoie quand me revint à l’esprit l’actualité qui fît la Une pas plus tard qu’il y a moins d’une semaine sur les écrans congolicains.

Bon, laissez moi éclairer vos lanternes et résumer : même s’il a déclaré lors de son retour à une presse vendue qui s’inquiétait de sa majestueuse santé que son opération des lombaires s’était bien passée, chacun sait ici au Congoland que c’est sur un des testicules du président Denis Sassou N’Guesso que de réputés chirurgiens parisiens se sont penchés la semaine dernière, sur invitation chiraquienne. N’ayez crainte pour les narines des hommes en blanc, le père Denis a les moyens de s’offrir les fragrances les plus rares comme les plus subtiles.

Retour en fanfare de l’avion présidentiel sur le tarmac de Brazzaville escorté lors de son atterrissage par un escadron d’Eurocopters derniers cris, verbatim de l’arrivée d’Air Force One sur l’aéroport de Bagdad. Pitain, ça jette, p’ésentement.

Descente de l’avion et tapis rouge, garde républicaine grand-fourragée et foule de dignitaires (famille, proches, sbires et porte-flingues) venus larmes aux yeux, costards Armani et pompes en croco aux pieds souhaiter un bon retour au pays au papa de la patrie chérie en pratiquant le baise main de circonstance, le Parrain n’attendant pas moins que les hommages et l’acte de soumission de ses vassaux. Près de six heures de cérémonies infectes pour fêter son retour, plus de dix kilomètres de foule trépidante le long de la route entre aéroport et Présidence, agitant les bras comme une concentration de bigots dans une assemblée évangélique, six heures d’hypocrisie comme vous n’en verrez que rarement dans vos vies pathétiques. A gerber.

Note : Le dernier né du fils de Sassou (4 ans et demi) possède déjà 17 millions de dollars dans sa tirelire. Avec les compliments du pouvoir en place, de Total Fina Elf et de tous nos parlementaires. Comme dit son enculé de grand-père qu’ a jamais cessé de tenter de copier ses homologues de la nation mère, il y a deux ressources naturelles au Congo : Le pétrole et les moustique. À la crème le pétrole, au bon peuple les moustiques…