Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

31 janv. 2008

305.SICKO: Trop ou pas assez?


J’ai regardé
Sicko de Michael Moore (2007), et son documentaire comportait tout ce que je m’attendais à y trouver. Il y a peu de temps, une connaissance m’avait dit qu’elle avait vu ce film et qu’elle en avait bouilli de frustration. 
Elle me dit que ce film l’avait remplie de honte d’avoir Sarko pour président, et que son seul espoir était que si chacun d’entre nous regardait ce film, ça engendrerait peut-être une étincelle révolutionnaire longtemps étouffée dans l'hexagone.
Comme vous pouvez sans doute l’imaginer, quand je démarrai le film, je le fis empli d’excitation par les promesses de vérités controversées. J’admets que Moore a tendance à verser dans le sensationnel, et que son penchant pour le dramatique peut souvent nuire à l’importance du ou des sujets abordés, mais l’un dans l’autre, le film est superbe et mérite d’être vu.

Sicko compare et mets en contraste le système de santé US avec les systèmes de santé britaniques, canadiens, cubains et… français - pour combien de temps ? - ; systèmes qui, pour l’instant, pourvoient à la couverture médicale de leurs citoyens, signifiant que tout un chacun dans ces différents pays reçoit des soins quel que soit le mal qui les atteint, que ce soit un rhume des foins, un accouchement ou une intervention chirurgicale de pointe. 
Sûr, les différents peuples de ces différents pays paient plus d’impôts, mais quand arrive la maladie fatidique et le besoin d’un coup de pouce financier pour y remédier, ils reçoivent cette aide.

En Amérique, et prochainement en France, ce qui compte aujourd’hui est ce qui a toujours prévalu : le fric. Les services de santé tendent de plus en plus à rejeter leurs obligations parce que le plus elles remboursent, le moins elles font de profits et le plus elles font de pertes. 
Le but de tout gouvernement libéral est de transformer les services médicaux en business, d’effacer le côté social de l’affaire. Au pire, avec les systèmes informatiques, les systèmes de santé vous enverront des inspecteurs dont le boulot consistera à éplucher vos antécédents médicaux, et dans quelques cas votre style de vie, afin de détecter des conditions préexistantes, ou des preuves qui pourront être utilisées pour vous refuser l’accès aux soins ou au traitement.
Pourtant, les services de santé ne sont que le sommet de l’iceberg . Les grands groupes pharmaceutiques ont un complet contrôle sur le coût de leurs produits, et ils utilisent ce pouvoir pour voler la société. 
Des retraités qui ont travaillé toute leur vie devront un jour vendre leurs maisons, et dans certains cas se mettre en faillite à cause de l’augmentation des coûts associés pour honorer les multiples ordonnances prescrites par nos médecins. 
Dont la plupart sont souvent redondantes, et seulement prescrites dans le but de palier aux symptômes associés avec l’ingestion habituelle des autres médicaments préalablement prescrits, ce qui induit à son tour encore plus d’effets non désirés en ce qu’on peut considérer un cercle vicieux.
Pour mettre ça en termes tangibles, disons qu’aux States, une ordonnance pour une cartouche d’inhalateur contre l’asthme qui vaut environ 200 dollars ne vous coûtera que 6,65 dollars au Royaume Uni et que 5 cents à Cuba. Voyez où veut nous amener Sarko et sa bande.

Bien sûr, il faut, pour être clair, ajouter dans l’équation la nature de l’incitation offerte aux médecins mêmes. Aux States - comme voudrait le faire Sarko chez nous -, on encourage les médecins à refuser de traiter un certain pourcentage de leurs patients. 
Maintenant, n’allez pas croire que j’accuse ici la totalité des médecins US ou par anticipation, la totalité de ceux de chez nous, certains d’entre eux sont conscients que c’est ce qui se passe en coulisses, mais tout docteur travaillant pour son propre compte et en affaires directes avec les compagnies d’assurance sait pour sûr qu’il gagnera plus en soignant moins.
En contraste, dans notre système traditionnel, les incitations gouvernementales envers nos médecins étaient jusqu’à présent structurées de manière complètement différentes, l’emphase étant placée sur le bien-être général de leurs patients. 
Par exemple, plus grand sera le nombre de patients qu’un médecin aidera à arrêter de fumer ou à abaisser leurs taux de cholestérol…, le plus il fera de profits. Bon docteur, grosse clientèle. Si vous le demandez à un docteur propriétaire d’une baraque à 300 000 euros et d’une Mercedes classe C ce qu’il en pense, il vous dira que seul un confrère souhaitant déménager dans un palais d’un million d’euros avec 5 bagnoles de luxe dans son garage multiplex trouvera nécessaire ce que préconise Sarko pour la refonte de la couverture maladie universelle.

50 millions de personnes n’ont aucune couverture maladie aux Etats-Unis – 1/6ème de la population. 18000 d’entre eux meurent chaque année de maux qui auraient pu être soignés. Sur les 250 millions qui sont assurés, nombre d’entre eux se battent becs et ongles pour payer les coûts croissants des traitements et des médicaments. 
D’autres ne reçoivent jamais les traitements dont ils ont besoin, même s’ils sont assurés, parce que leurs compagnies d’assurance trouvent des failles dans leurs historiques médicaux. 
Les Etats-Unis sont la nation la plus prospère et la plus puissante de la planète, mais ils n’ont pas de couverture médicale universelle. Voici ce qu’est le libéralisme, voici le rêve Sarkoziste.

Dans un pays bien gouverné, on devrait avoir honte de la pauvreté. Dans un pays mal gouverné, on devrait avoir honte de la richesse.
Confucius

La grandeur d’une nation se mesure à la façon dont elle traite ses membres les plus faibles. Mahatma Gandhi

11 janv. 2008

304.Encore un p'tit papier?


Dans un post antérieur, on a causé de la science et de la religion comme de trucs qui parfois nous mystifiaient complètement. Ajoutez le journalisme à ce monstre à trois pattes plus connu sous le nom d’information. 
Si elle peut vous tomber sous les yeux ou rebondir sur les membranes de vos tympans, elle peut vous mentir.

Un exemple pas plus tard qu’y a pas longtemps sur plein de chaînes du PAF à Sarko : Hugo Chavez ne serait qu’un enfoiré qui tient son peuple en oppression et où on se torche le cul des libertés. En voilà une « info » qui téléguide l’audimat ! 
Putain, des fois c’est à se demander pourquoi les cousins de nos cités passent leur temps à brûler des bagnoles, MJC et autres concessions Renault plutôt que de s’attaquer à la Maison de la radio-télévision et autres centrales de communication du Medef et des Imbus…

Ces trois professions peuvent faire remonter leur lignée jusqu’à la première créature qui tenta de communiquer des infos vers des oreilles intéressées : le pic ou le pivert. Nombre d’entre vous ont pu observer certains de ces volatiles en train de se cogner le bec contre un tronc d’arbre, tac-tacant des messages frénétiques vers qui veut les entendre.
Vous avez peut-être pensé que l’emplumé creusait des trous à la recherche de quelque chose à becqueter. En fait, il ne faisait que suivre son agenda, peut-être essayer de trouver un éditeur, ou du moins un agent convenable.

C’est la race humaine qui s’est obnubilée dans sa quête de nourriture. Le concept du remplacement des ressources n’a jamais traversé l’esprit de nos ancêtres. On allait mettre quelques milliers d’années avant de développer le congélateur et le micro-onde.
Alors bouffez et creusez, mecs & meufs ! Dans la poursuite sans fin de tous types de gastro-entérites, les hommes ont parcouru le globe. C’est pas grave si à l’époque ils croyaient que ce dernier était plat comme une galette de Pont-Aven. 
Malgré tous les millénaires de loisir qu’elle a eu pour se rendre compte par l’observation que les ouragans, typhons et autres tsunamis pouvaient tout arracher sur leur passage, devinez où la majeure partie de l’humanité a choisi de s’accrocher ? Au bord de l’eau salée, près de la bouffe.

Vous êtes peut-être restés assis, horrifiés devant votre télé, tandis qu’un tsunami ravageait l’asie du sud est, puis plus tard encore tandis que Katrina venait nettoyer les rues de la Nouvelle Orléans. 
Certains d’entre vous ont peut-être même pensé que c’était le moment rêvé pour empoigner cette grande tragédie et s’en servir de punching-ball politique. 
Vous avez peut-être même été l’un ou l’une des rares à avoir considéré cela comme un excellent exemple de ce qui se passe quand l’homme laisse son appétit lui dicter l’endroit où il va construire sa maison.

Et peut-être êtes vous restés perplexes, quand, quelques instants avant le passage de Katrina, les autorités de là-bas ont décidé de vidanger tous le système des égoûts de la Nouvelle Orléans dans le golfe du Mexique. 
Mais vous n’auriez pas dû l’être. Même si ça signifie la pollution de ses propres réserves de nourriture, l’homme a toujours eu une propension à chier là où il bouffait.
Eh bien c’est exactement de cette manière que l’humanité a développé la profession de journaliste.

9 janv. 2008

303. How do you read, Alpha Charlie?

Je crois qu’il est juste de dire que nous autres humains (la plupart d’entre nous, de toutes manières) pourrions bénéficier d’une meilleure écoute, plus que nous ne le faisons en tous cas. Aucun d’entre nous n’est immunisé contre le fait que parce que nous pensons, ou croyons d’une manière ou d’une autre, que notre façon de penser est la bonne.
Nos points de vue égocentriques nous empêchent souvent de prendre le temps et le recul nécessaires pour comprendre précisément ce qui nous est communiqué, avec pour résultat de nous faire errer sans but le long de la vie, bardés de demi-vérités et d’idéaux romantiques.

Ne vous êtes vous jamais trouvés au sein d’une foule ou d’un rassemblement, où plein de gens gueulent comme des stentors afin que leurs voix soient entendues, tandis qu’une moitié fait de son mieux pour interrompre l’autre moitié ? 
N’avez-vous jamais été l’un ou l’une de ceux qui fait de son mieux pour interrompre son vis-à-vis ? Moi oui. Je possède ce que je pense être un important point de vue, ou une contribution tout ce qu’il y a de plus valable à ajouter, mais je suis constamment ignoré parce que je ne suis pas assez fort, pas assez de kilowatts dans mon émetteur, pas assez … rude pour me faire entendre.

Le passé m’a appris que dans de telles situations, au moment où l’opportunité est arrivée de me faire entendre, j’avais oublié ce que c’était que je voulais dire en premier lieu. Alors je m’assois et j’essaie de me souvenir de ce que c’était que j’avais à dire, me passant et me repassant en boucles mes pensées dans la tête, attendant patiemment de pouvoir étonner l’assistance par ma brillante intervention. 
Mais pendant ce temps, je ne saisis pas tout ce que les autres sont entrain de dire parce que je ne prends pas le temps de les écouter avec attention. Qu’on sache que j’agis fréquemment comme ça n’est pas important. 
Le fait est que je manque irrespectueusement de respect à ceux qui communiquent en plaçant plus de valeur sur mes propres pensées que sur les leurs, et je me défais de la richesse de perspectives potentielles dont je pourrais bénéficier si je n’étais pas si imbu de l’ auto appréciation de mes propres valeurs.

Oui, nous sommes tous une station valable. Nous avons tous quelque chose de profond à partager avec notre entourage car en temps qu’humains, la communication est chez nous un don. Toutefois, la com est une route à deux voies et implique plus que juste nous-mêmes. Ceux d’entre nous qui bloguent, ont reconnu ce besoin fondamental d’exprimer nos idées sous forme de format public, espérant qu’à travers cet acte de partage nous faciliterons les débats, la discussion, et qu’une véritable communication s’établira en dépit de la distance kilométrique comme mentale ou orale qui peut exister entre nous.

Franchement, où serions nous, nous autres blogueurs si nous étions seuls ? Probablement qu’on ne bloguerait pas. En fait, si vous vous trouvez en ce moment même entrain de lire cette phrase, vous pouvez vous récompenser d'un bisou baveux ou une petite tape dans le dos, nombreux sont ceux qui se sont barrés depuis la fin du premier paragraphe, pour ne jamais y revenir.

Les billets de blog, comme les gens, peuvent s’avérer, comme les gens encore une fois, un peu gonflants, et parfois il est difficile de rester attentif dans ces conditions, mais s’il on est vraiment sérieux sur la vraie communication, comment peut-on se payer le luxe d’en faire moins ? 
On ne peut pas passer sa vie à mettre au rebut des choses qui ne sont pas joliment emballées, c’est une manière d’exercer notre patience dans nos affaires et nos échanges. Et la pensée me traverse qu’à la fin, si l’écoute des autres nous fait oublier ce que nous voulions nous même partager au départ… alors peut-être que ce que nous voulions partager n’était pas valable à partager en premier lieu.

4 janv. 2008

302.Global warNing


Que vous le croyez ou non, il parait que le réchauffement planétaire nous est tombé dessus. Notre climat est en mutation. Moi le marin, je peux attester que les températures augmentent aussi bien en fréquence, en dépression qu’en intensité. Les glaciers fondent plus vite et y a de plus en plus de glaçons à la dérive. La température de l’eau augmente. 
On pêche de nos jours des poissons tropicaux en zones préalablement tempérées. Des animaux qui avaient pour habitude de migrer dans le sud en hiver restent dans leurs igloos toute l’année.
Il paraît que les océans se réchauffent depuis 1975. Les experts météo comme ceux des océans sont tombés d’accord. Tout ça est dû à l’homme. Qu'y disent...


Les bonnes nouvelles ? On est pas complètement ignorants de cette certitude. On a d’ailleurs tenté d’y pallier de plein de façons, entre autres les énergies alternatives, le contrôle des émissions de CO2, les moteurs hybrides , le recyclage et j’en passe. Pourtant, en dépit de ces efforts, le niveau actuel de prise de conscience se monte à moins qu’un tout petit peu. Une goutte dans le vase de ce qui serait nécessaire.

Alors pourquoi laissons nous traîner les semelles de nos babouches collectives sur ce problème ? Est-ce une question de pognon ? Les multinationales qui alimentent votre quotidien en nouvelles caisses et en gadgets électroniques ont-elles peur de voir baisser leurs chiffres d’affaire, leurs profits et vos pouvoirs d’achat ?

C’est sûr que ça demande une sacrée rééducation, et que les coûts de production en prendraient un coup dans les gencives au départ, mais je suis sûr qu’à long terme, ces gros business y seraient les gros gagnants. Pourquoi ? 
Parce qu’ils ont la technologie, et de ce fait, c’est eux qui feront les prix. Du coup, on verra les UMPistes ou les Socialos nous voter des lois qui exigeront des citoyens qu’ils possèdent ceci, cela et le X, le I grec ou le Z verts sous peine d’amende. De toutes manières, est-ce que les gouvernants – peu importe de quel bord ils se situent – et les marchands d’armes et autres marchands de sable ne se passent déjà pas la crème au cul ?

Combien de fois il faudra vous étirer l’imagination avant de vous faire comprendre que ce genre de comportement est pérenne ?
Alors siouplaît, mettez de côté l’anxiété que vous pouvez ressentir en ce qui concerne l’enrichissement des riches et des nantis de tous poils, et essayez de réaliser que c’est là la manière dont notre monde enrichi au fric fonctionne. Que vous le vouliez ou non, le grand capital contrôle l’influence, la technologie et le fric nécessaire pour éviter une catastrophe planétaire, et il pourrait le faire, en amassant simultanément des sommes colossales au travers de profits scandaleux.

Alors, posez-vous la question : Pourquoi qu’ils le font pas ?

Al Gore, l’auteur de La Vérité qui dérange s’est trouvé sous les projos dernièrement, avec des allégations l’accusant de s’enrichir grâce au réchauffement planétaire. Il se dit par ci par là qu’il va gagner des milliards dans les années qui viennent, et les alarmistes semblent se servir de ce prétexte pour transformer l’existence d’un réchauffement en un nouveau moyen libéral de se faire du fric.
À mon avis, les motivations d’Al Gore ne sont pas à être prises en considération. Que nous puissions croire nous même ou non en ce genre d’allégations n’importe pas non plus. Notre planète est extrêmement polluée. Si le trou de l’ozone dans l’Antarctique ne suffit pas à vous convaincre, que pensez vous du fleuve
Cuyahoga dont l’eau a pris feu 11 putains de fois dans le siècle qui vient de s’écouler ?

Nous nous considérons – surtout les philosophes – comme des êtres intelligents, mais la vérité toute crue c’est que nos actions révèlent souvent que nous ne sommes pas aussi smarts que nous le pensons. 
Avez-vous jamais vu un marsouin polluer son environnement ? Ou un grand singe déclarer la guerre à un autre grand singe afin de prendre le contrôle d’une colline à bananes ? La réponse est non, évidemment. 
Ces animaux sont intelligents et sensitifs. Pourquoi donc sommes nous si stupides ? Pourquoi, tiens je m'l'demande en passant, pourquoi Jelta - une des admiratrices de ce blog - chie-t’elle là où qu'elle dort et où elle mange ? Aucun animal ne se conduit ainsi. Sauf un. Le cafard. Qui passe sa vie à cafarder, je le rappelle en passant.

Alors notre stupidité innée est-elle responsable de notre refus de soigner notre mère la Terre ? Je pense pas. Je pense que l’ignorance est un outil que nous utilisons pour nous voiler la face et nous planquer comme les pleutres que nous sommes. 
Elle nous évite de nous décarcasser, de prendre des risques et de nous impliquer en quoi que ce soit. Nous savons que nous devons nous attacher à ce genre de problèmes et pourtant on ne fait rien et son contraire. Nous savons que la vie de nos propres enfants dépend irrémédiablement de nos agissements présents. Alors pourquoi continuer à débattre ?
Pourquoi les grandes puissances ne sautent-elles pas collectivement sur l’opportunité de sauver le monde, même si ça signifie qu’elles pourraient se faire des ziga-milliards de ziga-millions dans le processus ? 
Car même une approche non-altruiste du processus serait mieux que l’état présent. Et si elles le font pas, pourquoi qu’on coupe pas les couilles à leurs PDG et à nos dirigeants même s’ils nous traitent ensuite de terroristes ?

On sait que le monde de la finance abuse de nous comme des sangsues. Putain, mais qu’elles jouent le jeu au moins, pour qu’il dure… Si l’humanité disparaît, y’aura plus de profits, connards ! Ouvrez les yeux de Wall Street et du Cac 40, faut qu’y sachent que nous sommes des dinosaures, là, tout de suite, maintenant.

3 janv. 2008

301.Mise au point


Graduellement, et après évaporation des dernières vapeurs solsticiennes, je me sens dériver tout droit vers une espèce d’impasse. J’aimerais beaucoup pouvoir écrire plus sur les véritables problèmes qui affectent notre monde, mais pour ce faire, je me sens obligé de bloguer d’une manière qui peut paraître gonflante à mes lecteurs et mes amis.

La plupart des gens préfèrent lire du drôle ou du positif, et en continuant à sonder et explorer des vérités flagrantes mais négatives qui dérangent, tues et/ou taciturnes, je prends des distances avec le contenu et l’esprit dont raffolait Cristale B36 à une certaine époque. Je le réalise bien, entendons-nous clairement, et je demande pardon à ceux d'entre vous venus chercher ici de l’humour pour la confusion dans laquelle ils pourraient se trouver à la sortie.

Je pense qu’à ce stade de ma vie, dans l’histoire que nous partageons, il m’est impossible d’éviter les dossiers les plus importants et critiques de notre époque à seule fin d’éviter d’en offenser quelques uns. Je sens qu’à ce stade de mon existence, il est nécessaire que mon blog prenne un tour plus radical en ce qui concerne la poursuite de notre croissance continue. - je parle évidemment pas des 3% de croissance économique que veulent nous imposer Sarko et ses semblables libéraux du G8 et du monde occidental et de tout ce que ce pourcentage de croissance a de barbare pour notre environnement et de criminel pour le tiers-monde et la planète en général-.

Lorsque j’ai débuté à débiter ce blog, j’ai pris la précaution d’avertir mes lecteurs au travers d’une constitution sur le fait que je ne mâcherais pas mes mots pour exprimer le fait que nous devions nous approprier nos opinions. J’ai lentement posé les jalons d’une telle construction, et avec cette nouvelle année, le temps pour moi est arrivé de reconnaître mon vrai but. Si cela vous débecte de lire ce blog, à nouveau je m’en excuse.
Ceux d’entre vous qui sont restés fidèles à la lecture de ce monceau d’inepties à travers mes hauts et mes bas m’ont parfois offert leurs avis et leurs conseils et vous m’êtes tous très chers et je vous respecte immensément. J’espère que vous continuerez à le faire dans les mois à venir, même lorsque la proverbiale goutte d'eau fera déborder le vase.
Bonne année à tous.

31 déc. 2007

300. C'étaient les années bonnes...

- Un café, s’il vous plait.
- Et pour votre ami?
- Une bière.
- Maintenant? Si tôt?
- Ouais ouais, maintenant là.

Bar routier, économique, 7heures du mat’.

- Autre chose?
- Des tartines beurrées, siouplaît.
Elle nettoie le comptoir et me sert mon caoua.

- Votre ami, qu’est-ce qu’il écrit dans son gros calepin là-bas ?
- Jack? Il écrit un roman. Un truc sur le vagabondage.

- Mmmm, je crois pas que grand monde va l’acheter...
- Pas grave, c’est pas ça qui l’intéresse de toutes manières. Il aime coucher ses pensées, et pis c'est tout.
- Et vous, vous écrivez aussi ?
- Un tout petit peu, mais j’écrirai un peu plus quand que je serai calmé, au siècle prochain.

Elle me toise comme si j’avais trois têtes, son torchon à la main. Elle se rapproche : 
- Dans le futur ? Vous voulez me redire ça ?
- Ouais. J’écrirai dans un ordinateur.
Elle sourit: - Et votre ami aussi?
- Nan! Lui non. Mais il sera connu de tout le monde.
- Avec son livre sur les clodos ?
- Avec son livre sur les clochards – je confirme.
Je soulève ma tasse comme si c’était du Champagne, "Tchin tchin!" je lui dis et je m’envoie mon premier expresso de la journée.
- Et vous, vous allez être connu aussi?
- Non , je crois pas non. C’est à peine si que je me reconnaîtrai moi-même.

Et voilà, bonne année à toutes et tous et à la prochaine...

30 déc. 2007

299.En eaux troubles

En eaux troubles

Vois la minuscule barque qui traverse mes yeux clairs!
C'est elle qui nous mène balader
Sur les eaux sombres de ma Lune.
Visions d’eaux noires et stagnantes
Dans lesquelles flottent les dentures brisées
Des sexes de corail et des roses sans destin.

Puis le chant des sirènes ataviques,
Ces êtres d’un gothique de cathédrale
Qui du poignard de leurs mots
Me pénètrent le cœur tels les assauts plongeants
De milans de grand style,
Symphonies du sexe qu'archères du démon
Pianotent sur les cordes tendues de mes nerfs.

Mais ce n'est qu’un lambeau de rêve,
Qu'un vestige de nuit rebattue par le vent,
Qu’un rosaire hypnotique, abrutissant et idiot
Qui se plaît à creuser ce trou déchiqueté
Au cœur que le vers doit combler…
Mais ne comble jamais.

27 déc. 2007

298.Apprenez vous les uns les autres...


Parfois, les croyances de ma famille et de mon entourage peuvent présenter des dilemmes intéressants. Tout spécialement à cette époque de l’année, quand près de la moitié de la planète semble balayée dans un festival d’orgies et de foie gras. 
On se rassemble en famille et entre amis, et quand quelqu’un vous souhaite "Joyeux Noël", on sourit, offrant une réponse qui vient du cœur qui reflète nos sentiments d’une telle manière qu’aucune question ne demeure en suspend. L’assimilation dans toute sa béatitude.

Au fil du temps, nous avons appris qu’il était plus facile de se laisser porter que de nager à contre courant. Nous essayons consciemment d’éviter de déstabiliser la barque de nos compagnons, sachant qu’une réponse sarcastique et contraire à celle qu’on attend de nous fera froncer un tas de sourcils et soulever pas mal de questions ennuyeuses. 
Ce qui ne manquera pas de tourner à la confrontation, en sentiments blessés et en la baisse drastique des états d’esprits dans le voisinage d’une telle conversation. 
Alors on fait semblant, parce que vraiment, il n’existe aucune raison valable de souligner que nos croyances sont différentes de celles qui nous entourent. 
Il existe d’autres lieux et d'autres temps pour exprimer ce genre de conviction. Et c’est pas quand un païen comme moi se retrouve à siroter une coupe de Champ’ à l’ombre d’un sapin de Noël que ça doit se passer.

Je pense que ce qui me contrarie le plus, c’est qu’arrivé où je suis rendu, la plupart de mes voisins, de mes amis et des membres de ma famille savent très bien que je ne souscris aucunement à toutes ces croyances et coutumes chrétiennes. 
Ils savent que je préfère mettre l’accent sur le solstice d’hiver, et que c’est lui que je fête en fait. 
Et pourtant, malgré mes participations continuelles à leurs festivités, en dépit du fait que je montre un tant soit peu d’intérêt et que je participe même activement à leurs festivités – en les aidant à décorer l’arbre, en faisant sauter le bouchon de la vieille Clicquot et en déposant des cartons emballés de papier cadeau, personne ne semble porter un tant soit peu d’intérêt à mes propres croyances. 

Tous les ans, je reçois un paquet de cartes de vœux pour Noël, et je peux toujours compter sur ma mère pour m’envoyer une carte si franchement chrétienne que je suis certain que sous un spot de lumière noire, un test ADN révèlerait que cette carte a été imprimée avec le propre sang du crucifié. 
Et sur les centaines de fois où j’ai répondu "Joyeux Noël", je me rappelle pas d’une seule occasion où on m’ait répondu l’équivalent pour mes "Joyeux Solstice".

Après tant d’années à me conformer à leurs traditions, j’en arrive sérieusement à me poser des questions sur la nature même des relations qu’on peut avoir avec des gens qui refusent de faire ne serait-ce que le plus petit geste pour tenter de me montrer un respect similaire.
Tout ce que vous avez à faire est de me faire part au moins une fois de votre croyance intime, que celle-ci soit judaïque, kiskoolienne musulmane ou druidique, et ce sera la dernière fois que je vous imposerai par inadvertance un "Joyeux Noël" dont vous n’avez rien à secouer. 

J’ai reçu trop de cartes électroniques de Noël de la part de membres actifs du café Philo pour continuer à penser avoir affaire à des philosophes. S’il vous plaît, essayez donc de faire un effort pour ne pas imposer vos croyances à votre entourage. 
Le faire est faire preuve d’un manque total de respect, je pense à une certaine Plume59… aka Amélia dans un de ses commentaires sur mon post 296…

Alors je me demande, mais où donc ai-je dérapé ? Qu’ai-je donc de si différent que certaines personnes n’arrivent pas à comprendre mes sentiments ? Et est-ce que ça aurait changé quoi que ce soit si ce genre de personne m’avait souhaité un "Joyeux Solstice"? 
Cela résulterait-il d’un sentiment partagé ou cela sentirait-il un peu le forcé ? J’en sais fichtre rien. Comme la plupart d’entre vous, - même si on me dit associal - je suis un être social. 
J’ai aussi un souci d’appartenance, je veux de l’amour. Mais le temps a fait drastiquement baissé le niveau de mes attentes.

Le plus j’y pense et le plus je me dis que ceux qui balancent des "Joyeux Noël" aux quatre vents comme ils le font ne sont pas de véritables chrétiens, et ne célèbrent pas ce jour pour d’autres raisons que c’est une occasion de faire ripaille et que c’est un jour férié. 
Quand ils vous souhaitent "Joyeux Noël", ce ne sont que des mots vides de sens, appris, répétés et ressassés au fil des ans. Et la raison pour laquelle ils ne ressentent aucune compréhension pour mes propres croyances, c’est parce que les leurs à eux n’ont aucune valeur réelle. 
Pourquoi devraient-ils prendre le temps de m’honorer moi quand il n’ont aucun respect pour les valeurs mêmes de ce qu’ils fêtent ? A partir de là, le problème fait boule de neige.

Peut-être que le véritable problème que je ressens avec ces fêtes de fin d’année, c’est que c’est l’époque où les gens vous montrent vraiment dans quelle toile ils sont taillés, et celle-ci me paraît usée jusqu’à la corde.

26 déc. 2007

297.Arizona Dream


Le rêve arizonien est un film mythologique, philosophique et méditatif. Les émotions et les sensations n’arrêtent pas de se déverser ; la réalité et le rêve se mélangent de façon subtile dans cette comédie, mais on ressent une grande mélancolie en le regardant. La seule chose qui manque dans cette pièce est un héros. C’est Johnny Depp qui est censé l’incarner, mais on peut pas le désigner en tant qu’héros. Il y dévoile une âme sensitive et ne trouve pas sa place dans la société, il veut même pas faire l’effort de s’y intégrer. Il veut pas prendre part aux affaires lucratives de sa famille, comme celles de son tonton – M’sieur Smiley « Sweety » incarné par Jerry Lewis – qui vent des bagnoles de luxe. Au lieu de ça, il tombe amouraché d’une foldingue qu’a le double de son age et qui envisage de se tirer en Papouasie et de construire une machine volante. En même temps, il aime – mais ne le sait pas avant la fin du film – sa demi-sœur qu’est pas vraiment un canon d’après les canons de beauté de la StarAc'. Pourtant elle est belle si on la regarde à l’intérieur, elle joue aussi bien de l’accordéon que le mec des négresses vertes et rêve de suicide afin de se réincarner en tortue, un animal tout plein de timidité d’après les papous de Papouasie. Il vit avec les deux et un Husky dont il a rêvé au début du film. Ce rêve lui est arrivé via un ballon de baudruche du pôle nord, une tripe de turbot gonflée et déportée à NY par les brises nordiques – en fait, le poisson ressemble plus à un flétan – je peux l’attester en tant qu’ancien capitaine de pêche qu’en a pêché tout plein aussi bien du côté de Terre Neuve que du côté des Shetlands – Il se met à construire d’étranges machines avec sa vieille amante et se bat avec sa fillotte. Son meilleur pote est assez déjanté lui aussi – tellement affecté par le cinoche qu’il tombe en transe en tant que participant d’un film ou d’un autre. Ces mecs sont tordants, parfois dangereux, ils rêvent leurs vies plus qu’ils ne la vivent. Ils croient en des trucs insensés, ils veulent se barrer en Alaska et y vivre pour l’éternité, amoureux les uns des autres en cercles interminables. Même l’oncle de Joe – Johnny Depp - , le vendeur de caisses de luxe, n’est pas dans ses baskets d’un point de vue occidental. Il parait con – normal à tous points de vue – au début du film, mais en profondeur, il est autant rêveur et gamin que les autres protagonistes. Il est sur le point de se marier avec une jeune et belle nénette – normale elle aussi, sauf que des fois elle se met à pleurer et on sait pas pourquoi - . Il vent des Cadillacs et son rêve, c’est de les entasser sur la Lune. Il se parfume à la Cologne de bas de gamme et fait pousser des cactus. A la fin, il casse sa pipe et l’ambulance l’envoie direct sur notre satellite. Ce film est remarquable, plein d’effets « spéciaux ». Romantique et naïf, et désespérément solitaire parmi les merdes sorties des States.
La zique est superbe, Iggy Popienne et Mexicaine - Yo Senor, yo no me casaré, hey msieur, je me marierai pas...) et un Besa me mucho qui s'éternise mais qu'on aimerait jamais voir se terminer...
C’est vraiment étonnant, la manière dont Kusturica le bosniaque a réussi à pondre un film sur l’Amérique où des ricains se conduisent exactement comme des russes issus des steppes. Grosse contradiction du rêve slave et du rêve amerloque.
A ne manquer sous aucun prétexte. Il passe en ce moment sur Canal Sat et TPS, canal 105, jusqu'à début Janvier.

24 déc. 2007

296.Astrologie

Lorsque j'avais vingt ans et toutes mes dents -les vraies- , et tandis que je me trouvais sur une île au sud de l'Alaska en compagnie de mon ami Didier
(que je soupçonne fort d'ailleurs d'être le Did85 du commentaire sur mon post précédent, mais peut-être que je me trompe...), et que nous participions en territoire Kwakiutl à la cueillette des champignons magiques dans un pré entouré de Douglas - ouais je sais, ça fait beaucoup de et, mais hey, j'suis obligé sinon vous comprendrez queue d'âne et je me vois mal les remplacer par des 'y' d'Espagne, des 'unt' allemands ou des 'wa' du pays d'Aladin - et que les effets de ces psilocybes commençaient à nous irriguer sérieusement les neurones, je me souviens avoir levé les yeux au ciel. 
Ceci m’arrive encore – de lever les yeux, je veux dire -. On voit tout, de nuit, du pont d’un navire. Le ciel a la clarté d’un cristal de roche. Plus clair qu’aucun autre endroit qu’il m’ait été donné de visiter depuis.
Et en levant la tête, observant la multitude de nuées d’étoiles éparpillées dans le ciel nocturne, je réalisai combien minuscule et insignifiante était ma vie. 
Je m’imaginais ressentir la gravité s’appuyant sur mes épaules, m’empêchant de m’envoler. Me baignant dans la magnificence de ce nombre incalculable d’étoiles, sachant que chacune d’entre elles était plus grande que notre Soleil, je me sentis certain que la Terre n’était pas unique dans l’univers. Assurément, il devait y avoir de la vie ailleurs.
Et cette pensée me frappa, la vie est partout.

L’eau, ce grand catalyseur. Depuis les profondeurs abyssales non répertoriées sur mes cartes marines jusqu’aux sommets de l’Himalaya, la vie a touché notre planète, et elle est partout. 
L’aspect le plus fascinant de l’eau qui me fascine le plus est la théorie qui voudrait que cette dernière ne soit pas entièrement originaire de la Terre.
Certains pensent qu’une partie de l’eau qui recouvre ou imbibe notre planète fut déposée chez nous par des astéroïdes, des comètes de glace
Le potentiel existe, même s’il est rare, que de temps à autres, des objets célestes s’écrasent sur des planètes, y déposant de grandes quantités d’eau sous forme de gros glaçons.
Si c’est exact, ou même du moins possible, que la vie existe sur d’autres planètes, ceci soulève pas mal de questions dans mon esprit vadrouilleur en ce qui concerne nos vies ici sur Terre, et sur notre place dans l’univers. 
Si la vie existe sur des planètes similaires à la notre, a-t’elle suivi le même cheminement dans son évolution mentale ? 
Ces extra-terrestres sur ces autres mondes interprètent-ils et expérimentent-ils la vie au travers des mêmes émotions ? 
Leurs philosophies métaphysiques, leurs croyances et leurs valeurs sont-elles différentes des nôtres ?
Sont-ils plus ou moins avancés que nous en regard de leur interprétation et compréhension de la vie ? 
Sont-ils exactement nos semblables ? 
Ont-ils eu besoin d’un Jésus Christ à six pattes ou à trois têtes écaillées ? 
Est-ce que la vie, et l’évolution de la pensée suivent un chemin délibéré et spécifique, disons universel ? 
Ou bien alors est-ce que la manière dont évolue la compréhension ne se base que sur nos choix, en l’absence de creuset universel ?

Rendu à ce point, j’ai outrepassé mes pensées et je dois reculer de quelques pas. Sérieusement, qu’est ce que j’en ai à cirer que la vie existe ou non sur une autre planète ? Vraisemblablement, nous n’irons jamais les visiter, les rencontrer, ou apprendre ce qu’ils pourraient avoir à nous apprendre.
Pas de mon vivant de toutes manières.
En plus, c’est à peine si nous sommes capables d’apprendre les uns des autres ici sur Terre. Mes pensées s’égarent vers ce qui a un jour été dit concernant l’être humain dans l’espace : « Pourquoi nous casser le cul à explorer l’espace quand 95% des océans demeurent un mystère ? » 
J’aimerais bien pouvoir mettre un nom sur l’auteur de cette question, mais je suis quasiment sûr d’être certain que nombre d’entre vous se la posent ou se la sont posée aussi, d’une manière ou d’une autre.
Et pourquoi sommes nous tant fascinés par le futur ? 
Pourquoi ce besoin de tout consommer et puis d’agir comme une bande de squales affamés ?
Qu’est-ce qui rend si difficile l’appréciation de ce que nous possédons déjà ? 
Pourquoi est-il si difficile de nous arrêter de penser ou de faire ce que nous pensons et faisons, et de nous mettre à écouter ?

Quand je regarde ces étoiles, mes pieds bien campés sur la Terre ferme ou sur le pont de mon rafiot, je réalise que cette planète aussi est d’origine cosmique, et que chaque poussière d’atome qui la compose est aussi magnifique et mystérieux que les étoiles au-dessus de ma tête. 
Nous n’avons pas besoin de voyager dans le cosmos, nous y sommes déjà, flottant à la surface d’une roche géante ! 
Et par-dessus tout, nous n’avons certainement pas besoin de quitter la Terre pour atteindre la sagesse et/ou une meilleure compréhension. 
Tout se trouve à portée de main.
Mais seulement si on veut bien ouvrir les yeux.

23 déc. 2007

295.Disjonction

L’atmosphère sonore et enfumée de ce lieu de rencontre irlandais exporté en Bretagne vous dit que vous devrez rester debout. Prés du bar si possible. Si vous arrivez à y introduire mes flûtes. 
Christie Moore chante sur l’écran et la Guinness réchauffe les cœurs les plus endurcis. Entre les bribes de conversations, le bodhran à J.R., les rires et les balades du Kerry, j’entends un couple derrière mon dos.

Je les vois pas bien, le nez dans la mousse, trois doigts sur mon whistle et eux derrière ma nuque mais ils causent de séparation. Elle est pour qu’ils se séparent,
"Le mieux", dit-elle,  "c’est que chacun suive son chemin".
Lui est pas de’t’á fait d’accord avec elle, "Mais, pourquoi?" – qu’il dit -
"On va si bien ensemble..."
- "Non" - insiste la fille – "nous sommes trop différents, on n’aime pas les mêmes trucs, nous recherchons des choses différentes dans la vie."
- "Qu’est-ce que tu racontes ? On va tout le temps ensemble, on va partout ensemble, on partage tout, non?"
- "Nous sommes différents" – insiste-t’elle – "Nous rêvons d’une autre vie, nous n’aimons pas les mêmes trucs".
- "Comment ca, différents ?" – qu’il se rebiffe – "Est-ce qu’on va pas ensemble aux concerts? Au théâtre? Est-ce que je t’accompagne pas chaque fois que tu vas voir une expo? Et dans les galeries d’art? Est-ce que je t’ai pas accompagnée c’t’été au festival d’Avignon?... Ose dire que je te suis pas partout comme un p’tit
chien dans toutes ces merdes !!!"

21 déc. 2007

294.La raison de nos déraisons...

Voici de nouveau l’hiver, ouane more time… nos affaires courantes se mettent en veilleuse tandis que nous nous emmêlons les pinceaux de papier cadeau et de guirlandes et que nous nous préparons à passer un peu de bon temps en famille ou entre amis. 
Virtuellement, chacun de nous va célébrer cette époque de l’année, soit en communiant avec ceux cités plus haut, soit en participant à des orgies religieuses telles que Noël, Hannukah, Saturnalia ou Karachun pour n’en citer que quelques unes. Pourquoi donc est-ce donc que tant d’entre nous – et de ces traditions ancestrales – célébrons tous en cette période de fin décembre? 
Si on y regarde de plus prés, je veux dire, si vous me creusez un peu les neurones, vous découvrirez que la vraie raison de cette saison de fêtes se trouve dans le solstice d’hiver.

Avant même Jésus, Mohamed, Zoroastre, Bouddha, Mythra, avant le paganisme et avant même que les religions elles-mêmes ne soient inventées de toutes pièces, avant même que nous autres humains eussions atteint la forme que nous revêtons aujourd’hui, nous étions complètement connectés avec la nature et nous marquions le passage du temps à l’aide du Soleil, de la Lune et des saisons. 
Nous observions que le temps voyageait en cycles se répétant tous les 365 jours, enfin plus ou moins. 
Au travers de ce cycle, le Soleil passait de moins en moins de temps dans le ciel visible de l’hémisphère Nord – dont sont issues la plupart des parodies citées tout à l’heure – jusqu’à ce que, à un certain moment de temps particulier, ce dernier s’arrêta de passer moins en moins de temps à nous mater et à nous réchauffer pour ensuite se mettre à rester visible un petit peu plus avec chaque jour qui passe.

Ce moment très spécial – que nous appelons aujourd’hui le Solstice d’hiver - est certainement un moment joyeux qu’on anticipait alors, parce que de plus en plus de lumière et d’énergie s’abattaient sur les épaules de nos ancêtres de l’hémisphère nord chaque jour, le climat se réchauffait, et les cultures vivrières et nourricières reprenaient racines. 
C’était la promesse annuelle que le printemps – et puis l’été – allaient revenir. En voilà un événement qu'était digne d'être célébré !

Et tandis que nous autres humains nous multipliions et créions diverses cultures et religions, il devint tout à fait pratique pour les grosses pontes des proto-religions de l’époque d’assimiler et de fusionner la conscience et la célébration existante du solstice d’hiver et de placer leurs propres mythologie séminales autour de ce jour.
Voici pourquoi le solstice d'hiver se trouve être la raison de cette saison de fêtes.
Alors, à l’occasion de ce solstice que nous fêtons aujourd’hui, qui se trouve être le jour le plus court comme la nuit la plus longue de cette année encore plus catastrophique que la précédente, et qui se trouve aussi correspondre au 1er jour de l’hiver dans notre hémisphère, joignez-vous à moi pour tenter d’imaginer comment nos ancêtres observaient le temps. 
Imaginez la fascination et le respect qu’ils avaient pour la Terre et le Soleil, et imaginez la conscience qu’ils avaient de l’interconnexion et de l’interdépendance du monde vivant et du cosmos.
Notre grande famille humaine a traversé de longues épreuves et de rudes époques, mais le solstice d’hiver sera toujours lié à nos existences. C’est là une célébration qui nous lie au cycle même de la vie.
Joyeux Solstice à tous.

19 déc. 2007

293. Télé Réalité


Il fut un temps où la Science Fiction était un médium qui permettait aux écrivains d’explorer les questions les plus difficiles auxquelles était confrontée l’humanité. 
Les auteurs pouvaient y développer indirectement les dilemmes éthiques et moraux sans crainte de récriminations, parce que techniquement parlant, ils ne faisaient pas référence à notre monde, ou à quoi que ce soit de réel – ou plutôt de connu – sur notre planète. 
Pour la plupart d’entre eux, des auteurs, tels qu’Asimov, Bradbury, LeGuin, Van Vogt, Orwell, Heinlein, Rand, Vonnegut et beaucoup d’autres de cette période, tissèrent des contes fascinants sur ce que pourrait devenir notre monde si nous ne prêtions pas garde aux décisions que nous prenions, et bien que le futur était souvent d’un sombre aspect, il y avait toujours de l’espoir.

Tandis que je suis assis ici à taper ça à vous dire que nombre de ces histoires furent échafaudées en tant que mises en garde humanitaires, le plus que j’y pense, le plus que je me rends compte que ce qui fut à l’origine pondu pour encourager la précaution se révèle en tant que prophéties. 
Okay, on ne se ballade pas encore en voitures volantes comme dans le 5ème élément, la main de l’homme n’a pas encore posé le pied sur Mars, mais ôtez le clinquant et le séduisant, ôtez la "Science" de ces romans et ce qu’il nous reste ne sont que les descriptions effrayantes du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, et pourtant, en dépit de ces prédictions, nous avons permis aux choses de se développer en ce qu’elles sont aujourd’hui. 
Comment est-ce possible ?

Je pourrais comprendre si les signes annonciateurs s’étaient limités aux œuvres de Fiction, parce que la nature même des œuvres de fiction est que les histoires elles-mêmes sont fictives. 
Toutefois, les livres d’histoire regorgent de longues litanies de mises en gardes cachées, et nos systèmes d’éducation présentent celles-ci en tant que faits, pas en tant que fictions. 
Nos gosses sont élevés à coups de négativité historique globale: Assassinats, peines capitales, peuples conquis, dictateurs, exodes, génocides, putshs, épuration ethnique, racisme, esclavage, tyrannie, guerre, etc… 
Pas une seule fois, mais à plusieurs reprises répétitives, cette représentation négative de l’histoire humaine se voit renforcée à chaque niveau.

Ce serait pas si mal en fait, si l’empilement de ces informations tragiques sur la psyché de nos gosses se traduisait au final en quelque chose de positif : apprendre des erreurs passées et ne pas les reproduire, mais c’est pas tout à fait ce qu’y se passe, je me trompe ? 
Le climat du monde actuel, ce sont les affaires comme d’habitude, comme il en a toujours été.
Un monde de chiens bouffant d’autres chiens, reposant sur la consommation de masse atteinte à travers la mise en esclavage économique subtile de plus grande partie de la meute.

À la limite, je me demande même quel est le but de nos gouvernants et de leurs systèmes d’éducation actuels quand ils enseignent à nos enfants que ces genres de concepts sont négatifs lorsque ils sont mis en application. 
Le système capitaliste libéral fleurit sous ce genre et grâce à ce genre de pratiques, de façon immorale, se développant avec vigueur comme on pouvait s’y attendre.
Alors pourquoi je m’en ferais, hein ? 

Pourquoi les grands auteurs se sont-ils toujours exprimés à l’encontre du chemin que nous suivons? 
Pourquoi est-ce que les livres d’histoire regorgent d’exemples exposant les déviances et les défauts de notre comportement ? 
Pourquoi que les philosophes perdent-ils la vue au fil du temps, gribouillant à la chandelle – ou en se brûlant les yeux en bloggant sur des écrans d’ordinateurs – l’éthique de l’être humain ?
Quelle motivation y a-t-il à tenter de conduire l’humanité vers une obscure et sombre mare de vérité, lorsque tout le monde refuse de s’y abreuver ? 

Ouais, ben la réponse me semble assez évidente, et bien moins hautaine que les idéaux que nous devrions poursuivre. 
La raison, c’est l’espoir.
L’espoir qu’éventuellement, les gens écouteront et discuteront entre eux des idées mêmes que tant d’auteurs ont élaborées au fil des siècles pour encourager leurs semblables. 
Espoir de nous voir avancer de manière plus constructive, de nous voir nous éloigner du matériel, de nous en tenir au spirituel. 
Espoir qu’un jour l’amour prendra le pas sur le pognon ; la création sur l’accumulation. 
L’espoir que nos enfants feront ce voyage, éclipsant nos petites priorités futiles et brisant les chaînes qui nous lient à toutes ces conneries.

17 déc. 2007

292. Repentez-vous tant qu'il est tant...


“Désolé” un est mot qui me fait marrer. Enfin, façon de parler... 
Non mais sans déc’, que signifie-t’il ? On dirait qu’il a été cultivé jusqu’à le rendre insignifiant. Les gens disent qu’ils sont désolés à tellement de carrefours de la vie qu’il est devenu difficile de savoir ce qu’ils veulent dire.

Si vous aviez la témérité de poser la question au petit cynique qui se cache en moi – hem, okay, pas si petit que ça -, je dirais que la plupart du temps où les gens disent “désolé”, ils veulent seulement dire je suis désolé de vous avoir affecté et je me sens un peu coupable” ou pire encore, “Je suis désolé que le fait de vous avoir dépassé de trois têtes dans la vie vous ait affecté si profondément, mais je m’en branle et je m’excuse seulement pour vous faire croire que je suis pas si pourri que ça”.

Pensez-y, même rien qu’un tout petit peu – la plupart du temps où quelqu’un s’excuse auprès de vous pour quelque chose d’un tant soit peu grave ou sérieux – comprenez : émotionnellement, pas comme quand ils ont piétiné accidentellement vos plates-bandes, comprenons-nous bien -, c’est comme s’ils disaient: “Oups, je suis un gros con trop égocentrique pour avoir considéré vos sentiments avant de faire quoi que ce soit que je devais faire pour me rendre heureux. Dans l’espoir que vous ne me prendrez pas pour une salope, je vous fais mes plus plates excuses afin de m’assurer que je pourrai continuer à le faire demain ainsi que les jours qui suivront.”

En essence, je pense que si vous êtes vraiment désolés, alors c’est ce que vous auriez dû être en premier lieu. Les actes signifient plus que les mots dans ce cas de figure et ça devient alors un engagement plus que ardu. 
Si les gens étaient réellement capables de changer, ils n’auraient pas attendu d’atteindre la masse critique avant d’agir en conséquence et de cesser d’être des trous de balle.

Alors parfois, dire qu’on est désolé ne suffit pas. Etre désolé ne suffit pas. Certaines attitudes sont tellement dégueulasses qu’être désolé ne vaut plus le prix d’un pet de lapin. 
Certaines personnes pensent que le fait de le dire remettra leurs compteurs à zéro. Ou que du moins se retrouveront-ils pour un certain temps dans une espèce de zone grise, de purgatoire ou en conditionnelle. 
Imaginez si la justice fonctionnait comme ça. Montrer du remord pourrait vous apporter un petit pourcentage d’indulgence du Tribunal, mais pas une remise de peine ou un non-lieu. 
Pas si vous avez violé la petite nièce de votre voisin. Pour vous, ce sera la taule pour de longues années. 
Et si votre voisin a de la chance, c’est vous qui vous en prendrez plein le fion sous la douche dans les jours qui suivront.

Si vous avez pour habitude d’enculer vous-mêmes votre entourage, alors attendez vous à entendre plein de “désolés” autour de vous - car on ne reçoit que ce qu’on donne - et à vous les voir balancer en pleine gueule. 
Si au contraire vous vous situez à l’autre extrémité, ouais, ben attendez-vous à vous voir balancer des “Je vous pardonne” à la face comme autant de gravier métaphorique.

Je veux pas dire que les excuses devraient être abolies. Je demande juste qu’on arrête de se foutre de ma gueule. 
Nous ne sommes pas tous des bons samaritains, je pense plutôt qu’on est tous pourris autant qu’on est, mais la plupart d’entre nous essaient quand même de se bonifier. 
Les autres – ce qui inclut nos politiciens - n’en ont strictement rien à secouer. 
À vous de voir sur quel plateau vous vous trouvez.

16 déc. 2007

291.Posez votre cul, je vous en prie!

Les rôles sont prêts, ainsi que les pancartes: Depuis le petit popot de votre petite enfance jusqu’au fauteuil roulant de votre décrépitude, tous les sièges sont prêts et attendent leur tour. 
Vous ne vendrez pas votre âme au Diable, vous n’irez pas, chaussés de sandales, vous jeter dans la gueule du Stromboli, vous n’irez pas détruire la septième merveille du monde. 
Les pleureuses qui suivront votre cercueil ont déjà été désignées.

Mais vous préférez être la pièce manquante du puzzle. 
Vous vous barrez tant que tout va bien. 
Vous n’entassez pas les chances en votre défaveur ou n’entassez les œufs dans un panier. 
Vous mettez la charrue avant les bœufs, vous comptez vos poulets avant qu’ils aient éclos, vous bouffez le veau dans le ventre de la vache, vous buvez vos biens liquides, vous filez à l’anglaise sans regarder en arrière. 
Vous suivrez votre propre chemin, vous regarderez les arbres, les eaux, le ciel, votre visage, les nuages, le plafond, le vide. 
Vous observez l’arbre et vous ne demandez même pas un oracle à la risée de vent dans ses branches.

14 déc. 2007

290.Peut-on être Kiskoolien et spirituel à la fois?


J’ai beaucoup réfléchi à cette question ces derniers temps. Parce que - j’ai du mal à l’avouer - je voudrais m’enrichir spirituellement. 
Mais le hic, c’est que je crois ni aux esprits, ni aux dieux et encore moins aux fantômes ; et je peux quand même pas me forcer à croire en des trucs qu’existent même pas. Ce serait comme de me forcer à croire en l’existence des licornes.

J’ai pas choisi d’être Kiskoolien. C’est pas une décision que j’ai prise sur un coup de tête. En fait, elle est venue avec le temps. Le plus je me posais de questions, le plus je pensais avoir raison. 
Je commençai donc à percevoir la vie avec plus de clarté et de réalisme, et en soi, ceci devint une révélation. En moi-même, j’avais découvert la vérité.


La plupart des croyants considèrent les kiskooliens comme des hédonistes n’ayant aucune obligation morale. Mais moi, je pense que d’une certaine manière nous en avons plus qu’eux. 
Si je me plante lourdement, je peux pas demander le pardon divin ni l’effaçage de mon ardoise. Je dois assumer la responsabilité personnelle de mes actes. 
Qui n’étaient ni volontés divines ni engendrées par un démon. Ce sont mes actes et je dois vivre avec. Aussi étonnant que cela puisse paraître, prendre ses responsabilités personnelles est libératoire et gratifiant.

Compliqué à expliquer mais véridique.
Je choisis ainsi mes propres morales, mes propres valeurs. Lorsqu’il n’y a plus de règles religieuses à suivre, ça vous force à réellement cogiter sur les notions de bien et de mal.
Soudain, la morale et l’éthique deviennent limpides.

Nota bene: Je n’essaie pas de convertir les croyants. Je tente juste d’expliquer ce que c’est que d’être un athée. Que d’être kiskoolien si vous préférez. 
Le seul problème chez les gens de peu de foi qui me ressemblent, c’est qu’il existe un vide à l’intérieur, comme quand on se retourne vers quelque chose ou vers quelqu’un pour un conseil ou un avis et qu’il n’y a personne au bout du fil… parce que cet être n’existe pas.

Dernièrement, j’ai eu grandement besoin d’aide et de conseils. J’aurais bien aimé qu’il existe quelque chose ou quelqu’un au-dessus de moi au ou à laquelle me connecter, mais je trouve pas de prise et ne reçois pas de signal. 
J’ai les boules de l’admettre mais je me sens à moitié ridicule et même un peu idiot à essayer de chercher cette connexion. Je veux dire, à qui ou à quoi donc est-ce que je tente de me connecter de toutes manières ?

En tous cas, si j'ai tort, Dieu, qui voit tout, ne manquera pas de vous prévenir.