Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

24 janv. 2007

229.La vérité si je mens 2

D’abord, et avant de ré-entamer les débats, je voudrais déposer une petite pensée qui me gonfle le cœur d’amertune. Le fil de la petite Ariane n’a pas fait le poids et s’est brisé, ses jolis yeux se sont éteints jeudi soir, 18 janvier. Et sans mentir, je peux vous affirmer que c’était pas elle qu’avait descendu le Chivas Régal. Que Dieu, s’il existe, pardonne sa pauvre mère effondrée pour ce manque d’attention momentané qui lui coûte aujourd’hui la chair de sa chair. Petite puce, repose en paix, loin de ce monde empli de merde et de soude caustique.


Ceci étant dit et le deuil consommé, revenons à nos moutons. Encore des doutes, hein ? Je vois bien à vos sourcils froncés que mon petit exposé de l’autre jour ne vous a pas totalement convaincus. Que la peur du rouleau à pâtisserie - qui, comme chacun le sait, est aux dames de France et de Navarre ce qu’est une matraque, une batte de baseball ou un Flash ball dans les mains des forces vives Sarkozistes et Front Nationalistes – a encore sur vous l’emprise douce amère d’une mémorable migraine cavitatoire. Mais que cela ne vous arrête pas, mes frères, que cela ne vous arrête pas. Si je sais que je n’ai pas manqué de substance dans mes arguments précédents, j’avoue pourtant que j’ai été loin d’avoir fait le tour du sujet.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous aborderons une autre facette de la vérité et du mensonge. Je veux parler ici des promesses faites et non tenues.

Exemple pratique : Va-t-il vraiment le faire ?

Pour bien vous faire comprendre le processus, j’illustrerai mon propos de ce que le fournisseur d’accés AOL appelle communément la « gestion des désirs » de ses abonnés.
Disons que vous avez promis à votre autre vous de faire quelque chose de particulièrement désagréable et fatigant. Peut-être avez-vous promis de nettoyer les gouttières de sa maison, de tailler sa haie, ou de lui servir de chauffeur, de garde du corps et de mécène pendant toute la durée de ses emplettes dans les boutiques des deux côtés de la rue Bichon. Ou encore de faire ce truc bizarre et compliqué qu’elle adore faire sous la couette, qui implique votre langue et ses petits tétons petons.
Alors bien sûr, quand vous promettez à la femme de votre vie que vous êtes enfin partant pour n’importe quel truc cauchemardesque qu’elle a choisi, elle est toute excitée. Normal.
Il se pourrait même qu’elle en fasse des vertiges.
Mais elle est un petit peu méfiante aussi, circonspecte si vous préférez – vous ne vous laissez habituellement pas embarquer dans ce genre de galère. Pas sans avoir défendu bec et ongles votre tranquillité. Et elle est pas sûre que vous allez vous montrer à la hauteur de ses espérances. Vous, bien sûr, souhaitez éviter ce tas de monstruosités contre-nature à tout prix. Mais on ne peut pas revenir sur une promesse. Alors vous êtes baisé, c’est bien ça ?

Hem… pas nécessairement. C’est là que notre vieille pote l’incertitude se pointe au galop sur sa jument pour vous sauver la mise une fois de plus. Disons que ça fait deux ou trois jours que vous lui avez hypothéqué votre âme contre quoi que ce soit d’infernal qu’elle vous a fait promettre. Maintenant, votre chérie veut vérifier, tenter de savoir si vous aurez le courage d’aller au bout de ses rêves les plus fous, ou si vous allez tenter de filer à l’anglaise la queue entre les jambes.
(Ce qui, évidemment, est le cas.)
Elle vous demande, en toute innocence :
« Alors, mon chat… tu vas bien faire <insérez ici le truc innommable qu'elle vous à fait promettre> ce weekend, hein ouais ? »

Maintenant, vous pouvez pas prétendre que vous n’avez jamais accepté de le faire. Elle vous a entendu le dire, et c’était très clair, y avait pas de parasites, de larsen ou de merdes de ce genre. Si ça se trouve, elle vous a même enregistré à l’insu de votre plein gré sur une de ces putains de micro-cassettes, peut-être même avec la touche ‘record’ du téléphone portable dernier cri que vous lui avez payé pour ses étrennes – vous commencez d’ailleurs à vous mordre les doigts de ce cadeau empoisonné.
Alors pas moyen de vous en tirer en invoquant une perte de mémoire. Sinon, attendez vous à la voir coincer ses quatre lèvres, celles du haut et les deux autres - donc à quatre semaines d’abstinence et de monologue en compagnie de votre ours en peluche.
Mais rappelez-vous : elle vous a pas demandé si vous aviez accepté de faire ce qu’elle vous a fait promettre. Non, ce qu’elle veut savoir, c’est s’assurer –
disons avec une certitude maladive – que vous allez bien le faire ce weekend. Houla, c’est pas du tout la même chose, là…
Considérez ce que vous savez sur ce que ce weekend va apporter d’imprévu dans ses valoches. Je crois pas me montrer trop téméraire en affirmant que vous n'en savez pas grand-chose. Sauf si c’est marqué Karl Lagerfeld sur le socle de votre boule de cristal.
Presque rien en fait.
Vous ne savez pas à quoi va jouer la météo – personne ne le sait d’ailleurs, et ça inclut évidemment ces connards de présentateurs météo de TF1 et comme de ses chaînes ennemies qu’essaient sans relâche et sans succès de nous faire croire le contraire. Donc, si le truc en question qu’elle vous a forcé de promettre dépend du temps qu’il fera, vous ne pouvez rien lui assurer. Là, c’est fastoche. Moi, je pourrais le faire en hiver sur un pied dans le fond d’une barrique qui prend l’eau par houle de suroît bien établie dans l'ouest des Shetland, ce qui vous donne, je n’en doute pas, une toute petite idée sur l’étendue de mes capacités.

Mais si vous y regardez de plus près, vous ne savez pas grand-chose d’autre non plus sur ce que va vous apporter ce weekend à la con. Disons que c’est pour la virée dans les boutiques de luxe de la rue Bichon que vous vous êtes engagés. C’est pas une petite averse ou une petite bruine bretonne qui devrait vous ralentir.
(Quoi que, soyons honnêtes – je parie qu’une tempête de grêle ou un déluge de grenouilles feraient très bien l’affaire. Mais laissons de côté les sales blagues à Moïse pour l’instant. C’est utilisable à la rigueur, mais il existe de meilleurs trucs pour vous sortir de cet imbrogliesque quiproquo.

Retour à votre niveau de confiance sur ce que sera ce weekend. Vous est-il possible de savoir si vous allez faire le truc infect qu’elle vous a fait promettre ? Qui peut dire quand vos jambes vont spontanément se détacher de vos rotules, un nuage d’abeilles tueuses s’abattre dans votre salle de bain, ou le soleil se faire gober par un trou noir en maraude?
Il n’existe aucun moyen de savoir si un ou plusieurs événements de ce genre vont – ou plutôt ne vont pas – se produire. Donc vous êtes parfaitement raisonnable si vous répondez à votre tendre mais sceptique poupette :
Tu sais, honnêtement, je ne sais absolument pas si je pourrai faire ça ou pas ce weekend.’
Encore une fois, pas un mensonge. Et, si vous avez le cul bordé de nouilles, assez frustrant et assez vague pour vous en sortir la tête haute et tout entier. Après avoir entendu ce genre d’argument et de réponse trois ou cinq fois, votre femme / amante / copine significative / belle mère - se fera une idée, et réalisera que vous n’allez probablement pas faire ce truc horrible après tout. Gestion des désirs sans recours à des non-vérités. Félicitations. Voyez comme c’était facile ?

Et je pourrais continuer comme ça jusqu’à la saint Glinglin, les mecs, mais je pense que vous êtes assez perspicaces pour avoir capté le truc arrivés à ce paragraphe. Vous avez pas besoin que je vous explique comment éviter de l’accompagner à l’opéra (Pouvez vous définir exactement ce que c’est que ‘l’opéra’ ? Nan.), ou de dépoussiérer votre chambre (Êtes vous vraiment le propriétaire de sa chambre ? Vous pensez-vous en mesure de pouvoir la dépoussiérer complètement, sans omettre la moindre particule ?).
Ou comment vous en sortir quand elle vous a pris sur le fait en train de renifler ses petites culottes dans le panier à linge sale (‘Hey, j’étais pas là quand tu les a achetées, ma louve, comment je pouvais savoir que c’était les tiennes, hein dis, franchement ?)

Hum, bon… d’accord, celle là approche un peu trop de ma vie privée. Je pense que je viens juste de vous donner un tantinet trop d’informations sur la façon dont je passe mes dimanches après midi.
(C’est un véritable challenge que de remplir les temps morts entre mes deux matchs de rugby télévisés du dimanche. Estimez vous heureux que j’ai un loisir, okay ?)
Donc, je vais considérer ma tâche accomplie pour aujourd’hui et couper mon PC pour la nuit. J’espère que mes lecteurs auront trouvé quelque chose d’utile dans mes confidences. Et en périodes de doute, les mecs, rappelez-vous seulement de notre défunt ami Gabin poussant la chansonnette : la seule chose qui est toujours vraie – Je sais – et nous savons - qu’on ne sait jamais.
Et ça, c’est hyper super trop difficile à contester ou contredire, pas vrai, ma louve les filles ?

15 janv. 2007

228.L'a mérité si je mens...


S’il y a quelque chose que j’ai appris après plus de 13 de mariage, c’est que l’honnêteté est d’une importance primordiale. Il faut toujours dire la vérité à sa femme ou son mari, quelles que soient les circonstances ou la situation.
Hem… mais rien ne vous empêche de prendre d’abord votre temps avant de décider quelle sera cette vérité. Tout est relatif, après tout.
C’est là que certains bouquins de philo que j’ai lus prouvent leur efficacité.
Voyez-vous, un nombre incalculable de personnes extrêmement réfléchies ont cru – et ont pris le temps et fait l’effort de confirmer, logiquement – qu’il règne un certain nombre d’incertitudes dans ce monde pervers. Et c’est cette incertitude qui me permet (non, je déconne ma louve – qui permet à un certain nombre de maris, de copains ou de fiancés) de dire à la fois la vérité tout en se démerdant pour éviter qu’elles ne leur tapent sur la tronche avec leurs sacs à main ou leurs talons pointes à aiguilles.
(Ou pire, avec un de ces trucs de cuisine – comment ça s’appelle déjà ? « Un rôtisseur ? Un grilleur ? Bref, de toutes manières, ces putains de trucs sont hyper lourds et hyper durs ! C’est comme si on vous balançait une culasse sur le coin de la gueule.)

Maintenant, messieurs, observez comment fonctionne ce truc pour dire toute la vérité et rien que la vérité. Ça pourrait vous faire l’économie de plein de maux de tête et de frais médicaux. 
Souvenez-vous, pour qu’une déclaration soit ‘vraie’, tout ce que vous avez à faire, c’est de vous convaincre vous-même qu’elle est vraie – et regardez les choses en face : on n’a pas la science infuse, si vous voyez ce que je veux dire.
Alors voici comment vous servir de la ‘vérité’ pour faire durer votre mariage. Je caresse l’espoir que ça puisse vous donner des idées pour sauver le votre comme j’essaie de sauver le mien.
Exemple : C’est toi qu’a fait ça ?
Disons que vous rentrez à la maison un soir, avant votre autre vous, et que vous tombiez sur une bouteille de Chivas Régal au frais dans le frigidaire. 
Quelle surprise ! 
Et disons en plus que ça a été une rude journée, que vous vous êtes un peu énervé avec votre contrôleur fiscal et que vous avez trouvé trois PV sur votre pare-brise juste en sortant de chez lui, que vous avez giflé l’impudente agente municipale qu’a eu l’audace de s’en prendre à votre innocente guimbarde, suite à quoi vous avez passé 3 heures en garde à vue à vous faire cogner dans le gras du bide par trois flics puant la vinasse.
Alors quoi de plus naturel, je suis sûr que tout le monde vous comprendra, si vous décidez de vous en taper un pour vous calmer. Puis un autre, pourquoi pas, vos nerfs ont été mis à rude épreuve. Et encore un autre, tant qu’à faire, tant et si bien qu’à la fin et avant que vous ayez plus soif – la boutanche est décalquée. Plus de Chivas. Cool. La vie est, hips, coole.

Maintenant, votre femme rentre de son bureau de Poste, et - parce qu’elle le vaut bien mais aussi parce qu’elle est joyeuse et de bonne humeur - elle décide qu’elle a envie d’un petit drink on ze rocks en tête à tête en compagnie de son coquin de mari. 
Elle ouvre le frigidaire, et trouve… ben zut alors : un cadavre de Chivas Régal !
Mais elle sait bien qu’il y avait une bouteille de Chivas pleine là ce matin, et pour cause, c’est elle qui l’y avait mise pour fêter vos 13 ans de mariage. 
Alors à tous les coups, ce qu’elle va faire, c’est se diriger vers vous, où que vous soyez assis (ou rétamé, ça dépend comment vous tenez le Chivas), et là, elle va vous dire, ses petits poings serrés comme des étaux et fermement calés sur ses jolies hanches rebondies :
" Hey, Philippe, qui c’est qu’a bu toute la bouteille de Chivas ? "
- Qui qu’a descendu la bouteille de Chivas ? "
Qui ? Bonne question. Bon, houla, mollo mollo, une p'tite minute là, ne répondez pas tout de suite, les mecs – prenez le temps de réfléchir sérieusement et en profondeur avant de répondre.
D’abord, soyons clairs, la question n’est pas spécifique. De ‘quel’ Chivas qu’elle cause en premier lieu ?
En plus d’être clairs, soyons aussi justes avec elle – les journées sont tellement dures au bureau de Poste, les clients récalcitrants, les papis durs d’oreille, les dragueurs qui puent le Ricard, les clodos de la rue Bichon qui viennent pisser devant le guichet, elle a probablement pas toutes ses idées en place. 
Elle pourrait parler de n’importe quelle bouteille de Chivas et Dieu sait si doit y en en avoir tout plein tout plein de par le monde. Tiens, je parie que rien que dans le Morbihan à l’instant où je vous cause, doit y en avoir au moins 235, si c’est pas plus. Vous pouvez pas être vraiment sûr et absolument certain d’avoir bu la bouteille dont elle parle, correct ?

Bon, même si elle vous a demandé si c’est vous qu’avez bu la bouteille de « Chivas qu’était dans le frigo » - vous pouvez pas non plus être sûr qu’elle parle du même frigo. Moi, je connais plein de frigos, rien que sur mon navire, y en a au moins huit, neuf…, dix, disons neuf et quelques. 
Et franchement, la bouteille dont elle parle pouvait se trouver dans n’importe lequel d’entre eux. Qui saurait le dire sans être sûr de pas se tromper ni sans se méprendre ?
En plus, vous devez vous poser la question suivante, vite vite avant qu’elle devienne suspicieuse sur qui se passe dans votre sale petite caboche avez-vous vraiment bu le Chivas ?

Essayons d’imaginer que vous concédiez le fait que le Chivas en question était bien le Chivas que vous êtes entrain de cuver – mais vous le niez, les mecs ; là ce que je suis entrain de tenter de vous expliquer est purement hypothétique – mais imaginons qu’on parle bien du même Chivas, comment pouvez vous être vraiment sûr et ab-so-lu-ment certain de l’avoir bu ?
C’est là que les bouquins de Philosophie dont je vous causais là-haut tout à l’heure volent à votre secours tels Superman, le 7ème de cavalerie, Sarko & ses boyz et SOS chiens battus réunis. 
Il existe une école de pensée expérimentale qui pose le problème suivant : Pouvons nous être vraiment réellement certains de vivre la vie que nous pensons vivre ?
Est-ce vraiment votre image là dans le miroir ?
Le miroir est-il bien là ?
Est-ce vraiment un miroir?
Est-ce bien moi qui commande ‘ce’ navire, conduit ‘cette’ bagnole ou qu’a bu ‘ce’ putain de Chivas ?
N’est-ce pas du moins possible après tout que nous ne soyons rien de plus que des cerveaux désincarnés dans une cuve quelque part, stimulés électroniquement de milliards de micro-façons toutes les pico-secondes afin de nous faire croire que ‘nous’ serions ce que ‘nous’ croyons que ‘nous sommes ?
Quelqu’un peut-il réellement se targuer de pouvoir prouver le contraire sans l’ombre du moindre de doute ?

Hey ho, j’entends plus rien là, y a quelqu’un dans les huniers ?

Mettons ça de façon plus familière, Ô vous mes amis de la drogue Hollywoodienne – comment savoir si l’on ne fait pas partie de la ‘Matrice’ à Matrix ou quelque chose dans ces eaux-là ? 
Chacun d’entre nous vivant ‘sa’ vie, alors que réellement tout ce que nous faisons, c’est faire trempette dans une bulle remplie de gélatine rose fluo quelque part, ‘rêvant’ nos expériences dans l’existence.
Vraiment, votre femme peut-elle vous garantir que c’est pas ce qui est entrain de se passer ?
Car moi, je vous le jure, même sous la torture, je le pourrais pas.
Ce qui rend, sinon sournoise, du moins absolument franche et honnête votre réponse à sa question quand je lui répond :
« Ben, mon bébé, hips… je sais vraibent pas gui c’est gu’a bien pu boire cette boudeille de Chibras, j’en ai bas la boindre idée, même pas la blus pruneuse. Ça debeure un bysdère total qui débache, hips… mon enchendement. »

Voilà, je suis sûr que vous commencez maintenant à saisir la puissance de cette technique. Soyez vrai envers vous-même… mais seulement une fois que votre moi est convaincu de la plus ridicule des choses que voulez faire croire à votre autre vous.
Super, hips, non ?

5 janv. 2007

227. Me, myself and I: Come d'hab', Doc!


Bon, je vois bien, à la vitesse d’escargot à laquelle défile mon compteur depuis que je suis en rade sur mon navire que le dicton se justifie : Quand le chat n’est pas là, les souris pointent pas leurs museaux près de la souricière. Mais bon, on vient de passer en 2007 alors je me suis dit que pour vous ragaillardir un petit peu, fallait que je vienne vous exciter les neurones. Donc acte
:

C’est pas ma faute si je suis comme ça. Non, c’est pas ma faute, c’est juste celle à mon alter ego qu’arrête pas de m’embrouiller. J’ai une dualité exacerbée, ma mère arrêtait pas de me le rabâcher. Marylou, qui m’adore comme trente six mères, n’a pas traîné pour prendre le relais…

« Hey, Captain’, tu vas passer pour un charlot si tu ramènes ta fraise là-bas nipé comme ça. »
Je regarde mon reflet dans la glace de l’armoire de ma cabine. Qu’est ce qui m’veut ce con, y’m’va très bien ce T-Shirt noir imprimé ‘ECILOP’ en grosses lettres blanches des deux côtés.
« Mais non, vieux snobard, ça va jeter, te fais donc pas d’bile. »

On arrive donc au ‘Picardie’ de Pointe Noire pour ce réveillon de la Saint Sylvestre. Et c’est plein de marins, de matafs de toutes les nations comme on pouvait s’y attendre - surtout croates à la peau moîte (il y a presqu’autant d’ex-yougos sur les rafiots que têtes de noeud immaculées à l’UMP, c’est vous dire) -, c’est plein de lampions et de guirlandes, et plein de gazelles à peau d’ébène. Ça saute de partout, Saga Kikongo, ambiance Kouilou, la Ngok, bière locale qui fait gonfler le bidon et le Gin Tonic, magicien des matins qui déchantent, qui coûlent à flots.

Sauf que les sauteries où vous ne connaissez quasiment personne peuvent s’avérer intimidantes.
Je peux pas rester dans l’entourage de mon équipage croate toute la soirée – à essayer de comprendre les mots placés entre les Kurva, les Kurac et les ‘Pichku materinu – comme une espèce de mère poule autour de ses canetons - ou serait-ce l’inverse - ou pire encore, j’exagère rien, vous me connaissez, comme un tournevis sans manche.

Tant bien que mal, j’arrive tout de même à faire resurgir du fond de mes souvenirs quelques uns de ces arts martiaux sociaux dont je me servais si bien du temps de l’Hydro à Saint Malo, je m’enfonce dans la fosse aux lions, prêt à faire jouer mes talents de grand prêtre du romantisme hexagaulois exacerbé.

Et qu’est ce qui devait m’arriver me tombe sur la gueule sans crier gare: juste alors que je commence à me sentir un chouïa plus confortable en compagnie d’une plantureuse congolaise en extase devant mon T-shirt et mon porte feuilles, mes yeux trahissant leur émerveillement devant les siens de biche époustouflante, deux hanches parfaites et le paquet de strass sur sa poitrine qui lui donne cet air tellement véridiquement subliminal, vlà que se ramène cet immense Dalmate bronzé et aux épaules démesurées débordant d’un débardeur noir avec le sigle… ‘FBI’ imprimé dessus en grosses lettres blanches!!!

Ajoutez à ce phénomène une sirène technicolor sur le biceps gauche et la dague des forces spéciales yougo-slaviennes sur le bras de l’aut’ bord.

Fuckin’hell, je l’ai dans le cul trop profond ce coup là.
Ouane more time.

« Et ouais, barre toi. Je t’avais prévenu de pas t’mettre ce putain de T-shirt à la con.
Mais tu m’écoutes jamais, regarde toi main’nant, regarde la situation désopilante dans laquelle tu viens d’te mettre avec tes bras de has-been tout blancs grêlés de tâches de rousseur ! Tu vas passer le reste de la moitié de ton réveillon à passer pour un poseur minable face à ce géant. »

« Hey, tu sais quoi, toi ? »
« Quoi ? »
« Tu m’gonfles. Je t’arrache de ce putain de trou. »
« Super, je veux pas qu’on me voit avec toi dans c’t’habit de clown de toutes manières. »
« … Hem, how’zit goin’ ? » nous interrompt poliment le géant de tout à l’heure en se détournant un instant de mon ex - future fiancée.
« Heu, me ? Just fine, I was just going to get going, » je lui dis.
« Oka positivo. » qu’y m’répond. « Au fait, je aimer beaucoup ton T-Shirt, la police ça impressionner toujours beaucoup les pichkas. »
« Hvala, merci, » je lui retourne. « C’est un cadeau de la mienne. » Puis je lui souhaite le bonsoir, la bonne année - qu’il aille se faire mettre au Kossovo – et tout et tout puis je me dirige vers la sortie et les rades des quais de Boscongo. Putain de Saint Sylvestre de merde. Encore heureux que ma louve a pas vu ça…


Mais elle perd rien pour attendre, la cocotte…


29 déc. 2006

226. La sonate à Bill Gates

Cet article ne vous est pas gracieusement offert grâce à l'appui financier de "MICROSOFT"

C’est Brian Eno qu’a fait le jingle de Windows. Brian Eno la zique de Windows ??? Voyons voir… Brian Eno a fait… la musique… de Windows.

La musique de Windows ? Farpaitement...

La musique que vous entendez quand se lance le système de votre bécane (si vous êtes pas sous Mac ou sous Linux), une espèce de sonate sonnette céleste, un petit dard déconcertant de psychotropie qui au début, si vous avez pas encore l’habitude d’en être rassasiés chaque fois que vous allumez votre machine depuis des années, semble avoir pour mission de vous réinitialiser les neurones.

Eh ben cette mini-pièce musicale n’aurait été écrite et composée par nul autre que par Brian Eno.

Pas plus tard qu’y a très peu de temps, j’écoutais encore sur mon good old Winamp un vieux morceau MP3 de ce musicien si peu conformiste – ‘Here come the warm jets’ – qui date de 1973, année de mon entrée dans le monde aquatique si vous connaissez vos classiques.
Et une fois de plus, je me retrouvai agréablement surpris par ce pot-pourri d’une crudeur certaine , un rock des seventies de première intention, et cet élan expérimental qui a toujours motivé son travail.

Donc avant-hier, Pavo, mon officier en second, se pointe à la passerelle avec un de ces magazines croates - comme il en laisse traîner sur tous les ponts, sur le radar, sous le sondeur, dans le tiroir de la table à cartes, éparpillés un peu partout sur les pupitres, dans le carré, dans tous les chiottes et j’en passe, j’aurai pas la témérité de vous décrire sa cabine - , me montre un article illustré d’une photo et me balance : « Captain’, guess wvhatt it wvas he who thzatt wvhatt make ze musik for Wvindows ? » (scuzez son englé hétéroclite-on rit bien, il a pas encore fini de saizire la prononciassion de sa granmère anglèze mé il s’y mais alors j’garde quand même les scares l’espoir).

« Wvhatt ze holly fuckin’ lollipop is wvhatt thzatt you tryin’ to sing, Pavo ? », je lui demande en tentant d’imiter sa diction inimitable. Irrésistible. Pété de rire. Pas lui.

Quoi qu’il en soit, ce bon vieil Eno aux solos acides et ravageurs que je connais bien et dont je raffole serait aussi l’auteur du fameux jingle qui a peut-être aidé à faire de Bill Gates l’homme le plus riche de l’Eldorado. Putain, j’ai failli passer par-dessus bord. Remarquez, mon second s’est peut-être fourvoyé à se foutre de ma gueule vu que je sais pas lire le serbo-croate et que l’ami Pavo est l’un des plus fieffés embobineurs du comté de Makarskar, mais dans ce cas, à qui faire confiance sur mon rafiot, hein, dîtes le moi, vous qu’êtes perspicaces?

Quand on sait qu’Eno est aussi l’auteur de Memories can’t wait, le jingle choisi par Cristalle B36 pour clore l’interview exclusive mondiovisée que j’ai eu l’honneur et le privilège de lui accorder, c’est à se poser des questions, non ?

Ozren, lieutenant et compatriote à Pavo doublé d’un ami de longue date m’a confirmé la teneur de l’article, alors le doute s’amenuise.
Assurément à moitié fou – quelle mouche à merde l’a donc piqué ? -, Eno a pourtant participé à la confection de trois albums de Bowie : Low, Heroes et Lodger. Il a aussi bossé sur pas mal d’albums conjointement avec John Cale , Kevin Ayers ou encore Nico et son ami Lou Reed, et a été au cœur d’une grande partie de l’âme des Talking Heads, lead vocal et lead guitar sur ce morceau frémissant parmi tant d’autres qu’est Electric Guitar tiré de l’album Fear of Music (Someone control … electric guitars, never listen to … electric guitars : This is a crime … against the state, this is the verdict they reach : pom pom pom pom…). Il a encore participé à la zique du film dont je vous parlais récemment et nommé le Million Dollars Hotel. Mais de là à se fourvoyer avec Microsoft de merde, ça fait un manche. Une perche, même...

Pour ce qui concerne la collaboration entre musicos et industrie, - et la surdose conséquente d’Eno -, je ne peux pour l’instant que vous donner un indice sur une de celles qui se sont enrichies à l’aide du talent de Brian : ‘She moves in mysterious ways.’ Bon, je sais pas si le fait d'avoir appris ce scoop au large des côtes congolaises me fera me lever moins con que l'année dernière mais je vous laisse juges. 

A ciao bonsoir.


24 déc. 2006

225. Le Fil d'Ariane


Ce post n’a pas d’autre titre que celui que je viens de lui donner alors venez pas me prendre la citrouille pour que je le change. Le fil de mes pensées ne me conduisent que vers des trucs moches depuis que j’ai appris la nouvelle.
Et vous, n’avez-vous jamais ressenti quelque chose de noir en regardant passer un fil par le chas de l’aiguille ?

Question merdique, je sais, et vous aurez sûrement du mal à deviner où je veux en venir avec ce genre de trucs à la con. Mais peut-être qu’une partie infime d’entre vous va continuer cette lecture un tout petit peu plus loin, juste pour s’assurer qu’elle va pas rater quelque chose de piquant , d’acide, de mordant ou de captivant.


Je ne suis tombé ni de la dernière pluie ni du dernier grain et je sais que dès que vous aurez passé la fin de cette phrase, la plupart d’entre vous auront déjà mis les voiles car vous n’aurez rien trouvé de caustique… et certains d’entre vous doivent déjà se dire que ça va être un de ces posts chiants comme la mort comme seul l’auteur de ce blog en a le secret. Je suis même surpris qu’il y ait encore du monde à ce paragraphe. C’est vrai, il y a sûrement des posts plus hilarants à lire sur d’autres Blogs en ce moment même. D’ailleurs, quelqu’un vient juste de poster un truc d’enfer sur un de ceux-ci, celui avec un nom accrocheur – vous savez lequel – qui raconte la fois où son chat s’est pris les pattes dans le fil et est tombé dans le trou de l’aiguille des chiottes. Sûrement plus marrant que mon post à moi, je vous le concède. Je comprendrai si vous vous barrez maintenant. Pas de problème. Ce post va pas aller en s’améliorant de toutes manières.

Quoi ? Vous êtes encore là, vous ? Bueno, vu que vous insistez et puisqu’on est plus que tous les deux maintenant, donc dans une relative intimité relationnelle, je peux peut-être en finir avec ce dont je voulais m’épancher tout à l’heure. Vous savez, le truc sur le truc moche qu’on ressent parfois. C’est dur à expliquer. Tu ressens quelque chose, quelque chose que t’as jamais ressenti avant. Ou peut-être que si, mais alors ça fait tellement longtemps dans ce temps relatif que seuls quelques fragments te semblent familiers. Je voudrais appeler ça une émotion, mais je suis pas sûr que le terme soit approprié. C’est une sensation. Est-ce qu’une sensation équivaut à une émotion ? Vous le savez, vous? Et si vous le savez, comment pouvez vous être si catégorique ?


Parce que c’est ce que vous pensez ? Bon, ben je dirai que je ressens ça comme une émotion dans ce cas.


Je n’ai rencontré Ariane qu’une fois une seule. Quelques heures de complicité intense au cours de l’été 2005. Elle avait alors entre 5 et 6 ans, petite cousine à Marylou en vacances par chez nous et qui avait pris l’habitude de se coller à moi – et rien qu’à moi - comme une bernique. Un peu collante je dois l’admettre - même si ma fierté avait enflé comme la grenouille qui se change en bœuf à ce moment là -, mais adorable et pétillante.


Elle est depuis près de 15 jours à l’hôpital Necker à Paname. Plongée par d’éminents spécialistes dans un coma artificiel. Ils restent sceptiques et confondus devant l’ampleur des dégâts. La pauvre choupette a confondu une bouteille de jus d’orange avec une de soude caustique.

Sa vie ne tient plus que par ce petit fil.

Ça me fout tellement les boules que j’ai les tripes qui clignotent. Joyeux Noël à tous.





13 déc. 2006

224. Testicule's story (Eight Ball Deluxe)


Ce post ne vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier de "TOTAL-FINA-ELF"

Je suis sûr qu’avec vos esprits critiques et votre grand discernement vous allez remarquer tout de suite que je suis dans un de ces jours où la création régresse face à la dépression, et où mon esprit se barre en couille comme un congolais ( Y a pas que les Ritals qui le font comme vous seriez en droit de le supposer).

Trop de temps de mer, pas assez de séjours à quai, de gazelles ou de safaris. Alors, pour entretenir les pattes de coq que j’ai encore le culot d’appeler mes mollets, me voici parti à faire le tour de mes ailerons de poulet passerelle, 98 pas au bas mot, soit près de 75 mètres le tour. Multipliez ça par le nombre de départements français ( de métropole, d’outre-mer sans oublier les TOMs et autres collectivités territoriales) pour ne pas perdre le compte et vous auraient la distance que je parcours quotidiennement à pince dans les hauts de mon rafiot pour que les pattes de gallinacé dont je vous parlais t’tà l’heure ne se transforment pas en vermicelles.

J’étais donc rendu quelque part dans les hautes sphères de la Haute Savoie quand me revint à l’esprit l’actualité qui fît la Une pas plus tard qu’il y a moins d’une semaine sur les écrans congolicains.

Bon, laissez moi éclairer vos lanternes et résumer : même s’il a déclaré lors de son retour à une presse vendue qui s’inquiétait de sa majestueuse santé que son opération des lombaires s’était bien passée, chacun sait ici au Congoland que c’est sur un des testicules du président Denis Sassou N’Guesso que de réputés chirurgiens parisiens se sont penchés la semaine dernière, sur invitation chiraquienne. N’ayez crainte pour les narines des hommes en blanc, le père Denis a les moyens de s’offrir les fragrances les plus rares comme les plus subtiles.

Retour en fanfare de l’avion présidentiel sur le tarmac de Brazzaville escorté lors de son atterrissage par un escadron d’Eurocopters derniers cris, verbatim de l’arrivée d’Air Force One sur l’aéroport de Bagdad. Pitain, ça jette, p’ésentement.

Descente de l’avion et tapis rouge, garde républicaine grand-fourragée et foule de dignitaires (famille, proches, sbires et porte-flingues) venus larmes aux yeux, costards Armani et pompes en croco aux pieds souhaiter un bon retour au pays au papa de la patrie chérie en pratiquant le baise main de circonstance, le Parrain n’attendant pas moins que les hommages et l’acte de soumission de ses vassaux. Près de six heures de cérémonies infectes pour fêter son retour, plus de dix kilomètres de foule trépidante le long de la route entre aéroport et Présidence, agitant les bras comme une concentration de bigots dans une assemblée évangélique, six heures d’hypocrisie comme vous n’en verrez que rarement dans vos vies pathétiques. A gerber.

Note : Le dernier né du fils de Sassou (4 ans et demi) possède déjà 17 millions de dollars dans sa tirelire. Avec les compliments du pouvoir en place, de Total Fina Elf et de tous nos parlementaires. Comme dit son enculé de grand-père qu’ a jamais cessé de tenter de copier ses homologues de la nation mère, il y a deux ressources naturelles au Congo : Le pétrole et les moustique. À la crème le pétrole, au bon peuple les moustiques…

25 nov. 2006

223.C'est beau l'amour !


Descendant mon bonhomme de chemin depuis Tié Tié jusqu'au centre de Pointe Noire, j'arrêtais pas de mater les gazelles moulées dans leurs boubous fleuris du dimanche. A m'en donner le torticolis. Faut dire qu'il y a de quoi mater sur le boulevard Mavoungou.

Puis maintenant, à solas dans ma cabine, je m'imagine la scène si ça c'était passé le mois dernier en descendant la rue Bichon.
Avec Marylou, je précise.
Examinons la scène et faisons arrêt sur image si vous le voulez bien:


" …ainsi, ma louve, ne le prends pas mal si je me retourne sur les jolies femmes dans la rue… c’est vrai, considère moi comme un animal, un mâle au sens strict, un « nain » à l’instinct sexuel à fleur de peau… mon amour, je suis un animal, l’être humain est un animal… euh, je dis pas que tu es une animale, mais je dis qu’aucun homme ne peut s’empêcher de regarder, et que celui qui s’oblige à ne pas le faire se fait du mal et en souffre, nous souffrons énormément. Puis merde, c’est pas parce qu’on est au régime qu’on peut pas regarder le menu ! Regarde les autres mecs et tu verras que je suis normal.
- Mais oui mon chat, tu as raison, c’est vrai que les hommes sont des animaux… parfait, je te remercie quand même de le faire avec discrétion. Le respect, c’est important quand même
- Sûr mon amour. Merci de me comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas d’infidélité ni rien de ce genre, tu comprends…, le sens de la vue est naturel, le monde est plein de belles choses dignes d’être admirées, et parmi ces jolies choses, il y a vous, les femmes… Chérie, dis moi, est-ce que tu souffres à me rester fidèle ?
- Non, certainement pas mon chat… je t’aime et de ce fait, je n’ai aucune envie d’aller avec d’autres hommes. Si nous n’étions pas ensemble, là, je dis pas…
- Je te crois pas, ma louve… on vient d’admettre qu’on a l’instinct sexuel à fleur de peau, ne me fais pas croire que tu croises jamais un mec dans la rue ou dans ton bureau de poste qui te fait envie quand je suis pas là…
- Rhooo, bon, oui, d’accord, ça m’arrive, mais c’est pas de ça que j’ai envie maintenant, dis, il y a des choses qui retiennent plus mon attention que le fait d’accoster un inconnu, on est ensemble, oui ou non… ?
- Des choses comme quoi ? je demande , intrigué.
- Par exemple, quand je marche dans la rue et qu’un homme cherche le contact avec moi, il laisse tomber quelque chose par terre, ou il m’adresse la parole à l’arrêt de bus, ou même il m’attend à la sortie du bureau de poste, etc…
- Et c’est ça qui te plaît ?
- Pas que ça me plaise vraiment, mais me sentir belle et désirée… regarde, laisse moi t’expliquer, alors voilà, ça me plaît bien quand je vois un homme dans une super bagnole, et ça me séduit encore plus s’il est beau, je veux dire, moi c’est pas comme toi, c’est pas le sexe qui m’intéresse, ça ne me frustre pas comme toi de te rester fidèle parce que dans ma tête, il n’y a pas que le sexe à chaque instant.
- Et alors ?
- Ce qui me plaît, c’est de m’imaginer avec cet homme dans cette voiture de luxe, je m’imagine la vie qu’il pourrait m’offrir et l’envie que ça provoquerait chez les autres femmes qui diraient « Cette femme, tu as vu avec qui elle se trimballe… » et les hommes diraient « Regarde ce mec, la belle plante qu’il se paie… » Et ça, mon chou, ça me séduit beaucoup… être admirée…
- Je vois.
- Si je vis avec un homme qui me donne tout, qui n’a pas de problèmes d’argent ou rien de tout ça, je voyagerais, j’aurais des robes, on irait au bal, tout ça… Comme tu peux le voir, mon chou, ne pas avoir de relation sexuelle ne me frustre pas, encore moins avec des hommes différents, dans ma tête, je n’ai pas cette frustration.
- Je comprends. Le simple contact avec cet homme, c’est comme un rapport sexuel par défaut.
- Quoi ? Tu dis quoi ?
- Rien mon amour… que c’est bien… finalement, vous les femmes, vous avez pas ce besoin de sexe qu’ont les hommes parce que pour vous, il suffit de lancer un petit regard coquin pour avoir les hommes à vos pieds.
- Et oui, mon chéri, c’est comme ça…
- Hem… tandis que nous les mecs, on ne pense qu’à ça, finalement. Si on a plein de fric et une grosse caisse, le moins qu’on puisse espérer en rencontrant Cristale b36, c’est de la voir à l’horizontale.
- Comment ?
- Rien mon bébé… c’est toujours captivant de discuter avec toi…

Et heureux comme des poissons rouges, nous continuons notre descente de la rue Bichon en léchant les vitrines du bocal...

27 oct. 2006

222. Téléprospection


Ce foutage de gueule ne vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier du groupe "OUEST-FRANCE"

Avant de commencer: "Faites qu'est-ce que je dis, pas qu'est-ce que je fais, okay ?

[Le téléphoooone sonne mais tu n'es pas là.... Il est 8 heures 51.]
Ah bah si, y a quelqu'un...


M56 : [sonné] « Allo ? »
La Prospectrice : « BONJOUR Mr 56 ! Ravie de ne pas vous réveiller. Je m’appelle Vanessa et je vous appelle pour vous offrir l’opportunité de recevoir le journal Ouest France à domicile tous les jours et ce, pour la modique somme de 37,45 euros pendant les trois premiers mois !!! Cette offre extraordinaire inclut bien entendu notre supplément du Dimanche. »
M56 : [cogitant vitesse grand V] : « Attendez une petite minute… Vanessa, c’est bien ça ? »
La Prospectrice : « Tout à fait, Mr 56, Vanessa. »
M56 : « C'est un joli prénom. Bien, Vanessa, laissez moi vous dire que je suis vraiment très content que vous m’ayez appelé parce que justement dimanche dernier je l’ai acheté au bureau de tabac pour voir les photos de Cynthia et de Marina (pitain qu'est-ce qu'elles sont bonnes - et connes en même temps) dans le supplément et je m’étais dit que ce serait vraiment le pied si je pouvais le recevoir tous les matins dans ma boîte aux lettres au lieu d’aller l’acheter à pieds comme je l’ai fait l’autre jour. »
La Prospectrice : [déjà entrain de saliver] « … hem, on dirait que je tombe à pic dans ce cas, Mr 56 ! Comment souhaiteriez vous régler votre abonnement, aujourd’hui même avec votre carte de crédit ou préférez vous que nous vous le facturions plus tard ? »
M56 : [le sourire en coin] « Houla… Doucement, Vanessa. Pas si vite. D'abord, je voudrais bien que vous m’expliquassiez les options. Vous savez ; par exemple, est-ce que par exemple quand je pars en vacances, vous pourriez m’envoyer juste que le supplément du dimanche avec les photos des filles ou des trucs comme ça… Mais plus important, je voudrais savoir si vous pourriez m’envoyer ce supplément direct à mon camping. »
La Prospectrice : [comptant déjà les billets qu’elle va se faire sur ce pigeon stupide] « Eh bien, Mr 56, ce sera un plaisir de vous parler de nos options. Et tout est possible, ne craignez rien. D’abord, vous pouvez choisir l’abonnement d’un an renouvelable par automatique reconduction … »
M56 : [ayant du mal à retenir son rire] : Une petite seconde, Vanessa ! Je pourrais pas tout me rappeler si je prends pas de notes. Pouvez-vous patienter une minute le temps que j’aille me chercher un papier et un crayon ? »
La Prospectrice : [entrain de se faire un deuxième orgasme en pensant à la commission qu’elle va se faire] « Mais certainement, Mr 56. »
M56 : « Alors attendez encore un tout petit peu, je viens de trouver le papier là sur l'étagère mais j’ai pas encore trouvé le crayon. Je vais en chercher un et puis je reviens, d’accord, bougez pas, hein ? »
La Prospectrice: « Oui oui, Mr 56 ! Allez y et je vous attends. Je ne bouge pas, promis. »

[Cet enfoiré de taré d' M56 met le téléphone sur muet puis retourne raconter ses conneries sur mon Blog]


24 oct. 2006

221. Puis-je vous penser une question?

Pourquoi est-ce que quand un mec a besoin d’une petite gâterie, c’est parfaitement acceptable de la part de Marylou de répondre « Pas ce soir, mon chat. Je suis trop fatiguée/stressée/triste/en colère/autre chose. » et que l’homme doive laisser tomber parce qu’il n’y a rien que je puisse dire ou faire qui ne le fera pas passer pour une bite assoiffée de sexe.

Mais si par hasard c’est sa femme qui a un petit besoin d’amour tendre et que l’homme dise que c’est pas son cas, il est automatiquement présumé que j’ai un grave problème relationnel et le pauvre de lui devra passer les trois heures suivantes à ‘discuter’ de tous les problèmes perçus par sa louve dans leur relation et finir par s’excuser de tous les maux de la planète sans comprendre exactement de quoi, ou même pourquoi je m’en excuse ?
Hem. Pas que ce me soit arrivé. Je demande. C’est tout.

21 oct. 2006

220. Les nouveaux héros de la Raie Publique: Hortefeux, Jégo, Lelouch, Devedjian, Aeschlimann et les autres...


(Nan nan nan, pas tout d'suite, pas encore, patience, avant de commencer, je voulais vous dire que bon, je dis pas qu’y a pas un léger tout petit mieux dans le nombre de commentaires que vous avez la bonté et la reconnaissance de laisser sur ce blog depuis l’année dernière mais bon une fois de plus, c’est pas encore ça.
Alors z’avez intérêt à vous remuer un peu les doigts sur le clavier pasque mon Blog égocentrique et maniaque commence à s’essouffler et à se prendre la tête à taper des pieds et des mains comme il le fait pour vous y inciter.
Même que maintenant, ils sont plein d’ampoules et autres cloques dont je vous tairai les patronymes et que Marylou - c'est ma louve- aime pas que je la caresse avec des mains pleines de cals. Ça lui irrite ses partie intimes l’épiderme qu’elle a très sensibles.

Alors ayez pitié siouplaît bonnes gens, faites travailler vot'cœur et vot'clavier.
Vous l’aurez compris, j’suis un tout petit peu beaucoup en colère, rouge comme un chili ardent mexicain désincarné, au bord de la crise de nerfs, surtout avec l’autre enflure qui ramène sa fraise depuis que ses sbires se sont ramassés des pavés sur le coin de la gueule à Cachan ou dans ce couin là.

Ah la la, j'allais pas laisser passer ça tout de même, ah non alors, rrrrontudju de bordel de merde…
Alors citoyens, oyez et soyez prévenus !
Une nouvelle meute héroïque est née:
La masse timide et docile de l’humanité vivant à Paris ou dans nos grandes villes n’aura plus jamais à craindre la mécanisation du monde criminel et souterrain vivant sous la surface actuelle de leur monde virtuel ordinaire. Les bonnes gens de nos terres gauloises ont désormais de nouveaux défenseurs de la justice, de nouveaux protecteurs de la voie, de nouveaux héros volontaires pour combattre les droits des petites gens.
Et pour eux, les petites gens, c’est nous.
Ils protégeront les gens de leur monde, ces puissants sauveurs, cette meute dynamique. Aucun crime ne demeurera impuni tant qu’ils seront aux manettes. Aucun super criminel au regard fuyant n’échappera à la morsure acérée de leurs pinces de vertu. Ils sont les défenseurs des sans défense. Ils dicteront aux dictateurs et seront entendus. Ils sont la main droite de la Justice à deux vitesses, le pied gauche de la Liberté bafouée, le pénis turgescent de la Ploutocratie dans son âge d'or.


Ils sont Maître Sarko et ses enragés de pitbulls !

Grands amis de Bush, adorateurs du grand Israël, orateurs publics à têtes creuses de jour, ces combattants du juste combat sont toujours prêts à entrer en action. Glissant le long de poteaux métalliques huilés discrètement planqués dans leurs palaces au moindre appel d’un Walkie-Talkie annonçant une alerte jaune, ils atteignent leurs secrètes caves des secrets horreurs et revêtent leur tenues de combat de plastique et de lycra, complètes avec blindage Merkava de poitrine et d’arrière train, afin de débarrasser le monde des malandrins qui menacent le pécule de ceux se trouvant sous leur protection. Leurs packs multi-usage contenant tous les gadgets pour combattre le crime solidement amarrés à leurs flancs.
Sarkoorangs et Nunchalouchs inclus.
Sautant dans leurs chars d’assaut, Sarkoman et ses boyz filent dans la nuit en quête de dangers, d’aventures et de tous les torts qu’ils doivent redresser. Peut-être y a-t-il eu une nouvelle attaque d’Ousama sur Gotham City, peut-être s’en prépare t’il une autre sur les Hauts de Seine ?
Quoi qu’il en soit et quel qu’en soit le coût, vous pouvez être sûrs que Sarko et ses roquets sont déjà dehors, faisant tout ce qu’ils peuvent pour protéger Jean Kronembourg et Marie Botox des maux du monde qui les entourent.

Sarko et ses lieutenants. Bientôt sur vos écrans. Ne les ratez pas!

*Note à l'intention du Betar et affiliés: Y a rien d'antisémite çi-dessus alors venez pas m'faire chier.

19 oct. 2006

219.Expérience nautique


Faisons une expérience si vous le voulez bien. Mettez vous à oilpé, ou dans la tenue d’Adam si vous ne causez pas verlan, et ôtez vous la vision – surtout pas en vous tranchant la tête, c’est tout à fait crucial dans la réussite de l’expérience (vous pouvez utiliser un masque ou un bandeau) et asseyez vous - ou mieux, allongez vous sur le dos - sur un grand matelas en plein milieu d’une chambre agréable et bien éclairée. Si vous n’en possédez pas, vous pouvez toujours faire une réservation au Crillon.

Faites vous accompagner de trois femmes, nues et à l’esprit ouvert. Par ouvert, je veux dire ouvert comme un océan qu’on ne traverse que rarement, un océan privilégié. Vous, évidemment, ne pourrez voir ces dames de compagnie ni versi-versa. 
Aucune des trois ne devra être parfumée, en fait rien ne devra permettre de les distinguer les unes des autres. La seule chose que vous aurez le droit de savoir sur vos compagnes, c’est que la première se nomme Ouragan, que la seconde pourrait bien être une de vos amantes et que la troisième est votre femme. 
L’ordre de description que je viens d’établir est arbitraire. Les trois femmes feront exactement la même chose : Elles s’assiéront tour à tour la durée d’un instant sur votre tête, vous enrobant le sexe de leur visage visage de leur sexe. 
Vous devrez deviner au goût et à l’odeur laquelle est votre femme. Tout à fait exceptionnellement et parce que je ne me suis pas levé du pied gauche ce matin, vous aurez le droit de caresser (une fois seulement) les seins de celle que vous considérerez la votre donc l’unique. 

Si vous ne commettez pas l’erreur que j’ai la trouille de commettre, la femme que vous aimez retrouvera la foi qu’elle eût en vous par le passé, elle chassera ses amants – aucune femme saine d’esprit ne se montrera infidèle envers l’homme capable de reconnaître mieux que quiconque ses saveurs secrètes - et tout redeviendra comme avant quand vous vous dégustiez mutuellement. 

Si vous vous plantez, votre femme passera dans la chambre d'à côté où à son tour elle s’assiéra toute nue sur un grand matelas avec ses yeux bandés en plein centre de la pièce et où elle attendra la visite de trois hommes nus aux yeux également bandés et donc l’unique point commun sera que ça fera énormément longtemps qu’aucun des trois n’aura navigué.
Voilà, amusez vous bien, quant à moi pauvre capitaine, je vais préparer mon sac, la fin du mois approche et mon navire m'attend...

15 oct. 2006

218. Ça ferait combien de douzaines exactement?


588 est un chiffre franchement facile à retenir, quoi que ce soit que ce soye que vous vous proposiez d’en faire. Pourtant il ne rappelle rien, ne signifie rien, si tant est qu’un chiffre puisse nous signifier quelque chose.
Non, c’est nos esprits qui s’inventent mille et une possibilités pour, par exemple, mettre en relation les 2 avec les 8, puis pour se sevir de ce nouveau 28 qui constitue en fait la troisième partie du code de mon compte FTP chez Lycos (®) (qui coïncide avec la date de notre rencontre ainsi d’ailleurs qu’avec celle où je l’ai oubliée, cette tordue - tout ça me laisse penser que dans trois mois ou à peu près quand je rentrerai de mer, j’aurai aussi bien oublié ce putain de code).
Mais ce cinq cents quatre vingt huit là pourrait aussi être une date : le cinq août 2008 par exemple, au pif je dis ça, quoique ce jour là, mon fils aura fêté ses seize ans depuis deux mois…
Non, j’essaie pas de lui donner un sens ou de justifier ce chiffre, ni même de m’en souvenir. Mais il est parfait, quoique je n’ai jamais savouré chacune des 84672 fractions de sensations interconnectées et en même temps, délirantes et indépendantes, recluses dans ces 588 fragments de miroir.
Bon, j'avoue que j’ai bien essayé mais j’ai pas réussi à retrouver l’Unité, ni réussi à l’élever de tête à quelque puissance que ce soit, ni même à le multiplier par plus que trois, alors venez pas me demander d’isoler ses inconnues, trouver ses variables ou déformer ses constantes…
Laissons de côté les sinus, les pharynx et les cosinus je vous prie, ainsi que les chiffres binaires parce que je vous cause d’un Trio là, qui n’a rien à voir avec le sexe bien que Cristalle B36 me l’ait insinué - ou me l’aurait-elle proposé ? - plus d’une fois.
(Pitain, si c’était le cas, va falloir que je la recontacte…)
588 est un chiffre, okay, mais il échappe à mon contrôle. Je veux pas lui assigner de place spéciale, d’ailleurs je pense pas que ce soit vraiment nécessaire, il est fastoche à se rappeler de toutes manières et c’est ça qui compte.
Aussi importante que soit la mémorisation d’un chiffre (et je parle pas de fric ou de comptes cryptés au Lichtenstein là…).
Au final, il n’est rien de plus que le 78ème chiffre à précéder le chiffre de la Bête ainsi que le nom de l’année calendaire de la 927ème année précédant la baston de Marignan.
Voyez que je suis quand même au courant alors m’prenez pas pour la bille que vous savez qu’j’suis pas mais que vous aimeriez bien que je sois.
Mais il est aussi la somme de chacun des jours de désir élevés à la puissance n, de désespoirs ventilés, d’angoisses desséchées, de délires et d’espérances compartis. C’est aussi le nombre de nœuds composant le sac de nœuds dans la bobine qui constitue ma vie – ou son fil si vous êtes tatillons.
C’est aussi le nombre exact de jours passés depuis que j’ai tardé à essayer d’ouvrir une brèche par laquelle nous échapper ensemble de ce labyrinthe en laissant de côté nos petites misères et nos faux espoirs.
Calculez vous même!