Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

14 nov. 2019

372 - 16 Novembre 2019: Journée mondiale des sanitaires


Cette histoire ne vous est pas gracieusement offerte grâce au soutien financier des meubles sanitaires  "JACOB DELAFON"

Un des plus graves problèmes au confluent du sanitaire, de la pauvreté et de la santé mondiale est pourtant depuis longtemps l'un des plus difficile à visualiser. Je veux parler des chiottes sauvages en pleine nature, en pleine rue, en bords de rivières ou en bords de mer. Environ 1/3 de l'humanité n'a pas de toilettes à sa disposition pour vidanger ses entrailles. 
Nous parlons de 2,5 milliards d'individus. Rien qu'en Inde, ils sont 525 millions à faire leurs petites comme leurs grosses commissions en plein air. Et rien que dans ce pays, cet état de fait est responsable de la mort de plus d'1 million d'enfants âgés de moins de 5 ans par an. Vaincus par leurs diarrhées.
Plus de gens meurent dans le monde du fait de manque de toilettes que de la somme des décès dus à la malaria et au Sida conjugués à ceux dus aux 5 maladies mortelles les plus communes connues.
Mais rassurez-vous, chez nous, tout va bien. Une Start-Up française, "Trone", à la pointe de l'innovation, propose désormais des toilettes art-déco, kitsch, à la pointe de la technologie. De quoi ravir tous les bobos bien-pensants du Marais comme tous les amis branchés de Benjamin Griveaux ou de Gabriel Attal.
Certains modèles sont hallucinants, on se croirait dans une cabine de téléportation ou une machine à voyager dans le temps. Mieux qu'une DeLorean.
Et ça a l'air de marcher très fort: le hashtag #bathroomselfie apparaît plus de 1.5 millions de fois. Instagram n'est pas en reste avec le compte @ohlesjolies-toilettes. Les chiottes font désormais partie intégrale des stratégies de communication. Gilets Jaunes, foin des Ronds-Points et autres Places remplies de pittbulls de l'ordre, désormais, c'est aux gogues Jacob Delafon que ça se passe! 


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8 nov. 2019

371. Rétablissons les faits


Cette histoire ne vous est pas gracieusement offerte grâce au soutien financier ni de  "PLAYTEX" ni de "WONDERBRA"

Dieu le père rendit visite à Ève dans le jardin d'Éden. "Alors, tout se passe bien, ma p'tite dame?" s'enquit-il en se lissant la barbiche.
"Ô oui, mon créateur, tout est si merveilleux", répondit Ève, "Les levers et couchers de soleils sont époustouflants, les fragrances à couper le souffle, la flore ... tout est splendide. Mais j'ai toutefois un petit soucis à vous soumettre. C'est ces seins que vous m'avez donnés. Celui du milieu repousse les deux autres vers l'extérieur, je n'arrête pas de frotter dessus avec mes bras et ça me fait des rougeurs, en plus, ils n'arrêtent pas de se griffer dans les branches et de se piquer sur les épines dans les rosiers quand je me ballade dans le Jardin. Et ça fait vraiment mal des fois...". 
Ève poursuivit en informant son créateur que puisque de nombreuses autres parties de son corps venaient par paires - tels que ses yeux, ses membres, ses oreilles et ses autres orifices naturels - elle pensait que deux seins feraient de son corps quelque chose de symétriquement beaucoup mieux "balancé".
"Tu n'as pas tort", répondit l'Être suprême. "Mais ce n'était qu'un premier jet, tu sais. J'ai donné jusqu'à six mamelles à certaines de mes créations, alors je m'étais dit que la moitié pour toi devrait suffire. Mais je comprends ta déception et je vais t'arranger ça, poupée. Immédiatement". Dieu se pencha, lui arracha le nibard du milieu et le balança dans un tas de ronces.
Trois semaines passèrent et Dieu rendit de nouveau visite à Ève dans le jardin d'Éden. 
" Alors, comment se porte ma création favorite ? " s'enquit-il en soupesant les deux mamelles restantes et en jetant un oeil distrait sur l'état de cicatrisation de l'ablation de la troisième.
"Super, fantastique", répondit Ève, " sauf pour un petit oubli. Voyez-vous, Dieu de peu de cervelle, toutes vos autres créations vont par paires. La biche a son cerf, la vache a son taureau, la brebis son bélier. Toutes vos créations ont leur compagnon. Sauf moi. Sniff, je me sens si seule".
Dieu le père rumina ça quelques instants puis lui dit, "Tu sais, Ève, tu as totalement raison. Comment ai-je pu passer à côté de ça? Tu as vraiment besoin d'un compagnon et je vais t'en créer un immédiatement. Avec un morceau de toi même. Maintenant, laisse moi réfléchir... où ce-que j'ai bien pu balourdé ce nichon que t'avais en trop ? "
  
Alors, est-ce que tout ça n'a pas un peu plus de sens que c't'histoire de côtelette? Pasque à nous les mecs, il nous manque pas de côte, ni à gauche ni à droite, mais les nanas, il leur manque bien ce troisième nibard. Vérifiez vous-même chez votre revendeur Playtex ou Wonderbra !

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1 nov. 2019

370. Il faut sauver notre poule


Un problème résiduel dans le marché des bagnoles met un frein puissant entre l'optimisation des constructeurs automobiles et ce qu'il y a de mieux pour la planète.  La cupidité peut fonctionner comme critère d'optimisation à condition que le marché soit parfaitement ouvert, précis et juste. 
Les compagnies cupides prendront leurs décisions en se basant sur la meilleure façon de s'optimiser en fonction de leur environnement: Comment faire le plus de fric possible dans ce monde de moutons? 
Mais la course au pognon d'une compagnie n'est bénéfique pour la société que lorsque les profits de cette compagnie sont précisément corrélés avec la quantité de valeur nette positive que ses produits ou ses services fournissent pour le troupeau.

Si je me lance dans la vente de limonade sur les marchés avec un stand en bas de la rue Bichon, chaque fois que je fourgue à mes clients un délicieux verre de limonade, il est fort probable que ces derniers vont me recommander à leurs potes et deviennent des clients fidèles dans ma bonne ville. Je leur ai fourni une valeur positive et le succès de mon entreprise est monté avec elle.
Succès = Valeur fournie. Motivation et/ou incitation sont alignées.
Si un autre client se présente et que je lui tend son verre de limonade avec une mouche à merde bien grasse flottant à la surface, il ne reviendra plus vers mon stand et il dira à tous ses potes de ne plus venir étancher leur soif chez moi. J'ai causé du tort et mon succès en a pris un coup.
Succès = Valeur fournie - Tort causé. La motivation comme l'incitation sont toujours alignés.
Mais que se passe t'il si je découvre un produit chimique que je peux rajouter à ma limonade qui empêche les mouches d'atterrir dans ma limonade? Ce produit chimique est sans goût, sans couleur et sans odeur. Mais je sais qu'en boire régulièrement causera des dommages irréversibles pour la santé de mes clients dans une ou plusieurs dizaines d'années. 
Mes clients ne ressentiront rien dans l'immédiat, donc ça n'affectera pas l'opinion qu'ils ont de ma limonade ni le succès de ma petite affaire.
Comme expliqué plus haut, Le Succès = la Valeur fournie - le Tort causé. Le tort causé est désormais un coût non comptabilisé, aussi connu sous le terme d'"externalité négative". Ma motivation ou mon incitation n'est plus désormais alignée avec les meilleurs intérêts de mes clients assoiffés. Si tout ce qui m'importe, c'est ma cupidité et le profit maximal que je compte en tirer, je continuerai à utiliser le produit chimique, parce que c'est plus motivant économiquement parlant.

Ce type d'externalité négative décrit la façon dont les fabricants de tabac s'en sont tirés comme des communiantes pour leurs crimes d'homicides pendant tant de décades. Le coût à long terme de la santé de leurs clients n'était pas pris en compte car les clients en ignoraient les conséquences pour leur santé ou même leurs vies ; l'effet négatif n'arrivant que bien des années plus tard, et il n'existait pas de textes de lois pour les poursuivre pour les dommages causés.

Se basant uniquement sur une conduite d'optimisation cupide, les fabricants de cigarettes agirent de façon totalement rationnelle. Ils augmentèrent les taux de nicotine dans leurs produits, ajoutèrent des éclats de verre dans les filtres afin d'y créer des crevasses facilitant le passage donc permettant une plus grande ingestion de nicotine, causant encore plus de dégâts mais augmentant aussi la demande - mais, puisque les dommages n'étaient pas comptabilisés, c'était du net purement positif pour les compagnies. 
Et lorsque les campagnes anti-tabac débutèrent pour éduquer les clients sur les dégâts du tabac - ce qui lia le coût de clients effrayés à une demande en baisse - l'industrie du tabac se paya les services de scientifiques à l'intégrité au ras des pâquerettes pour discréditer les campagnes négatives et brouiller le message des lanceurs d'alerte. La prise de conscience générale arriverait un jour, mais le plus longtemps ils pourraient la retarder, le mieux ils se trouveraient d'un point de vue financier. 

Les gens appellent ça le mal, mais tout ce que c'est vraiment, c'est une industrie agissant pour ses propres intérêts et ceux de ses actionnaires selon les paramètres de son environnement. La cupidité est une motivation simple - elle prend tout ce qu'elle peut prendre, et elle repoussera toutes les limites possibles ou encore permises afin d'optimiser au mieux. 
J'ai utilisé comme exemple les compagnies de tabac, mais j'aurais pu remplacer celles-ci par celles des fast-foods, des fabricants de produits électroniques émettant des radiations tels nos smartphones et la 3G, 4G, 5G etc, l'industrie de la Finance, les industries chimiques et pétrochimiques, pharmaceutiques, agro-alimentaires, et même, tenez-vous bien, la classe politique.
Dans l'industrie automobile, l'externalité négative, ce sont les émissions de CO2. Si vous trouvez un moyen pas cher et facile de produire des voitures qui déchargeront leur merde au dessus des nuages sans que personne vous en fassent payer l'ardoise, pourquoi tenteriez-vous de changer quoi que ce soit?
Même histoire que pour le tabac. 
Sauf que là, ce sont les compagnies pétrolières et les fabricants automobiles qui s'offrent les scientifiques au rabais. Au lieu d'emphysèmes pulmonaires à court terme, on a les pollutions urbaines à court terme. 
Au lieu des dégâts sanitaires à long terme, comme les cancers du poumon, on a les dégâts à long terme pour toute la planète avec le réchauffement climatique, la fonte des glaces et la montée des eaux, les feux de forêts et la multiplication des ouragans et autres tornades et inondations.

Nombreux sont qui ont écrit sur les coûts cachés des émissions de carbone, et nombre d'entre eux, des deux côtés de l'échiquier politique, ont proposé une solution logique: Une taxe carbone à revenu neutre.
Une taxe carbone à revenu neutre est à "revenu neutre" car toute augmentation des revenus de l'état résultant de cette taxe serait contrebalancée par une diminution d'une autre taxe, par exemple la taxe d'habitation ou l'impôt sur le revenu. Ce qui en fait une proposition discutable politiquement.
Cette taxe peut s'appliquer à n'importe quel point de la chaîne depuis l'extraction pétrolière jusqu'à la pompe et l'effet serait le même - il deviendrait soit plus cher de conduire votre bagnole, soit moins juteux pour les actionnaires de la compagnie pétrolière, ou les deux. 
Avec la taxe carbone en place, lorsque vous contribuez aux émissions de CO2, vous en payez également le prix - ce qui incite aussi bien les producteurs que les consommateurs à chercher des alternatives. Ça ne signifie pas l'interférence de l'état sur le marché, ça signifie la réparation par l'état d'un bug dans ce marché.
Au lieu de ça, le gouvernement offre des réductions d'impôts à ceux qui achètent des véhicules électriques - dont on sait que leurs coût de fabrication en terme d'émissions de CO2 sont 10 fois supérieurs aux coûts de fabrications de véhicules à combustion interne - et subventionne l'industrie de l'énergie renouvelable, ce qui ressemble plus à une industrie qui jette ses ordures en pleine rue, et le gouvernement réagit en payant ces industries pour qu'elles arrêtent de le faire, au lieu de leurs foutre des amendes pour l'avoir fait.

D'autres fois, les gouvernements tentent de forcer la réduction des émissions de CO2 en obligeant les fabricants automobile à créer un nombre minimal de véhicules à taux d'émission zéro - avec des effets limités. Le problème, c'est que les les géants automobiles et pétroliers ont tant d'influence que toute tentative d'un gouvernement à effectuer des changements par des lois ou réglementations finissent tellement allégées qu'elles en deviennent inefficaces. 
Comme les pesticides à moins de 1.5 mètre des habitations quand 150 mètres minimum étaient requis.

S'agissant de la taxe carbone à "revenu neutre", la seule explication pour ne pas en avoir une semble être l'influence financière que les grands pétroliers ont sur nos gouvernements en subventionnant leurs campagnes électorales - parce qu'il me parait que tout politicien, quel que soit son parti, devrait être en faveur d'une taxe carbone à revenu neutre. Non?

Sans conséquences négatives pour leurs émissions de carbone, l'optimisation de la cupidité pousse certains groupes automobiles à améliorer leur technologie, comme la sécurité, le confort, la qualité et le plaisir de conduite parce que ces éléments là sont liés à la demande des consommateurs - mais ceux- ci ne changent absolument rien aux émissions de carbone - et même ils les augmentent en phase de production - parce que l'équation de la cupidité refuse de prendre en compte ce coût.
Alors la raison pour laquelle, plus d'un siècle après la fondation de Ford, nous utilisons encore de vieux moteurs à combustion interne polluants est simple: Aucune des pressions exercées sur l'industrie automobile ne se sont montrées suffisantes pour la pousser au changement. 
L'industrie automobile a encore besoin de ramer dur pour optimiser certaines qualités de ses véhicules - c'est pourquoi les autos sont devenues plus sécurisées, plus confortables, et plus efficaces avec le temps. Mais le défaut le plus criant de la bagnole moderne - le déversement constant de CO2 dans l'atmosphère - est demeuré inviolé, parce que c'est gratos, parce que la super grosse influence de BP, Exxon ou Total sur nos politiques font que ces derniers continuent de le permettre, et parce qu'il n'y a personne qui va jaillir d'une cave et traverser la canopée pour démontrer au tas de moutons que nous sommes qu'il existe un moyen alternatif.

C'est effrayant. Quelque chose de vraiment, terriblement mauvais est sur le point de nous tomber sur la gueule qui pourrait rendre nos vies présentes légitimement pires dans le futur, mais nous sommes confrontés à un dilemme de prisonniers - Il serait vraiment vraiment mieux pour nous tous de changer collectivement, mais nous sommes à la merci de chaque PDG, lobbyiste et politicien qui ont une motivation personnelle à maintenir le statu quo. 
Les gens disent souvent "Voici le monde que nous laisserons à nos enfants et nous le bousillons pour eux," mais pour les élites et hommes de pouvoir ayant les possibilités de changer les choses, leurs enfants n'en seront que mieux lotis s'ils font le plus de fric possible aujourd'hui même. La situation est engluée.

Une industrie profondément établie et stagnante est comme un pays dirigé par une dynastie profondément enracinée - difficile de pénétrer le statu quo. Mais même dans le cas des systèmes de castes les plus puissants, parfois la bonne personne ou étincelle se pointe au bon moment pour initier le bon mouvement, et une révolution peut s'embraser. 
Mais, vu l'urgence de la situation et si une telle étincelle survient, il y a de fortes chances que ça ne se passera pas sans casser d'oeufs, beaucoup d'oeufs, des millions d'oeufs, des dizaines et des centaines de millions d'oeufs dont nous ferons probablement partie. 
Êtes-vous prêts au sacrifice suprême pour sauver Poupoule?

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26 oct. 2019

369. Black-Out


Rien de ce que je puisse faire n'y changera rien. Je ne peux tout simplement que laisser passer le "temps". Pour le nommer ainsi vu que l'endroit où je me trouve actuellement est intemporel. 
Il n'y a rien là où je me trouve. Même pas moi-même. Je ne peux pas voir mes mains, c'est la première chose que j'ai tenté de voir, mais je n'en ai plus. Pas de jambes non plus et j'ai perdu toute trace d'une tête: je n'ai plus de forme. 
La seule chose que je sais pour sûr, c'est que ma pensée existe, uniquement ma pensée. 
Mais, où suis-je donc? 
Non, je me suis gouré de question, parce que je ne suis nulle part, parce que ceci n'est pas un lieu concret, ceci est un lieu qui n'existe pas et qui n'a jamais existé. 

Serait-ce l'anti-univers? Je me souviens, il y a quelques années, j'avais vu un documentaire dans lequel ils parlaient d'un truc nommé la Théorie des Cordes, la même sur laquelle Sheldon se penche dans Big Bang Theory, et cette  théorie soulevait la possibilité, plus même, la théorie nécessitait la possibilité qu'il existe d'autres dimensions que les trois que nous connaissons. 
Alors qu'en serait-il si mon corps avait traversé une porte pour se retrouver dans un univers pas aussi parallèle que veut bien nous le faire croire la Théorie ? Mais dans un univers totalement opposé ? La non-existence ? Ou pire encore, pourrait-ce être la mort ? 

Je ne me rappelle de rien, mes plus récents souvenirs remontent à l'instant où je me suis "réveillé" en ce "lieu", à cette ultime pensée. Et avec chaque instant qui passe, l'idée que ce soit la mort se renforce, cela signifie-t'il que je pensais beaucoup à la nature de la mort avant et que je l'imaginais exactement ainsi ?
Ça me terrorise un peu, alors je ferais mieux de penser à autre chose. 
Mais à quoi ? À quoi penser dans un tel "lieu" ? 
Parce que c'est tout ce qu'on peut y faire. Je crois que je suis déjà convaincu que ceci est ma mort, telle que je l'avais imaginée, pareil pour vous lecteurs qui lisez ces mots, elle sera sûrement comme vous vous l'imaginiez.
Pour retourner dans la vraie vie, laissez votre pensée simultanément enfoncer les touches Alt Ctrl Suppr.
 
Comment que vous allez faire ça demeure votre problème, mais rappelez-vous que vous n'avez plus de doigts ...

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19 oct. 2019

368. Antimatière



" Notre remorqueur stellaire et sa barge ont franchi comme prévu et sans dommages  la frontière tant redoutée. 
En passant par le trou noir géant central de notre univers connu et en en ressortant par le cul blanc de l’anti-univers où jamais la main de l'homme n'a jamais mis les pieds. Nous nous trouvons désormais dans ce lieu  constitué d’antimatière. Nous pouvons donc d’ores et déjà confirmer que notre bouclier antigravitationnel fonctionne parfaitement même dans l’antimatière. L’espace intersidéral se révèle d'une blancheur lumineuse constellée de galaxies, constellations et d’astres noirs bleutés, un peu de la couleur des ventres de ces petits scarabées noirs que l'on rencontre fréquemment sur les chemins de terre bretons par temps de pluie.  Nous nous dirigeons actuellement vers cette extrémité de l’anti-voie lactée où devrait se trouver, par effet miroir, la jumelle de notre planète la Terre. La température extérieure de l’anti-espace intersidéral approche le chaud absolu de 272 degrés Celsius mais elle descend rapidement de plusieurs centaines de milliers de degrés dès que notre vaisseau passe à proximité de quelques unes des milliards d’étoiles obscures ou des petits soleils noirs peuplant cet immense vacuum et se trouvant sur notre trajectoire. Une vision grandiose, un peu comme si on l’avait fait tournoyer au bout d'une fronde, dans toutes les orbites possibles et imaginables, un pinceau gigantesque  saturé d'encre de chine,  parsemant et constellant de points sombres la blancheur laiteuse éclatante de ce cosmos.

La planète que nous venons d'observer à distance, XRZX003, est inimaginable pour un esprit habitué à voyager dans un univers constitué de matière. Ici, tout relève de la fantasmagorie. De jour, un ciel d'un orange vif de clémentine est obscurci d'un œil sombre et violet dont les rayons vous glacent la peau. Les noires et brûlantes « glaces » des banquises polaires, plantées d’une forêt primaire violette  et  luxuriante font s’évaporer les eaux qui les bordent. Juste en dessous des pôles, le mauve des  forêts tropicales septentrionales s'allie presque avec le rouge orangé des océans à l'écume noire et la température y est déjà plus tiède, fraîche même en été. À la surface de ces derniers, les voiles des navires ne sont pas gonflées ou poussées par les vents comme dans notre univers, elles y sont comme ...aspirées. 

Entre équateur d'un froid polaire aux pôles aux températures équatoriales et, en partant de l’équateur couvert de glaces, on rencontre des prairies de mousses et de lichens,  des toundras bleues marine souvent traversées de bandes noires neigeuses, en descendant ou en montant encore vers les zones tempérées, les premiers conifères aux tons carmins apparaissent,  suivies de forêts de feuillus mauves et de prairies d’herbes vermillon, puis en descendant encore, l’herbe commence à côtoyer la caillasse qui se prolonge par des  déserts de sables couleur de pistaches plus ou moins grillées ou à  celles d’un lait teinté d’un généreux nuage de sirop de menthe, puis des buissons et des prairies rougeâtres  apparaissent ça et là, se condensant de plus en plus tandis que l’on s’éloigne de l’équateur polaire et qu’on approche les pôles équatoriaux à l’air saturé d’humidité et à la végétation d’une rougeur luxuriante.
De nuit, lorsque la lune, entre mauve et fuchsia, y pointe sa rondeur dans les cieux blancs nâcrés,  la lumière s'obscurcit encore plus et les habitants de ce monde utilisent alors des paralunes à  l’ombre desquels les ombres se font encore plus lumineuses.Les humanoïdes qui peuplent cette anti-planète sont l’exact inverse de leurs homologues de la Terre, comme si l’on avait tranché puis déplacé la face avant de leurs corps pour la placer derrière eux après lui avoir fait effectuer un demi tour sur elle-même, puis déplacé pour ensuite recoller la face arrière sur l’avant de la même manière, de sorte que, même s’ils possèdent en apparence une morphologie semblable à la notre, ils sont en fait nos exacts opposés.Ils n'obéissent à aucune de nos lois, passent aux feux rouges et s'arrêtent aux feux verts. Les hommes y sont efféminés à outrance, et les femmes, portant souvent moustaches - car c'est ici la dernière mode -, y sont pratiquement les seules à porter costards cravate ou uniformes. Elles sont d'une violence inouïe avec les hommes travestis, et il n'est pas rare d'en observer un groupe se jetant sur des hommes isolés pour jouer avec leurs sexes. Après quoi, elles les laissent là, couchés à terre et pantelants, riants de bonheur ou pleurant tels des serpillères hilares des flammèches de joie, en attendant que les vertes ambulances des pompiers ne viennent ramasser leurs épaves vidées tandis que les violeuses sont congratulées par les badauds.
Le plus surprenant est l'habitude qu'ils ont de marcher sur les mains à l'extrémité de leurs deux bras, tandis que leurs deux pieds en l'air, dotés de lentilles reliées à leurs yeux par des périscopes allant de diverses tonalités de rouges et d'oranges en passant par le vert fluo, scrutent le paysage ou lèchent le bas des vitrines avec leurs langues couleur mirabelles plus ou moins mûres. Les quartiers chics y sont peuplés de peaux sombres tandis que les peaux claires y font les basses besognes. En été, leur soleil devient d'une noirceur bleutée si intense que les habitants doivent chaudement se couvrir afin de se protéger des givreux rayons ultra-jaunes et se protéger les extrémités des gerçures et des morsures glaciales de ses rayons.
En automne, les premières pluies de flammèches bleu marine et tièdes font leurs apparitions, puis en hiver, la terre se couvre d'une cendre noire et très chaude dont les enfants font des statues à leur image dans le milieu des visages desquels ils plantent des carottes bleues outremer.Lors des mouvements sociaux, les hommes vêtus de gilets violets absorbant la lumière et coiffés, pour certains d'entre eux, de chaussures de sécurité, jettent des bouteilles et des bombes d'eau en papier sur les forces de l'ordre, à soixante pour cent féminines, que les pompiers s'empressent de congeler avec leurs lance-flammes montés sur leurs véhicules verts ou bleus roi; tandis que des bandes de BlancBloks isolés lavent des vitrines, repeignent les portes cochères et envoient des bisous grivois et des bouquets de roses d'un vert profond aux femmes des forces de l'ordre. Ces mêmes forces de l'ordre utilisent aussi des lance-flammes sous pression sur la foule et il n'est pas rare d'observer une meute d'hommes entièrement congelée comme si ces derniers jouaient au  jeu des statues. Les horloges y tournent à l'envers et les véhicules automatiques roulent à reculons.

Les hommes et les femmes se nourrissent en ingurgitant divers nutriments pestilentiels, dont les déchets, sortes de gros chewing-gums archi mastiqués et verts clairs à l'odeur exquise, sont expulsés plus tard dans des récipients dédiés. Ces déchets sont ensuite collectés puis recyclés  sous formes de pastilles que l'on peut écouler contre quelques plaisants services dans les Green Light Districts des grandes métropoles ou échanger contre des heures de travail. Ils adorent les oeufs miroirs pour leurs petits déjeuners, aux violets bien crémeux sur leurs nappes noires qu'ils salent également d'un sel noir qu'ils soutirent des océans prés des régions polaires où la température est plus tropicale, là où les eaux sont les plus chaudes et le soleil le plus bas.

Ils accompagnent parfois ces œufs de tranches d'un bacon vert pâle et croustillant et de verres de jus d'orange d'un bleu profond. Les œufs qu'ils consomment sont dotés d'une certaine forme d'intelligence, en effet, ces derniers ont trouvé le moyen de transformer une partie des leurs en poules et coqs, leur permettant ainsi de se reproduire sans efforts et ce système a l'air de parfaitement fonctionner.Tous les biens de consommation y sont gratuits, et tout acquéreur d'un bien reçoit gratuitement un pécule qui lui permettra, comme avec les pastilles vertes, de s'acheter des heures de travail ou d'aller s'amuser au district. La crainte et la perspective d'un refroidissement climatique intense font que leurs gouvernements ont demandé aux populations plus de productions, plus de consommation et plus de rejets de gaz à effets de serre pour tenter de retenir le plus possible le carbone dans leur atmosphère et ainsi réduire la chute drastique des températures globales… "
- Oh mais arrête, Phil, ce que tu racontes est complètement débile et aucun éditeur un tant soit peu responsable n'voudra te publier !
- Et qu'est-ce t'en sais, toi, Ô divine Marylou, j'savais pas que t'avais bossé au CERN?
- Phil, y a pas besoin d'avoir fait le cours Florent pour savoir que la Gravité et les Photons sont immuables dans la matière comme dans l'antimatière. Rapport à l'invariabilité de l'électrodynamique sous la symétrie C, donc les effets visibles restent les mêmes si l'on change les particules en antiparticules. Aller, va refaire spinner tes gravitons, 'spèce de taré misanthropique aux neurones atrophiés  !
A ce moment là, j'aurais bien voulu pouvoir rétorquer quelque chose à Marylou, lui écrire  ici même, mais je trouve pas les mots, les putains de mots. J'crois qu'ils ont p'têtre pas encore été inventés. Même en langue antimatière, comment tu vas trouver les anti-mots des mots que t'arrives même pas à déterrer dans ta propre langue, hein ???

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13 oct. 2019

367. Ô la vache, qu'est-ce que t'es belle !


Cet article n'a pas été sponsorisé par "INTERFLORA"

Le prix du lait continue à grimper et pourtant, tout ce qu'on peut constater, c'est qu'y a pas une vache qui profite de l'aubaine. Où est le bug?
Même la SPA, qui est pourtant aux animaux l'équivalent de la Ligue des droits de l'homme pour nous les bipèdes, ne tire aucun avantage ni ne bénéfice en aucune manière de cette augmentation pour tenter d'accroître l'état de conscience de nos bovines. Oh bien sûr, la SPA affiche publiquement son opposition au confinement des vaches dans des usines à lait qui les utilisent et les traitent comme de vulgaires machines à en fabriquer.
La SPA déclare "Si on leur en laisse le loisir, les vaches allaitent leurs petits et créent des liens d'amitiés avec leurs soeurs. Elles jouent, possèdent un large éventail d'émotions, et font preuve de traits de personnalité, tels que la vanité".

J'arrive pas à me souvenir à quand remonte la dernière fois où j'ai vu un troupeau de vaches en liberté pendant assez longtemps pour pouvoir observer ces traits, alors je ferai juste confiance en ce que raconte la SPA.(Je suis sûr que Chloé, la Tarentaise, et ses copines se feraient bien des petites séances de maquillage si elles étaient dotées, comme Claire O'Petit, la Normande - ou Angela, la Prim'Holstein -, de pouces opposables.)
Les vaches n'ont même pas Darwin pour prendre leur défense. Parce que, si la théorie de l'évolution s'étendait jusqu'à elles, à un certain moment elles auraient compris l'état craignos de leur condition et auraient développé des mutations, genre elles se seraient fait pousser des ailes, ou auraient goupillé une espèce de valve biologique à la sortie de leurs mamelles, ou formé un syndicat, ou je sais pas moi, soyez créatifs, que diable...

Dans l'hindouisme, les vaches sont considérées sacrées. Il en résulte que dans certains coins de l'Inde, elles se baladent en totale liberté. Mais les Hindous boivent tout de même du lait de vache, fabriquent du fromage et même des yaourts pour donner un peu de crémeux à la sauce de leurs tandooris.
Ne connaissant de l'Inde que les quais du port de commerce de Bombay et ses rades à filles environnants, je ne peux seulement qu'imaginer de petites équipes de trayeurs itinérants suivant les vaches dans leurs vadrouilles védiques et campagnardes, et, profitant des siestes et nuits de sommeil intermittentes de ces dames, ces voleurs de lait en profitent pour sortir leurs seaux, soulevant les jupes de ces donzelles pour aller leur triturer les tétines. 
Je suis sûr que ce doit être plus humain quelque part, mais combien pensez-vous que vous coûterait un litre de lait dans ces conditions, avec ce produit mis sur le marché un seau seulement à la fois ?
Soyez reconnaissants de ne pas avoir de troupeau de vaches vadrouillant au cœur de nos villes bloquant l'entrée des boutiques de luxe de la rue Bichon, et que chaque fois que vous avez besoin d'un peu de laitages pour vos pâtisseries faites maison, vous n'ayez pas à en choper une ensommeillée pour en tirer une pinte direct au robinet.
Alors si vous êtes consommateurs de laitages, la prochaine fois que vous passerez prés d'une ferme, pas besoin de prévoir une escale préalable qui pourrait vous ruiner chez Interflora, arrêtez vous au bord d'un prés et cueillez leurs des marguerites pour leur montrer votre gratitude. Et surtout, n'oubliez pas de leur dire combien elles sont jolies et désirables.

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6 oct. 2019

366. Des connards et des salopes ?


Ce texte n'a pas gracieusement reçu le soutien financier des tampons hygiéniques " TAMPAX " 

On peut entendre ça un peu partout. "Les hommes ne sont que des connards" et "Les femmes ne sont que des salopes"
Chaque fois qu'un mec ne se conduit pas comme le souhaiterait une femme, elle et ses amies le cataloguent aussi sec comme un connard, et quand une meuf ne répond pas comme le souhaiterait un mec, ben c'est rien qu'une salope. 
Est-ce la réalité? Nous autres les mecs ne sommes nous rien d'autre que des connards? 
Et est-ce que vous autres les femmes n'êtes rien de plus que des salopes? 
Hem, la plupart du temps, je pense pas que ce soit le cas; le problème est souvent plus une affaire de perspective qu'autre chose. 90% des problèmes dans l'univers des rencontres et des relations entre elles et nous surviennent quand on échoue à considérer la perspective de l'autre genre. 
Et il existe peu de guides pratiques pour nous encourager à le faire.

Alors, pour vous toutes, les femmes qui vous reconnaîtrez ici, et je suis sûr qu'y en a tout plein, veuillez prêter une oreille attentive: Vous rencontrez un mec. Il vous dit qu'il n'a pas envie de s'engager dans une relation. Vous avez une chouette conversation toute la soirée. Il vous demande votre 06. Vous le lui donnez. Il vous appelle 2 ou 3 fois. Vous dînez ensemble suite à chacun des ces coups de fil. Vous finissez ensemble sous la couette. Ceci dure un certain temps, et, au bout d'un mois ou deux, vous commencez à lui parler de votre relation et il se défausse en vous rappelant " Je t'avais prévenue que je voulais pas m'engager dans une relation." Quel enfoiré de connard! 

Ah non, j'ai bien peur que non; au lieu de le traiter de connard, veuillez un instant vous mettre à sa place. 
Il vous avez prévenue qu'il voulait pas s'engager dans une relation, qu'il adorait la Carbonara mais que c'était pas pour autant qu'il envisageait d'ouvrir avec vous une Trattoria. 
Plus tard, il vous a demandé votre 06. Et vous le lui avez donné sans sourciller. Dans son esprit, c'est comme si vous lui aviez dit que vous le trouviez sympa et tout. 
Il ne vous a pas menti, il ne vous a pas induite en erreur; il vous avait dit exactement ce à quoi ne pas vous attendre. 
Je sais que dans votre caboche vous devez penser, "Oh, il m'a demandé mon numéro parce que je commence à l'intéresser pour une éventuelle relation... maintenant il me rappelle... voilà qu'il m'invite à dîner...il est de plus  en plus intéressé." 
Non, il cherchait juste à pénétrer sous votre couette pour un échange de fluides. Si ce n'est pas ce que vous vouliez, quand un mec vous dit qu'il ne veut pas d'une relation  mais vous demande plus tard votre 06, répondez lui simplement, "Merci, mais vous m'avez dit que vous n'étiez pas intéressé par une relation, alors je vais garder mon numéro." 
C'est pas sorcier si vous considérez ce qu'il vous avait dit en premier lieu.

Si vous commencez par considérer la perspective de l'autre sexe, vous vous apercevrez rapidement que nous ne sommes pas que des "connards" ni vous des "salopes". 
Par exemple, souvent nous les mecs ne rappelons pas votre 06 après le passage à l'horizontale parce que vous les femmes nous avez menti et que du coup, nous avons perdu tout intérêt. 
La femme qui avait de supers yeux émeraude, une paire de nibards 95C, un cul à damner tous les saints et apparemment non-fumeuse quand on est sortis du bar, vient juste de sortir de ma salle de bain avec des yeux marrons, une paire de double A riquiqui, un cul énorme, et un bout de clope pendant obliquement entre ses lèvres entrouvertes, maintenant qu'elle a ôté ses lentilles, son soutif gonflant rehausseur et sa paire de jeans trois tailles en dessous. 
On couchera quand même sur le coup avec vous parce que...ouais, ben parce que ça serait méchant et goujat de pas le faire. Mais ne vous attendez pas à ce qu'on vous rappelle. Jamais. Vous êtes celle qui nous a trompés, pas l'inverse.
Et inversement, un paquet de mecs traitent les femmes de "salopes" parce que, quand ils approchent ces femmes et leurs balancent des trucs du genre "Mon pote aimerait bien faire votre connaissance," les femmes leurs rétorquent qu'ils sont "nuls." Quelle grossièreté de la part de ces gonzesses!

Une fois de plus, veuillez considérer la perspective des femmes, les mecs. Elle et ses amies ont pris le temps de décider en quel endroit elles allaient se rendre pour rencontrer des mecs. Et elles se sont "habillées" en conséquence. 
Elles ont minutieusement choisi entre une demi-douzaine de paires de boucles d'oreille, entre plusieurs robes ou jupes, hésité entre Desigual ou bien Naf Naf, et entre une bonne trentaine de paires de pompes. Pour faire court, elles ont vraiment fait des efforts pour leur sortie comme pour attirer notre attention.
Elles aimeraient bien que les mecs qui les approchent fassent aussi des efforts pour briser la glace et soient remplis de confiance. "Mon pote aimerait faire votre connaissance?" Ooooh, comme c'est malin  et original, en plus votre pote passe pour un blaireau, à vous envoyer au casse-pipe vers la femme qui lui a tapé dans l'œil. 
Désolé de ruiner votre rêve rose mais ce n'est pas une "salope"; elle ne veut tout simplement pas vous voir entraver la route de la queue du mec qu'elle a vraiment envie de rencontrer ce soir et c'est tout à fait normal.
Ou peut-être avez-vous payé des verres toute la soirée à cette nana, alors vous considérez qu'elle vous est redevable d'un peu de son temps, d'un peu de son attention, et, évidemment, de l'intégralité de son corps de rêve; s'il vous plait, comme si vous refuseriez vous-même ces verres à l'œil. 
Accepter vos verres sans vouloir terminer la soirée sur un matelas avec vous n'en fait pas une "salope"; au contraire, ça fait simplement d'elle une femme intelligente, prudente,  parcimonieuse et économe, et peut-être même tout simplement plus hygiénique qu'un Tampax usagé.

Le plus d'attention vous porterez aux perspectives du sexe opposé, les meilleures seront vos relations et plus grand sera votre succès dans ce que vous recherchez, que ce soit une relation ou une liaison, du sexe, l'augmentation de votre collection de petites culottes ou une bonne référence pour un boulot, quoi que ce soit. 
Et devinez quoi? 
Rencontrer et sortir avec des gens du sexe opposé deviendra plus amusant, plutôt qu'un assommoir. 

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1 oct. 2019

365. Un kleenex, peut-être ?


Il chiale et il chiale. Il n'y a rien qu'il puisse faire d'autre que de brailler. Il regarde le ciel, il chiale. Il regarde sa réflexion dans le miroir, il braille. Il regarde le petit azalée qu'ils ont planté y'a quelques mois dans la pelouse, il chiale.
Il n'y a que des larmes, là, dans ses yeux et sur ses joues. Des fois sur sa peau, sur ses mains, partout. Rien que des larmes.
La bonne femme, une vioque de 40 balais, ne rate jamais une matinée, le regardant d'en face du haut de son espèce de promontoire. Elle le mate et le mate encore. Elle dit jamais bonjour, pas même un signe de la main ou le moindre clin d'oeil. Il sait qu'il a une admiratrice. Mais il s'en tape. Il en a pas besoin. Là, elle le regarde encore. Mais ce coup ci, elle a amené une paire de jumelles. Pour mieux voir les détails. Elle distingue mieux ses larmes. Elle est désolée pour lui, ça se voit. On dirait qu'elle est capable de ressentir sa peine bien qu'elle sache pas ce qui en est la cause.
Ça lui donne envie de chialer à elle aussi, son coeur lui fait mal, se demandant ce qui a bien pu blesser ainsi ce coeur fragile et solitaire. Lui, il la voit aussi, munie de sa paire de trucs grossissants. 
Pourquoi semblent-ils toujours le rendre si minable? Ils posent jamais de questions. Ils font que de le montrer du doigt. Et lui peut rien faire que de regarder leurs gueules consternées. C'est pas de sa faute. C'est ses capacités motrices. Il a jamais pu se tenir debout sur ses deux jambes. Il a pas demandé à naître comme ça. Il a même jamais demandé à naître du tout.
Et maintenant, elle le regarde avec pitié. Elle le lorgne comme s'il n'y avait rien qu'elle pouvait faire et elle en est désolée. Une larme commence même à perler aux coins de ses paupières. C'est injuste, se dit-il. Pitoyable. Il aimerait disparaître, se dissoudre devant ses yeux. Il n'y a plus aucune raison pour lui de vivre si son existence rend la vie même de son admiratrice si malheureuse.

Il aimerait quitter ce monde cruel dans lequel il vit. Oui mais voilà, il peut même pas tenter le suicide avec son handicap. Ah, s'il pouvait lui dire tout l'amour qu'il ressent  pour elle! 
Par bonheur, elle aussi l'aimait beaucoup. Elle utilisa ses propres mains pour franchir le parapet et le rejoindre dans sa misérable et triste vie.
Oh merci, m'dame, vraiment, fallait pas...


Note de la rédaction de ce blog: Ni elle, ni sa paire de jumelles n'y auraient pu rien changé. Ce pauvre malheureux continue de chialer. Il n'y peut rien. Il ne peut que brailler et verser de plus belle ses torrents de larmes ..., pour une raison connue de lui seul que tous ignorent.


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