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19 janv. 2025

1002. Pourquoi les mondialistes ont orchestré la guerre en Ukraine

 

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POURQUOI LES MONDIALISTES ONT ORCHESTRÉ LA GUERRE EN UKRAINE

Tout le monde sait que le conflit en Ukraine n'a pas poussé tel un pré de luzerne après la dernière pluie , mais personne en propose une véritable explication. La rédaction de ce blog va donc s’y attarder un tout petit peu.

L’étude de l’histoire, en commençant dès l'école primaire, n'est guère plus qu’une chronique des guerres et de leurs conséquences. Les grandes réalisations de l’intelligence humaine et des Lumières sont juste rien que des notes de bas de page, alors que les guerres sont des épisodes qui s’inscrivent dans notre mémoire collective. Pourquoi ? Parce que la guerre est l’outil ultime de distraction et de contrôle entre les mains de l’élite avide de pouvoir.

La plupart des guerres ne sont pas des explosions spontanées de ferveur nationaliste, mais des spectacles minutieusement orchestrés. Les marionnettistes sont les élites financières, qui manipulent les gouvernements comme des pièces d’échecs pour obtenir les résultats souhaités.

Prenez par exemple la montée du national-socialisme en Allemagne. Il s’agissait pas d’un mouvement populaire, mais d’une aventure lucrative financée par des entreprises. Des entités basées aux États-Unis comme Standard Oil, JP Morgan et même IBM (lien vers la Wayback machine en anglais) ont joué un rôle crucial. Cette dernière a même fourni les machines de collecte utilisées pour organiser les camps d’extermination nazis, un exemple effrayant de complicité des entreprises.

Adolf Hitler, autrefois la risée de la société allemande, est arrivé au pouvoir grâce à une vague d’investissements des entreprises. Le Fonds Keppler, créé par le biais du Cercle Keppler, est un parfait exemple de ce soutien sinistre, avec des contacts principalement basés aux États-Unis.

Et oublions pas Prescott Bush, le grand-père de George W. Bush. En tant que directeur de l’Union Banking Corporation, une banque basée à New York, il a blanchi de l’argent pour le Troisième Reich tout au long de la guerre. Bien qu’il ait été accusé de commerce avec l’ennemi, le dossier contre lui a mystérieusement disparu. La famille Bush, loin d’être tenue pour responsable, est devenue une des dynasties politiques les plus influentes des États-Unis.

La crise ukrainienne n’est-elle donc qu’une poudrière de plus conçue par les mondialistes ? L’histoire le suggère certainement. La stratégie de l’élite est ancienne, mais efficace : financer les deux camps, attiser les conflits et tirer profit du chaos. C’est un jeu cynique, mais qui a été joué maintes et maintes fois. Et si on prend pas conscience de cette réalité, on continuera d’être des pions dans leur jeu mortel.

L’ascension du communisme en Russie par la révolution bolchevique n’a pas été un soulèvement spontané et populaire, mais un événement méticuleusement financé par une élite "juive" non sémite tels les Rothschilds, et mise en oeuvre par une autre élite "juive" également non-sémite tels Lénine ou Trotsky. Comme le professeur Antony Sutton le documente méticuleusement dans son livre « Wall Street et la révolution bolchevique »,(télécharger pdf gratuit) ce sont les financiers mondialistes la plupart du temps "juifs" non-sémites qui ont créé les conditions idéales pour la prise de pouvoir communiste. Il convient de noter que ces mêmes financiers ont également aidé les nazis.
 
Le national-socialisme et le communisme, les deux idéologies qui ont défini le XXe siècle, étaient les deux faces d'une même médaille. Il s'agissait de structures gouvernementales despotiques, imaginées par le même groupe d'élites. Ces deux idéologies frauduleuses se sont ensuite opposées dans un conflit artificiel que nous appelons aujourd'hui la Seconde Guerre mondiale. Le résultat ? On estime à 140 millions le nombre de victimes dans le monde et la création définitive des Nations Unies, précurseur du gouvernement mondial.

Toutes les grandes crises internationales du siècle dernier ou plus se sont terminées par une consolidation encore plus grande du pouvoir mondial entre les mains de quelques-uns. C'est loin d'être une coïncidence.

Quand notre rédaction parle du concept du faux paradigme gauche/droite, elle voit souvent une étincelle de compréhension. Certaines personnes voient au-delà de la rhétorique superficielle des dirigeants des partis de gauche ou de droite. Elles remarquent les nombreuses similitudes, notamment en matière de politique étrangère, de politique de défense intérieure et de politique économique.

Les résultats des votes des principaux acteurs des deux partis sont presque interchangeables. Il est difficile de trouver une grande différence idéologique entre Bush et Barack Obama, Hollande et Macron, Merkel et Scholz, Richie Sunak et Keir Starmer et par exemple, ou pire encore entre Obama le faiseur de guerres et Joe Biden.

Cependant, lorsqu'on suggère que des faux paradigmes similaires sont utilisés entre deux nations apparemment opposées, la compréhension s’efface. Malgré le fait que les financiers mondialistes ont canalisé des capitaux vers les complexes militaires américains, britanniques, allemands et soviétiques tous en même temps pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux occidentaux veulent pas croire qu’une telle chose puisse se produire aujourd’hui.

En réponse, notre rédaction présente la crise en Ukraine par rapport à la crise en Syrie :

Ukraine vs. Syrie
La mémoire du public est de courte durée, semble-t-il. Fin 2013, les États-Unis étaient au bord de la catastrophe économique et du précipice de la troisième guerre mondiale. Les tambours de guerre à Washington battaient le ramdam pour une « intervention » en Syrie et le renversement de Bachar al-Assad. Ce sont les efforts incessants des médias indépendants, qui ont exposé les motivations les plus sombres de l’insurrection syrienne et la soif de sang de l’administration Obama, qui ont sauvé le Moyen-Orient du gouffre.

Cependant, lorsque les élites perdent une voie vers la guerre et la diversion, elles en créent simplement une autre. C’est ce que j’appelle « l’effet de dispersion ou effet chevrotine ». L’opinion publique, accablée par de multiples points de déclenchement et des barils de poudre politique, perd le fil de la réalité.

La crise en Ukraine ressemble étrangement à la guerre civile en Syrie, ce qui porte à croire que l’intention est la même. Les mêmes marionnettistes tirent les ficelles, fomentent des troubles et créent un récit qui justifie l’intervention. Les mêmes puissances mondialistes exploitent le chaos à leur propre profit, en utilisant la crise comme prétexte pour augmenter les dépenses militaires et étendre leur puissance.

L’argent des centres mondialistes s’infiltre dans l’opposition ukrainienne depuis au moins 2004. La Fondation Carnegie a été surprise en train de verser des fonds au candidat politique antirusse Viktor Iouchtchenko et aux groupes qui le soutenaient.

La Cour suprême ukrainienne a demandé un second tour en raison d’une fraude électorale massive, ce qui a conduit à la montée de la révolution orange pro-occidentale. Le vainqueur fut Iouchtchenko face à nul autre que Viktor Ianoukovitch. Cependant, Ianoukovitch a remporté les élections de 2010, pour être évincé par la révolution colorée de cette année-là. C’était pas le signe d’une démocratie saine, mais un jeu de marionnettes politiques.

Il a été découvert que les révolutions suivantes ont également reçu des fonds de l’OTAN et d’intérêts américains. Le Département d’État et des milliardaires comme Pierre Omidyar, le fondatur et président d’eBay font partie de ceux qui ont financé ces révolutions. Il s’agissait pas de soulèvements organiques, mais de soulèvements fabriqués.

Une grande partie du soutien financier de ces financiers a été canalisée vers des hommes comme Oleh Rybachuk, le bras droit de Ianoukovitch pendant la révolution orange et un favori des néoconservateurs et du Département d’État américain.

Le FMI (Fonds monétaire international) a également sauté sur l’occasion pour jeter de l’argent au nouveau régime ukrainien, une mesure calculée pour empêcher le défaut de paiement et permettre au mouvement d’opposition de concentrer son attention sur la Russie.

La révolution en Syrie a également été principalement alimentée par des fonds et des armes occidentaux transférés via des terrains d’entraînement comme Benghazi, en Libye. L’attaque contre le consulat américain à Benghazi a peut-être été conçue pour dissimuler l’armement des rebelles syriens par la CIA. C’est pas une théorie du complot, mais un fait bien documenté.

Après que ce complot a été exposé au grand public, les gouvernements contrôlés par les mondialistes ont décidé de fournir ouvertement de l’argent et des armes à l’insurrection syrienne, au lieu de mettre fin au subterfuge. Il s’agit d’un mépris flagrant du droit international et de la vie humaine.

Les rebelles
Les élites, avec leurs poches bien garnies et leur influence insidieuse, orchestrent des soulèvements pour servir leurs propres objectifs tordus. Les véritables mouvements de changement sont rapidement détournés, leurs nobles intentions corrompues et perverties. Et lorsqu’une rébellion naît des mains mêmes de ces marionnettistes, elle est invariablement imprégnée des formes les plus viles et les plus extrêmes de fanatisme.

L’insurrection syrienne est un exemple flagrant de cette hypocrisie. Ses rangs sont remplis des hommes mêmes qui prêtent allégeance à Al-Qaïda, Daesh ou ISIS, les ennemis jurés supposés du monde occidental. Pourtant, les gouvernements des États-Unis et d’Israël, dans une démonstration stupéfiante de deux poids deux mesures, ont continué à apporter leur soutien à ces enculés insurgés.

Les atrocités commises par ces soi-disant « rebelles » ne sont rien de moins que barbares : exécutions de masse, torture de civils innocents et même l’acte grotesque de cannibalisation d’organes humains. Et pourtant, les pouvoirs en place ont fermé les yeux, se contentant de laisser le carnage se poursuivre tant que ça servait leurs intérêts.

En Ukraine, la révolution initiale a été menée par le parti Svoboda, une bande de fascistes se faisant passer pour des combattants de la liberté. Dirigée par Oleh Tyahnybok, un homme qui salue fièrement à la manière du régime nazi d'Hitler, cette organisation incarne l'antithèse même de la démocratie et de la justice.

Même si elle a pu éviter pendant un certain temps le même niveau de violence gratuite qui a terni l'image des insurgés syriens, ce n'était qu'une question de temps avant que leur véritable couleur ne soit révélée. Les médias indépendants, toujours vigilants, ont révélé leurs atrocités, tout comme ils l'ont fait avec Al-Qaida en Syrie. Et lorsque ça s'est produit, la Russie a eu toutes les justifications nécessaires pour faire valoir sa puissance militaire.

Le rôle de la Russie
Il y a quelques années, la Russie s’est retrouvée au centre d’une tempête qui couvait. Le conflit syrien, loin de se résumer à la simple question de renverser Assad, comportait le potentiel terrifiant de déclencher une conflagration plus vaste, entraînant dans son sillage les puissants acteurs que sont l’Iran et la Russie.

La Russie, avec sa seule base navale au Moyen-Orient perchée sur la côte de Tartous, et ses liens économiques et politiques profonds avec la Syrie et l’Iran, aurait été obligée de répondre à toute intervention occidentale. Le discours dominant voudrait nous faire croire que c’est le spectre des représailles russes qui a arrêté la main d’Obama, mais la vérité est bien plus insidieuse.

Les mondialistes, les véritables marionnettistes dans l’ombre, ont été contrariés non pas par la peur de Poutine, mais par le manque de soutien de l’opinion publique à leur programme belliciste. Pour qu’une guerre soit menée, il fallait atteindre un certain seuil de soutien populaire, et dans ce cas, le peuple a refusé de se laisser manipuler.

Mais les mondialistes sont pas du tout irréductibles. La Syrie n’ayant pas réussi à fournir le catalyseur souhaité pour un conflit, ils ont tourné leur attention vers l’Ukraine, attisant une fois de plus les tensions entre l’Est et l’Ouest.

La Crimée, un État autonome lié au continent ukrainien, abrite la base navale la plus importante de la Russie. En réponse au changement de régime soutenu par l’Occident en Ukraine, la Russie a inondé la Crimée de troupes (les petits hommes verts), une action que le nouveau gouvernement ukrainien, soutenu par l’OTAN, a dénoncée comme une « invasion » et un acte de guerre. Les personnages habituels de bellicistes, tels que McCain et Lindsay Graham, ont consciencieusement répété la ligne de propagande, décrivant les actions de la Russie comme le résultat de la perception de Poutine selon laquelle l’administration Obama était « faible ».

Le véritable objectif de cette crise fabriquée est douloureusement clair : provoquer un état de tensions accrues, voire une guerre ouverte, entre la Russie et les États-Unis. L’échec de la manœuvre syrienne n’a pas découragé les mondialistes ; ils ont simplement déplacé leur attention vers l’Ukraine.

Marchés de l'énergie
Sur le théâtre syrien, toute action militaire menée par les États-Unis aurait inévitablement poussé l'Iran à fermer le détroit d'Ormuz, mettant en péril jusqu'à 30 % du transport mondial de pétrole. Cette décision audacieuse aurait pu facilement attiser le ressentiment mondial, conduisant à l'abandon du dollar américain comme étalon de référence du pétrole.

La Chine et la Russie, dans leur subtilité caractéristique, ont toutes deux fait allusion à la possibilité d'une riposte économique à l'intervention américaine, sans toutefois donner de détails officiels. Le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale aurait été sévèrement abimé, ce qui aurait eu des conséquences rien de moins que catastrophiques.

Dans l'imbroglio ukrainien, le spectre d'une intervention avait été accueilli par des menaces claires et sans équivoque de la part de la Russie, notamment la perspective effrayante d'un arrêt des importations de gaz naturel vers l'Union européenne via Gazprom, qui répondait à environ 30 % des besoins en carburant de l'UE.

En 2009, la fermeture temporaire du gazoduc ukrainien a provoqué une série de pénuries en Europe. Contrairement au tableau idyllique dressé par certains médias grand public, l’influence de la Russie sur l’énergie de l’UE est loin d’être « diminuée ».

La Russie a également menacé de se débarrasser de ses obligations du Trésor américain, une mesure qui ne semble pas constituer un atout de négociation important à première vue. Cependant, lorsqu’on considère que la Chine a ouvertement soutenu les efforts russes en Ukraine, tout comme elle l’a fait avec l’opposition de la Russie aux activités américaines en Syrie, le tableau devient considérablement plus alarmant. Une vente d’obligations russes serait inévitablement suivie d’une vente d’obligations chinoises, un scénario qui se prépare depuis au moins 2008.

Les mondialistes et les banques centrales ont désespérément besoin d’un « événement de couverture », d’une diversion ou d’un bouc émissaire suffisamment grandiose pour envelopper le chaos dans lequel ils pourraient alors orchestrer la disparition du dollar comme réserve mondiale et ouvrir la voie à un système monétaire mondial. La crise ukrainienne et la guerre qui a suivi ont fourni une nouvelle occasion pour que ce plan néfaste se concrétise.

La vérité
La correspondance entre la conspiration entre la Syrie et l’Ukraine, et le potentiel de chaque événement à déclencher un conflit régional, un effondrement du dollar ou une guerre mondiale, ont été méticuleusement décrits. Cependant, cette conspiration est-elle unilatérale ? L’Occident et l’OTAN sont-ils les seules entités manipulées par les mondialistes pour coincer la Russie et provoquer un conflit ? Et que peuvent gagner les mondialistes en déclenchant un tel désastre ?

Comme pour toute autre guerre catastrophique préfabriquée, le but ultime est l’effacement de l’identité souveraine tout en consolidant le pouvoir économique, politique et social. Il suffit pas que les financiers mondiaux dominent le secteur bancaire et possèdent la plupart des politiciens ; ils cherchent à transformer la psyché publique. Ils veulent qu'on les supplie d'installer une gouvernance mondiale.

Cette fabrication du consentement est souvent obtenue en opposant deux gouvernements contrôlés l’un à l’autre puis, à la suite de la tragédie, en appelant à l’unification mondiale. L’argument est toujours avancé que si on abandonnait simplement le concept d’États-nations et qu'on se reformait sous un seul organisme mondial, toutes les guerres « disparaîtraient ».

La question est de savoir si Poutine est au courant de ce plan. En fait-il partie ? Assistons-nous à une répétition du théâtre d’une marionnette russe contre une marionnette OTAN, comme pendant la guerre froide ?

Ce que je sais, c’est que Poutine a, à de nombreuses reprises dans le passé, appelé à un contrôle mondial de l’économie par le biais du FMI et à l’instauration d’une nouvelle monnaie mondiale utilisant les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI.

Ce sont les prêts du FMI qui ont sauvé la Russie de la banqueroute à la fin des années 1990. Et Poutine a appelé à des consultations avec le FMI concernant la Crimée. Rappelez-vous, c’est le même FMI qui s’efforce de financer ses adversaires en Ukraine occidentale.

En substance, si on se réfère à ce que j'ai mis juste au-dessus, si vous croyez en la souveraineté nationale et à la décentralisation du pouvoir, Poutine est pas votre allié. Une fois de plus, on a les mondialistes qui injectent de l’argent dans les deux camps d’un conflit qui pourrait se transformer en quelque chose de cauchemardesque. Mais bon, espérons que la vision de Poutine a changé depuis 2009.

Poutine voulait une gouvernance économique mondiale et une consolidation sous l’égide du FMI, tout comme le FMI, soi-disant « dirigé par les Américains », veut une consolidation. La gouvernance mondiale de la finance et de la création monétaire signifie en fin de compte une gouvernance mondiale de tout le reste.

Une guerre est-elle créée à travers le faux paradigme de l’Est contre l’Ouest pour ouvrir la voie à un gouvernement mondial ? Les tensions Est/Ouest sont-elles exploitées comme un écran de fumée pour la destruction finale du statut de réserve mondiale du dollar ? Il est difficile de dire si l’Ukraine sera le déclencheur final ; cependant, les faits suggèrent que si un conflit survient, quel que soit le « vainqueur » d’un tel scénario, le FMI en sortira vainqueur.

Imaginez que vous jouez seul à une partie d’échecs. Quel camp gagne à la fin de cette partie : les noirs ou les blancs ? La réponse est que ça n’a aucune espèce d'importance. Vous gagnez toujours lorsque vous contrôlez les deux camps.

17 janv. 2025

1001. Wikipedia: Comment la gauche mondialiste et woke a volé une encyclopédie

 

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WIKIPEDIA: COMMENT LA GAUCHE MONDIALISTE ET WOKE A VOLÉ UNE ENCYCLOPÉDIE

Le plan ambitieux de la Wikimedia Foundation pour faire pression sur l'ONU menace de transformer l'Internet libre en un espace réglementé et idéologique.

En 2019, la communauté Wikipédia a été secouée par un scandale qui aurait dû faire la une des journaux bien au-delà de la chambre d’écho de ses rédacteurs dévoués. Fram, un administrateur, a été frappé d’une interdiction d’un an – non pas par les suspects habituels, le Comité d’arbitrage de Wikipédia en anglais, mais directement par la Wikimedia Foundation (WMF), les gardiens autoproclamés de notre « encyclopédie libre ». Il s’agissait d’une démonstration flagrante de l’autoritarisme rampant au sein d’une organisation qui se targue d’être l’incarnation de la collaboration open source.

L'interdiction n'était pas une simple mesure disciplinaire. Au lieu de laisser la communauté contrôler elle-même ses activités comme le font aujourd'hui Musk sur X et tout récemment Zuckerberg sur Meta, la WMF, qui se présente comme une organisation à but non lucratif mais agit plutôt comme un chef d'entreprise, a décidé de contourner les processus établis. On voit ici la véritable dynamique de pouvoir à l'œuvre, où une ONG se faisant passer pour la protectrice de la connaissance libre exerce un contrôle d'une manière qui ferait rougir n'importe quel gouvernement centralisé.

À peine un jour après la promulgation de ce décret autoritaire, Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, sentant la révolte se préparer, est intervenu avec son sens habituel du drame. Il a promis une révision, mais qu'est-ce que ça a changé ? Rien, nib, que dalle en fait. Il s'agissait simplement de limiter les dégâts, un cas classique de trop peu, trop tard.

Ses actions n'ont pas contribué à endiguer la vague de démissions qui a suivi. Les rédacteurs en chef de haut rang, qui sont censés être l'épine dorsale de la gouvernance de Wikipédia, ont jeté leurs badges virtuels en signe de dégoût, soulignant la manière dont la WikiMediaFoundation (WMF) avait piétiné les principes d'ouverture, de consensus et d'auto-gouvernance que Wikipédia prétend défendre.

Au fond, la débâcle était liée à l'affrontement entre l'éthique populaire et décentralisée de Wikipédia et l'approche de plus en plus centralisée et descendante de la WMF. Mais faut pas se leurrer : ce n'était que la surface d'un changement culturel plus profond, un changement dans lequel la WMF a adopté un nouveau programme de justice sociale avec toute la subtilité d'un marteau-pilon.

Prenons par exemple le lancement en 2020 du projet Wiki Take the 2020 launch of Wikiproject Black Lives Matter . Ici, Wikipédia n'a pas seulement pivoté vers la diversité, l'équité et l'inclusion (DEI) ; elle y a fait un triple saut périlleux. Sous couvert de corriger les « préjugés systémiques », ils ont essentiellement créé une voie spéciale pour certains sujets, les élevant au-dessus des autres. 

Au lieu de ça, on a vu les rédacteurs de Wikipédia devenir des activistes, participer à des manifestations, demander des photos sur le terrain. Il s'agissait plus de journalisme ni même d'un travail encyclopédique ; il s'agissait de propagande déguisée en service public, manipulant le récit sous la bannière de la justice sociale.

La controverse était en fin de compte une bataille pour l'âme d'une institution qui prétend abriter la somme des connaissances humaines, ainsi que ses considérables caisses financières. La question était la suivante : Wikipédia resterait-elle un bastion de gouvernance démocratique et communautaire où règnerait en maître l'esprit d'ouverture, de transparence et de neutralité ? Ou succomberait-elle à l'influence de quelques technocrates d'ONG bien rémunérées par George Soros et assimilés, orientant la plateforme vers les marées capricieuses du programme de justice sociale des élites occidentales ?

De plus, comment Wikipédia ferait-il face aux changements sismiques du discours occidental, où la notion même de connaissance neutre et objective était qualifiée de relique de la pensée suprémaciste blanche ?

Alors que la communauté Wikipédia explosait de fureur numérique à cause de ce scandale, certaines vérités ont fait surface comme des îles dans une mer d'octets. Fram, avec ses 250 000 modifications, était un colosse parmi les éditeurs, mais sa langue acérée était aussi connue que son dévouement. Son conflit a eu lieu avec Laura Hale, une doctorante australienne dont les contributions à Wikipédia étaient imprégnées de défense du féminisme et du sport féminin, en particulier dans le domaine paralympique.

Hale, qui n'avait pas de droits d'administrateur chez Wiki, a accusé Fram de harcèlement, citant ses commentaires critiques laissés sur sa page de discussion, une arène numérique où le travail éditorial de chacun est discuté et décortiqué. Mais il s'agissait pas d'un simple désaccord sur les modifications ; il s'agissait d'un affrontement idéologique, où le personnel est devenu politique au sens le plus littéral du terme.

Dans une FAQ (Questions Fréquentes) tentant de clarifier l'interdiction, l'équipe de Wikimedia Trust and Safety a eu recours au jargon de l'entreprise, offrant à peine plus que des assurances vides de sens. L'explication était aussi substantielle qu'un nuage : « Comme décrit sur la métapage sur les actions du bureau, nous étudions la nécessité d'une action du bureau soit à la réception de plaintes de la communauté, soit comme l'exige la loi. Dans ce cas, nous avons agi sur la base de plaintes de la communauté d'utilisateurs. » Un rédacteur, peut-être avec du sarcasme dégoulinant de chaque mot, a fait remarquer: « De toutes les réponses non-réponses que j'ai vues dans ma vie, celle-ci est probablement l'une des plus longues. »

Alors que le mouvement #MeToo transformait le paysage culturel occidental, l’accusation d’un rédacteur en chef de sexe masculin contre une femme de moindre autorité a touché une corde sensible dans les ailes progressistes de la communauté Wikipédia.  Femmes en Rouge (Women in Red), un groupe qui se consacre à l’amplification de la représentation féminine sur le site, a intensifié sa rhétorique, accusant Fram de « vrais crimes » 
Un rédacteur, portant fièrement son badge « antiraciste, pro-LGBTQ+ », lors d’une discussion communautaire, a fait écho à ce sentiment dans un tweet qui a disparu de la chronologie comme une brume matinale, suggérant que l’affaire impliquait quelque chose de « légal ou de très grave ».

Cependant, ce récit a été brouillé par la révélation que Hale avait une relation amoureuse avec Raystorm (de son vrai nom Maria Sefidari), qui avait défendu Hale avec véhémence. 

L'appel de Sefidari, « Leave Laura alone / Laissez Laura tranquille », sur une page de discussion aurait pu n'être qu'une goutte d'eau dans l'océan du débat en ligne s'il y avait pas eu un détail crucial. Sefidari était pas qu'une simple éditrice ; elle était la présidente du conseil d'administration de la Wikimedia Foundation, exerçant une influence sur l'entité même qui avait émis l'interdiction.

Ce rôle l'a placée au cœur des décisions concernant la rémunération du personnel, les transitions de direction et l'orientation stratégique de la WMF. De plus, son implication dans des comités de haut niveau comme le Comité d'audit, qui gérait les finances de la Fondation, et le Comité de gouvernance du conseil d'administration, qui façonnait la structure interne du conseil, a dressé un tableau de pouvoir considérable et de conflits d'intérêts potentiels.

Cet étrange triangle d'amour, d'inimitié et de pouvoir a alimenté les soupçons au sein de la communauté selon lesquels l'interdiction de Fram n'était pas tant une question d'« abus » présumés que de volonté de faire taire les critiques dirigées contre le travail médiocre d'un partenaire amoureux d'une personnalité influente. Aussi scandaleux que ça puisse être, ça n'aurait été qu'une anecdote bizarre, bien que peu recommandable, dans les anecdotes de Wikipédia si ça s'était arrêté là.

Au contraire, ça a marqué le début d’une profonde transformation, où l’esprit original et décentralisé de Wikipédia serait supplanté par l’agenda de la WMF visant à utiliser la plateforme comme un instrument d’ingénierie sociale progresso-mondialiste.


Deux ans plus tard, Sefidari a annoncé son départ du conseil d’administration de la WMF, pour ensuite occuper un poste de consultante auprès de la Fondation. Cette décision a fait froncer les sourcils et déclenché une tempête de protestations parmi les membres de la communauté, qui l’ont dénoncé comme un cas évident d’intérêt personnel. La réaction a été si véhémente qu’elle a nécessité l’intervention de la conseillère juridique de la WMF, Amanda Keton, qui a tenté de justifier cette transition.

Keton a fait valoir que la WMF avait décelé « des lacunes dans la mise en œuvre de la stratégie du mouvement de la Fondation » nécessitant une expertise supplémentaire. Sefidari, avec sa profonde connaissance de la WMF et de la stratégie du mouvement, était bien placée pour combler ces lacunes en tant que consultante.

La stratégie du mouvement, ou Wikimedia 2030, était pour le moins ambitieuse. Initiée par Katherine Maher pendant son mandat de directrice exécutive et PDG de la WMF, cette stratégie visait à redéfinir la mission de la WMF et de Wikipédia.

L’éthique fondamentale de la base de connaissances décentralisée a été remplacée par une approche plus centralisée, axée sur l’activisme et le plaidoyer sous l’angle de la justice sociale.

Lors du dévoilement de la stratégie, Maher s’est vanté d’une période de gestation de huit mois, impliquant un large éventail d’acteurs issus des médias, de la technologie, du monde universitaire et des ONG, parmi lesquels Sefidari a notamment été mentionnée.

La pierre angulaire de la stratégie du mouvement était « l’inclusion », un terme qui avait commencé à résonner avec l’esprit du temps culturel, bientôt amplifié par des mouvements comme #MeToo, Black Lives Matter et la lutte pour les droits des transgenres. L’une des « conclusions de consensus » de cette initiative aurait bien pu être tirée d’un manuel Diversité-Equité-Inclusion (DEI) : « L’inclusion et une nouvelle représentation ne peuvent être forgées qu’avec des barrières à l’entrée plus faibles. »

Maher a considéré que ce nouvel accent mis sur l’inclusion était vital. Malgré la rhétorique de la WMF sur la diversité, la dure réalité était que la communauté éditoriale de Wikipédia était majoritairement masculine, avec des estimations suggérant qu'environ 80 % étaient des hommes.

Du point de vue de l'idéologie axée sur l'équité adoptée par la WMF, si sa mission était vraiment de fournir un accès mondial à toutes les connaissances, alors cette distorsion démographique était pas seulement un échec mais une injustice envers la moitié des voix du monde.

En tant qu'architecte de la stratégie du mouvement, Maher a plus tard exprimé cette position plus franchement après avoir pris le rôle de dirigeante de NPR (National Public Radio, le principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public aux États-Unis), où elle a critiqué la philosophie « libre et ouverte » de Wikipédia comme une « construction occidentale des hommes blancs » qui conduisait intrinsèquement à « l'exclusion des communautés et des langues ».

Ce point de vue a été repris par WMF, bien que dans le langage plus aseptisé du jargon des entreprises, dans un article publié sur LinkedIn en 2023 :
« Pourquoi la représentation mondiale des rédacteurs bénévoles de Wikipédia est-elle importante ? Elle est importante parce que Wikipédia est le reflet des personnes qui y contribuent. Des perspectives diverses créent des connaissances de meilleure qualité, plus représentatives et plus pertinentes pour nous tous. »

Ce concept, surnommé « équité des connaissances », devait redéfinir l’essence même de la mission de Wikimedia. C’est cette même notion d’« équité des connaissances » qui sous-tendait une autre des conclusions de consensus de la stratégie du mouvement, étrangement semblable aux visions utopiques véhiculées par le Forum économique mondial :
« Wikimedia devrait avoir une influence sur l’élaboration de la politique mondiale en matière d’accès au savoir. »

Lorsque Wikipédia a été lancé en 2001, ça pouvait sembler une aspiration noble, bien que quelque peu académique. Mais en 2017, il était évident que le contrôle de l’information équivalait à l’exercice du pouvoir à l’ère numérique. Le contenu n’était plus seulement une information, c’était une monnaie d’échange et Google était la banque.

Dans cet écosystème, Wikipédia n’était plus un simple site Web, c’était le faiseur de rois, fournissant à Google des millions de pages de contenu « vérifié » grâce à sa légion d’éditeurs censeurs de la pensée.

Wikipédia est devenu en substance le vérificateur de faits non rémunéré de Google, un service colossal qui ne coûtait rien à Google mais qui garantissait que les pages de Wikipédia dominaient les résultats de recherche, alimentant le Graphique des connaissances (Knowledge Graph de Google), qui en 2016 apparaissait dans un tiers de toutes les recherches. Google, reconnaissant cette symbiose, a fait des dons généreux, en commençant par une contribution de 2 millions de dollars en 2010.

Mais pour que la WMF puisse véritablement façonner la politique mondiale en matière d’accès au savoir, il lui fallait plus que de l’altruisme ; il lui fallait un trésor de guerre. C’est là qu’est né le coup de maître financier de la stratégie du mouvement : le Wikimedia Endowment. Il ne s’agissait pas seulement de sécuriser les coûts opérationnels de Wikipédia ; il s’agissait de construire une forteresse financière pour soutenir indéfiniment les batailles idéologiques de la Fondation.

Le Wikimedia Endowment, créé en 2016, s’est niché au sein de la Tides Foundation, une centrale électrique de 800 millions de dollars connue pour son activisme de gauche. Il faisait partie du Tides Center, un réseau visant à « accélérer la justice sociale ».

Le dossier 990 de la Tides Foundation auprès de l’IRS (Fisc US) énonce sans détour sa mission comme étant « l’octroi de subventions par le biais de fonds pour accélérer le rythme du changement social ». C’est ici que le Wikimedia Endowment a trouvé sa place, suggérant non seulement un plan de longévité financière, mais un alignement stratégique avec un programme bien au-delà de la simple diffusion des connaissances.

Tides, qui a englouti 34 millions de dollars de l'argent des contribuables depuis 2008, est l'épine dorsale financière d'une série d'initiatives d'extrême gauche, notamment celles visant à démanteler les forces de police comme le Justice Teams Network à Oakland et Chispa à Santa Clara.

Non content de se contenter de couper les fonds destinés aux forces de l'ordre, Tides a également financé des groupes anti-israéliens comme le Council on American-Islamic Relations, impliqué comme co-conspirateur non inculpé dans un projet de financement du Hamas. L'année dernière, Tides a de nouveau fait la une des journaux, cette fois en lien avec l'Arab Resource and Organizing Center, qu'il finance et gère, orchestrant la fermeture du Bay Bridge pour protester contre le conflit à Gaza.

La création de la Fondation sous la direction de Katherine Maher était une alliance stratégique forgée par l'avocate générale de Tides, Amanda Keton, qui a ensuite rejoint WMF en tant que directrice juridique - la même Keton qui a défendu le contrat de conseil de Sefidari. Avec l'un des principaux moteurs financiers de WMF intégré à Tides, et un dirigeant de Tides occupant un poste clé au sein de WMF, la frontière entre les deux organisations est devenue inexistante.

Le fonds de dotation avait pour objectif de récolter 100 millions de dollars sur une décennie, mais il a dépassé ce montant, atteignant 119 millions de dollars l'année dernière, sans compter les 250 millions de dollars d'actifs de la WMF. La question devient alors : qui remplit ces coffres ? La réponse pointe directement vers le partenaire de contenu de Wikipédia, Google.

En 2016, l'année où que le fonds de dotation a été implanté au sein de Tides, Google a fait un don sans précédent de 59 millions de dollars, une somme éclipsant ses contributions habituelles. Cela a été suivi de 76 millions de dollars en 2017, coïncidant avec le lancement de la stratégie du mouvement, et de 45 millions de dollars l'année suivante. (Le fonds de dotation a ensuite obtenu le statut indépendant en 2022.)

L'attrait pour les donateurs comme Google était clair. Tides fonctionne comme un fonds conseillé par les donateurs, offrant l'anonymat à ceux qui préfèrent que leur philanthropie soit discrète. Ceci fournit également un écran de fumée pratique aux donateurs comme Google, permettant à leurs fonds de soutenir des initiatives radicales de justice sociale tout en maintenant un degré de déni plausible.

Cette configuration permet aux géants de la technologie et aux autres donateurs de profiter des louanges de l'activisme social sans les retombées désordonnées des relations publiques, blanchissant efficacement leur image sous le voile des dons caritatifs.

En 2022, Google et WMF ont porté leur relation à un niveau supérieur avec la création de Wikimedia Enterprise, une entreprise à but lucratif qui vendrait les données de Wikipédia à des clients d'entreprise, avec Google comme premier et, à ce stade, unique client.

Cette initiative a été présentée comme faisant partie de la stratégie du mouvement visant à promouvoir « l'équité des connaissances et la connaissance en tant que service », mais en réalité, il s'agissait d'une commercialisation flagrante de ce qui était autrefois un bastion d'informations gratuites et ouvertes.

Avec des poches remplies de dons obscurs et désormais de revenus directs des entreprises, les dirigeants de WMF ont déclenché leur programme radical. Un post de X de 2022 devenu viral a révélé certains des exemples les plus farfelus, comme le Fonds d’équité de la WMF qui a versé 250 000 $ à la Fondation SeRCH, qui milite pour une « méthode scientifique intersectionnelle » — un oxymore s’il en est, qui sent l’excès idéologique dans le domaine de la science objective.

250 000 $ supplémentaires ont été versés au Borealis Racial Equity in Journalism Fund, qui vise non seulement à canaliser 71 milliards de dollars vers ce que l’on appelle le journalisme BIPOC, mais sert également de canal pour les fonds destinés à des groupes comme Assata’s Daughters, qui militent pour l’abolition de la police — une atteinte directe à la loi et à l’ordre.

Ces dons ne financent pas seulement la justice sociale ; ils financent la subversion des valeurs et des institutions américaines. Mais pour WMF, ce n’est rien qu’une partie de leur plan plus vaste. Ils ont maintenant pour objectif de faire pression sur l’ONU pour façonner le Pacte numérique mondial, une initiative qui pourrait imposer une réglementation de type onusien sur Internet, un peu comme le Pacte mondial de 2000 l’a fait pour les entreprises avec ses mandats ESG et DEI – transformant l’Internet libre en un espace contrôlé et « équitable » selon leur évangile progressiste.

L’avenir s’annonce en effet prometteur pour WMF, mais pas de la manière dont il célèbre la liberté ou la liberté individuelle. Avec une abondance de fonds et un rôle central dans la gouvernance mondiale, WMF est passé d’un outil de partage décentralisé des connaissances à un mastodonte centralisé dictant qui peut produire, diffuser, posséder et définir l’information.

C’est l’antithèse de ce que Wikipédia était censé être – pas une entité détenue par une élite, mais un processus de création de connaissances accessible à tous, détenu par personne. Ce n’est pas un progrès ; Il s'agit d'un détournement d'un idéal par ceux qui croient que la connaissance doit servir leurs intérêts politiques plutôt que la quête de la vérité par l'humanité.

Ainsi, Wikipédia est passée d'un phare de la connaissance collective et impartiale à un outil utilisé par ceux dont les objectifs sont très éloignés de la quête de la vérité. Ce n'est plus une source fiable pour ceux qui recherchent des informations objectives.

À la lumière de ça, l'ère numérique exige de nouvelles approches innovantes pour accéder à des connaissances réelles et vraies en ligne, où la transparence, la neutralité et la démocratisation de l'information ne sont pas seulement des idéaux mais des réalités.

Le temps est venu d'une alternative qui incarne vraiment l'esprit originel d'Internet - un espace où la connaissance est libérée des griffes de la capture idéologique et des agendas des entreprises. Reste plus qu'à espérer que Trump, Musk et leurs amis foutent un bon coup de pied dans cette fourmilière.

15 janv. 2025

1000. Pause prolongée


PAUSE PROLONGÉE

Jacky Popette était un magicien à la petite semaine ainsi qu'un petit escroc de bas étage, mais ce n'étaient là que quelques-unes des activités qu'il allait accomplir dans le cadre de sa célèbre carrière parallèle. En raison de sa fascination pour le temps, Jacky allait trouver un moyen de repousser à jamais les limites de la quatrième dimension. En utilisant son talent de manipulation, il allait découvrir le secret éternel de la façon d'arrêter le temps et, ce faisant, utiliser son nouveau pouvoir pour sa propre édification, comme l'avait fait avant lui le Dr Faust dans son pacte avec le diable. D'autres personnes avaient joué avec ce pouvoir, mais c'est Jacky qui avait trouvé le levier qui contrôlait le grand manège du temps.  

" Allez, m'sieurs-dames. Trois balles pour deux balles seulement. Allez bonhomme, faites voir ce que vous avez dans les bras. " Même son long visage ne pouvait cacher son ennui devant son stand. À presque quarante ans, il était fatigué de voyager sans cesse. Son visage était devenu une carte routière des endroits qu'il avait visités au fil du temps. Son assistant Martin Lourson était un gamin boutonneux d'à peine vingt ans qui voyait ce boulot comme un moyen de sortir des bas-fonds de la Goutte d'Or. Martin prit une des balles et renversa une pile de boîtes de conserve comme si de rien n'était, mais Jacky lestait toujours les boîtes destinées à ses clients.

Si seulement le temps pouvait s’arrêter ne serait-ce que quelques secondes et révéler ce que l’avenir immédiat lui réservait. Il en avait assez d’attendre que la fortune le trouve, car il devenait douloureusement évident que la fortune s’intéressait pas à lui. Martin, de son côté, avait parlé de son « oiseau » qui l’attendait à la maison.  

Attendre ? Vraiment ? Les gens n'attendaient pas. Si quelqu'un savait ça, c'était bien lui. Sa vie était devenue un échiquier de possibilités et de déceptions.  

Après la fermeture de son stand, Jacky se rendrait dans sa caravane et organiserait une partie de poker où il pourrait gagner une somme rondelette puisque ses cartes étaient marquées de manière très subtile. Les voyous voulaient juste que vous preniez leur argent et Jacky était plus qu'heureux de leur rendre ce petit service gratuitement.  

Il avait été autrefois un magicien, mais l'alcool avait causé sa perte. C'était le boulet auquel il était enchaîné et même maintenant, le goût sucré de la gnole de cerise l'apaisait comme le lait maternel, avec une gorgée par ci et une autre par là pour l'aider à s'endormir.  

Réduit au rang d'aboyeur de foire, ç'avait été un sérieux coup porté à son ego, mais le père Campionescu avait été généreux de le garder, car sa réputation était toujours en doute.  

" Tu vas fermer, Martin ? demanda-t-il en tirant une gorgée de sa flasque.
- Bien sûr, Mr. Popette." 
Il hocha la tête. Jacky détestait que le boutonneux l’appelle monsieur, car c’était ainsi qu’il s'était adressé à son défunt père, mais le temps semblait toujours lui rappeler à quel point il était devenu un raté. Il était arrivé un moment où il ne pouvait plus changer de cap dans sa vie pathétique et il devait se contenter de la direction qu’il prenait.

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Marylou Megalovitch était une sorcière qui lisait les cartes de tarot, les planches de Ouija et les feuilles de thé dans ses tasses occultes. Son nez en bec de perroquet et un œil aux abonnés absents dans une de ses orbites faisaient d'elle une relique d'être humaine, mais il y avait des choses qu'elle savait et faisait qui intriguaient Jacky.  

" Tu veux que je te lise les lignes de la main ? lui demanda-t-elle en lui tendant une main osseuse.
- Surtout pas. Il secoua la tête.
- Il faut croire à la magie, hein ? gloussa-t-elle.
- La magie, c'est juste bon pour les dindons. Il fronça les sourcils.
- Il y a des choses du Paradis et de l'Enfer qui se connectent en ce bas monde." Elle haussa les épaules, portant toujours son turban avec le croissant de lune épinglé sur le tissu violet. 

" J'aimerais y croire, c'est vrai. Il rit.
- Dis ce que tu veux, Jacky, mais tu as vu le cordon." Elle posa sa main sur la sienne, sur la table. Il retira brusquement la sienne.
- Il y a pas de cordon. Il haussa un sourcil.
- Tu faisais partie du cercle, répliqua-t-elle d'un ton sec. 
- Tout ça, c'est rien que du pipeau. Il lui fit un signe de la main.
- Il fut un temps où tu croyais, lui rappela-t-elle.
- Ouais, c'était y a longtemps quand que j'étais stupide. Il posa son menton sur ses deux poings.
- Crois-moi !" murmura-t-elle et cela souffla sur lui comme une douce brise. 

" Croire, c’est juste bon pour les imbéciles, soupira-t-il.
- Ne sois pas si négatif. Ses mains fouillèrent le col de sa robe et en sortirent une petite tocante qu'elle lui montra.
- Comme tu voudras, ma chérie." Il haussa les épaules, pas impressionné.

" Cette montre a été fabriquée par mon grand-père qui était alchimiste." Elle tenait la pièce en mouvement entre ses doigts. Elle était à peine plus grosse qu'une pièce de deux euros. " Il s'adonnait aux arts obscurs et ceci fut son chef-d'œuvre.
- Et alors ? Il haussa à nouveau les épaules.
- Avec ses engrenages et ses rouages, il pouvait arrêter le temps avec ça." Elle replaça le morceau dans son corset entre ses seins.

" Tu es stupide. Il secoua sa grosse tête hirsute.
- Les non-croyants sont la raison pour laquelle la magie est vouée à l'échec." Elle ressortit le médaillon en or qui contenait la montre. Le plaçant entre ses mains squelettiques, elle ferma les yeux tandis que le temps s'immobilisait. Tout mouvement cessa autour d'eux et à cet instant, toute trace d'une seconde suivant la précédente disparut. Jacky pouvait désormais se déplacer librement dans le monde gelé où le temps n'avait plus aucune domination.

" Incroyable. Tout simplement incroyable." Il s'émerveillait de la façon dont le temps s'était arrêté comme ce jour lorsque la grande roue s'était immobilisée pendant plus de deux heures, laissant les clients scotchés en l'air, ce qui était arrivé quelques mois auparavant, alors qu'il s'était bourré la gueule et s'était endormi sur la manette STOP. Certains d'entre eux s'étaient plaints avec fureur, ce qui lui avait valu de se retrouver à gérer le stand minable du casse-boites à la con.

En voyant ce monde sans temps, il savait qu'il devait posséder cette montre. Marylou le regarda comme si elle savait quel mal traversait sa tête de tordu et elle remit le médaillon à l'intérieur de l'encolure de sa robe.

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La compagnie avait installé la fête foraine dans un quartier miteux du 18ème, où la plupart des badauds étaient des travailleurs immigrés à la peau brune ou basanée portant des bonnets de laine ou des keffiehs, souriant et hochant la tête pendant que Jacky aboyait ses invitations habituelles. Martin courait partout comme un insecte en feu.  

Après la fermeture des portes à minuit, une partie de l'équipe de forains s'était réunie dans la tente à Goupil pour une partie animée de Texas Hold'em.

" Alors Jacky," fit Bargeot en mélangeant les cartes. " Que penses-tu de Marylou Megalovitch ?
- Je n’y ai jamais prêté attention." Il renifla en mâchant le cure-dent au coin de sa bouche. Bargeot savait que ce n’était pas le cas. Connaissant Jacky depuis presque vingt ans, il savait que quand ce vieux fou commençait à mâcher son cure-dent, c'était un signe qu’il mentait ou qu'il bluffait. 

" Elle semble maîtriser l’occulte", ajouta Blaireau.
Jacky commença à distribuer les cartes.
" J'ai entendu des rumeurs un peu folles." Bargeot ramassa les siennes et fronça les sourcils, ce qui indiqua à Jacky qu'il avait probablement une bonne main.

" Ah ouais, quel genre de rumeurs ? " Jacky s'adossa à sa chaise pliante.

" Elle a une ligne directe avec Satan lui-même." Bargeot caressa sa barbe de trois jours. Ils étaient sur la route depuis plus de deux mois et certains membres de la fête foraine commençaient à se sentir mal. Jacky pouvait sentir la sueur de Bargeot de l'autre côté de la table. " J'ai entendu dire qu'elle avait une sorte de talisman planqué entre ses nibards.
- Tu dois le savoir mieux que moi", gloussa jacky, sans jamais voir le crochet du droit se dirigeant vers sa tronche vitesse grand V. À l'entrée en contact avec sa mâchoire, Jacky fut envoyé à terre.

" T'arrêtes tes insinuations", l'avertit Bargeot tandis que Jacky frottait sa mâchoire endolorie.

Il lui fallut une bonne dose de kirsch supplémentaire pour enfin trouver le sommeil vers deux heures du mat' cette nuit là.

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Mr. Campionescu, le proprio de la fête foraine, décida de payer le voyage en train mixte passagers-marchandises pour retourner en Roumanie, la terre de ses ancêtres. Jacky détestait voyager en train, mais cela signifiait qu’il n’aurait pas à conduire non plus. Il détestait traverser les cols des Carpathes. La lente ascension à travers les montagnes escarpées était une angoisse pour la plupart des voyageurs. Ce n’était pas un voyage pour les âmes sensibles. Mais Jacky savait qu'Andréas Campionescu était un homme d’affaires à l’ancienne, d’avant la Grande Dépression, qui n’avait pas tiré les leçons des erreurs passées de son père qui avait mis fin à ses jours avec son pistolet préféré.  

La veille du voyage, Jacky rêva qu'il arrêtait le temps. Dans son ambition faustienne, il se rendit auprès de chacun de ces êtres figés et leur fit les poches. Une fois qu'il eut réuni un joli magot, il appuya sur le bouton et le temps reprit son cours normal. 

Alors qu'ils parcouraient la vallée centrale du Danube, il ne pouvait s'empêcher de penser à cette scène. Ses yeux tombaient sur Marylou, assise là, tenant son médaillon.  

Au bout d'une heure, Jacky se leva et monta dans la voiture voisine où une partie de poker venait de commencer. Il fut surpris de voir Bolosse et Jobard Piquepoil assis là, car aucun des deux frères n'aimait les cartes et ils étaient des proies faciles lorsqu'ils se joignaient à eux.

" Allez Jacky, joins-toi à nous." Bolosse agita ses cartes pour que Jacky puisse les voir toutes.

" D'accord." 

Une fois de plus, alors que Jacky dépouillait petit à petit les deux frères de leurs salaires durement gagnés, ils commencèrent à parler de Marylou, car sa roulotte était toujours populaire et remplie de clients. Dans le monde des forains, être populaire signifiait probablement avoir conclu un pacte avec le diable.  

" J'ai vu cette chose qu'elle porte autour du cou." Jobard se pencha vers Jacky comme s'il le disait en toute confidentialité. " J'ai entendu dire que c'était une sorte d'instrument du diable.
- Ferme ta gueule, Jobard." Bolosse était irrité contre son jeune frère. 

" Je suis sérieux, tu sais, insista Jobard.
- Je m'en tape. Cette vieille femme est complètement folle." grogna Bolosse. Nicolas Piquepoil, surnommé Bolosse par les autres membres de la compagnie, était l'un des êtres humains les plus forts que Jacky ait jamais connu. Jacky jurerait avoir vu Bolosse soulever un cheval dans ses bras alors que la bête refuser de tirer une roulotte. Jobard était presque aussi fort, mais il avait pas la taille imposante de son frère aîné. Mais tandis que Jacky était assis là à les regarder se disputer, une pensée maléfique lui traversa le système lymbique. 

" Tu veux qu’on fasse quoi ?" Bolosse était dur d’oreille après avoir passé quelques années dans les mines quand il était jeune.
- On balancera la vioque du train de l’autre côté du col de la montagne quand nous arriverons dans les Carpathes", suggéra Jacky. Jobard souriait déjà comme un idiot.

" Et pourquoi on ferait ça ? demanda Bolosse en plissant les yeux. 
- Je veux ce médaillon qui pend autour de son cou. Jacky hocha la tête.
- Et pourquoi tu veux ce médaillon ? Bolosse haussa les épaules.  
- Ce médaillon est magique. Jacky écarta les mains.

" Je le savais !" Jobard tapa son frère dans le dos. 
- Qu'est-ce que fait ce médaillon ? demanda Bolosse.
- Il stoppe le temps, répondit Jacky.
- Que veux-tu dire par arrêter le temps ? Bolosse se gratta la tête.
- Exactement ce que je viens de dire. Tout se fige sauf la personne qui tient le talisman et celle à laquelle pense le porteur du talisman." Jacky observa les deux frères qui semblaient soudainement très intéressés.

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Il fallut presque deux journée et demie de voyage pour atteindre les hauts sommets des Carpathes de Roumanie. Jacky avait été à bord de ce train à de nombreuses reprises et savait que Varful Deleanu serait l'endroit idéal pour débarrasser le monde de Marylou Megalovitch et lui retirer son médaillon. Le train emprunterait un flanc de falaise qui, lorsqu'il était au-dessus des nuages, ressemblait à un gouffre sans fond. Bolosse pourrait jeter Marylou par-dessus le précipice où elle tomberait et mourrait. Son corps souple serait presque absorbé par les nuages ​​et il aurait alors le pouvoir de contrôler le temps.

Marylou n'avait aucune idée de ce qui l'attendait. Contrairement à Jacky, Marylou adorait traverser le pays en train. C'était très relaxant et le paysage était à couper le souffle.  

À une heure de Varful, Jacky vérifia que les frères Piquepoil étaient en place et qu'il était assis près de Marylou. Mr. Campionescu faisait le tour du wagon pour s'assurer que tout le monde était à l'aise et que personne n'avait déserté son spectacle comme cela s'était produit auparavant.  

Le conducteur du train annonça que le train passerait Varful Deleanu et la falaise dans dix minutes et que ce serait le point le plus élevé du voyage.  

" Mme Megalovitch." Jacky se leva de sa banquette et se dirigea vers elle.

" Oui ?" Elle se retourna juste à temps pour qu’il lui plaque le chiffon imbibé de chloroforme sur le visage. Elle s’endormit presque instantanément.

" Oh mon Dieu, Mme Megalovitch s’est évanouie !", annonça en beuglant Jacky en retirant la chaîne du cou de la vieille.
Il sembla soulagé lorsque les frères Piquepoil apparurent pour l'aider à la relever de son siège.

" Où faut-il la mettre ? demanda Bolosse en la soulevant facilement de son siège.
- Dans sa roulotte pour qu'elle puisse s'allonger." Jacky semblait super empathique tandis que Bolosse la portait à travers le wagon passager jusqu'au wagon plateau de sa roulotte.

L'air froid s'abattit sur le trio dès que la porte s'ouvrit. La neige souffla sur leur peau exposée.

" Maintenant !", ordonna Jacky, mais Bolosse hésita une seconde. En regardant par-dessus le bord à travers la tempête de neige aveuglante, il lui sembla que la chute que Marylou Megalovitch était sur le point de subir ne finirait jamais.

" Allez, maintenant !" Jacky asséna un grand coup de poing dans le bras du grand homme. Il grogna juste au moment où il lâcha la vieille. Alors qu'elle entamait sa chute, elle reprit conscience. Réalisant qu'elle était maintenant en chute libre, elle se mit à crier. Son cri résonna pendant plusieurs secondes jusqu'à ce que tout redevienne silencieux. Se précipitant dans la voiture d'où elle venait d'être extirpée, Jacky annonça, paniqué : " Oh mon Dieu, Mme Megalovitch est tombée du train ! "

Les autres passagers à moitié endormis haletèrent lorsqu'ils réalisèrent ce qui venait de se passer.

" Ça ne servira à rien de faire arrêter le train", sanglota Jacky, laissant des larmes de crocodile lui inonder les joues. " Elle a été emportée au bas de la falaise par une violente bourrasque."

Mr. Campionescu interrogea longuement Jacky et les frères Piquepoil et dut se rendre à l'évidence qu'il s'agissait en effet d'un malheureux accident. Jacky quitta le compartiment privé de leur patron en compagnie de Bolosse et de Jobard. Tandis qu'ils approchaient de la voiture où le reste de la troupe était assis, il sortit un pistolet.

" Que vas-tu faire avec cette arme, Monsieur Popette ? demanda Bolosse en se foutant de sa gueule au moment même où Jacky faisait feu sur lui, laissant un point rouge au milieu du front du grand homme. Lorsque Jobard se retourna, Jacky lui infligea le même traitement. Tous deux tombèrent du train, assurant à Jake qu'il n'y aurait aucun témoin du meurtre de la vieille dame.

Il retourna dans son wagon. Rien n'avait changé. Les deux douzaines de passagers dormaient toujours tandis que Jacky sortait le médaillon de la poche de son manteau, tout à fait satisfait du résultat. D'un tour de bouton, le temps s'immobilisa.

Il se leva en riant et se dirigea vers chacun des passagers. Sortant l'argent de leurs portefeuilles et de leurs sacs à main, Jacky estima qu'il avait environ sept mille euros au total. Pas mal pour quelques minutes de travail, mais avec le temps immobilisé, qui pourrait vraiment le savoir ? Il mit l'argent dans la poche de sa veste. Tenant toujours le médaillon, il poussa le bouton pour réactiver le temps. Rien ne se passa. Il le tourna dans l'autre sens, mais obtint les mêmes résultats. Puis cela le frappa comme un éclair. Elle ne lui avait jamais montré comment faire pour remettre le temps en marche. La seule personne qui savait comment faire ça se trouvait désormais quelque part au fond d'un ravin des Carpathes et serait bientôt le dîner des créatures de la nature sauvage. 

Les pensées se bousculaient dans sa tête et aucune d'entre elles n'était encourageante. Alors que le temps s'était figé tout autour de lui avec le train immobilisé dans l'espace-temps, ce n'était pas le cas pour lui. Tout l'argent dans la poche de son manteau ne valait rien sans mouvement. Le temps s'était arrêté et avec lui, il s'était retrouvé piégé dans son propre cercueil. Dans sa tentative frénétique de faire avancer le temps à nouveau, il lâcha la montre et lorsqu'elle heurta le sol, elle se brisa en d'innombrables morceaux, pour ne plus jamais être réassemblée.

Il jura. Personne n'entendait ses paroles acerbes tandis qu'il passait ses doigts dans les débris.  

La vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue s’il était condamné à résider dans ce monde où le temps resterait immobile.

Il retira son pistolet de sa poche et se colla le canon sur la tempe. Mieux valait affronter l'éternité de cette façon que d'être figé à jamais dans le temps. Il appuya sur la détente, mais rien ne se produisit. Même la gachette et le percuteur d'un pistolet avaient besoin du temps pour se mettre en mouvement.  

Sans le temps, rien ne bougerait plus.  

N'ayant plus d'autre choix, il courut vers la porte, tenta de l'ouvrir pour sauter du train. Il laisserait la gravité prendre le contrôle, mais une fois de plus, sans le temps, des forces comme la pression de sa main sur la poignée de porte ou la gravité s'avérèrent nulles et non avenues. Son regard se perdit sur le précipice de l'autre côté de la vitre qui demeurerait son triste panorama pour l'éternité...

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Merci pour votre inconditionnel soutien qui me va droit au cœur
... ainsi qu'au porte-monnaie
ou
et à très bientôt !