Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

13 nov. 2021

557. La Casa de Papa


Je tournicote lentement dans mon réservoir, suspendu en l'air sur un matelas d'air pulsé, flottant, dansant, comme ces astronautes filmés dans les piscines de la Nasa. La musique d'un piano (Beethoven en 432Hz ?) égraine ses notes en arrière-plan. Mes yeux sont fermés, mais si je les ouvrais, je ne verrais qu'une lumière jaune pâle m'entourant d'une chaude lueur.

J'aime les notes de musique sortant d'un piano. Elles me calment. Ça, et aussi les sédatifs. L'Établissement garde les miens légers, parce que je le préfère ainsi, et aussi parce que je suis un bon petit gars qu'a passé l'âge de faire des trucs de jeunes avec ses doigts . L'Établissement connaît mes habitudes, sait que je me comporte jamais comme un pervers. Je suis ici depuis longtemps maintenant. Ça doit faire des années, bien que ça fait une maille que j'ai perdu toute  notion du temps. Pas de calendrier, pas d'horloge. Seulement cette pâle lumière qui m'envahit, me conservant bien au chaud, bien comme y faut.

Ce matin, l'Établissement m'a rappelé que mon fils venait me rendre visite aujourd'hui. Il vient toutes les semaines, à la même heure. Pendant que le personnel me prépare avant son arrivée, ils me disent qu'il est bon avec moi, comparé à la plupart des autres ici, à la Maison de l'Esprit Tranquille, dont les familles pas très carrées les ont complètement remisés au placard et oubliés. J'acquiesce et souris doucement, murmurant la bonne réponse. Ils pensent que je suis faible d'esprit, comme tant d'autres ici. Je ne peux pas voir à l'extérieur de mon réservoir, mais l'Établissement peut me voir à l'intérieur de ce dernier, donc je reste enfermé dans mon esprit. Ils ne peuvent pas voir à l'intérieur de mon esprit. Dans mon esprit, je ne suis pas suspendu dans un réservoir d'air pulsé. Je m'en vais loin, trés loin d'ici.

Où c'est que je vais? Je rentre chez moi, dans ma maison musée en bordure de la ville, avec son toit d' ardoises grises et sa haie toujours taillée de travers, le méli-mélo de meubles, d'ornements et de schmilbliks rassemblés au cours d'une vie, chargés de souvenirs ramenés de tous les ports. Pendant cinquante ans, moins la plus grosse moitié si on enlève mes jours de mer, ma femme et moi avons vécu là-dedans, élevé nos deux gosses et pris des rides. Nous avions un chat blanc à la queue et au visage à moitié tigré nommé Sparrow, comme le captaine efféminé à l'œil masqué. Mais ensuite ma femme est morte et mon fils unique m'a accusé de devenir sénile.

La cloche qui signale que l'effet de mon sédatif arrive à terme sonne. Bientôt, ils vont venir me chercher. J'arrête de tournicoter à mesure que l'air de la soufflerie s'amincit et je retombe en flottant mollement jusqu' au fond matelassé de mon réservoir. Puis J'attends.

Une ouverture en araignée qui se déplie s'ouvre dans le verre de mon plafond, une lumière vive s'infiltre à l'intérieur. Une main glisse le long de mon corps et me soulève en me glissant deux doigts sous les bras pour m'installer dans un fauteuil de maison de poupée. Je regarde la fille, une aubergine géante qui fait au moins huit fois ma taille, en uniforme de l'Établissement se frotter les mains dans un évier aussi grand qu'une piscine. C'est une sorte d'infirmière, je pense. On avait vu des infirmières avec ma femme quand on allait à l'hôpital ou la clinique pour des examens à l'époque, avant l'apparition des Établissements. Elle me tend une paire de lunettes de soleil le temps que mes yeux s'adaptent à la lumière naturelle. 
" Comment se sent notre capitaine, aujourd'hui ? " Sa voix explose dans mes oreilles comme le barrissement d'une éléphante qu'a perdu de vue le petit dernier de sa progéniture.

Je marmonne quelque chose pendant qu'elle m'habille. Quand je suis arrivé pour la première fois, j'étais gêné par toutes ces mains étrangères touchant mon corps, me déshabillant, me palpant, me tripotant, me revêtant d'étranges vêtements rêches. Mais maintenant, je suis apathique. C'est peut-être la sédation.

Quand je suis présentable, elle m'emporte jusqu' à la zone de visite. Je m'assieds dans un fauteuil, plus confortable que le précédent, regardant des visiteurs géants faire la causette avec leurs proches de la taille d'une poupée. J'ai entendu une fois l'histoire d'une famille qui avait ramené à la maison leur grand-mère rétrécie de l'établissement, seulement pour qu'elle se fasse à moitié bouffer par sa chienne malinoise autrefois bien-aimée.

Mon fils apparaît, s'avançant vers moi d'un pas assuré. J'avais l'habitude de marcher comme ça, moi aussi, quand je traversais la passerelle de mon rafiot par mer d'huile. Il s'installe carrément dans le fauteuil visiteur, se lançant dans une diatribe colérique sur les péripéties de son trajet jusqu'ici, et sur l'audace et la témérité des autres conducteurs, et comment que c'est ridicule qu'avec toutes les avancées technologiques du monde, nous n'ayons toujours pas de voitures robotisées pour conduire la classe moyenne d'un point A à un point B.

Pendant qu'il cause, je laisse mon esprit vagabonder. J'étais en colère contre lui pendant un temps pour m'avoir forcé à venir ici. Bien sûr, il avait eu besoin de mon consentement, mais les pressions financières comme émotionnelles m'avaient forcé la main. Il m'avait balancé toutes sortes d'arguments sur le coin de la gueule; la surpopulation, l'engorgement des maisons de retraite et d'autres encore. Je me demandais s'il voulait me punir, si j'avais été un mauvais père, si je criais trop, si je l'avais poussé trop loin, s'il m'en voulait.

Je ne me pose plus ce genre de questions, aujourd'hui. Je fais plus grand chose. La fin arrive bientôt; Je peux le dire à la façon dont mon corps se soumet à la sédation. Je leur ai demandé d'y aller mollo, car je sais que je vais dormir longtemps, c'est pour bientôt. Je veux passer au peigne fin mes souvenirs de chez moi, avant de passer à ce qui se trouve au-delà. J'aimerais rentrer à la maison. Mais je sais bien que je ne rentrerai plus jamais chez moi.

*****

Les trente minutes en voiture jusqu'à l'Établissement de mon père sont la partie la plus chiante de ma semaine. Je jure comme un charretier tandis que je contourne des idiots incompétents, klaxonnant et faisant peur à de vieilles dames scandalisées qui ne devraient sûrement pas avoir le permis de toute manière. C'est incroyable avec toutes les avancées technologiques qu'on doive encore conduire pour arriver là où qu'on doit z'aller. J'évacue ma colère sur la route, de sorte qu'au moment où que j'arrive à la Maison de l'Esprit Tranquille, je suis complètement essoré de toute émotion.

J'ai entendu parler de l'Établissement pour la première fois lorsque mon père est devenu trop sénile pour vivre à la maison et que nous cherchions une maison de retraite pour l'accueillir. Mais la demande était grande, les prix obscènes, les installations d'une qualité à donner envie de faire demi-tour. Je ne voulais pas qu'il soit maltraité et négligé, et il a catégoriquement refusé d'aller dans une Ehpad. Il a même été jusqu'à me sortir le classique "Mais qu'est-ce que ta mère dirait si elle était là ?" .

Quelqu'un m'a parlé de cet 'Établissement'. Ils l'avaient trouvé en faisant de la spéléo sur le Dark Web. J'y ai amené mon père pour une consultation. Ils nous ont accueillis chaleureusement, nous ont offert du café et des petits fours, nous ont craché tout le jargon médical nécessaire à l'embrouillage de nos méninges. Nous avons visité les locaux pendant qu'ils nous expliquaient les bases de la technologie, comment il était possible de réduire la taille d'une personne - en utilisant une pression nucléaire extrême frisant mais n'atteignant pas la masse critique - à la taille d'une poupée de chiffon, tout en préservant son corps et son esprit. Ils nous ont montré un caveau, où de petites personnes âgées se balançaient à l'intérieur de conteneurs argentés bordant les murs, endormies. Ils ont décrit les avantages - moins de médicaments nécessaires, moins de nourriture, moins de déchets, plus facile à gérer un grand nombre de personnes, un stockage facile. Ils étaient sous sédatifs la plupart du temps, réveillés à divers intervalles pour manger, faire de l'exercice, faire leurs besoins.

Le paternel n'était pas convaincu. Mais comme la maison de retraite était pour lui un tabou résolument inenvisageable, il fût plus facile de le convaincre d'essayer. C'était tout ce dont nous avions besoin. Laissé sans autre option, il a signé pour le restant de ses jours. J'ai promis de lui rendre visite chaque semaine. Je n'ai jamais rompu cette promesse.

L'Établissement est d'un blanc immaculé. La réceptionniste me lance un sourire radieux.
" Bienvenue à la Maison de l'Esprit Tranquille, Mr. XYZ. Allez-y, rentrez. Votre père sera là dans une minute"
Ils le préparent avant mon arrivée pour mes visites hebdomadaires. Au cours de son ancienne vie, c'était un grand homme, menaçant, puissant, un vrai loup de mer, quoi ! Un marin qui voulait une vie meilleure pour ses enfants. Sa présence, plus même, son ombre, pouvaient me faire peur. Maintenant, alors que je marche vers lui, il me semble minuscule, dégonflé, inoffensif. Il a l'air fatigué. Il a toujours l'air fatigué.

Je lui raconte ma semaine. Il écoute, ou pas. Je suis incapable de le dire vu qu'il hoche la tête et murmure toujours au bon moment mais ne me pose jamais de questions. Je lui demande jamais comment qu'il va. Je sais qu'il ne fait rien. Il retourne dans sa cuve d'air pulsé et se promène dans sa tête pendant des heures, des jours, sans autre compagnie que ses propres souvenirs qui s'estompent dans son sommeil médicalisé.

Est-ce que j'ai honte ? Je ne m'attarde pas assez longtemps sur cette question pour ressentir autre chose que du soulagement. Je n'ai pas à sacrifier ma vie pour m'occuper de lui, ni à réhypothéquer ma maison pour financer ses dernières années. Je ne me sens pas coupable, car je ne suis pas le seul. Des milliers d'autres familles sont vaccinées envoient leurs proches âgés ou séniles dans ce genre d'établissements qui ont vu le jour dans tout le pays. C'est désormais normalisé. Donc ça doit être kasher et rapporter bonbon.

À la fin de notre heure ensemble, je me détourne toujours pour ne pas avoir à le regarder se faire soulever comme un bébé puis transporter jusque dans son réservoir. Je me demande si sa maison lui manque, la vieille maison au toit d'ardoises et au jardin envahi par la végétation, vendue pour lui offrir le droit de vivre dans un réservoir. 
Après avoir pas mal bu en solitaire un soir, rempli d'une curiosité morbide, je suis passé par notre ancienne rue. Les yeux humides, peut-être larmoyants, j'ai remarqué une nouvelle voiture dans l'allée devant notre ancienne maison. La pelouse avait été tondue, les haies taillées, le toit renové, la portail et la clôture repeints d'un jaune joyeux. Un moment, j'ai failli m'arrêter pour frapper à la porte. Mais je l'ai pas fait. J'ai détourné le regard, les yeux sur le ralentisseur suivant, et j'ai continué en direction de notre nouveau quartier. 

Il doit savoir qu'il ne la reverra plus jamais. Il mourra dans cet endroit maudit où je l'ai mis. L'ironie d'appeler ce petit morceau d'enfer " Maison de l'Esprit Tranquille " me donne des frissons. Je me demande si son esprit a dépassé le point de savoir ou s'il en sait plus qu'il ne le laisse entendre. Je pourrais ruminer si j'ai fait la bonne chose ou pas, mais à quoi cela servirait-il ?
Le bâtiment de la Maison de l'Esprit Tranquille s'estompe en rétrécissant dans mon rétro jusqu"à ne plus ressembler qu'à une maison de poupée tandis que je m'en éloigne, et j'oublie toute cette merde. 
Du moins jusqu'à la semaine prochaîne.

 




10 nov. 2021

556. Lettre ouverte aux non-vaccinés


Le chercheur Denis Rancourt de l’ALCO (Association des libertés civiles de l’Ontario) et plusieurs collègues universitaires canadiens ont adressé une lettre ouverte afin de soutenir ceux qui ont décidé de refuser le vaccin COVID-19.

Le groupe insiste sur le caractère volontaire de ce traitement médical et également sur la nécessité du consentement éclairé et de l’évaluation du rapport risque/bénéfice. Ils condamnent la pression exercée par les responsables de la santé publique, par les médias d’informations et les médias sociaux et par les concitoyens.
Il se peut que le contrôle de notre intégrité corporelle soit la frontière ultime de la lutte afin de protéger nos libertés civiles.**

Lettre ouverte aux non vaccinés

Vous n’êtes pas seuls ! (…) Les responsables politiques et les médias ont pris un point de vue uniforme, blâmant les non vaccinés pour les problèmes qui ont résulté suite aux propos alarmistes et aux confinements. Il est temps de remettre les pendules à l’heure.

Il est tout-à-fait raisonnable et légitime de dire « non » à des vaccins insuffisamment testés pour lesquels il n’y a pas de données scientifiques fiables. 
Vous avez le droit d’invoquer de disposer librement de votre corps et de refuser les traitements médicaux comme bon vous semble. 
Vous avez raison de dire « non » à une violation de votre dignité, de votre intégrité et de votre autonomie corporelle. C’est votre corps et vous avez le droit de choisir. Vous avez raison de vous battre pour vos enfants contre leur vaccination de masse à l’école. 
Vous avez raison de contester le fait que dans les circonstances présentes le consentement libre puisse être possible. Les effets à long terme sont inconnus. Les effets transgénérationnels sont inconnus. La dérégulation de l’immunité naturelle induite par le vaccin est inconnue. Les dommages potentiels sont inconnus puisque la déclaration des événements indésirables est retardée, incomplète et présente des contradictions selon les juridictions.

Vous êtes ciblés par les médias grand public, par les campagnes d’ingénierie sociale du gouvernement, par des règles et politiques injustes, par des employeurs qui collaborent et par des lynchages dans les médias sociaux. 
On vous dit que maintenant c’est vous le problème et que le Monde ne peut pas revenir à la normale à moins que vous ne soyez vaccinés. Par la propagande on fait de vous des boucs émissaires et ceux qui sont autour de vous vous mettent la pression. Rappelez-vous, vous ne faites rien de mal.

Vous êtes improprement accusés d’être une fabrique pour les nouveaux variants du SARSCoV-2, alors qu’en fait, d’après des scientifiques de premier plan, votre système immunitaire naturel produit une immunité contre de multiples composants du virus. Cela favorisera votre protection contre un large éventail de variants viraux et empêchera la transmission à quelqu’un d’autre.

Vous êtes tout-à-fait fondés à demander des études indépendantes révisées par les pairs qui ne soient pas financées par les sociétés pharmaceutiques multinationales. Toutes les études évaluées par les pairs sur l’innocuité à court terme et l’efficacité à court terme ont été financées, organisées, coordonnées et soutenues par ces sociétés à but lucratif ; et aucune des données de l’étude n’a été rendue publique ou mise à la disposition de chercheurs qui ne travaillent pas pour ces sociétés.

Vous avez raison de remettre en question les résultats préliminaires des essais des vaccins. Les valeurs élevées d’efficacité relative revendiquées reposent sur un petit nombre d’« infections » déterminées de manière très fragile. Les études n’étaient pas non plus faites en aveugle, les personnes qui donnaient les injections savaient ou pouvaient déduire si elles injectaient le vaccin expérimental ou le placébo. Ce n’est pas de la méthodologie scientifique acceptable pour des essais de vaccins.

Vous avez raison d’en appeler à la diversité des opinions scientifiques. Comme dans la Nature, nous avons besoin d’une polyproduction d’informations et de leurs interprétations. Et nous n’avons pas cela actuellement. Choisir de ne pas prendre le vaccin c’est laisser un espace pour qu’émerge la raison, la transparence et la responsabilité. Vous avez raison de demander « Que se passera-t-il ensuite si nous abandonnons le pouvoir sur nos propres corps ? »

Ne vous laissez pas intimider. Vous faites preuve de résilience, d’intégrité et de courage. Vous vous rapprochez les uns des autres dans vos communautés pour faire des projets pour vous entraider et exiger l’intégrité scientifique et la liberté d’expression, qui sont requises afin que la société prospère. Nous sommes parmi tant d’autres à nous tenir à vos côtés.

Angela Durante, PhD – Denis Rancourt, PhD – Claus Rinner, PhD – Laurent Leduc, PhD – Donald Welsh, PhD – John Zwaagstra, PhD – Jan Vrbik, PhD – Valentina Capurri, PhD

** Ndlr: Et faudrait préciser, pour être tout à fait clairs, donc en évitant de faire tourner des têtes dans une danse du ventre diplomatique, qu'il y a de fortes chances pour que le contrôle de notre intégrité corporelle soit la dernière étape avant la mise au pilon de nos vies d'humains. 
J 'dis ça, j'dis rien Just sayin'...

 


8 nov. 2021

555. Déconnexion


8 Novembre 2030
"Pas trop tôt !" s'excrivit le geek dans son journal "J'ai enfin réussi à construire ma super-bécane, à créer la reine-mère de toutes les hackeuses quantiques ! Et avec elle j'ai pu emprisonner dans ses mailles la toile infinie d'Internet, redirigeant chacun de ses réseaux vers le point nodal sous le contrôle total et absolu du bout de l'index de ma main droite !"
Il avait déjà couché tellement de détails dans son journal sur son grand-œuvre pour la postérité, usé tellement de crayons laser ! La satisfaction pouvait se lire dans ses yeux, même si ces derniers étaient masqués derrière ses lentilles de réalité virtuelle.
"J'ai réussi et je vais enfin atteindre mon objectif final: mettre fin à ce terrible cauchemar, sortir la planète des limbes, de  ce Meta-truc Zuckerbourgeois, une fois pour toutes libérer le monde de cette prison techno-cratologique techno-logicratique psychonirique de merde  qui nous maintient comme des animaux, prisonniers et idiots."

L'homme était littéralement ébloui par son invention orgasmique tout autant que magnanime,. Oh, ce n'était pas un grand artefact, mais c'était une création brillantissime. Il avait progressivement piégé l'intégralité de chacunes des branches des réseaux Internet de la planète jusqu'à ce qu'elles se rejoignent toutes dans son node. De cette manière il allait pouvoir les déconnecter toutes à la fois en en  court-cisaillant le tronc à la racine, rendant toute reconnexion ou greffe impossible. 
Bientôt, le grand moment, le retour aux sources, allait arriver. Sachez toutefois que le geek avait, en plus de son empathie pour ses semblables, des motivations toutes personnelles pour mener à bien ce projet humanitaire irréversible. Il avait perdu sa famille, ses amis et sa fiancée dans le monde virtuel et onirique de Meta. Il était seul et en souffrait. Il lui avait fallu neuf ans pour créer son fabuleux appareil, et il allait enfin pouvoir se venger.
Le processus était terminé. Le Net, sa machine ronronnant imperceptiblement et son node ne faisaient plus qu'un.
"J'ai plus qu'à appuyer sur le bouton et tout sera terminé"
 
Il se souvint alors à quel point Internet aurait pu être génial. Comment il aurait pu être incroyablement magnifique et d'essence divine. Les  oeuvres de Châteaubriand, 'La dimension des rêves' de Cornwell, la page de ce blog, le Livre des Esséniens, la 'Marelle' de Cortazar. Se pouvait-il que cette immense toile dévoyée soit devenue aussi indestructible qu'elle était diabolique ?  Il s'agissait d'essayer, d'actionner l'interrupteur pour passer outre le système qui maintenait en vie la grande prostituée. Dès qu'il éteindrait le Hulk comme il avait baptisé sa bécane, tout s'arrêterait. Le geek était nerveux, son cœur battait la chamade. Non, il ne devait pas lâcher à ce stade.  Jamais aucun de ses semblables n'était allé aussi loin contre la Matrice. Jamais.

Il appuya sur le bitonio...
...et simultanément, deux choses se passèrent :

La méga Meta-putasse s'éteignit puis se ralluma au bout  de même pas une pico-seconde.
L'esprit du geek s'éffaça et disparut sans laisser la moindre trace, à la façon de Keyser Söze: pftt !
Complètement. Et pour l'éternité.

 


6 nov. 2021

554. Allo ? Ouîîînnn...


Ce conte d'Halloween vous est pas gracieusement offert grâce au soutien financier des aliments pour chiens "ROYAL CANIN"

Désolé pour cette petite semaine de  retard, j'étais occupé à la cave-
" Je suis désolé que cela ait pris autant de temps"
, déclara le médecin en entrant dans la salle d'attente. Frank et Hélène se levèrent. " Non,je vous en prie, restez assis. 
- Qu'y a-t-il, docteur ? Je n'aime pas l'expression sur votre visage , déclara Hélène.
- Monsieur. et Madame Chablis, l'IRM montre une masse près de l'hypothalamus.
- Qu'est-ce que ça veut dire exactement? demanda Frank.
- Cela nous indique pourquoi vous subissez des sautes d'humeur. Il y a une zone près de cette région du cerveau qui est responsable de la violence, et la tumeur s'appuie dessus, ce qui explique certaines de vos récentes crises.
- Docteur", crut bon d'ajouter Hélène, "il a également fait preuve d'un manque d'empathie croissant ces derniers temps. C'était l'homme le plus merveilleux du monde, mais depuis quelques mois, il a commencé à se montrer froid et distant."
 Frank lui jeta un regard surpris, "Tu ne m'en as jamais fait la remarque avant aujourd'hui !
- Tandis que la tumeur envahit le cerveau", les coupa le toubib en tapotant le cliché du doigt, "elle exerce une pression sur d'autres zones. Le lobe frontal est responsable de la personnalité, et il semble être lui aussi soumis à une pression considérable. 
- Pouvons-nous retirer la tumeur ?  demanda Hélène.
- Elle pousse à l'intérieur, et cela rend la chirurgie impossible. Les médicaments peuvent ralentir la croissance, mais nous ne pouvons rien faire d'autre." Le médecin qui venait de s'adresser à Hélène se tourna alors directement vers Frank. "Monsieur Chablis, ce n'est pas de gaieté de cœur que je vais vous annoncer ce qui suit, mais votre famille et vos amis ne vous reconnaîtront pas d'ici quelques années.
- Et qu'est ce que ca veut dire, exactement ?" demanda Hélène. Frank pouvait percevoir l'inquiétude dans sa voix.
" Cela signifie que sa personnalité subira des changements spectaculaires, madame Chablis." Puis, se tournant vers Frank "Vous avez frappé votre femme l'autre jour, ce qui, me dit-elle, ne vous ressemble pas du tout. C'est pourquoi elle vous a supplié de venir passer un examen. Vous souvenez-vous de l'avoir frappée ?" 
Frank secoua la tête.
Le médecin se retourna vers Hélène : " J'ai bien peur que ça ne fasse qu'empirer. Nous avons des médicaments qui peuvent calmer votre mari dans une certaine mesure, mais, Madame Chablis – Frank, nous ne pourrons vous empêcher de perdre un grande partie de l'essence de qui vous êtes."
Hélène sanglota et Frank lui passa un bras autour des épaules. "Je suis désolé, chérie".

La Faucheuse, avec son crâne de vinyle jaune sale et sa lame semblant celle d'un cimetière cimeterre, dominait Frank de toute la hauteur de sa capuche. C'était le 31 octobre, et il avait travaillé dur pour mettre en place les décorations sur la pelouse. C'était leur fête préférée, à lui et à Hélène. Des goules gonflables, des pierres tombales en polystyrène, des toiles d'araignées et des personnages animés parsemaient le parterre de leur maison, ce qui en faisait la vedette, la star du quartier. Frank avait travaillé de nombreuses années en tant que maître accessoiriste de studio et il savait utiliser ses compétences acquises sur les plateaux de théâtre et de cinéma pour divertir les enfants.

Il se recula pour admirer son travail, puis réintégra la chaleur de sa maison pour aller contempler la photo d'Hélène sur le manteau de leur cheminée. Voilà dix ans qu'Hélène était morte, presque jour pour jour. Son décès avait été soudain. Comme un coup de poignard dans le ventre, aurait pu se dire Frank. La mort était venue et l'avait emportée sans prévenir. Jamais dans ses rêves les plus fous, il ne s'était attendu à lui survivre. Une partie de lui pourtant était contente qu'elle soit partie. Il avait changé et il ne pensait pas qu'Hélène eût apprécié ce qu'elle aurait vu. Il posa un baiser sur le bout de ses doigts qu'il déposa à leur tour tendrement sur la photo.

" Chéri," l'avait-elle supplié, "tu dois le laisser partir. Même un chien ne mérite pas d'être enfermé dans une chambre de 6 mètres carrés.
- Ce qui est fait est fait", avait déclaré Frank avec dédain, "Il a un endroit pour dormir, il a beaucoup de nourriture et d'eau, et tu sais tès bien que je ne peux pas le libérer, alors laisse tomber. "
Mais Hélène ne pouvait pas laisser tomber. " Ce n'est pas de ta faute," lui avait-elle dit, "c'est la maladie qui te fait faire ce genre de choses. Parfois, tu ne contrôles plus ni ton corps ni tes actions.
- Je déteste quand tu me dis ça", lui avait-t-il sèchement rétorqué, "S'il te plaît, arrête de me dire que je n'ai pas le contrôle. Je fais ce que je veux quand je veux le faire."
Hélène avait reculé, mais cette nuit là, ils auraient plusieurs fois encore la même confrontation avant que ça ne tourne au vinaigre.

Frank se dirigea vers le placard de la cuisine et en sortit un grand bol. Seuls les meilleurs bonbons feraient l'affaire ce soir. Les barres Snickers, Milky Way, Mars et Kit Kat étaient placées près de la porte d'entrée. Pas de mini-barres en sachets ici ; oh non, Frank avait tout mis en œuvre et acheté les barres chocolatées en taille coupe-faim, faisant de sa maison la favorite du quartier. Mais tout change et Frank avait remarqué la diminution du nombre d'enfants dans le quartier. Beaucoup avaient déménagé pour fonder leur propre famille, et la Covid-19 n’avait pas aidé. L'année dernière, ces enculés du ministère avaient annulé Halloween et il espérait que les enfants reviendraient en masse.

Une bougie dans une citrouille-lanterne signalait à tout le quartier qu'il était ouvert aux affaires pour les petits racketteurs en herbe. Au fil des ans, Frank avait remarqué que beaucoup d'enfants ne disaient plus aussi souvent qu'avant le 'Trick or Treat' traditionnel, et ils ne disaient certainement plus merci. Souvent, ils ouvraient simplement leurs sacs à bonbons et s'attendaient à ce que ces derniers tombent dedans comme par magie; les enfants, semblait-il, avaient perdu certaines des compétences sociales et des bonnes manières les plus élémentaires.

Frank était connu comme le paria du quartier, se moquant souvent des promeneurs de chiens et des joggeurs sans raison apparente si ce n'est à cause de leurs masques chirurgicaux à la con hors période de carnaval. Il avait remarqué que de nombreux voisins changeaient de trottoir pour éviter des confrontations inutiles. Le restant de l'année, Frank était irritable et inaccessible, mais pas à Halloween. Le 31 octobre, Frank sentait qu'il subissait un changement remarquable en accueillant chaque enfant du quartier dans sa maison.

C'étaient les petits enfants d'âge préscolaire qui lui apportaient le plus de joie. Ils tenaient généralement la main de leurs parents et frappaient doucement à sa porte. Ils arrivaient tôt en général, lorsque la lueur crépusculaire du coucher du soleil donnait encore l'impression que le quartier était sûr. Mais une fois la nuit tombée, les petits allaient se coucher et les plus grands, les ingrats, seraient de sortie.
C'est en début de soirée que deux petits anges apparurent à sa porte. "Touic or Tuit !
- Commme elles sont mignones ! ", déclara Frank, " Sont-elles jumelles ? "
Le jeune couple hocha la tête : " Qu'est-ce qu'on dit au gentil monsieur ?
- Meeerci," répondirent les fillettes à l'unisson.
- Je vous en prie", répondit Frank. Il se tourna vers les parents : " Vous avez de bien beaux enfants. Merci de leur avoir appris les bonnes manières ; c'est si rare de nos jours de pas tomber sur des petits Woke."

Le début de soirée vit sortir plus d'enfants qu'il ne s'y était attendu. Il distribua des bonbons à Spiderman, à Yoda, à des enchanteurs et des sorcières et à toutes sortes de petits monstres. Mais à mesure que la lumière du jour disparaissait, les petits aussi se raréfiaient. Les ingrats allaient commencer à venir frapper à sa porte d'un instant à l'autre, et Frank devait se préparer mentalement au cas où il tomberait sur des racailles.
Il savait que les élèves du primaire pouvaient se montrer aussi méchants que ces horribles potaches du collège, mais les lycéens étaient les pires de tous. Ils devaient être en ce moment même à s'imbiber d'alcool à l'heure qu'il est, pensa-t-il, et non à ramasser des bonbons auprès de personnes âgées. C'était effrayant, et cela l'aurait dérangé qu'ils se promènent dans les rues parmi les petits enfants.

Hélène lui avait dit un jour que sa personnalité se détériorait une fois le soleil couché. 'Crépusculaire', c'est ce qu'elle lui avait dit qu'il était, puis elle lui avait expliqué que sa tumeur avait aggravé son état. C'était la nuit d'Halloween, il y a dix ans, qu'il l'avait vraiment perdue. Hélène avait failli appeler la police, mais il l'en avait empêchée ; il fut choqué quand elle décéda dans leur chambre quelques semaines plus tard. C'était le dixième anniversaire de l'incident, et il savait qu'il aurait pu utiliser sa présence apaisante ce soir.

Frank se dirigea vers le garde-manger, remplit un bol de croquettes pour chien, de véritables merdes comme on sait si bien les faire chez Royal Canin, puis pénétra dans l'une des chambres. Il posa le bol sur le sol ainsi qu'une écuelle de flotte. "Je ne veux pas entendre un son ce soir, pas un gémissement, tu me comprends ? Sois un bon garçon." Il verrouilla la porte, y colla son oreille et écouta le bruit de l'eau qu'on ingurgite ainsi que le mastiquage de la nourriture. Satisfait, il s'éloigna.

C'était le grand calme depuis près d'une heure quand la sonnette sonna finalement. Comme en 2020, il pensait qu'il n'y aurait peut-être pas d'enfants plus âgés cette année. Les voisins n'avaient pas favorisé les choses non plus. Seules quelques maisons dans la rue avaient des décorations. Les enfants sont attirés par les quartiers où les résidents sont entrés dans l'esprit d'Halloween, et où les décorations pavoisent et foisonnent.
"J'arrive," cria-t-il dans le couloir. Il se tenait debout sans problème, mais marcher était devenu une corvée " Ne partez pas !" cria-t-il à nouveau : " J'arrive ! " 
Il ouvrit la porte d'entrée, "Eh bien, regardez-moi qui nous avons là !" L'enfant sur le palier semblait avoir sept ou huit ans. "Tu es la première Wonder Woman à frapper à ma porte ce soir." Frank se pencha au dessus de la petite. "J'aime bien Wonder Woman." Il murmura doucement : " Comment tu t'appelles, princesse ?
- Kévin, dit l'enfant.
- Kévin ? Tu es au courant que Wonder Woman est une fille, n'est-ce pas ?
- Je veux des bonbons."
Enfant gâté. Frank sourit et fit signe au jeune couple sur le trottoir. Il se retourna vers l'enfant : "Ne t'inquiète pas, je te donnerai des bonbons, mais ne préférerais-tu pas être Superman ou Batman ?
- Maman!" cria Wonder Woman.
Frank laissa tomber une barre chocolatée dans le sac. " Voilà ", lui dît-il en chuchottant, " maintenant barre-toi de mon porche, petite pisseuse. »
L'enfant courut vers ses parents. " Ouîîînnn, ll a dit un gros mot. C'est un méchant." gémit l'enfant. Le père fouilla dans le sac, enleva la barre chocolatée et la mit dans sa poche en balançant à Frank un regard méprisant.

C'était inhabituellement lent, et une autre demi-heure s'écoula avant que la sonnette ne tînte à nouveau. "J'arrive," cria-t-il. Il ramassa le bol de bonbons et salua ses invités. Deux enfants se tenaient à la porte.
"Et qui êtes-vous?" demanda Frank au plus petit des deux.
" Moi, je suis Jason, répondit le gamin.
- Tu es sûr que t'es pas un joueur de hockey ?
- Non, je suis Jason, répéta l'enfant avec défi.
- Parce que tu ressembles à un joueur de hockey avec ton masque."
L'enfant ouvrit son sac plus largement. "Je veux mes bonbons.
- Ce n'est pas comme ça qu'y faut dire, petit monstre. Frank sentit une palpitation dans sa tête. Maintenant, qu'est-ce que vous devez dire ?
- La charité s'il-vous-plaît !
- C'est mieux, mais c'est pas encore ça, releva Frank.
- Trick or treat ! 
- Eh ben voilà , c'est beaucoup mieux !" Frank laissa tomber une barre chocolatée dans le sac. Il se tourna vers l'autre : " Et toi, t'es qui toi ?
- Moi, je suis Freddy."
 - Putain, tu fais peur ! Et où qu'y sont vos parents?" demanda-t'il. Freddy montra une maison en haut de la rue. " Ils ne devraient pas vous laisser sortir seuls si tard le soir. Savez-vous ce qui arrive aux petits garçons qui s'égarent dans la nuit ?" Les garçons secouèrent la tête. Frank invoqua sa voix gutturale la plus effrayante.:"Ils dis-pa-raissent!"
Les garçons traversèrent quasiment en courant et dans l'autre sens la pelouse en direction du trottoir, une sorcière émit un rire lugubre sur leur passage et un loup hurla. Les garçons effrayés trébuchèrent sur une pierre tombale en mousse et roulèrent sur le gazon. Frank ricana. Il avait placé un haut-parleur derrière la haie qui émettait des sons terrifiants chaque fois que quelqu'un passait devant. Il redressa l'ornement tombal et retourna à l'intérieur, doutant que ces enfants reviendraient l'année prochaine.

Oh, comme il aurait aimé qu'Hélène soit avec lui ce soir. Il alla au bar et se versa deux doigts de scotch. De qui se moquait-il ? Il en rajouta quatre de plus et s'assit pour regarder Le Silence des Agneaux. C'était leur film d'horreur préféré, mais ce n'était pas pareil sans sa femme. La Guerre des Mondes avait été le premier long métrage qu'ils avaient vu ensemble, l'original, pas cette imitation de merde avec Tom Cruise. Mais le Silence des Agneaux, maintenant, ça c'était un thriller de classe mondiale. Le scotch fit son effet et Frank s'assoupit avant d'entendre l'arrivée de sa réplique préférée. "Je suis dans cette pièce depuis huit ans, maintenant Clarice, et je sais qu'ils ne me laisseront jamais sortir, pas tant que je serai en vie."

Frank était scotché dans un sommeil profond et ambré quand la sonnette le tira de sa léthargie. Ça sonnait sans cesse. Que diable, il regarda l'horloge. Il était passé onze heures du soir !
La sonnette continua à sonner cinq, six, sept fois de suite. Il entendit une agitation dans la chambre d'amis. Il se leva d'un pas chancelant, regarda le verre à whisky dans le fond duquel subsistait encore une petite lampée qu'il avala d'un trait. La sonnette sonna encore plusieurs fois. Pour le coup, ça l'énerva. Confus et ivre, il se dirigea vers la porte.

Trois jeunes hommes aux cheveux décolorés avec des taies d'oreiller en guise de sacs à bonbons et sans costumes se tenaient sur le porche. Ils semblaient trop vieux pour être des 'tricks or treateurs'. Il pensa qu'ils devaient avoir dans les seize ou dix-sept ans. Les adolescents sans costumes étaient généralement les plus effrayants de tous.
" Qu'est-ce que t'as pour nous, le vieux ? fit l'un des garçons.
- Vous êtes censés dire : 'Trick or treat', les petits...
- Ouais, ben qu'est-ce que tu as pour nous, les grands ?
- Pour vous les tarlouzes, j'ai une histoire."
Les garçons ont rigolé. " On se passera de ton histoire. Donne-nous juste des bonbons, ou ce que t'es entrain de boire." Il se tourna vers ses copains, "Ce vieil idiot peut à peine tenir sur ses cannes."
"Il y a dix ans", commença Frank, "un punk de votre espèce s'est présenté à ma porte. Il était seul, contrairement à vous trois, lopettes de poules mouillées qui voyagez en meute. En tout cas, il m'a appelé 'mon vieux', comme vous, et quand je lui ai dit que je ne lui donnerais pas de bonbons, il a craché sur mes godasses."
Les garçons se marrèrent : " C'est ça ? C'est ton histoire effrayante ? Et t'as fait quoi ? Tu lui as refilé des bonbons empoisonnés ?
- Non, je lui ai juste mis un coup de Taser, puis je l'ai enfermé dans la chambre d'amis, et maintenant tout ce qu'il mange c'est de la bouffe pour clébards. Il est enchaîné au lit avec un collier de chien autour du cou. Et s'il me répond comme vous le faites, les punks, il reçoit une décharge électrique. J'ai augmenté le voltage il y a quelques années, et maintenant il peut à peine parler. Il est porté disparu depuis 2011, et je crois comprendre que ses parents n'ont jamais cessé de le rechercher. Il est dans la chambre de devant là-bas, mais il sait mieux faire que de faire du bruit.
- Ooooh, mais c'est qu'il nous ferait peur, le grand-père", s'exclama l'un des garçons.
- T'u te prends pour Stephen King ? Donne-nous juste ce que t'as à nous donner et boucle-la !",  renchérit le troisième avec confiance.
- Si j'avais dix ans de moins, je vous botterais le cul, petites tafiotes.
- Tu tiendrais pas une minute dans un bras de fer contre un caniche, déclara l'un des garçons.
- J'étais assez fort pour poignarder ma femme à mort tandis qu'elle arrêtait pas de me harceler à propos du garçon. "Laisse-le partir," qu'elle me disait. "Ils ne te mettront pas en prison," elle me suppliait. "Tu ne vas pas bien, tu es malade," qu'elle continuait. Eh bien, elle ne dit plus rien, maintenant. Oh, elle dort toujours avec moi tous les soirs mais elle n'a plus que la peau sur les os maintenant, ce qui la rend pas très ragoûtante; mais si elle était en vie, elle vous dirait elle aussi de mettre les voiles sans vous retourner, bande de lopettes !
- Tu ne nous fais pas peur, le vieux. Aboule juste les bonbecs et arrête tes salades !

Franck saisit trois barres chocolatées dans son stock et les jeta sur la pelouse. " Allez donc les chercher, leur dît-il.
-  Pas de problème, le vieux. On va jouer les clébards. Les garçons se mirent à japper et aboyer comme une bande d'épagneuls à la recherche de perdreaux. "Les mendiants n'ont pas le choix." Les garçons sautèrent du porche et coururent sur le côté de la maison pour ramasser les friandises.
De la fenêtre de la chambre leur parvint vint un murmure étouffé : " Aidez-moi, s'il vous plaît. Aidez-moi."
Les garçons se mirent à rire. " Aidez-moi, s'il vous plaît, aidez-moi !", se moquaient-ils, "Vieux taré ! Tu crois quand même pas nous faire peur avec ton enregistrement minable ?" Ils lui retournèrent le doigt d'honneur que Frank venait de leur faire, puis  renversèrent à coup de savattes quelques fausses pierres tombales avant de foutre le camp.

 Frank claqua la porte d'entrée, se dirigea vers la chambre d'amis qu'il déverrouilla. " Je t'avais dit de ne pas faire de bruit." grogna-t'il.
Dans un coin, un jeune homme de vingt-six - qui par un bizarre effet de miroir magique en paraissait soixante-deux - s'accroupit dans une stupeur provoquée par la peur. Sa peau était presque transparente après dix ans d'incarcération et ses côtes saillaient à travers le tee-shirt crade et usé qui tenait plus que par quelques fils autour de son cou et d'une épaule. Il tira sans force sur le collier de chien modifié qui lui enserrait la gorge, dodelinant de la tête qu'il avait parsemée de fines touffes de cheveux épars.
"Je suis désolé, fit-il, sa voix toute fluette, à peine audible.
- Tu t'approches et tu appelles encore depuis cette fenêtre et je te tranche la gorge , lui gueula Frank.
- Je suis désolé," répéta le garçon, "j'ai appris ma leçon. Vous n'entendrez plus aucun son de ma part.
- Je pensais que t'avais déjà appris cette leçon, mais apparemment, c'est pas le cas. Dis-le-moi encore, que t'es désolé.
- Je suis désolé, murmura le garçon.
- Plus fort, rétorqua Frank.
- Je suis désolé, soupira encore le garçon.
- Dis-le plus fort, ou parole de Chablis, je te décolle la peau des os !
- Je suis désolé!" beugla le garçon du plus profond de ses poumons. Le volume de sa voix fût tel qu'il déclancha le collier à commande vocale. L'électricité crépita, son cou se contracta, des crachats volèrent, le garçon hurlait de douleur, et à chaque cri successif, le collier le choquait, encore plus et plus encore, et ça continua comme ça jusqu'à ce que sa gorge se referme et que les cris cessent.
"C'est comme ça qu'on mate les chiens pour qu'ils ferment leurs gueules", déclara Frank, "Ça marche aussi très bien avec les lopettes, tu trouves pas ?"

Frank entra dans la chambre principale, alluma la lumière et se dirigea sur le côté du lit d'Hélène. "Tu m'as dit une fois que je n'avais aucune empathie," lui dit-il, "Eh bien, tu avais tort. J'en ai tout plein à revendre." Il arracha une côte de sa carcasse desséchée, retourna dans la chambre de la lopette et la jeta par terre. " Ronge-moi ça," , lui fit-il " ça renforcera les trois dents saines qui te restent. J'en ai ras-le-cul de ramasser les miettes et les morceaux de tes ratiches pourries par terre après chacune de tes crises."

 


3 nov. 2021

553. Menthe ou Grenadine ? Choisissez la bonne pastille ! Ép 5 à 8


Menthe  ou Grenadine
Choisissez la bonne pastille !

 Les vidéos ci-dessous sont les 4 suivantes (5 à 8) d'une série nommée Pilules Rouges qui ont été mises en ligne de temps en temps sur le site lesdeqodeurs.fr entre septembre 2021 et Décembre 2022 mais non partageables sur Facebook ou Youtube qui censurent ce site depuis plusieurs mois.
Les pilules les plus anciennes seront en haut de ce post, et si je m'emmêle pas les pinceaux, les plus récentes devraient se trouver tout en bas si j'ai tout bien tout calculé. 

Notez que les temps de lecture marqués pour chaque pilule sont les temps Vidéo. Il ya beaucoup plus de temps à passer sur chaque pilule si vous lisez tous les textes et explorez tous les liens.


False Flag : Actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l’ennemi, aussi appelé " Attaques sous faux drapeau"
L’élection américaine s’est tenue en novembre 2020. Suite au scrutin, le président sortant et candidat à sa réélection, Donald Trump, a pointé du doigt de nombreux problèmes de fraude lors de l’élection. Ces allégations ont été rejetées par les différents états concernés, et les différentes cours de justice ont refusé de simplement regarder les preuves de la fraude alléguée.
Face à cette situation, le président sortant Trump a appelé ses soutiens à se rendre devant le Capitole le 6 janvier à 11h du matin, pour faire entendre leur voix au regard du processus de certification électorale qui devait avoir lieu ce jour la.
Wikipédia nous présente la version officielle de ce qui s’est passé ensuite:


Nous entrons dans le règne du  " Signe des codes " , et le médecin est devenu cette fois complice d’une  "consommation marchande et insensée de l’artefact normalisé",  complice surtout, encore et toujours, du capitalisme "qui a besoin de manger la santé, de faire de la vie une marchandise, de l’homme un robot, consommateur de robots, un robot-cannibale.".
Et voici la boucle bouclée ; la crise actuelle de la santé, qui préoccupe tous les économistes du monde et suscite outre-Atlantique les réflexions politiques les plus nouvelles et les plus intéressantes de cette dernière décennie, cette crise, il fallait y penser, n’est pour Jacques Attali que  "l’annonce du retour radical à la première stratégie contre le Mal : une révolution autour du cannibalisme."


Précision importante: Chez les DéQodeurs, nous revendiquons l’amour et le respect de la Terre (que nous considérons en tant que Mère) et de l’environnement. Nous dénonçons la surconsommation, la déforestation massive, l’accumulation de matière plastique, les effets délétères des pesticides de synthèses, les OGM, le déclin de la biodiversité, la mondialisation, l’élevage intensif, les monocultures, les dangers du nucléaire. Nous rejetons donc en bloc toute tentative de nous associer à des gens qui se moquent de l’écologie et de la planète.


Cette crise n’est que la finalité d’un plan de dépopulation et de prise totale du contrôle de l’humanité par un petit groupe de psychopathes, satanistes, cannibales, pédophiles et transhumanistes, qui se considèrent comme une élite et qui dominent le monde via leur pouvoir qui dépasse de loin celui des gens démocratiquement élus. Ils contrôlent les institutions internationales comme l’ONU, l’OMS, la Banque Mondiale, le FMI, la BCE, etc (les 10 rois sans royaume ou les 10 cornes ?) et les pays les plus puissants du monde.

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Un super grand merci à Leo, Rudy et Niko
du site des DéQodeurs et des Ambassadeurs du Nouveau Monde ADNM pour leur énorme travail de réinformation et d'éveil.



Pour les soutenir financièrement, c'est ci-dessous



1 nov. 2021

552. Mens moi toute, Véranocchio !

 

" Mens-moi encore, Véranocchio, mens-moi toute ! Tu me donneras ma liberté si je suis sage et fais bien tout qu'est-ce que tu dis ?
- Bien sûr, mignone, je te ferai même un pass hi-tech en teck si tu veux, ma pilule boucle bleue.
- Hmmm, tu es trop trop mignon, mon héro; mais... mais pourquoi en teck ?
- Mais parce que c'est le bois le plus dur, poupée. Comme mon nez !
- Rhooo, mais c'est qu'il serait coquin en plus, mon fier pantin !"

Et repliant ses deux jambes, la poupée de vynile se pencha en avant et glissa sa tête au dessus du vernis brillant des deux joues de son partenaire. Il inventait des mensonges puissants, respirant l'odeur de plastique qui se répandait dans ses narines. Le parfum féroce du chlore mêlé d'éthylène chauffé, moulé puis refroidi enveloppait ses nerfs olfactifs, provoquant de légers éternuements qui la faisaient frissonner de plaisir. Elle poussait fermement sur son crâne de bois exotique, enveloppant son appendice nasal dans la moîteur pétrochimique et profonde de ses charmes...

Il sentit vibrer la table de chevet et prit conscience qu'à ce moment-là ses plus grands mensonges et calomnies s'imposaient. Mais tenté par l'expérimentation de nouvelles sensations, il lui fut alors impossible de ne pas lui divulguer quelque parcelle de vérité au milieu de ses mensonges: "Je t'aime. Mais en vrai, je te déteste. Mais... je te jure que je t'aime quand même..."

Ainsi, au milieu de ces pieux boniments qu'il entrecoupait à contre-coeur de vérités toutes crues, leurs convulsions orgasmiques les rapprochèrent dangereusement du bord du lit pour finalement les précipiter tous deux sur la moquette cotoneuse où les attendaient, inanimées encore en attendant leur tour - ou y étaient-elles déjà toutes passées ? -, une douzaine d'autres poupées alanguies ainsi que tout un assortiment de pimpantes seringues de velours...

 


30 oct. 2021

551. Dors encore


Dors encore !

Je sais que comme moi tu as peur, peut-être plus encore !
Tu trembles devant ma douleur, mon inconscience destructive,
Mes silences éreintants, l’insécurité dans laquelle je te tiens,
Tu trembles devant le froid, la froideur de ma mort vive.
Tu trembles et tu résistes,
Tu charges mes moulins à l’aveuglette avec une foi qui me déborde.
Mais dors encore, mon amour.

Me vient la paix à travers ton étreinte comme un préambule à la mort,
Cette mort existentielle qui se réjouit de mes chimères innombrables.
Non, ne cherche pas refuge en moi !
Il n’y a pas d’endroit où s’envoler dans mes visions,
Je deviens transparent en ce monde, je n’y ai pas d'abri,
Je ne cherche pas à me cacher en toi.
Et pourtant, je voudrais m’oublier dans tes sillons.


Tu trembles lorsque je frissonne,
J’arriverai à me relever, lentement, de cette sourde agonie.
Tu trembles, et au final, toujours, je reste ton refuge.
Tu te disperses dans mon immensité, berceau des illusions.
Et je ris. Ne cherche pas refuge en moi.
Mais tu frémis ?
Dors encore, mon amour !


Pantomines gesticulantes,
Personne ne répond, le chaos se reproduit,
Mon corps est une accumulation de nations en guerres.
Il n’y a pas d’unité, pas de paix, je n’existe pas.
La peur se déplace avec une arrogance souveraine
Et il n’y a pas de frontières, mes cellules la laissent passer,
Elle m’envahit complètement.
Ma résistance ne fait que me briser un peu plus,
Des morceaux, des lambeaux, des morceaux de lambeaux,
Des miettes de moi-même,
Elles sont des milliers de moi qui se décomposent,
D’un moment à l’autre, mon visage va se dissoudre.


Il n’y a qu’un fil qui me retient,
Un fil qui me soutient avant que je ne tombe,
Un fil si fin qu’il parait invisible.
Je le sens qui se bat contre le néant,
Savais-tu que le néant portait une faux?
Et ce cordon ombilical qui me relie à toi,
Ne va-t’il te contaminer de mon vide fragile ?
Non, tu es tout ce qui m’unit. Unique.
Mon unique…Jamais je n’aurais cru tant adorer l’unicité.
Cette dualité mixte, La tienne et puis la mienne…
Mais dors encore un peu, mon frémissant amour ... ! 

 


28 oct. 2021

550. Routine story


Cette routine vous est pas gracieusement offerte grâce au soutien financier des hypermarchés "CARREFOUR".

Homogénéité imparfaite du train-train quotidien


Observez un instant notre personnage: à première vue, il a tous les airs du simple quidam qui retourne chez lui réintégrer ses pénates après une journée de boulot routinière. Je sais qu'est-ce que vous pensez comme si que j'étais viennois et même psychiâtre : une telle personne pourrait tout à fait être n'importe laquelle d'entre vous, une vie monotone, chronométrée, sans frayeurs. Tout ça ne semble pas vraiment palpitant ou folichon,  pas non plus excitant et encore moins désopilant.
Eh bien, je propose que nous transformions l'existence fastidieuse de ce looser, de ce perdant: Essayons de générer une bouffée d'adrénaline ! Nous devrons ajouter plusieurs ingrédients, dont un essentiel dont on peut rarement se passer pour briser toute routine, du sang ! Houlà, j'ai comme l'impression que quelqu'un va se retrouver avec les mains maculées d'hémoglobine.

Mettons un environnement sonore. Faut de l'ambiance. Un environnement urbain ressemble à un immense orchestre symphonique qui joue faux, une multitude d'instruments qui improvisent une éternelle mélodie ringarde sans partition, mais laissez-moi prendre le relais et la baguette du maestro un instant. Écoutez le murmure des gens qui marchent, l'agitation lointaine de la cour d'école, le bruit incessant de la circulation matinale, le tintement d'un klaxon effronté, le crissement de pneus sur l'asphalte suite à un freinage inattendu, le bruit sec d'un impact, l'exclamation étouffée d'une piétonne qui vient de saluer de la tête un réverbère, le bourdonnement constant, les battements creux des cœurs, le silence...

Caractéristique, non ? En quelques secondes notre scénario a complètement dégénéré. Ou le contraire... Attendez ! Je pense que je vois notre personnage entouré par la foule. Approchez-vous, m'sieurs-dames, essayons d'entendre sa voix...

" Calmez-vous mademoiselle, vous avez heurté de la tête ce réverbère. J'ai mon brevet de secouriste, vous avez été vaccinée ? Non ? Alors ça devrait aller, vous ne saignez qu'un tout petit peu au niveau d'un sourcil. Une ambulance arrivera sous peu si vous voulez que j'en appelle une, sinon permettez-moi de vous accompagner jusquà la pharmacie la plus proche..."

Maintenant j'imagine vos visages... C'est tout ? Quelle blague! Tu m'fous de nos gueules ? Ils sont où là, la sueur, le sang et les larmes, hein ? Où qu'y sont ?
Rassurez-vous, m'sieurs-dames, je vous en prie, embarquez dans ma DeLorean, serrez un tout petit peu les fesses si ça manque de place, et partons faire un petit saut dans l'avenir...

"Gégé, tu en as pour combien de temps ?
- Je suis à toi dans deux secondes, chérie, je me suis juste laissé aller à rêvasser en  repensant au jour où qu'on s'est rencontrés, tous les deux, tu te souviens ? Ce réverbère a changé nos vies à jamais, pour le meilleur et pour le pire, notre routine..."

Tandis que Gégé répond, les pupilles dilatées, il semble regarder dans l'infini, ses mains froides comme deux darnes de morue fraîchement sorties de leur lit de glace, tordant et découpant violemment cette masse de sang et de boyaux qu'il a sous les yeux et sur laquelle il s'acharne derrière l'étal du rayon boucherie de l'hypermarché Carrefour où sa femme vient chercher, une fois par semaine, les mains vissées sur la poignée de son caddie, leur rôti de porc dominical bourré d'hormones ainsi que leurs six merguez-chipolatas du mercredi,  remplies jusqu'à ras-bord de ces autres merdes chimiques dont j'ose même pas prononcer le nom...