Note de la rédac:
Et c’est une bénédiction qu’il
Je peux être doux, amer, tendre, vicelard, romantique, arrogant, têtu, fainéant, vindicatif, attentionné, vulgaire, capiteux, fréquentable, très méchant: Tout dépend de l'heure et des circonstances...
Ah les femmes!!!!
Ce ne fut pas une visite à laquelle je m’attendais, sinon j’aurais fait un brin de toilette, me serais rasé, changé de calbute - peut-être bien avec mon second ou avec l’un de mes deux lieutenants -, mis un peu de parfum, sans doute même aurais-je disposé des fleurs dans ma cabine et retourné les draps de lit de ma couchette. Mais ce ne fut pas une visite romantique non plus comme vous n’allez pas tarder à le comprendre. Les premiers signes de sa visite se manifestèrent par une congestion cérébrale - vous savez, le nez qui suinte comme les parois de l’aven Armand, les sinus qui s’embourbent et cette barre qui vous traverse les arcades en s’accrochant à vos sourcils comme si sa vie en dépendait.
Alors sans plus attendre, je vais vous le dire sans détours ni fioritures, la putasse de Maria Palud n’est qu’une salope, la dernière des salopes, qui profite toujours de ce que vous ayez le dos tourné ou une situation stressante sur les épaules pour ramener sa fraise.
Au début, je croyais que c’était une dingue dengue, une de ces maudites femelles native des tropiques qui, quand elles vous caressent à rebrousse-poil, vous laissent sur le carreau, pantelant comme un nouveau né chatouilleux.
Mais non, dès cette nuit là, elle y alla de ses préliminaires. Je me mis à suer puis à congeler, à suer de nouveau puis à recongeler, un véritable gymkhana entre Inuvik et Tombouctou.
Et c’est au lendemain de ces trois premières nuits d’ivresse au large de Z.... que nous fûmes appelés, dès les aurores, à la rescousse d’une déesse grecque.
Nous étions donc en pleine opération de sauvetage de l’A....a, 6000 tonneaux bourrés d’électronique et de matériel de pointe de chez "X...... Offshore", et qui avait une énorme voie d’eau dans ses compartiments machines à une vingtaine de miles des côtes , du côté des champs pétrolifères de T........ Fallait lui refiler des motos pompes puis la ramener sur une hauteur fissa avant qu’elle ne chavire et ne parte par le fond rejoindre ses petits neveux les Tritons.
Marylou avions décidé qu’on allait repeindre le garage ainsi que la chambre d’amis…. Enfin surtout la chambre et surtout Marylou:
Moi : Bon, ma louve, on va commencer par préparer le terrain…
Marylou : Et ça veut dire quoi ?
Moi : Ben on va rassembler les meubles au milieu de la pièce, ôter toutes les cochonneries qui sont fixées aux murs et tout ce qu’on veut pas peindre. Puis on va tout bien passer au papier de verre puis épousseter tout ça pour virer toute la poussière, puis on scotchera tous les trucs qu’on veut pas peindre.
Marylou : Dame, ça me parait beaucoup de boulot. On peut pas faire juste la peinture comme à la télé ?
Moi : Nan.
(10 minutes + tard)
Marylou : Houlà, c’est dur la préparation. Je crois que je vais m’asseoir un tout petit peu.
Moi : (marmonnant) Putain, je crois que la journée va être longue.
(Environ 1 heure + tard)
Marylou : Bon. On a fini la préparation. On fait quoi maintenant ?
Moi : Maintenant on peut poser la première couche d’apprêt…
Marylou : On va commencer à peindre alors ?
Moi : Oui. Mais d’abord on va commencer par tracer les bordures.
Marylou : Quoi ? Faut tracer des bordures ? Avec quoi ? Le double décimètre à Kaëlig ?
Moi : Hein ? Non, tu comprends pas. Quand je dis ‘tracer’, je veux dire on va passer de la peinture là où on peut pas le faire au rouleau. Comme dans les coins…
Marylou : Ah d’accord. C’est de la peinture quand même alors…, hein ouais?
Moi : Euh… techniquement, oui. Mais le vrai terme pour peindre les coins, c’est ‘tracer les bordures.
Marylou : C’est débile. Si on va commencer à peindre, t’as qu’à dire qu’on va commencer à peindre et arrêter de dire des trucs que je comprends pas.
Moi : Mais bébé, on dit tracer des…
Marylou : Oh, arrête, hein ? A partir de maintenant, on dira peindre les coins alors arrête de faire celui qui sait tout mieux que tout le monde, d’accord ?
Moi : Bon, on commence à peindre les bordures et les coins, tu veux bien ?
Marylou : Mououi. Mais je te préviens, si tu me regardes encore de travers, je te peins la tête, d’accord ?
(5 minutes + tard)
Marylou : Hou ben dis donc, ça fait mal aux bras de peindre les coins. Je fais une pause, moi…
Moi: (grommelant) Et mon cou alors, hein?
(À peu près 1 demi-heure + tard)
Marylou : Et tu fais quoi maintenant ?
Moi : Ben, faut que je passe une couche d’apprêt sur les murs avant que les bordures qu’on a tracées… je veux dire peindues, soient sèches ; sinon elles se marieront pas bien et ça se verra au séchage.
Marylou : Alors, quand c’est qu’on va commencer la vraie peinture?
Moi : Ben vu que les gens qui nous ont vendu la maison avaient peint ces murs en vert olive, je pense qu’il va falloir passer deux couches d’apprêt avant de poser la première couche de peinture…
Marylou : J’en ai marre d’attendre pour faire de la peinture. Je crois que je vais aller faire des Sudokus. T’auras qu’à m’appeler quand tout sera prêt à peindre.
Moi : (tout seul dans la pièce) La tuer serait de l’autodéfense. Aucun jury pourrait me condamner. Je serais un héros.
(3 heures + tard et beaucoup de sudoku suée du cul à force de monter et de descendre de l’échelle que j’en arrive à me prendre pour un yoyo)
Marylou: Bon, maintenant qu’on a fini ton truc d’apprêt et que c’est sec, on peut ENFIN commencer la vraie peinture ?
Moi : Oui, mon Impatiente, on peut commencer la vraie peinture maintenant. Et comme tout à l’heure pour l’apprêt, on va d’abord tracer, ou peindre, les bordures et les coins d’abord.
Marylou : Tu sais quoi ? C’est la galère ton truc. C’est pas du tout comme je croyais. Je déteste faire de la peinture avec toi.
Moi : Comment tu sais que tu détestes faire de la peinture avec moi ? T’as rien peindu de la journée !
Marylou : …
Moi : AAaaailleeuuuh !!! Meeerrddeeee !!!!
Note : Au cas où vous vous poseriez des questions, un manche de pinceau dans le cul, ça fait mal.
Houlà, hyper mal.
Voilà, et qu’ils viennent pas se plaindre en cours de quinquennat.