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Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

11 janv. 2012

353. Quotient familial: Ce que ne vous disent pas Pécresse et Sarkozy.

Commentaire de Cyt Lambda paru dans le Journal en ligne La Tribune du 10 Janvier 2012 en réaction à l'offusquation générale des pontes de l'UMP face à la déclaration de Hollande sur le quotient familial. 
Un smicar qui travail 35 heures gagne environ 1118 euro net et paie des impôt à hauteur de 350 euro par an soit environ 30 euro par mois ce qui lui laisse 1088 euro pour vivre. Pour un logement on demande de couvrir 3 fois le loyer et parfois, en plus, d'avoir un garant. Cela lui permet dignement d'avoir un logement à environ 400 euro de loyer par mois maximum. Une fois déduis, il lui reste donc 688 euro (je vous laisse déduire nourritures, facture edf, transport, etc) Un peu d'aide pour lui ne me semble pas une chose anormale. Pour ceux qui s'acquitte de la somme de 300 euro par mois d'impôt soit 10 fois plus qu'un smicar, combien vous reste t'il après? Si peu qu'il faut se plaindre? ou suffisamment pour avoir un ordinateur portable? un mobile? internet? un lecteur mp3? une voiture? un mutuelle? une assurance vie? des vacances? des loisirs? et oui après tout ça il vous reste pas beaucoup plus que le smicar à la fin du mois, mais c'est pas le même train de vie!!! Moralement il est inconcevable d'abandonner les plus défavoriser. Plus on a la chance d'avoir de l'argent et plus on doit accepter de redistribuer une partie de ses richesses. Imaginons gagner 15000 par mois et payer 5000 euro d'impôt, il reste 10000 euro, y a pas de quoi pleurer. Tout ça pour dire qu'une phrase comme "on taxe toujours les mêmes pour donner toujours aux mêmes" (dixit Dramatic au dessus) ont en faite une certaines logiques qui n'a rien de choquant. Prendre au pauvres pour donner au riches ça c'est une aberration, pas l'inverse. Libre a chacun de jugez par lui même.

Réaction de l'équipe de rédaction d'ce Blog.

Nous sommes  tout à fait d’accord avec vous Cyt, c’est une aberration, mais il faut savoir que malheureusement dans cet France où nous vivons, le citoyen Lambda  ( nous ne parlons bien évidemment pas de vous Cyt, évidemment) est égoïste, et le plus haut il sera placé sur l'échelle de l'argent et du pouvoir, le plus grand, le plus pernicieux, le plus  concentré et le plus pur en somme sera son égoïsme. Sinon..., comment serait-il arrivé si haut?
Qu’il soit de la très-très haute société comme n’importe quel très cher et vieil ami de notre excellentisssime Président Nicolas Sarkozy, ou bien de la très-haute comme un patron de Startup "successful", un médecin ophtalmologiste renommé propriétaire de sa propre clinique, un partenaire dans un cabinet d’avocats d’affaires parisien comme notre président avant son élection,  ou bien de la haute un peu moins haute tel  ce notaire d’arrondissement ardéchois ou bien cet ingénieur-conseil en forages offshore chez Total Fina Elf, de la moyenne-haute comme ce chef-pilote  chez Air France ou ce commandant de Ferry Transméditerranée, de la moyenne-moyenne comme ce propriétaire de boulangerie-pâtisserie  ou son voisin le charcutier propriétaire de son étal, ce marchand de fringues ou le chef d’atelier de chez votre concessionnaire VW, de la moyenne basse telle cette institutrice ou cette employée de la Banque Postale en milieu de carrière ou plus bas encore tel cet ouvrier aux chantiers navals de Saint Nazaire, ce manœuvre-maçon, ce balayeur ou cet artiste intermittent, ce travailleur à temps partiel, ce chômeur  ou même le plus mal couché des sans-abris : tout le monde voit midi à sa porte et passe son temps à compter ses billets. 
Bon, il est certes tout à fait naturel que les sans-abris, les chômeurs ou les smicards recomptent même parfois jusqu'à trois fois  leurs petites piècettes, ils y sont bien obligés par les temps qui courent s’ils ne veulent pas se retrouver subitement à court de monnaie. Il l’est aussi pour pas mal de gens de la moyenne-basse, mais, comme vous l’avez très justement mentionné, Cyt, ceux-ci peuvent déjà tous plus ou moins se permettre, s’ils le souhaitent, de gérer leurs comptes bancaires et d'épargne ainsi que leur téléphonie et leur abonnements TV via leurs connexions internet. Déjà, quelle différence avec ceux qui  se trouvent immédiatement en dessous ! 

La classe immédiatement au dessus de cette dernière n’a quant à elle vraiment pas à se plaindre – nous le savons fort bien et pour cause, notre rédacteur en chef en fait lui-même partie et nous savons tout de lui car s'il ferme bien toujours à double tour tous ses tiroirs, ce grand nigaud laisse toujours ensuite traîner au vu de nous toutes  le trousseau de clés de ces derniers dans la boîte à trombones qui se trouve sur son bureau... 
La classe moyenne, dite "moyenne-haute" donc, n’a pas à se plaindre et pourrait même faire avec moins de revenus sauf si elle avait décidé - comme elle semble l’avoir fait depuis qu'elle existe - que pour rien au monde elle ne roulerait avec autre chose qu'un SUV de marque allemande ou suédoise de gros cubage et que sa femme devrait se contenter de sa  nouvelle Mini quand elle devra parcourir les 900 mètres qui séparent le cabinet de son esthéticienne de leur agence Thomas Cook afin d'y échanger la croisière qu'ils avaient prévue pour ce printemps sur le Nil contre une autre sur la Volga (à cause des évènements au pays des pyramides).  
Pour les classes au dessus de cette dernière,  vous ne voulez pas savoir – sinon, vous n’avez qu’à aller feuilleter  les photos pipole dans Paris Match ou les petites annonces immobilières qui leurs sont réservées en dernières pages du Nouvels Obs. 

Alors oui, tout cela est injuste. Et ce n’est pas parce que notre rédacteur en chef a eu  la chance de réussir des études spécialisées ainsi que d’être favorisé par la vie en général et par son druide en particulier qu’il accepte  d'admettre un système d’imposition où le  quotient familial lui rend plus à lui et à sa famille qu’à une famille d’égale constitution de  notre connaissance se trouvant dans la moyenne basse ou qu’à la famille de smicards qui vit au 4ème juste sous les combles. C’est totalement injustifié et comme tel, devrait et doit être rectifié. C’est ce que souhaiterait Mr. Hollande, nous en sommes convaincues,  même s’il s’est un peu précipité en parlant de supprimer le quotient familial:  il aurait dû préciser  " sous sa forme actuelle ", et que la meute UMPiste en a profité pour se précipiter sur cette déclaration en brandissant les épées de  Montjoye et les hallebardes de Saint Denis ! C’est sûr qu’eux, ils auraient un sacré manque à gagner si on revenait sur ce genre d'injustices qui n'est malheureusement pas la seule. Mais nous y reviendrons.

Le riche ne veut pas gagner moins mais toujours plus comme chacun le sait, c'est un fait avéré.  Mais quelle hypocrisie, ne trouvez-vous pas, Cyt, de la part de Mr. Sarkozy et de sa garde rapprochée quand à l'unisson ils en appellent à une tradition ancrée depuis la 2nde guerre mondiale en jouant la carte émotionelle ou à une politique fiscale que le reste du monde nous envierait en jouant l' atout Cocoricain ! Il n'y a pas à dire, ils sont forts tout de même! 
Mais où donc ont-ils donc été péché pêché ça, dans quelle flaque d'huile, dans quelle fontaine miraculeuse ? Même les Suisses, qu'on ne peut historiquement pas qualifier de Socialos - ce serait le comble - n'utilisent pas ce genre de quotients et distribuent des primes à l'enfant égales pour chaque enfant de leur Confédération Hermétique. 

Nous pensons donc qu'il faut conserver mais assujettir le quotient familial à une somme de revenus maximale qui devrait ne pas dépasser outrageusement la moyenne des revenus annuels de l'ensemble des Français. Celle-ci a été calculée en 2007 à 26000 euros annuels.  Nous ne sommes pas mathématiciennes  mais il nous semble que ce plafonnage  ne devrait en tous les cas jamais  dépasser les 60 à 80 000 euros au maximum. Les sommes gagnées en excédent ne devraient en aucun cas  pouvoir être fiscalement abattues grâce au quotient familial sous sa forme actuelle. 

Imaginez des gens comme Valérie Pécresse dont les seuls revenus de son poste de ministre s'élèvent déjà à 130 000 euros nets sans compter ses autres revenus provenant de l'UMP et du cumul de ses mandats ni  compter ceux de son mari. Avec ses 3 enfants, cette bonne catholique pratiquante et qui ne s'en cache d'ailleurs pas - comme si le fait de l'être pouvait donner une certaine légitimité à son pseudo humanisme - bénéficie d'une part et demi supplémentaire, ce qui équivaut à un cadeau fiscal sur son seul salaire de ministre seulement équivalent à la non-imposition d'environ 28 000 euros soit une économie d'impôts de 5250 euros sur ses seuls revenus de ministre - faites vous même le calcul et vous verrez: divisez ses revenus de ministre par 2 parts pour elle et son mari, puis par 3,5 parts en comptant ses 3 enfants puis faites la différence - qui ne seront pas pris en compte. Ajouter pour ses autres revenus provenant de l'UMP plus ceux de son coquin de mari et pour la faire monter en tranches imposables, extrapolez le résultat et vous tomberez des nues...

Citons Mr. François Copé à présent, père de 5 enfants: 9 730 euros bruts mensuels pour ses différentes fonctions politiques + 16 600 euros bruts mensuels "pour ses honoraires contractuels d'avocat d'affaires à temps partiel" , on arrive à un total de 26 300 euros bruts mensuels ou 312 000 euros bruts annuels. En net, ça doit faire - 20% soit 250 000 euros nets. Nous ne prenons pas en compte ici les revenus de son épouse si elle en a.

Calculs pour 250 000 euros ne revenus nets annuels.

- Marié sans enfants:  2 parts: il est imposable sur 125 000 euros dont 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les 54 200 restants taxés à 41% car situés dans la frange supérieure à 70 830 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 38 167 euros
- Marié avec 5 enfants soit un total de 4,5 parts, il n'est plus imposable que sur 55 000 euros décomposés ainsi:  11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 28 600  taxés à 30 % et ce sera tout, une imposition totale de 11 205 euros soit une économie d'environ 27 000 euros par rapport au même couple sans enfants. Cette économie, ce cadeau fiscal représente tout de même prés du double des revenus nets annuels d'un couple de smicards et chaque enfant aura donc rapporté aux Copé 5 400 euros chacun soit 8 fois la prime que souhaiterait voir distribuée Mr. Hollande aux enfants des familles les plus défavorisées!  

Maintenant imaginons que Mr. Copé soit veuf, divorcé ou père célibataire.

- Célibataire, veuf ou divorcé sans enfants = 1 part: Il est imposable sur l'ensemble de ses revenus soit sur 250 000 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les 179 600 euros restants à 41% soit une imposition totale de 89 461 euros. Par contre, avec 5 enfants à charge, ça le devient beaucoup plus:
- Célibataire, veuf ou divorcé avec ses 5 enfants et un total de 3.5 parts, il n'est plus imposable que sur 71 428 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les  1 028 euros restants taxables à 41%, une imposition totale de 16 246 euros et une économie de 73 000 euros par rapport à une déclaration sans enfants. Chacun des 5 marmots lui rapporte dans ce cas 14 600 euros annuels soit par enfant l'équivalent d'une année entière de revenus au smic pour un couple de smicards.

Otons pour juste pour voir 3 enfants à Mr. Copé et ne lui en laissons que 2 pour se mettre en adéquation avec les exemples cités plus bas:

- Célibataire, veuf ou divorcé sans enfants: 1 part : Déjà vu plus haut: 89 461 euros d'impôts sur 250 000 de revenus.
- Père célibataire, veuf ou divorcé avec 2 enfants: 2 parts. Il est imposable sur 125 000 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les  54 200 euros restants taxables à 41%, une imposition totale de 38 167 euros. Faites la soustraction, nous avons déjà la un gain de 51 000 euros de réduction d'impôts soit 25 500 euros par enfant soit 40 fois la prime pour les enfants de familles défavorisées envisagée par Mr Hollande!

Rendons à Mr. Copé son épouse ou marions le puis recommençons:

- Marié sans enfants: 2 parts: comme dans l'exemple précédent, il doit s'acquitter de 38 167 euros d'impôts.
- Marié avec 2 enfants: 3 parts: Il est imposable sur 83 333 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les  12 533 euros restants taxables à 41%, une imposition totale de 21 083 euros. Une économie moindre que pour un père célibataire, veuf ou divorcé mais tout de même d'un montant de 17 000 euros soit 8500 euros par enfants soit 8.5 fois plus que pour un enfant de la classe moyenne et 22 fois plus que pour un enfant de smicards.

Autre exemple mais très haut de gamme cette fois, le palmarès français des revenus annuels des 20 premiers chanteurs et des  20 premières vedettes de cinéma l'an dernier fait état de revenus annuels allant de 300 000 à 3 500 000 euros. La bonne moyenne doit donc se situer autour du million d'euros annuels et c'est aussi la moyenne basse des revenus des PDG de grandes entreprises. Imaginons un PDG doté de ce même revenu et voyons son imposition avec 2 enfants et sans enfants en tant que  père célibataire:

Calculs pour 1000 000 de revenus nets annuels

- Célibataire, veuf ou divorcé sans enfant = 1 part: il est imposable sur l'ensemble de ce million d'euros qui se décompose ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les 929 200 restants taxés à 41% car situés dans la frange supérieure à 70 830 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 396 917 euros.
- Célibataire, veuf ou divorcé avec 2 enfants = 2 parts:  il est imposable sur 500 000 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les 429 200 restants taxés à 41% car situés dans la frange supérieure à 70 830 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 191 917 euros. Une économie nette donc de 205 000 euros soit 102 500 euros par enfant soit environ 170 fois le montant de la prime proposée par Mr. Hollande par enfant de couples défavorisés.

Maintenant, imaginons que ce PDG ou cette vedette du showbiz ne soit ni veuf(ve) ni divorcé(e):

- Marié sans enfant = 2 parts: Il paie le même impôt que l'exemple précédent soit 191 917 euros d'impôts.
- Marié avec 2 enfants = 3 parts: il n'est plus imposable que sur 333 333 euros qui se décomposent ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14%, 44 000 taxés à 30 % et les 262 933 restants taxés à 41% car situés dans la frange supérieure à 70 830 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 123 617 euros. Encore une fois, un cadeau fiscal de 68 000 euros soit 34 000 euros par enfant soit encore environ 60 fois la prime proposée par Mr. Hollande pour chaque enfant de ménages défavorisés.

Faisons à présent le même calcul pour un couple de classe moyenne dont les deux conjoints travaillent et gagnent 2500 euros nets par mois chacun. Leurs revenus annuels sont donc de 60 000 euros.

Calculs pour 60 000 euros de revenus nets annuels.
  
- Mariés sans enfants = 2 parts. Ils sont imposables sur 30 000 euros qui se décomposeront ainsi: 11 900 taxés à 5%, 14 500 taxés à 14% et les 3 600 restants  taxés à 30 % car situés dans la frange supérieure à 26 400 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 3 705 euros.
- Mariés avec 2 enfants = 3 parts. Ils sont imposable sur 20 000 euros qui se décomposeront ainsi: 11 900 taxés à 5% et les 8900 restants taxés à 14% car situés dans la frange supérieure à 11 900 euros de revenus annuels soit une imposition totale de 1 729 euros. 
La différence n'est plus que de 2000 euros entre un couple avec 2 enfants et un couple sans enfants. Chaque enfant aura rapporté à ses parents la somme de 1000 euros, bien loin de ce que les mêmes rapportent dans les hautes sphères. 

Et pour finir, faisons en autant avec un couple de smicards. Les deux conjoints gagnent nets 1200 euros mensuels chacun. Soit 2400 mensuels ou 28 800 euros annuels.

Calculs pour 28 800 euros de revenus nets annuels.
- Mariés sans enfants = 2 parts. ils seront imposables sur la somme de 14 400 euros annuels qui se décomposent ainsi: 11900 euros à 5% et les 2500 euros restant à 14% car situés au dessus de la tranche des 11900 euros soit une imposition de 945 euros.
- Mariés avec 2 enfants = 3 parts. Ils seront imposables sur 9600 euros : 9600 euros à 5% soit une imposition de 480 euros. La différence avec ou sans enfant n'est pour eux que de 465 euros soit 232 euros de réduction d'impôts par enfant, à près de 5 longueurs derrière les enfants des classes moyennes aisées à 1000 euros par enfant mais à des années lumières des 8 500, des 15 000, des 17 000, des 25 000, des 34 000, des 51 000 et même des 102 500 euros que peuvent rapporter les gosses des classes supérieures citées plus haut.

Quant aux RMistes et aux RSAistes, n'étant pas imposables, ils ne reçoivent aucun cadeau.

Vous voyez bien ainsi ce que rapportent les gosses de riches à leurs parents qui entre parenthèses ont le même droit aux allocations familiales que les enfants de chômeurs! 

Quant à Messieurs Bouygues, Bolloré et consorts,  nous ne sommes pas fatiguées à faire le calcul vu que notre rédacteur ne veut plus nous payer nos heures supplémentaires mais nous parlons ici de plusieurs centaines  de milliers, voire même parfois de plusieurs millions d’Euros de cadeaux fiscaux en abattements grâce au quotient familial pour certains d’entre eux. Sacré chouettes cadeaux si vous nous permettez l’expression! 

Que le quotient familial soit assujetti au nombre d’enfants par famille, oui, tout à fait d’accords, mais certainement pas à l’ensemble des revenus.  Donc normal que Monsieur Sarkozy et Madame Pécresse soient contre la proposition de Mr.Hollande, leurs amis les ont placés là où ils se trouvent aujourd’hui pour qu’ils leurs fassent gagner de l’argent, pas pour leur en faire perdre. Et de plus, Mr Sarkozy comme Mr Copé ou Mme Pécheresse, en égoïstes avertis qu'ils sont, doivent bien évidemment défendre avant tout leurs propres portefeuilles. 
Alors oui, chère Cyt, il y a une logique au fait qu'à défaut de taxer plus les riches pour donner aux pauvres, on arrête simplement de leurs faire de tels cadeaux aberrants et indécents.
Nous avons beaucoup beaucoup aimé votre réaction, cher ou chère Cyt ! La rédaction de ce Blog vous en remercie de tout son coeur.

8 janv. 2012

352. Yom Kippour

Pas de télé sur mon rafiot. On ne reçoit pas le signal et internet est trop lent pour recevoir de la vidéo. Alors on se prépare – avec la technologie du DivX et de l’AVI, on se construit une petite vidéothèque avant d’embarquer pour de longues semaines de mer. 
J’affectionne particulièrement les séries telles que Dexter, Heroes  et autres productions juteuses et captivantes. Ca passe le temps et il n’y a pas besoin d’attendre une semaine pour atteindre l’épisode suivant. Là, je viens de terminer de regarder Band of Brothers  - Frères d’Armes - dans son intégralité. Et il y a un passage qui m’a particulièrement marqué émotionellemnt dans cette série, celui où les GIs découvrent et pénètrent pour la 1ère fois dans un camp de concentration et d’extermination SS. 

C’est étrange, cette tendance nauséabonde que nous avons de reconnaître les erreurs, les hypocrisies de ce monde, l’aspect de ce dernier où l’histoire se répète sans cesse tout en nous résignant à remiser tout ça dans le grenier  de nos priorités du moment. Pourtant, les similitudes sont là, comment pouvons-nous passer à côté ? Mais on ne le fait pas, c’est comme ça. Les présidentielles 2012 approchent, ça semble plus important même si c’est réellement totalement dénué d’intérêt vu la nature des deux principaux protagonistes. Nous choisissons toujours de ne pas regarder la réalité en face. Que ce soit par un mécanisme d’autodéfense essentiel pour nous éviter la dépression ou tout simplement par égoïsme viscéral  pour préserver notre mode de vie à court terme, je ne sais pas. 
Savez vous ce que disaient les Anglais lorsqu’ils parlaient des patriotes américains durant la guerre d’indépendance américaine ? Ils les traitaient d’insurgés, de terroristes et ils les méprisaient pour leurs techniques de guerilla et de sabotages. Ils ne pouvaient se faire à l’idée qu’une telle bande de rufians , de paysans et de déchets de la noble Angleterre puissent un jour contrôler leur propre économie, encore moins établir leur propre gouvernement. Les Anglais se battirent donc pour ne pas perdre le contrôle des ressources, denrées et autres matières premières essentielles  à  leur mode de  vie huppé. 
Tout cela ne vous semble-t’il pas familier ? Ben ça le devrait ! Terroristes pour les uns, combattants de la liberté pour les autres (La France, Lafayette ! ) Tout dépend  de quel côté de la lorgnette on se trouve et où se situent nos intérêts. 

Après l’Irak, voilà qu’on nous parle de l’Iran. On nous y prépare psychologiquement dans les communiqués de presse de nos gouvernants ou de ceux qui voudraient prendre leurs places.  Nous sommes aujourd’hui  tels les anglais d’il y a 3 siècles, les mauvais garçons, nous sommes devenus les méchants. Je ne dis pas qu’Ahmanidejab soit un bon garçon, non, loin de là, mais regardons la réalité en face, la réalité nous démontre que toute action militaire perpétrée au Moyen Orient ne l’a été que dans des pays où coulent des rivières de pétrole. On n’a jamais envoyé un seul de nos soldats combattre ou libérer le peuple Nord Coréen ou Cambodgien que je sache. 
N’allez pas imaginer une seule fraction de seconde que je ne réalise pas que certains vont interprêter mes propos comme une sorte de trahison envers mes concitoyens et autres peuples du monde occidental qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts économiquement parlant ou contre les soldats envoyés par nos dirigeants.  Nous ne parlons pas ici de guerres de religions et de périls islamiques, nous ne parlons pas ici de guerres pour la défense ou l’instauration de la Démocratie, nous ne parlons pas ici de guerres pour causes de sécurités nationales, nous parlons ici uniquement de guerre pour le pétrole et autres matières premières  et pour le maintien de nos modes de vie et, surtout,  pour le maintient des profits corporatifs capitalistes. Sans contrôle des flux de pétrole, adieu la production, adieu les emplois et bye bye nos modes de vie . Point barre.  Ce sont là les seules et uniques raisons de nos interventions armées partout dans le monde, que ce soit en Irak, en Lybie et surement bientôt en Iran. 

Alors pourquoi ne mettons nous pas un terme à tout ça ? Je n’étais pas encore né pendant la guerre d’Indochine qui se prolongea durant mon enfance par la guerre du Vietnam. Pas une guerre idéologique, détrompez-vous, c’était la guerre du Caoutchouc – Michelin, Dunlop, Goodyear, Silverstone et consoeurs  – les millions de pneus – 4 par voitures à changer tous les 2 ou 3 ans en moyenne - des petites autos de nos gentils parents et bien sûr les dividendes des actionnaires de ces sociétés, rien d’autre. Les communistes ont gagné, le Vietnam est devenu indépendant, il ya eu des tractations, on a finalement reconnu la légitimité de leur gouvernement  en échange de la continuation des flots de caoutchouc. L’honneur et le caoutchouc étaient saufs au détriment de quelques cinquante milles soldats occidentaux tués – mais de plus de 3 millions de tués vietnamiens dont plus de 2 millions de civils. 

Ma toute nouvelle amie sur Facebook, l’auteur brésilienne Dalva Agne Lynch, m’a ouvert les yeux dans un de ses écrits qui parle de Yom Kippour, la fête du Grand Pardon du Judaïsme, le Jour de l’Expiation.  – La 1ère partie de son texte se consacre au rituel cérémonial  lui-même, la seconde partie est plus profonde et nous donne une vision de la signification réelle de cette fête qui ne consiste pas en l’expiation des pêchés personnels seulement mais surtout dans l’expiation des pêchés commis par tout un peuple, en l’occurrence les pêchés du Peuple d’Israël en ce qui concerne Yom Kippour. En voilà une fête digne d'être célébrée: Nos peuples occidentaux sont responsables des plus grandes guerres, des plus grands massacres, des plus grands génocides jamais perpétrés; que ce soient dans un but idéologique – Les Nazis avec la Shoah – ou économique - les Amérindiens, les Algériens, les Vietnamiens, les Irakiens, l’esclavagisme - la liste n’est pas exhaustive. 
Dalva explique qu’on ne peut rejeter toutes les fautes sur nos gouvernants ou sur quelques chefs d’état-major ou Conseils d’administrations de multinationales mais que tout le peuple est responsable car le Peuple a permis à ses dirigeants de le faire. Je suis responsable, vous êtes responsables, nous sommes tous responsables en tant que Peuple. Lorsque nous réclamons de l’essence moins chère, nos gouvernants envoient nos soldats sécuriser les champs et les puits de pétrole et nous nous voilons la face sur le nombre de victimes et de malheurs que cela engendrera. Quand notre gouvernement vend des armes à des belligérants étrangers, il soutient notre industrie de mort, il protège nos emplois et notre mode de vie ainsi que les bénéfices de notre industrie en sacrifiant les millions de vies qui seront ôtées par ces mêmes armes. Comme disait notre cher Coluche, il n’y pas meilleur moyen de rentabiliser une bombe que de la faire exploser. 
Et que faisons-nous ? Nous nous voilons encore la face et réclamons encore plus de pouvoir d’achat. Où tout cela s’arrêtera-t’il ? Sommes-nous tant subjugués par l’instabilité des cours du Pétrole et avons-nous peur  que si le Moyen Orient devenait réellement autonome, nous ne pourrions plus conduire nos petites voitures ou partir en avion en vacances FRAM ou Jet Tours aux Canaries ? Je vous garantis que c’est exactement ce qui se passe. 
Nous voulons élire celui qui préservera notre mode de vie, créera de l’emploi et de la croissance ? Alors nous voulons élire celui qui sera un va-t’en guerre et celui qui n’en aura rien a cirer du réchauffement climatique et des centaines de millions de mort que ce dernier engendrera à long terme. 

Ça faisait trop longtemps que j’avais retenu mes doigts loin de mon clavier, merci Dalva de m’avoir ré-ouvert les yeux grâce a ton texte. J’essaie toujours de tenter de projeter une vision positive sur la vie, un espoir pour le futur, et, comme la plupart d’entre vous, je n’aime pas m’étendre sur le négatif. Mais il y a un hic, je crois en la compassion, en l’empathie, en l’honnêteté et en la vérité. Et quand je scrute les évènements présents, les nouvelles du monde ou quoi que ce soit qui fasse les grands titres en ce moment, j’ai honte d’appartenir au monde occidental, honte d’être Français car je ne fais rien, n’ai jamais rien fait, n’ai jamais bougé le petit doigt – à part sur mon clavier -, seulement contemplé la perspective de m’expatrier à Madagascar ou au Brésil, mais qu’est-ce que cela changerait ? Ce ne serait qu’une fuite, n’est-ce pas ? Le monde occidental serait toujours le monde occidental, la France serait toujours la France. Capitaliste, va-t’en-guerre, marchande d’armes, consommatrice effrénée. 
Et tristement, le seul fait d’avoir écrit le mot « bombe » un peu plus haut dans ce texte va à coup sûr m’envoyer tout droit sur une liste noire de la DST ou de la NSA américaine pour dissidence politique -l’exercice de ma liberté d’expression – je veux dire. Alors, chers amis et lecteurs, quand on en arrive au point où tout semble  partir en vrille avec un effet de boule de neige dévastateur sur le monde, je ne peux plus rester prostré et m’autocensurer plus longtemps. Alors je vous le demande:
Réveillez-vous !

15 déc. 2011

351. Crise? Quelle crise?

Alora, si le killer fou - qu'était probably wasted beyond reason, certainly - s'est explosé la cervelle d'un pruneau despois de haber vaciado sus chargeurs sur de gentils wallons, digame warum the polizei belga a t'elle en seguido conseillé aux Liégeois d'avoider le centro da cidade et de rester chez eux en sus casas bien à l'abri de leurs sapins? Seria eso un premonitory sign d'épizootie de crise pointant son pif? Or possiblamente could it only be una mas d'esas désopilantes jokes dont les Belges have ze secret?... 
Well, I'll be dammned... Beats me!

17 janv. 2011

350 ...à Marylou

Sous l’ombre de tes draps

Je pense à cette gare aux murs un rien blafards,
Un bel après-midi qui semble si lointain,
Sur le tissu fleuri dessinant ton bassin
Se poseront mes yeux peints d’un luisant regard…

Tant de nuits sont passées à gémir dans le noir,
À rêver de tes seins de minuits aux matins,
À ces aigues marines dans tes yeux mutins
Que viennent souligner tes dentelles d’ivoire.

Et toutes les pudeurs que je sais tu auras
Pour masquer aux badauds les émois de ton cœur
Ne pourront empêcher ton fol adorateur,
De libérer les siens sans fard ou mascara.

C’est au cosy-corner que tu m’entraîneras,
Moi, le fuyant mari, ton amant, le skipper
Que tu vis s’en aller sur le pont d'un clipper.
Là que tu m’aimeras sous l’ombre de tes draps.

14 nov. 2010

349: Biutiful

Inarritu vise haut la balle quand il en vient à la misère de ce monde. Sa matrice des connections humaines reflète la malchance et l'infortune - avez-vous vu 21 grammes ou Babel? . Les bonnes gens prennent d'infortunées décisions pour survivre, à seule fin de subir d'horribles conséquences parce que - ouais, ben parce que la vie ne pardonne rien. Uxbal - personnage central du film, joué par Javier Bardem - caractère type d'Inarritu, est forcé de prendre des choix difficiles chaque jour de sa vie, vivant dans les ombres de l'existence humaine avec une famille dont les liens ne se raccrochent qu'à la condition bipolaire de sa femme. Il souffre d'une maladie dont l'issue est fatale, ses enfants sont des souffre-douleur, ceux de sa femme à la présence chaotique, son propre frangin se la tape dans son dos, ses meilleurs potes immigrés clandestins revendent de la came pendant qu'il les couvre et les couve innocemment, ses potes catalans prédateurs de main d'oeuvre asiate l'exploitent jusqu'au bout des bombonnes de gaz, les gens qu'il assiste grâce à ses dons de spirite pouvant  communiquer avec les morts récents lui en veulent aussi souvent de ses intercessions qu'ils ne lui en sont gré. Et chacune de ses intentions bien-intentionnées le rapproche un peu plus d'un abîme sans fin.
Les jours de joie ne durent pas, ils n'ont d'ailleurs jamais vu le jour dans ce but. La descente aux enfers d'Uxbal est graduelle et tortueuse: même lorsqu'une bouée de sauvetage semble lui avoir été jetée sous la forme d'un semblant de famille retrouvée, elle n'avait rien d'une rémission. Inarritu veut nous faire comprendre que la vie est vraiment un cancer pour certains, et que peut-être la misère ne cesse t'elle qu'après la mort.
Un film sur l'incapacité de l'être, malgré ça tourné admirablement...

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28 juil. 2010

348: Love in Breizh

Je viens juste de recevoir le dernier numéro de Géo dont le thème est l'amour dans le monde. 50 lieux mythiques que ce magasine s'est attaché à mettre en avant pour y décrire l'amour sous toutes ses formes: L'Inde, son Taj Mahal et son Kamasutra, les amours voilées du Golfe Persique, l'amour sans limites sur fond de Bossa Nova au pays des Cariocas, le Québec ou tout commence par un cul et où, comme chacun le sait, tout finit par un bec. Et j'en passe...

Mais c'était omettre notre chère Bretagne, et, en Bloggonaute consciencieux que je suis, je me devais de combler cette lacune. Alors, pour les aficionados de Géo frustré(e)s de cette omission, voici de quoi y remédier: En Bretagne, tout commence par un coup de biniou suivi d'un coup de cidre puis, lorsqu'il fait beau, c'est au choix: sur une plage exhalant l'iode et le varech tandis que sternes, mouettes et autres goélands vous font la sérénade, alternativement dans un champ d'artichaux si la côte est trop loin ou que le besoin est pressant, d'autres fois ce sera un champ de poireaux, et très rarement - sauf si abus de cidre il y a eu - dans une lande d'ajoncs - mais alors là, attention, ça risque de piquer!
Et puis, vu que quand il fait beau, c'est signe de mauvais temps (Fahl Amzer en langue locale), le plus souvent, c'est sous la couette que ça se passera: quelques frotti-frottas préliminaires pour se réchauffer avant l'acte lui-même, quelques instants de relâche ensuite , puis quelques frotti-frottas de nouveau pour se réchauffer encore avant de remettre le couvert... Marylou, ma Louve, pure-sang made in Brittany comme le savent ceux d'entre vous qui squattent fréquemment dans les parages, étant une grande frileuse, les frotti-frottas préliminaires peuvent parfois s'éterniser loin en deça des limites raisonnables fixées par notre druide.

Voilà, j'emaile ça à Géo immédiatement en priant le ciel de les voir publier un addendum - ou pour le moins des excuses - dès le prochaîn numéro.

3 nov. 2009

347. Merci Ernö...

Vous ne saurez jamais de quelle hauteur vous aurez chuté tant que vous ne vous serez pas relevés. Lalala!
Etonnant vraiment de réaliser l’épaisseur de merde qui nous entoure chaque jour. La vie est organique, systématiquement, et tout commence par notre bonne vieille machine. Cet adorable et tendre assemblage de mécaniques pétantes et glougloutantes qui tente de donner un sens à ce que nous consommons.
"Vous êtes ce que vous consommez".
Vous devenez ce que vous bouffez.
"Bouffez de la merde, finissez en tas de merde."
Beaucoup plus clair, soudainement, n’est-ce pas, amis lecteurs ? Mangez des gâteaux tous les jours et prenez du poids. Buvez de la Vodka tous les soirs comme Yvan Rebroff et doublez de volume, de l'Ouzo à chier comme un héllène et triplez de volume comme Demis Roussos.
Sûr, science toute simple : causes et effets. Logique conventionnelle. Ce dont on ne cause pas souvent, c’est du lien entre la santé physique et le bien être mental ou spirituel. Comme si l’esprit et le corps étaient en quelques sortes des éléments à part, chacun d’entre eux affecté par ses propres lois.
J’ai moi même passé des années à me dénier l’union de tout ce qui regarde le physio-organique.Où celà nous conduit-il, et où est-ce que ça se terminera ? Ce que je réalise est que si je fais pas un effort constant pour la maintenance de ma casbah, de mon esprit et de mon âme – si j’en ai bien une - …, je suis perdu. Pourquoi me faire chier à m’instruire et élever mon niveau culturel et artistique si dans le même temps je laisse mon corps se transformer en tas de merde ?
Prenez le Rubik Cube. La résolution de ce gadget casse-tête est impossible si l’on ne s’attache à résoudre qu’une seule des faces colorées à la fois. Ça fait des années que je me promets de m’y attacher. Modérer le café, diminuer le sucre. Mille excuses. Demain peut-être. Plus tard. La prochaine fois. Promis.
Mais il n’y pas de prochaine fois car la merde s’entasse. C’est là la clé. On se doit à nous-mêmes de rechercher une vue d’ensemble. D’être les personnes que nous pourrions être à tous points de vue. Ernö l'a bien compris en mettant au point son casse tête. (comme quoi la Hongrie a mieux à offrir que des merdes UMPistes, soit dit en passant).
A nous de nous recentrer. Jour après jours.

22 sept. 2009

346. Homo / Faux Bi

Un truc me tracasse dans la brise qui fait plier les antennes du rafiot dont je suis le cap'tain - mais pour combien de temps?
Avec les moyens modernes, satellitaires surtout, je peux désormais causer avec toute ma famille quand ça m'prend. Et voyez vous, j'adore causer avec ma poupette de fille et le reste de son entourage.
Elle me raconte en passant qu'elle a un ami homo qui joue du saxo et qui étudie la danse classique, elle a 15 ans et son ami en a 16. Cool, rien à dire là-dessus.
Parallèlement, ils sont nombreux les mecs de son entourage, qui souhaiteraient, quant à eux, éradiquer - ce sont leurs mots - ce mec là ainsi que tous les pédés de leur entourage.
Aaaatchoum! S'cusez-moi...

Ce que j'en pense, c'est que haine, jalousie et regrets déferlent comme les lames de l'atlantique Sud dans les cerveaux des machos de la Cité face à des homos dans la peinture se la jouant honnête. Ils décident alors de faire payer très très cher cette franchise.
De faire payer plein pot pour leur intelligence, leur sensibilité et surtout leur fierté de vivre ce qu'ils sont. Je pense que les homophobes ne sont que des puceaux ou des branleurs refoulés de la quéquette qui ne cherchent qu'à s'venger de leurs frustrations.
Hem, mes propos n'regardent que moi... et tous ceux qui s'y r'trouveront.

18 juin 2009

344. Test de lancement aquatique

Menace que je mets rarement à exécution, faute de bande passante sur ce maudit rafiot. Pousser un coup de gueule, même de loin, ou vous priver de dessert ne porterait pas à conséquence de toutes manières. Vous envoyer au lit sans vous conter de petite histoire, c'est vous renvoyer à la noircité de vos sombritudes. Et ça, nous en avons tous, hem, l'habilité, si ce n'est pas ...l'habitude.
Mais ça m'fait tout d'même un tout petit peu mal au coeur. Tout de même...
J'ai le canal carpien gauche qui fait des siennes depuis quelques jours: Mon jeu de guitare s'en ressent ainsi que les tympans de mes hommes de quart. Heureusement que le droit est fluide sinon je sais pas comment je ferais quand les yeux bleus de Marylou planent sur mes rêves. Juste au dessus de ma couchette.
Mais bon, time to launch a blank missile: Three, two, one, Go!
How's the test? How did it go????

5 mai 2009

343. Écoute ton coeur...

Écoute ton cœur! Enfin, c’est ce que semble invoquer le cliché à l’image de John Turturo sous le nez du flingue à Gabriel Byrne dans Miller’s crossing (Un cadavre sous le chapeau des frères Coen). Ridicule, vous ne trouvez pas ?

Après tout, en période de crise émotionnelle, nous ne pensons pas clairement, toutes nos facultés ne tournent plus rond et nos jugements sont biaisés. Nous perdons si nous jouons, nous faisons des faux pas, nous révélons certains des aspects de nous même que nous aurions mieux fait de garder secrets. Le joueur de poker émotionnel révèle son jeu. L’athlète émotionnel manque ses marques. L’amoureux émotionnel perd de son allant. Indifférents à l’adrénaline ainsi qu'à la cortisone, aux TICs comme aux TOCs sans compter les phobies comme ont si bien tenter de l'expliquer les mecs hier soir en Direct sur France 3, l’esprit reste clair et la main reste ferme. Le matelot stoïque grimpera bosco, le mec cool meublera les rêves de vous-mesdames.

Les émotions sont des moments de faiblesse et un caprice de l’inexpérience. En suivant notre tête, nous sauvons la face et nous réussissons.
Et pourtant, de tous temps, j’ai eu le courage – ou peut-être la faiblesse – d’écouter mon cœur et celui de prendre des risques et j’en ai été récompensé. Oh, je dis pas que j’ai toujours savouré le goût de ces dernières. Je me suis ramassé plus d’une tarte dans la gueule de par le monde et même trois coups de surin dans une rue mal famée de Paname. Je me suis retrouvé mortifié, horrifié, paniqué. Mon état m'a confiné parfois à la panique avec toute sa logique démente qui vous empêche de considérer la situation d'un oeil lucide et vous pousse toujours plus loin dans le registre du mélodrame. Et j’ai suivi mon cœur jusqu’à la brisure totale.
Mais ce n’est que par les risques que j’ai pu expérimenter les joies les plus intenses et voir les plus étonnantes beautés de ce monde. Et les échecs ? Les meilleures leçons que l’existence m’aie données comme mes plus palpitants souvenirs.
Sans prises de risques et sans rêveurs, nous n’aurions pas la beauté qui nous entoure chaque jour. Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives sans quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur. Les artistes calculeraient leurs revenus potentiels et s’évaporeraient. Les sportifs et les acteurs calculeraient leurs chances et se feraient experts comptables. Les musiciens et les chanteurs s’enfermeraient dans leurs greniers.
Sans le courage du hidalgo de Cervantés, celui de ressentir ses émotions et d’agir sans réfléchir, nous n’aurions rien de ce pourquoi nous vivons. Suivre sa tête permet de survivre à la vie, mais écouter son cœur est la seule façon de la savourer. Ce qui fait la qualité de notre haine, c'est la tendresse qui l'alimente.

Non, le cliché était juste depuis le début.
Mais on l’oublie trop tôt.

30 avr. 2009

342. Cochonnerie de fièvre

Un jour, un bambou vint s'installer près d'un pommier sous lequel vivait un cochon noir enfiévré. Le cochon commença à réciter un poème phrygien pour le nouvel arrivant... et le bambou fit de son mieux pour compléter le cadavre exquis mais fut pris à cours d'idée... aussi écrivit-il une autre histoire afin que chacun puisse en profiter. Mais comme souvent en ce monde, la nature reprit le dessus sur la culture et tout à coup, le cochon interrompit le bambou en lui confiant qu'il avait toujours rêvé d'une trique à son image. Pour mieux séduire Miss Piggy, j'imagine. J'ai même entendu dire que les triques sont normalement frites à l'huile végétale... ce qui fait qu'elle s'oxydent avec le temps, et, euh, qu'en fait leur jus n'est pas très très digeste sans édulcorant. Mais bon, pour les cochons de pommier, il parait que ça peut passer.
Ils décidèrent d'aller se faire une partie de billard en s'empiffrant de biscuits roses en compagnie de la grand-mère du cochonou. Ce dernier dit que la huit était brune..., le bambou et le biscuit déclarèrent quant à eux qu'elle était samaritaine. La grand-mère ménopausée qui n'en avait rien à secouer des triques et des bambous continuait à rentrer les impaires. Le cochon fut pris d'une quinte de toux... dommage que le bambou n'était pas une variété de passiflore mentholée...


Parmi tout ce qu'on peut lire sur la grippe porcine sur le web, on retombe irrémédiablement sur les bonnes vieilles théories conspirationnistes. Ce sont les laboratoires pharmaceutiques, c'est pour stopper l'immigration, c'est pour réduire la population mondiale, etc. Hem, toutes sont évidemment plausibles mais toutes restent également à prouver. Il en existe pourtant une contre laquelle je m'élève de toutes les forces qu'a bien voulu me laisser la grippe aviaire: Ce serait un virus mis en place par les juifs qui auraient déjà fait une tentative en 1918 puis en 1976. Alors ça, c'est fort de chocolat antisémite. Laissez-moi vous assurer que si ça venait vraiment de chez ces braves gens, msieurs-dames, y'aurait déjà plus un Goy sur Terre pour le revendiquer. Et toc. Shalom alachem et Mazel tov à tous mes amis qui portent l'étoile.

Par ailleurs, je conseillerais, par mesure de sécurité, aux chefs d'Etats du G20 ainsi qu'à leurs ministres de plus aller se réunir à Charm El Cheick pour peaufiner leurs petites magouilles, les égyptiens viennent de décider de massacrer tous les porcs se trouvant sur leur territoire, indigènes comme en transit.
Ils feront pas de prisonniers.

29 avr. 2009

341.L'homme en transes tranches.

L’homme collectionne constamment des morceaux de la ville comme un général de division tentant de recoller la carte d’un empire ennemi trouvée dans les restes d’un butin, organisant et réorganisant les pièces sur une table immense, cherchant quelque point faible dans la muraille défendant la ville.
L’homme va par les ruelles de la ville, par les boulevards, les librairies et les cafés perdus, ceux où l’on peut ressentir, en milieu de matinée, un soleil lointain et tiède vous réchauffer la peau. Parfois, il ressent la sensation de se trouver au fond d’une piscine, entouré de rêves sans formes et de reflets célestes - dans une dimension inconnue, au temps ralenti et à la lumière oblique – et il fouille la poche droite de son pantalon, à la recherche de la clef du tiroir en bas à droite de son bureau, celui où il conserve les étoiles d’un ciel nocturne, ramenées en fraude au passage des douanes poreuses du monde entier.
Dans une boite de bois ciselée, il conserve les antiques armes de son existence. Les balles d’argent, le marteau et les pieux. Mais la boîte est demeurée scellée et dans l’obscurité depuis des lustres et son image s’est effacée avec les ans. La vieille guerre continue quelque part dans le monde, mais par intermittence pour ce qu’il en sait, les batailles se confondent en son esprit et la peur qui lui irrite la peau sous un ciel en flammes lui parait un sentiment étrange : une nouvelle entendue au détour d’un étal ou peut-être lue sur une affiche collée sur un mur à travers la vitre d’un bus en transit.
En dépit de tout, l’homme traverse la vie en fumant des petits cônes, buvant des boissons réveillant l’esprit et lisant les pages d’une souriante irréalité. Rien de bien profond. Tandis qu’il range ses tasses et ses assiettes dans le lave-vaisselle et qu’il lave à la main le reste des ustensiles sous un filet d’eau chaude et de mousse savonneuse, il fredonne du Led Zeppelin avec son lecteur MP3 sur l’air de « Misty mountain dew », une brise marine assèche la sueur sur ses épaules et pendant quelques secondes, il ressent à nouveau la parfaite exactitude géographique et la vectorialité certaine qu’il croyait perdues.

26 avr. 2009

340.La constriction humaine

Certains d'entre vous semblent aussi heureux de vivre que des berniques à marée haute. Ouais, ben désolé du peu mais il m'est plus facile d'imaginer en vol une escadrille de sumotoris en migration supersonique.
L'estime de vos semblables vous est précieuse - la preuve, je recherche la votre comme un affamé chaque fois que je vous fais un billet doux - mais avouez le, plus de sueur, de sang et de larmes ont été versées pour la conserver qu'on voudrait bien l'admettre.

Mon arrogance invétérée n'est pas que pur sarcasme mais plutôt un effort constant pour pas me noyer dans le doute et la haine de moi et de mes semblables.On fait tout notre possible pour faire croire aux autres qu'on est heureux - sauf peut-être le mec qu'a pondu "Les particules élémentaires", je le concède - Nous avons besoin de masques et d'illusions, peu d'entre nous peuvent se balader à poil sous le regard scrutateur des autres. Et même quand on tombe le masque, allez savoir si sous ce nouveau visage ne se cache pas un autre masque. Le fait de suivre les trucs tendances, d'acheter la dernière trouvaille pour pas passer pour des ringards devant nos semblables qui en font tout autant pour pas rester derrière.

Nous sommes les acteurs de la surenchère chronique qui tue notre planète. Faut-il vraiment une peur égoïste et viscérale de la grippe porcine ou du cancer du colon pour faire de nos corps et de nos vies autre chose qu'une poubelle industrielle?

Ouais, allez-vous me dire, y a rien de nouveau sous le Colisée, hein? Touché, mais je rajouterai aussi qu'y a rien de pire que de sentir qu'on est complètement foutus et de continuer à vivre comme si on le savait pas. L'éternité n'en a rien, strictement rien à secouer des productions du temps. On est beaucoup plus dans le No future aujourd'hui que du temps de Sid Vicious. Tout se casse la gueule d'une même glissade morne et fatidique. Putain, mais qu'est-ce qu'elle branle, l'Armée des 12 singes??


Bon, je vais pas commencer à vous faire du Dostoïevsky. C’est pas le moment de me laisser aller aux remords, à la honte, au doute existentiel. Alors on va dire que peut-être que tout ça n'est qu'un jeu - la griserie de l'irrémédiable, le besoin de se placer dans une situation impossible pour s'obliger à la surmonter. Mais vous devez bien vous douter que la teneur de ces derniers mots n’est là que pour ensommeiller les indormiaques.
Étodifiant, non ?

21 avr. 2009

339. Fight Club

Sans douleur, sans sacrifice, nous ne serions rien. Voici votre douleur – voici votre main en feu. Ne la traitez pas de la manière dont la traitent les morts.
Nos pères étaient notre image de Dieu. S’ils n’étaient pas à la hauteur, quelle image nous ont-ils donné de Dieu ?
Vous devez considérer la possibilité que Dieu ne vous aime pas. Qu’il n’a jamais voulu de vous. Qu’en toute probabilité, il vous déteste. Nous sommes les enfants non desirés de Dieu.
Alors soit! D’abord, vous devez abandonner. D’abord vous devez apprendre – pas la peur -, mais apprendre qu’un jour vous allez mourir.
Ce n’est qu’une fois que l’on a tout perdu qu’on devient libre de tout faire.(Extrait)

Ce film est complètement déjanté – dans le bon sens si vous voulez mon avis – comme les beuglantes des Wampas ou autres Marylin Manson, sa bravade « qu’est ce que j’ai à perdre de toutes façons ? » nous dit assez de sales vérités pour assumer une vision prophétique.
Sa rage sans compromission m’a titillé un neurone en cette période de crise économique – mais de soulagement pour la couche d’ozone, et Fight Club est devenu un de ces films qui parle à – et pour – toute une génération de gens aliénés engluée dans des structures corporatives, cibles de commerciaux, affamée de communauté et d’objectifs transcendants.

Avec son refus - au cul les conséquences - de vivre une vie de merde ordinaire, Fight Club aborde sans peur la folie furieuse. Le narrateur anonyme vole de ville en villes, enquêtant pour le compte d'assureurs de constructeurs de bagnoles sur des accidents mortels impliquant des défauts de construction dans leurs véhicules. Et priant avec ferveur pour que son avion se crashe ou s’empale en vol dans un autre zing afin de le délivrer de sa narcolepsie spirituelle.

Il obtient son crash sous la forme d’un certain Tyler Durden – Brad Pitt - un alter-ego sauvage dont l’abandon téméraire des voies de la civilisation le tire brusquement de sa catalepsie et l’initie au côté sombre de la vie – en l’occurence une société secrète où les mecs se mettent torse-poil et se frappent sur la gueule jusqu’au sang. Prends ton temps, nous dit le film, chope le à la gorge, c’t’enfoiré, et écrase lui sa sale gueule sur le béton jusqu’à ce qu’il demande pitié.

A un certain niveau, Fight Club semble ôter toute verticalité à la philosophie du “Vivre à donf !” qui domine tellement notre culture, même si cette philo est totalement suicidaire mais défendue becs et ongles par nos dirigeants et leurs bailleurs de fonds, forgeant un lien assez trouble entre l’auto-actualisation et le fascisme. « Semble. » Voyez-vous, car c’est pas de la tarte de définir ce que ce film essaie de nous dire – selon les shémas de l’authentique mode post-moderne, chaque fois qu’on pense atterrir quelque part, on se retrouve avec un uppercut dans les gencives qui mine complètement les ébauches de conclusion qu’on pensait avoir devinées à l’aide d’une nouvelle couche ironisante, un autre « mais… ». C’est dense et la mouture de ce film n’a pas dû être facile. Le scénario révèle et ne s’efforce de dévoiler ses plus profondes vérités qu’après mûres réflexions, discussions, argumentations et multiples visionnages. Un film à voir et revoir en DVD et à discuter autour d’un shilom au café Philo pour ceux qui ont pas suivi ce qui vient d’être dit.

Aussi violent que puisse paraître ce film à première vue, Fight Club semble pourtant figurer sur la liste des favoris de nombreux Chrétiens cinéphiles. Je pense que c’est parce que ce film est contre tout ce que Dieu déteste, il est contre la culture même que toute Eglise se devrait de critiquer – relisez Jérémie : « Certaines choses doivent être complètement détruites avant que du neuf ne puisse être reconstruit. » « Et il fut ordonné aux prophètes de détruire. » Les institutions, peut-être. L’amour propre, peut-être aussi. Le besoin de possession, peut-être encore plus. Alors j’ai applaudi ce film pour son message de vérité, de colère et de destruction.

Nous ne sommes pas ce que nous possédons. Nous avons besoin d’autre chose. Nous sommes en colère parce que nous nous sentons ignorés et nous avons raison. Tout un tas de trucs a besoin d’être détruit – y compris moi, ma fierté, l’amour que j’ai de mes possessions – si ça peut aider à ma régénérescence.

C’est le mot, c’est une histoire de régénérescence – une pulsion de mort, aussi douloureuse soit elle, pour apporter une possibilité de renaissance. Et de fait, ce film est saturé de clichés religieux, paroles bibliques, musique sacrée – mais où ai-je la tête ? sauf les Pixies bien sûr au générique, zique que nous tapons, moi et ma fille sur nos grattes respectives quand nous souhaitons taper un bœuf -.

Ne laissez personne vous dire qu’elle sait exactement ce que voulait dire Jésus lorsqu’il disait « Le Royaume de Dieu souffre de violence et les hommes s’en sont emparés », mais je pense qu’il s’agissait d’une bataille désespérée et sans compromis qu’il tentait de livrer pour se débarrasser du Royaume de Ce monde et en établir un nouveau. Et il y a quelque chose de similaire dans Fight Club.

Les évangiles se devaient d’apporter de mauvaises nouvelles avant de tourner casaque – que nous devons dévoiler les noirceurs de ce monde avant d’extrapoler vers ce qui pourrait être juste, avant de trotter allègrement vers l’Eden. Le véritable appel de l’artiste – comme celui du Prophète ou du prêcheur – nous est donné dans le Roi Lear : « Disons ce que nous ressentons, pas ce que nous devrions dire. »

Fight Club reflète ce que nombre d’entre nous pensons ces derniers temps. Même s’il n’est pas si bon que ça pour nous en indiquer la voie – ses propositions semblent hors de portée pour le commun de nous autres, - fabriquer de la nitroglycérine avec de la cellulite de bonnes femmes et j’en passe. Mais un scénario n’a pas besoin que de strictes procédures : Tout prophète n’a pas la solution. Si vous avez une idée, je suis toute ouïe.
Finalement, je dirai que ce film ne nous dit pas vraiment quoi faire avec les mutinationales - saboter leurs communications? avec les politiciens, les pendre haut et court? Tout ce que ça nous dit, c'est de laisser parler notre colère et ça, je suis partant.
Quand vous voulez.

20 avr. 2009

338. De temps en temps.

Un ami doit penser, - me vient le nom de Noun el Primero là- , que je suis un tout petit peu dur avec lui comme avec le temps. Oui, doit-il se dire, l’espace et le temps sont différents, mais la distance et le temps sont également non-existants et relatifs comme l’est le temps.

Après tout, me direz-vous, la distance ne peut être déterminée que par comparaisons. La mesure d’une valeur n’est qu’un pourcentage de cette valeur – comme dans mon métier où l'on utilise un ratio basé sur une minute d’angle à l’équateur. Rien en soi n’a de taille ou de distance. Il manque un ingrédient pour la comparaison.
Et en plus de ça, si on se réfère au vieil Einstein et à sa théorie, la distance rétrécit avec la vitesse, pourtant la vitesse n’est que distance divisée par le temps. Donc la distance n’est que la comparaison d’objects affectés par la distance – encore une comparaison à la Médor qui se mord la queue – et le temps, ce qui représente un rapport de changement de distance une fois de plus. Médor va se niquer et les dents et la queue. Tout ça est tout à fait brumeux, rien que du non-sens et on tourne en rond. Alors je devrais peut-être mettre ce genre d’arythmétique en veilleuse puisque je n’arrive pas à crocher le bon bout. Et j’ai même pas tenté d’essayer de vous causer de mécanique quantique là…

Alors El primero me fait remarquer que ça fait une paye que j’ai pas poster et se demande où que je suis rendu. Beaucoup de temps et de miles parcourus. Mais en fait, le temps existe-t’il vraiment? Okay, du moins pas de la manière que nous le croyons. Le temps n’est qu’une alternative au changement. La Terre change de position par rapport au soleil et nous comparons ces changements par rapport à la position relative de la Terre au Soleil, nous dérivons dans le temps.

La Marie-Jo Perec fait un tour de piste tandis que la Terre effectue 1/525974.4 fois le tour de notre étoile. Nous avons là une comparaison et obtenons ce rapport de 1/525974.4. Ce rapport n’est pas super maniable, donc nous le baptisons une minute. Mais ne vous trompez-pas, les secondes, minutes, heures, jours et le reste de la cavalerie ne sont rien de plus que des proportions de changement. Ces proportions sont difficilement visualisables. Alors, comme pour plein de choses dans l’univers qui sont difficiles à imaginer, nous employons des métaphores.

Les gens ne peuvent conceptualiser Dieu alors ils se fabriquent un mec dans le ciel est le nomment « Lui », ils le dotent d’une main qui fait tout et d’un œil qui voit tout. Mieux qu’un manchot, pas pire qu'un cyclope. Les gens ne peuvent conceptualiser la mort, alors ils parlent d’un voyage et d’un départ. Et les gens ne peuvent conceptualiser les proportions de changement – le temps, alors ils se rabattent sur l’espace. Mais la mort n’est pas un voyage, s’il existe un Dieu, ça m’étonnerait fort qu’il ressemble à un homme, encore moins à un cyclope, qui plus est, manchot! De la même manière, le temps n’est pas l’espace.

Contrairement à ce que voudrait nous le laisser entendre le langage que nous parlons. Nous ne pouvons nous déplacer dans le temps. Nous ne pouvons aller plus vite que le temps ni moins vite que lui. Nous ne pouvons donc pas voyager dans le temps. Nous ne pouvons remplir ou vider le temps – ce n’est donc pas un contenant. Le temps n’a pas de densité.
Bon, d’accord, on fait parfois des métaphores qui portent à croire que temps et espace ne font qu’un, mais ce n’est rien de plus que de la sémantique. Le temps est – par définition – un rapport de changement, ce qui rend le voyage dans le temps une pure et ridicule utopie, n’en déplaise aux fans de la Delorean de Retour vers le Futur.

Mais en dehors des montagnes de Science-Fiction issues de cette métaphore espace-temps, je me demande bien ce qui quoi d’autre en est sorti. Des physiciens de la théorie nous parlent d’un continuum espace-temps et d’une théorie des cordes qui les relieraient. On parle de génies là, tenez-vous bien, et je suis pas assez balèze pour comprendre ne serait-ce qu’une pico-partie de leurs travaux, mais je me demande s’ils prennent régulièrement en compte que le Temps n’est qu’une proportion de changement. Je me demande s’ils sont conscients de la puissance qu’a sur nous le langage.
Tu as maintenant un indice, à ta question pleine d'inquiétude, Primero du Nom, je théorise depuis Noël sur les cordes de ma Fender, des airs à deux temps, des valses à quatre temps. Mais comme pour bien d’autres choses qui n’existent pas vraiment – Dieu, culture, nation, nous ne pouvons nous évader du concept spatial du temps. Tout le monde croit que c’est vrai, alors, pour rendre les choses plus pratiques, nous prétendons que l’Empereur manchot porte un smoking. Alors mes amis, je pense que vous feriez mieux de continuer à profiter de la S.F de ce Blog et à vous laisser bercer.
Par le temps, je veux dire.

31 déc. 2008

337. Que la lumière soit avec vous !

Tonnerre de Dieu, vous êtes vernis de chez le vernisseur: God must have shone a light on you ! Mais je vais vous rendre tout ça plus clair : Et d’un, le Dieu de ma Louve m’a autorisé à me payer le DVD à mon retour de mer : Shine a Light, il s'appelle. Caméra tournante sur les Stones, titre tiré d’ Exile on Main Street (1972).
Rajeunissement total: Je me revois, non, je me ressens ado, frange rasant les sourcils, en gros ou quasi modo, je me revois à l’age de pierre. Ma grande sœur tripait sur le torse à Daltrey, moi sur les
rides riffs à Keith Richard.
Sauf qu’au lieu d’une Strat’, j’avais qu’un pipo mais on y reviendra…
Ce film est d’enfer,
les minettes devant la scène arrêtent pas de se tortiller le fondement, en osmose avec Mickie et ses 64 balais.
C’est filmé sous tous les angles imaginables. Caméras toujours en mouvement, vitesse adaptée au tempo du moment. Les ombres sur la gueule à Jagger, les rides cernant les yeux de Keith, les gros plans sur les frettes des Strat’ ou des Gibson et les doigts magiques qui glissent dessus, tout ça férocement découpé pour vous en mettre plein la vue.
Et les oreilles aussi, faut pas oublier le but du truc, car ce génie de Scorcese s’est arrangé pour mettre en exerbe le son de l’instrument ou du vocaliste mis en mire par ses lentilles. Epoustouflant. Surtout quand on voit le nombre de participants sur les planches.C’est sûr que mater le DVD n’équivaudra jamais à un concert de Manu Chao à la maison du peuple de la ville citée plus bas, mais le son est si bon - je vous conseille le casque - .
En plus, vous noterez tous ces petits trucs qui vous passent par-dessus la tête au Zénith ou au Palais des Sports de Clermont-Ferrand, les mouvements, les expressions, les petits signaux discrets entre musicos quand ils souhaitent redoubler un riff: vous êtes sur scène!

A un moment, j’ai sauté en l’air et me suis retrouvé tout con tout seul en équilibre instable dans mon salon sans personne pour m’imiter. "Hey Did’, qu’est ce tu fous au Labrador?" , "Et toi, ma Louve, pourquoi tu pionces ???"
(….parait qu'à
la Poste, c’est plus le Petit Travail Tranquile, mais bref).
Bon, c’est vrai que Marylou préfère les chants grégoriens et les bourdonnements thibétains, mais quand même !!!
Anna, la petite, avec sa BC Rich et sa mini Strat’ se cramponne à feu Kurt Cobain et son Nirvana. (d’ailleurs elle cherche un chanteur, un batteur et un bassiste si vous en connaissez dans le coin...) Quant à Mr K, il ne frissonne que sur le Rap et le R’n’B. Quand il est pas entrain de se trémousser sous un panneau de basket. Mais, et c’est là que vient le truc qui succède au « et d’un » de la première ligne, ils se sont tous - dans leur immense amour pour ma pomme et le Rock'n'Roll - cotisés pour me payer une Strat’ et son Marshall à lampe ! D’occase
la Strat’, entendons nous bien, mais un son tel que je me prends aujourd’hui pour Keith. Depuis noël, vous n’entendrez plus chez moi que des repettes de Brown Sugar ou de Wild Horses. (Pas que je me dope mais j’ai toujours aimé le rodéo). D’où mon métier qui secoue bien le cul.
Sinon, ben rien sinon hier soir, la redif’ du Zapping 2008, quatre heures pour nous enseigner que ce monde n’est plus qu’une jungle peuplée de tigres et de moutons de Panurge, que cette planète n’en a plus pour longtemps, que je fais, tout comme vous, moi-même partie de ces moutons de merde consommateurs de fientes. Mais une bonne nouvelle toutefois pour teminer l'année, Mr K m’a dit qu’il fera jamais d'agneaux à une brebi, même la plus aguichante, sachant ce qui les attend
sur cette Planète.
Sage décision...
Bonne année, et surtout,...bon bourrée!

18 déc. 2008

336. Tout au bout du sillon

Tout au bout du sillon

Tant de peine endurée à te croire si fort
Et d'énergies brûlées que ton ombre délaisse,
Images estompées au détour d'un vieux môle,
Jeunesse évaporée aux chaleurs des envies…

Lîle était abordable,
Ses rêves infinis
Lorsque tu concevais ce que d'autres trop mous
Pour l’accomplir disaient inconcevable.
Rien qu'un dernier shantee, garçon de l’air,
Sur violes du souvenir !
Oui, toi! L'enfant terrible,
Large, ouvert aux grands vents enragés,
À toutes ces furies qu'on ne saurait combattre
Sans l’aide de la vie…

Fuis-tu donc son sillage ?
Fais tu cap sur le port ?
Sens-tu l’heure venue
De sombrer corps et bien
Aux confins de l’oubli
Comme bête de somme
L’odeur de sa litière
Sous l'aile d'un grand froid
En abordant le bout
De son dernier sillon ?

17 nov. 2008

335. Pensées trop piquantes...

J’ai jamais pu m’habituer à comprendre les couples qui se complaisent à vie dans une relation sans amour, co-habitant longtemps après que les mélanges de fluides se soient taris, mais c’était avant d’avoir rencontré ma louve et appris la triste vérité.
Le fait que les gens restent ensemble des lustres après que l’amour se soit évaporé par le conduit de cheminée réside dans le fait que c’est la solution la plus facile. Sûr, l’un ou l’une des deux pourrait mettre les voiles – comme je le fais trois fois par an sur mon rafiot -, mais ça impliquerait le désembobinage des assurances vie, le démêlage des prêts bonifiés, la construction minutieuse d’un nouveau nid et de rudes batailles sur les droits de garde de Dina qui est le nom de baptême de notre chatte siamoise éborgnée.
Il est beaucoup plus simple de cohabiter par défaut jusqu’à ce qu’enfin, les différences irréparables – c'est-à-dire les penchants de votre mari à porter des couches-culotte ou à organiser des soirées sado-maso dans mon garage – ne finissent par vriller le parachute. Vivre ensemble sans amour peut ne pas sembler l’idéal, mais l’autre alternative – la séparation – est un cauchemar logistique.
Je crains le jour où ma louve m’éjectera de la maison pour de bon, me laissant grelotter sans même une pampers pour me réchauffer les c… sur le pas de porte de notre maison. Je peux très bien n’avoir aucun emprunt à rembourser, ni aucune collection de CD digne de ce nom à vénérer mais j’ai une super télé plasma satellite avec graveur à emballer et je me suis il y a longtemps juré sur la tête de l’autre là-haut que jamais plus je ne m’amuserais à en retripatouiller le câblage pour le restant de ce qui me reste à vivre. Dieu merci, ma relation n’a pas encore atteint le point de non-retour. Je n’en suis même pas encore rendu à l’étape sans amour, encore moins au stade irréparable cité plus haut.
Aussi, bien que je ne puisse me targuer de porter des couches-culotte comme votre taré de mari là-haut, ni de me déguiser en maître dominant ou en esclave soumis devant le pare-choc de votre 4/4, je peux tout de même comprendre par où il passe. Après tout, vous devez pas être de la tarte non plus ; si vous ne vous étiez pas transformée en une telle chienne frigide, il n’aurait sûrement pas été conduit à rechercher l’illumination de façon si insalubre.
Jusqu’à ce que ses changements d’humeur à vous ou que ses changements de personnalité à lui ne fassent déborder le vase, une paix instable a perduré. Sûr, il peut très bien avoir haï votre vieille peau de vache, mais pour les quelques minutes quotidiennes qu’il vous côtoyait, il était plus simple de maintenir le statu quo. Quelques instants de bavardage anodin au petit dej’ et pendant les repas qui suivent sont un petit prix à payer pour éviter un coûteux divorce.

En fait, je vois à peu près aussi souvent ma louve que je vois le docteur. (Bien que je sois sûr qu’elle voit ce dernier beaucoup plus souvent que moi. En fait, des fois, je crois qu’elle ne voit que par lui.) Je ne m’intéresse pas particulièrement ni méchamment à ce Don Juan – pas parce qu’il ausculte un peu trop souvent à mon goût les parties intimes nobles de ma louve mais parce que c’est un putain de docteur tout de même et qu’aussi longtemps qu’il continuera à traîter mon palud quand je rentre de mer, je devrai supporter ce charmeur mondain.
Pareil pour Marylou, parfois elle bugge complet, mais la friction reste au minimum supportable parce qu’on ne se voit pas souvent. Et on se démerde quand même pour grappiller du bon temps par ci par là sous la couette ; généralement même, nous sommes plus enclins à nous générer des caresses intimes er réciproques du genre le plus insoutenable. Si si les filles, vous pouvez venir vérifier. Quand vous voulez.
Notre relation n’est pas une relation sans amour – du moins je ne le pense pas – mais nous nous voyons si peu que c’est dur à dire. (par exemple, je tape ce blog, l’horloge sur mon PC me dit qu’il est 23:37, ça roule comme c'est pas permis entre Malacca et l'île Maurice, je suis debout depuis plus de 17 heures et je n’ai pas encore posé mes yeux sur sa croupe qui se trouve à plus de 6000 nautiques dans le nord-ouest de là où je me trouve. Avec 6 heures de décalage à rebours. Le temps qu’elle se réveille, j’aurai encore rajouté quelques encablures entre elle et mon rafiot. Le temps que je rejoigne l'atlantique et ma destination finale, elle sera à tous les coups partie a-guicher le chaland du côté de son bureau de poste.
Bien que le fait de vivre des vies séparées sous un même toit ne soit pas l’idéal en soi, on peut quand même apprécier les moments grappillés sous la couette pendant les escales. Tard la nuit, quand l’étable est endormie, que la poste a fermé ses portes et que les Desperate Housewives ont cessé de vous exaspérer, nous nous trouvons en mesure de nous pelotonner l’un contre l’autre dans notre couche, et, après l’amour, de nous enlacer les doigts et de discuter de nos petits secrets. Et c’est dans de tels moments que je me souviens combien précisément j’aime ma louve : à cause de sa blonditude.
Hem, Marylou n’est pas blonde comme vous le sauriez si vous veniez traîner dans le coin un peu plus souvent. Mais ça ne veut pas dire qu’elle n’agit pas comme si elle en était une de temps en autres. Et moi, je suis vraiment un sacré veinard parce que j’ai le meilleur de ces deux univers opposés en ce bas monde – une jolie brune bandante avec tous les vertiges d’une blonde, mais sans les racines visibles ni l’armoire de toilette remplie d’eau oxygénée. ( Le péroxyde ne me dérangerait pas si ce n’était pour le fait qu’étant taggé électroniquement, je suis un peu anxieux de ne pas laisser la porte ouverte aux sarkoflics et autres fouille-merdes, du moins en amassant chez moi des produits pouvant servir à commettre des actes terroristes du côté de Neuilly sur Seine. Comme toutes les véritables – et les fausses – blondes, Marylou a parfois tendance à balancer un tas d’inanités. (Exemple : Un coup, elle m’informa que nos toilettes débordaient. "Je viens juste de poser mes divins petons dans une mare merdique s’étalant sur le carrelage en faisant pipi. " " Putain, lui répondis-je, c’est la chasse d’eau qu’à dû être choquée " . Son crime le plus impardonnable, toutefois, est celui de ne jamais rien comprendre à mon humour. Demandez à n’importe quelle femme ce qu’elle préfère chez les hommes et une écrasante majorité de ces gazelles vous répondra que c’est leur capacité à les faire rire. Et bien devinez quoi ! Marylou est tombée sur le mec le plus marrant de toute la marine marchande et qu’est-ce que j’obtiens en retour : des soucis plein la cale sourcils froncés et un regard dubitatif. Même pas un sourire en coin ou un pétillement des lucarnes pour reconnaître mes talents de comédien. Autant j’aimerais croire que c’est parce que mon humour est d’une subtilité à faire pâlir lady Chaterley, le fait est que mes blagues sont puériles et au raz des pâquerettes. Mais même les petits rigolos minables méritent un peu de soutien, non ?
Ma femme ne rit pratiquement de rien, ma fille pratiquement de tout mais c'est parce qu’elle est trop jeune pour tout comprendre, mais vous, mes chers lecteurs – j’adore vous faire marrer parce que je sais que vous ne riez qu’avec le plus grand discernement, des rires à la mesure de l’humour qui les engendre. Marylou, donnons lui un peu de crédit, a parfois l’esprit caustique, même si je dois souvent repasser derrière pour les retouches finales « Quand je t’ai rencontré, je pensais que tu aurais un tout petit zizi qui frôlerait même pas les parois de mes muqueuses, » me confessa-t’elle après quelques années de notre relation. " Dieu merci, je m’étais trompée ! " " Ouais je sais – notez ça dans vos calepins les filles – il se trouve que je possède un énorme pénis, " lui répondis-je modestement " et pourtant je suis toujours pas arriver à t'en raser les bords…"