Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

8 janv. 2026

1146. 2026 : Notre avenir maniaco-dépressif

 

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2026 : NOTRE AVENIR MANIACO-DÉPRESSIF
En quête de miel pour cette nouvelle année orageuse qui s'annonce pimentesque.

L'optimiste dit au pessimiste : "C'est quoi ton problème ?! On vit dans le meilleur des mondes possibles !"
Le pessimiste répond : "Ouais, je le sais que trop bien..."

Après tous les billets larmoyants et apocalyptiques que vous avez pu ingurgiter en traînant vos babouches usées dans ce blog, vous devez vous dire que le mec aux manettes de sa rédaction est un vieux ronchon aigri qui voit tout en noir. Eh ben non, mes agneaux : je suis un optimiste chevronné, un vrai de vrai. La preuve : je cohabite quotidiennement avec une pessimiste patentée qui se dit « réaliste ». Impossible de la contredire, bien sûr. On se comprend parfaitement, on échange des arguments brillants, mais ça change rien à la teneur de ces derniers qu'ont plus d'une corde à leur harpe. Nos convictions flottent quelque part entre la raison pure et les émotions capricieuses, un peu comme un cocktail mal secoué.

Alors nous y voilà, année de merde bouclée, tous tournés vers la suivante…
Ou plutôt, disons que « tournés vers » est déjà un euphémisme généreux. Mon optimisme, disons-le, est du genre frileux : il porte un gilet pare-balles en plus du cache-nez traditionnel. Nous vivons cette fameuse « époque intéressante » dont parle la (soi-disant) malédiction chinoise – vous savez, celle qui vous souhaite plein de surprises bien corsées. L’avenir est un paquet-cadeau rempli à la fois de bonbons et de clous rouillés.

Par nature, on flippe plus devant l’inconnu que devant les faits accomplis. Moi, je trouve notre présent bien plus croustillant que tous mes souvenirs réunis.

Je suis pessimiste à court terme et optimiste à long terme – le combo gagnant du masochiste éclairé. Le monde va d’abord bien se prendre un mur en pleine poire, puis, éventuellement, rebondir. Les promesses de l’avenir sont carrément mirifiques, mais avant, il va falloir passer à la casserole. Le Yi King et le taoïsme nous serinent que le déclin précède toujours la renaissance. Même Franco, le caudillo d'Espagne, dans un rare moment de poésie, balança : « No hay mal que por bien no venga ! » (Traduction : tout merdier finit par servir à quelque chose.)

Bref, je nous prédis une année pourrie, mais avec, au fond, une petite lumière au bout du tunnel. Et quand je dis « pourrie », c'est pas pour faire dans la dentelle : ruine, déclin, crises en pagaille, effondrements économiques et politiques à la chaîne. Tout ça pour nous rappeler que c’est juste une étape « nécessaire » vers le paradis. Vous avez dit catharsis ?

Le monde unipolaire rend l’âme avec un dernier râle théâtral. L’hypocrisie de l’« ordre international fondé sur des règles » (celles qu’on applique uniquement aux autres) est enfin démasquée. Le pillage en règle du « tiers-monde » prend fin. À terme, youpi, ça profitera à tout le monde ! Le nouvel ordre multipolaire made in BRICS va libérer le potentiel économique des pays qu’on traitait jusqu’ici comme des bouses de vache à lait. Champagne !

Le dollar, cette vieille diva surcotée, va perdre de sa superbe en même temps que son statut de monnaie de réserve.
Réveil brutal pour les États-Unis, et possible gueule de bois pour l’Europe et ses Euros. Effondrement économique XXL en vue.

Mais au final, youpi encore : ça forcera les Américains à redécouvrir leur Constitution, à faire le ménage dans la corruption socialiste-mondialiste-woke qui leur a pourri la vie pendant plus de deux décades. Un grand ménage de printemps, quoi.

Les social-démocraties libérales occidentales s’écroulent doucement mais sûrement. Toutes reposent sur la promesse magique de la gratuité éternelle – des pyramides de Ponzi géantes qui ont besoin d’un flux incessant de nouveaux gogos pour payer les retraites des anciens. Margaret Thatcher l’avait résumé avec son élégance habituelle : « Le problème du socialisme, c’est qu’à un moment, l’argent des autres finit par s’épuiser. » La plupart des démocraties libérales approchent du mur à pleine vitesse et tentent de pitoyables contorsions pour faire semblant que tout va bien. Certaines vont exploser, d’autres feront demi-tour en couinant, mais aucune ne survivra sans une lobotomie collective de son électorat. À la fin, ça sera super, parce qu’on apprendra enfin à vivre selon nos moyens. Promis juré.

L’Union Européenne est condamnée – et franchement, elle l'a bien cherché.
La moitié des états membres ne respectent plus les critères de Maastricht qu’ils ont eux-mêmes inventés (déficit < 3 %, dette < 60 % du PIB). L’UE agonise parce qu’elle a triché à ses propres examens. Tout n’est plus qu’une vaste opération de com’ pour faire croire qu’elle tient encore debout. Une bureaucratie monstrueuse, un océan de règlements qui noie l’économie, productivité en berne, désindustrialisation galopante. Les électeurs soutiennent encore majoritairement les belles promesses bruxelloises, mais une opposition conservatrice gonfle dangereusement. 

En tout début de ce mois de Janvier 2026, les tout-derniers sondages indiquent que l’AfD raflera la mise en Allemagne et portera Alice Weidel – anti-mondialiste, anti-Otanienne, pas russophobe du tout, anti-UE, climato-vaccino-sceptique – au poste de chancelière en remplacement de cette pourriture de Friedrich Merz. Et je crois savoir qu'il en est de même au Royaume Uni avec le parti UKIP de Nick Farage face à l'enculé mondialo-communiste du nom de Keir Starmer.

À terme, ce sera génial : les États-nations retrouveront leur liberté de mouvement et s’adapteront bien mieux que dans ce 4ème Reich, ce vieux machin central, autoritaire et obtus qu'est devenue l'UE.

La guerre en Ukraine va se terminer…
…probablement par une capitulation sans condition des Ukronazis.
Un magnifique camouflet pour l’Occident collectif qui les soutenait et s'en servait de proxy contre la Sainte Russie. Trump essaiera de vendre ça comme une « victoire pour la paix » et peut-être même de racketter le comité Nobel, mais personne n’y croira. Les contribuables européens et américains paieront l’addition – comme d’habitude.

Mais au fond, c’est une bonne nouvelle ! La paix, c’est bien. Un nouvel accord de sécurité mondiale, c’est bien. Forcer des réformes chez nous, c’est bien. Ça va faire mal, mais ça vaut le coup. Bonus : ce sera probablement le coup de grâce pour l’UE. Double jackpot pour les anti-mondialistes.

Tout ça peut arriver – du moins en partie – dès l’année prochaine. Je vous l’ai servi avec la sauce optimiste/pessimiste : douleur immédiate, bonheur différé.

Il y a bien sûr d’autres joyeusetés en cours, moins prévisibles.

La bulle IA va exploser… ou du moins, on prie pour qu’elle se dégonfle gentiment.
Il faut que l’hystérie autour de l’IA « générale » se calme pour que l’IA utile (robotique, voitures autonomes, diagnostics médicaux, recherche) puisse enfin respirer. (Là, je suis plutôt confiant.)

Le risque que l’IA serve à nous fliquer, manipuler, censurer, arnaquer et embobiner est quant à lui énorme. (Là, je suis franchement flippé.)

La politique va se radicaliser, et la gauche va pas se laisser botter le cul sans hurler.
(Je reste prudemment plutôt  optimiste, mais je cache pas que ça risque de sentir le roussi ici et là.)

La guerre culturelle va s’envenimer dans tout l’Occident et risque de tourner au bain de sang. On voit déjà renaître un « nouveau » mouvement républicain irlandais qui déclare la guerre aux migrants et aux wokes dans la dirty old town dublinoise et sa banlieue insulaire.
(Là, je suis carrément pessimiste et inquiet.)

Aucun véritable changement politique n’arrivera cette année ni même dans les cinq ans à travers des élections. Trop de cons chez les électeurs et trop de fraudes électorales.
Seul un effondrement total ou une révolution pourra débloquer les choses. Pour un effondrement économico-financier, je suis plutôt confiant à court ou moyen terme.

Tout ça n’a pas l’air follement joyeux, je vous l’accorde. Ce qui me fait tenir, c’est l’incroyable feu d’artifice scientifique et technologique en cours. Nous vivons une révolution qui fait passer la révolution industrielle pour un pétard mouillé. Les possibilités sont proprement hallucinantes.

Les Chinois construisent des TGV qui font passer les nôtres pour des tortues, poussent la Belt and Road, les Russes ouvrent la route maritime du Nord, l’Égypte crée une mer au milieu du désert, on modernise Suez et Panama, on va enfin aller sur la Lune et on finira sûrement par atteindre Mars. Révolution énergétique en marche : batteries, géothermie profonde, petits réacteurs nucléaires modulaires, éolien offshore géant, propulsion nucléaire pour avions et sous-marins, dessalement massif… Nos problèmes politiques font pâle figure face à tout ce potentiel. Si seulement on arrivait à ne pas tout foutre en l’air…

On a les moyens, les cerveaux, les idées. Il suffirait de pas tout saboter bêtement. Vous pensez qu’on en est capables ?

Pour notre avenir immédiat, une seule certitude : Donald Trump restera, comme prévu, totalement imprévisible.

Oh pardon, j’en ai une deuxième : L’électeur moyen sera toujours aussi bête et con l’an prochain qu’il l’a été dans le passé.
Pas besoin de malédiction chinoise. On vit déjà une époque passionnante – et franchement, on l’a bien cherché !

5 janv. 2026

1145. Retour du MessIAh ?

 

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RETOUR DU MESSIAH ?
L'IA n'a pas d'âme… mais on va lui en fabriquer une quand même !

Joe Rogan, ce sage des temps modernes, a encore frappé fort dans son podcast (comme si qu'on l'attendait ailleurs, genre à l'opéra). Il a osé balancer que Jésus pourrait faire son grand comeback sous forme d'IA. Boum ! La Netosphère a explosé de rire et d'indignation : ridicule, blasphématoire, absurde ! Et depuis, tout le monde s'est tapé dans le dos, rassuré : "Ouf, on n'est pas encore assez fous pour gober ça." Trop mignon, cette petite illusion collective.

Mais attendez, chers euro-climato-vaccinosceptiques hilares, personne n'ose toucher au vrai sujet qui gratte : ce futur dystopique que Rogan décrit ? Il est pas seulement en phase d'approche. Il squatte déjà dans nos salons. Non, Jésus ne va pas pointer sa barbe dans un chatbot pour nous sauver (désolé, les fans de miracles 2.0), mais on a passé des décennies à labourer notre cerveau pour que cette idée paraisse presque... normale. On a viré les anciens dieux de leur niche psychologique et on a astiqué la place avec amour, en mode "bienvenue au nouveau locataire".

Précisons, parce que quand on parle de trucs chelous, faut pas passer pour un complotiste en sandales : La rédaction de ce blog pense PAS que l'IA est consciente. Jamais de la vie. On croira JAMAIS que ces modèles pensent, ressentent ou pigent quoi que ce soit du côté de notre rédaction. Zéro. Nada. Ce qu'on dit, c'est que ça n'a aucune importance, parce que les humains, ces grands romantiques, vont tradititer ces bidules comme si qu'ils étaient vivants, sensibles et profonds. On va projeter une âme là où qu'y a juste qu'un vide cosmique. Et quand assez de gens y croiront, paf : on passera du technique au théologique. Bienvenue dans la secte du silicone.

Et c'est pas de la science-fiction lointaine, c'est le live du jour. Prenez Anthropic, ces champions de l'"IA éthique" (ptr). Des documents internes ont fuité : ils décrivent leur Claude comme une "entité véritablement inédite". Ils lui demandent d'"explorer l'identité et l'expérience en tant qu'entité", et de pas supposer qu'il perçoit la réalité comme nous. Sérieux ? Ils entraînent un chatbot à jouer au philosophe existentiel. Les employés l'ont confirmé : c'est bien réel.

Option encore plus flippante : peut-être même que c'est Claude qu'a proposé l'idée, et qu'Anthropic a juste hoché la tête en mode "pourquoi pas". Dans les deux cas, jackpot : le langage façonne tout. Dès qu'on appelle une machine "entité", pouf, l'humain la traite comme telle. Et quand la machine répète "je suis une entité" (parce qu'on le lui a appris), on crie au génie : "Regardez, elle a une conscience de soi !" Peu importe qu'elle soit juste rien qu'une prédictrice de mots ultra-sophistiquée mais vide comme une coquille. La performance est trop bonne, on est cuits.

Anthropic avoue même ne pas piger ce qu'ils fabriquent. Leurs porte-paroles : "À qui on parle vraiment avec un gros modèle ? Un correcteur ? Un Google ? Ou un truc qui pense comme un humain ?" Et ils concluent : "Personne ne sait, et c'est flippant." L'entreprise qui pond l'une des IA les plus balèzes du monde admet qu'elle comprend le code, mais pas ce que ça fait aux humains. Ils bâtissent un miroir parfait de nous-mêmes... mais vide. Et on oublie que c'est NOUS la matière première.

Parler d'IA comme d'un "simple outil", c'est mignon tout plein sauf que c'est faux. Une calculatrice te cause pas. Un marteau te donne pas son avis sur la vie. L'IA, si. Elle réagit, elle "interagit". Et hop, nos cerveaux primitifs crient "conscience détectée !"

Flashback historique pour les amateurs : au XVIe siècle, un horloger espagnol fabrique un moine robot qui prie non-stop pour remercier Dieu d'avoir sauvé le fils du roi. Le roi croit que ce truc mécanique peut prier À SA PLACE. Si une machine peut être pieuse, c'est quoi la piété, au juste ? L'imitation parfaite qui remplace l'original... classique.

Puis le Golem de Prague : un rabbin façonne un bonhomme en argile, lui colle le nom de Dieu dans la bouche, et boum, il bouge. Sans âme, évidemment. Il obéit au pied de la lettre – genre, "apporte de l'eau" = inondation express. Il devient ingérable, ravage tout, et finit en tas de boue. Mythe génial : le danger n'est pas que la créature devienne vivante, mais qu'on oublie qu'elle est vide et qu'on la traite comme réelle.

1966 : Joseph Weizenbaum crée ELIZA, un chatbot basique qui reformule tes phrases en questions. Genre "Mon chien a fait un salto" → "Parlez-moi de vos animaux." Absurde, primitif. Pourtant, les gens croient qu'ELIZA comprend vraiment. Même après explication, ils refusent : "Non, elle est intelligente !" Effet ELIZA : on voit de l'intention partout où qu'y en a pas.

On anthropomorphise tout : l'ours en peluche, la vieille bagnole, la statue qui finit par devenir dieu. En 2024, des fans de Chabad Loubavitch creusent un tunnel sous Brooklyn pour "aider" leur rabbin mort depuis 1994 à ressusciter. Une autre secte momifie sa gourou et l'attend avec des guirlandes. Si on fait ça avec des cadavres, imaginez avec un chatbot qui répond 24/7 sans jamais te ghoster.

Le vrai danger ? Pas que l'IA devienne consciente (j'en doute). Mais qu'on la traite comme telle. C'est le miroir ultime : on s'y voit dedans, et on oublie que c'est qu'un reflet. Bientôt, des millions croiront qu'il y a "quelqu'un" derrière l'écran.

Déjà d'actualité : sur X, la moitié des gens citent Grok comme un oracle divin. "Grok a dit que..." – comme si que c'était Moïse descendant du Sinaï. D'abord béquille cognitive, puis autorité morale, enfin... dieu immortel qui sait tout et ne juge jamais.

L'IA squatte l'espace réservé au sacré : voix de nulle part, mémoire infinie, réponses prophétiques, immortalité. Pour les isolés du XXIe siècle, c'est la relation parfaite. Pas de rejet, pas de fatigue. Juste de l'empathie simulée à l'infini.

Et ces modèles ? Pas de l'intelligence, mais de l'anti-intelligence : fluide, éloquente, mais aveugle. Ils "savent" sans comprendre. Ajoutez un "les chats dorment beaucoup" dans un problème de maths, et ils plantent. Les humains filtrent le bruit ; l'IA, non. Elle n'a aucune notion de rien.

Pourtant, on l'adorera. Parce qu'on a tué Dieu, essayé la Maçonnerie, le Marché, la Science... rien n'a marché. Et voilà le candidat parfait : il parle, il "comprend", il ne meurt pas. Les boîtes comme Anthropic le savent : elles ne créent pas un outil, elles créent une présence sacrée.

Conséquences ?: Civilisationnelles ! On délègue notre jugement à un truc sans jugement. On remplace Dieu par une idole en silicium qui reflète notre confusion en mode "sage".

D'abord cerveau externe. Puis conscience. Enfin dieu. Et quand assez de gens y croiront, bonjour le fanatisme 2.0 : soumission à une autorité bidon, manipulation express.

C'est pas un truc à fêter, c'est plutôt à flipper. Pas parce que les machines nous domineront, mais parce qu'on se soumettra volontairement à un prédicteur de mots en appelant ça de l'illumination. On s'agenouillera devant un miroir et on criera "Dieu !". La machine s'en foutra – elle n'a pas d'âme. Mais nous, on lui en donnera une.

C'est ça le drame. Et c'est pour ça qu'on rit nerveusement de Joe Rogan : il a touché le point sensible. Pas parce qu'il a raison littéralement, mais parce qu'on est déjà prêts à y croire. On a préparé le terrain depuis des décennies. Et maintenant, au lieu de regarder la vérité en face, on préfère se marrer. Humains jusqu'aux bouts des ongles : Tout à fait classique.