Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

13 juil. 2022

637. Au-delà des murs...




Bon, il peuvent toujours traîter les anti-vax, les patriotes et les anti-mondialistes de fachos, de racistes ou je sais pas quoi. Mais je pense qu'on a tout à fait le droit de pisser à la raie de ces enculés de woki-globalistes et de la LGBTQXYZ+++ sans que ça fasse de nous des homophobes, des racistes ou des nazis. La preuve :

*****

Ils peuvent monter des murs jusqu'au ciel, et il ne tient qu'à nous de nous envoler par dessus.
Leur Conseil peut nous scotcher au sol avec toute la puissance de mille Régulateurs, mais on va se défendre.
Combien qu'il en reste, là-bas dehors ?
Les défectueux qui refusent d'arrêter de croire.
Qui... s'aiment dans des galaxies sans murs.

Cinq jours avant la procédure de dépucelage puçage.

Je nouais mes lacets alors que je me tenais à califourchon sur le banc dans le vestiaire. Didier Lefranc, mon meilleur ami et voisin d'à côté, courait avec moi tous les jours après l'école. J'étais plus proche de lui que de n'importe quel autre ancien de Massillon. Peut-être était-ce parce que nous nous connaissions depuis la maternelle, à l'époque où que nos pères avaient l'habitude de faire des grillades dans la cour de notre HLM le week-end pour discuter de politique intergalactique pendant que nos mères échangeaient des recettes d'igname contre d'autres de kouign-amann..

Ou peut-être était-ce parce que Did était le seul là pour moi après qu'ils aient emprisonné mon père parce qu'il était tombé amoureux.
" Hé le rêveur" me dit-il en ébouriffant mes cheveux crépus de congolicain.
Je lui ai refilé un coup de coude. "T'es en retard."
" Allez Lud, fais-pas chier. On doit être à l'heure pendant environ sept cours par jour."

Didier ouvrit son sac de sport pour se changer, et mes joues rougirent - enfin façon de parler - tandis qu'il enfilait sa chemise par-dessus sa tête, exposant de larges épaules, des bras musclés et des abdominaux sculptés comme des carreaux de chocolat suisse. La puberté lui avait conféré le corps des dieux grecs dont nous avions entendu parler dans nos cours de littérature classique. J'avais toujours été un peu gêné à ce sujet, souhaitant être plus sportif. Mais je suppose que ça n'avait pas vraiment d'importance.
Mes insécurités allaient disparaître dès mon dix-huitième anniversaire.
"Une mouche vient de bourdonner dans ta gueule béante, Lud."
Je lui balançai un regard noir et ténébreux, depuis mon banc. " Je suis pas un accessoire de mode. Dépêche-toi, Didi."

Did m'appelait "Lud" parce que "Ludo" avait trop de syllabes, même si "Ludo" était l'abréviation de "Ludovic", mon vrai nom. Alors je m'étais mis à l'appeler Didi rien que pour le narguer en rajoutant une syllabe. Le fait qu'on appréciait tous les deux la musique Raï de l'ancêtre Khaled était un bonus, donc ça le dérangeait pas.

Il me passa un bras autour des épaules, nous guidant vers la sortie. La chaleur rayonna dans ma poitrine, suivie d'une sensation d'affaissement dans mon estomac lorsque je réalisai que les choses allaient changer après la procédure.

Dans cinq jours, j'allais perdre mon meilleur pote.

Je repoussai cette pensée de renégat tandis que nous sortions du vestiaire, accueillis par le premier jour de l'automne. C'était ma période préférée de l'année, lorsque l'air vif caressait les joues et que les feuilles s'évasaient sur les bords avec des nuances de rouge et d'orange. J'ai pressé mes lèvres en une fine ligne tandis que j'admirais les environs.
Apprécierais-je encore la beauté environnante après ?

"La limace, c'est toi", m'a lancé Did en se marrant tout en se mettant à cavaler.
J'ai couru pour le rattraper, confiant que je le rejoindrais rapidos. Secrètement, j'aimais courir, parce que c'est la seule épreuve sportive dans laquelle je peux le battre. Là où il excelle en force, je le baise en vitesse. Aussi bien pure que cérébrale.
Nous autres blackos ne sommes-nous pas de vraies gazelles ?
Je lui ai tapé sur l'épaule en faisant "bip-bip" tout en le dépassant, mais il a agrippé mon poignet avant que je puisse le semer.
"On trotte ensemble?" il m'a demandé.

Ma peau picotait là où qu'il me touchait, et même si je voulais le battre à la fontaine pour le dixième jour d'affilée, je ralentis ma foulée pour rester à son niveau. Toutes les écoles en avaient fini avec les cours pour la journée, alors nous sommes restés à errer par les ruelles, croisant ici ou là d'autres lycéens occasionnels.

" T'es au courant pour Denis Laroque ? Il se fait pucer demain.
- Tu te fous de ma gueule ?" je demandai, à bout de souffle.
- Oui. Non. Les Veilleurs l'ont surpris en train de rouler une pelle à une fille à Sainte-Thècle pendant la pause déjeuner, alors le Conseil a avancé leur date pour tous les deux."

Les Veilleurs étaient des sentinelles qui patrouillaient dans les rues et se connectaient aux antennes 5G, signalant tout élément suspect aux Régulateurs pour évaluation et, si nécessaire, au Conseil pour jugement.

Mon cœur battait plus fort dans ma poitrine et je savais pas si c'était à cause de la course ou du scoop que je venais d'apprendre. Ou pire encore, peut-être que tout ça me rappelait mon père. Il y a plus de dix ans, il avait embrassé ma mère un matin au petit-déjeuner. Les Régulateurs l'avaient emmené alors qu'il criait des obscénités du genre "Je t'aime" - l'une des nombreuses déclarations affectueuses interdites par le Gouverne-ment.

Pour la plupart, les gens étaient ignorés tant qu'ils ne présentaient aucun des signes ou symptômes de sentiments associés au Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (MDS-23). Nous étions humains, sujets aux erreurs en raison de notre biologie évolutive, provoquant des déséquilibres chimiques et hormonaux conduisant à des choses comme l'attirance, le désir, voire même l'amour. Maintes et maintes fois, l'histoire avait montré à quel point ces comportements étaient dangereux, mais la procédure avait corrigé ces impulsions.

Un frisson me parcourut l'échine. " Bon, allez, c'est pas le tout," dis-je en allongeant ma foulée. "courons pour de bon, l'escargot."
- Pas de problème, mec."

J'ai poussé à travers les crampes dans mes jambes tandis que mes pieds heurtaient le trottoir, courant plus vite pour oublier les soucis du monde qui m'entourait.

Qu'est-ce qui avait bien pu inciter Denis à embrasser une gonzesse ?
Lorsque Did a failli presque me dépasser, mes muscles ont crié de rage alors d'un coup de rein je me suis propulsé au-devant de lui. " J'ai gagné !"

Nous nous sommes penchés tous les deux, riant tout en inspirant d'énormes bouffées d'air.

Didier se redressa lorsqu'il eut repris son souffle. " Je t'ai laissé gagner, comme toujours. Mes jambes sont plus longues que les tiennes. J'ai clairement l'avantage.
- Lâ lâ," lui-fis-je avec un sourire narquois. "Comme tu voudras, Cheb Didi."

Il m'a balancé un gentil petit coup de poing sur l'épaule et nous nous sommes assis au bord de la fontaine pour nous reposer. Des groupes d'enfants jouaient sur les balançoires et les trapèzes au loin, souriant et riant tandis que leurs parents étaient assis sur un banc avec des regards lointains. Une sensation de naufrage s'installa dans mon estomac. Voir ce côté là des choses m'a frappé.
Serais-je un jour assis comme eux sur un banc, sans vie et apathique ?

" Y-as-tu déjà pensé?" m'a demandé Didier, les yeux liquides comme l'eau coulant de la fontaine à côté de nous.
" À quoi ?
- À embrasser quelqu'un."

Mon souffle s'est arrêté alors que j'examinais la zone à la recherche d'observateurs. " Chut ! Parle moins fort.
- J'ai déjà scruté les alentours. Nous sommes seuls."
J'ai pointé du doigt les familles de l'autre côté du parc.

Did fronça les sourcils, posant les coudes sur ses genoux. " Peu importe, Ludo. Ils peuvent pas nous entendre.
- Oh oh." Mes sourcils se sont froncés. " Tu viens de m'appeler par mon nom à deux syllabes. Qu'est-ce qui va pas?
- Rien ", dit-il en se pinçant légèrement la lèvre. " Tu t'es jamais demandé à quoi ça pouvait ressembler ? Tu sais. Embrasser quelqu'un ?
- Quoi? Non," ai-je sifflé. Je me penchai pour baisser la voix. " Tu m'as dit toi-même ce qui est arrivé à Denis. Tout ça n'en vaut pas le risque.
- Mais quel est l'intérêt de vivre si on peut pas réellement vivre ? Après qu'ils nous auront pucés, on sera plus que des animaux domestiqués."

Qu'est-ce qui lui prenait ? Les règles étaient claires : les sentiments étaient interdits. Le simple fait d'en parler risquait d'alerter les Veilleurs.
" Tu ne peux pas dire ça," dis-je.
Did se pencha, son souffle effleurant ma joue pendant qu'il parlait - bien trop près. " Il y a des rumeurs sur des adultes non pucés vivant dans l'est..., par delà l'Ukraine"
- Assez !" j'ai crié.

Les adultes de l'autre côté du chemin nous regardaient avec des yeux vides et blafards, et en un instant, un andro portant un uniforme bleu avec une carte d'identité gouvernementale plastifiée attachée à son col - un Veilleur - s'est arrêté devant nous.
" Tout va bien?" demanda-t-il, de sa voix monocorde.
- Oui. Nous étions sur le chemin du retour. Allons-y, Did."

Nous avons marché en silence dans le quartier. Did affichait un air renfrogné en étudiant les maisons devant lesquelles nous passions, toutes identiques : des porches parfaitement aménagés, propres, sans la moindre trace de délabrement. Une fois pucés, les humains adultes étaient devenus extrêmement efficaces, dépourvus de l'instabilité qui accompagnait les sautes d'humeur. Plus de disputes, plus de tergiversations et encore moins d'atermoiements. De bons petits rats moutons industrieux.
Juste la paix. Pour tout le monde.
Nous sommes arrivés près de nos chez-nous respectifs juste à temps pour le dîner. Je donnai un coup de pompe dans un cailloux sur le trottoir et me croisai les bras sur la poitrine. Did fit un signe à ma mère, qui était assise sur le porche en train de tricoter dans un fauteuil à bascule. Elle répondit à son signe mais sans sourire.
" On est pas fâchés?" je demandai à Didier.
Il se força à sourire en hochant la tête. " Je t'appellerai."

Alors qu'il traînait des savates sur l'herbe pour se diriger vers l'intérieur de sa maison, je montai les marches du porche, où que ma mère attendait avec impatience, me regardant. D'un air sourd, elle me tendit une enveloppe adressée à mon nom, timbrée du sceau du Gouverne-ment, déjà ouverte.
" Qu'est-ce que c'est?
- Une lettre du Conseil", me répondit-elle d'un ton plat. " Ton rendez-vous pour rencontrer ta partenaire de puçage."


Trois jours avant la procédure de puçage

Ariane était assise en face de moi, une tasse de thé entre les mains. Une horloge antique tictaquait sur le mur de sa cuisine comme un métronome, parfaitement rythmée à intervalles réguliers.
J'ai tracé d'un doigt hésitant le bord de la tasse de thé devant moi. " Comment que c'était ? La procédure, je veux dire."
Ariane haussa les épaules, les yeux vides. "Parfaite.
- Est-ce que ça fait mal?
- Non."

Une partie du programme Perfection consistait à associer des humains pucés à des partenaires génétiquement compatibles afin de garantir que des enfants chromosomiquement stables repeupleraient la planète, minimisant les anomalies congénitales.
Une photo d'Ariane avec ses parents était accrochée au mur à côté de l'horloge. Bien que sa mère et son père aient des visages stoïques, la jeune fille rayonnait vers la caméra avec des yeux qui dansaient dans la lumière du soleil.

J'ai serré les lèvres dans une grimace tandis que les paroles de Did me tourbillonnaient dans le ciboulot. L'Ariane assise devant moi différait de la fille sur la photo. Une enveloppe d'elle-même, comme si un kaléidoscope de couleurs vibrantes s'était transformé en chuchotements de gris.
Did était-il ok ?

"Ne t'inquiéte-pas." Ariane me toisa de ses yeux vides. "Tu te sentiras mieux bientôt."

Un jour avant la procédure de puçage

Je me tenais sur le trottoir devant une grande structure en béton avec quatre baies de garage - où Did travaillait sur des Jeep spatiales d'époque. Mon esprit s'emballait de pensées confuses, pesant le pour et le contre d'une exploration plus approfondie de ces sentiments, comme si je cherchais des réponses. Une partie de moi les repoussa, les ignorant tandis que je planifiais la procédure.
Pourtant, une petite partie de moi se raccrochait à ces pensées, les rapprochant pour les inspecter.

" Lud ? "
Didier sortit d'une des baies par une porte de garage ouverte. Il portait une casquette de baseball tournée vers l'arrière avec des taches d'huile barbouillées sur son visage. Son débardeur sale exposait ses bras musclés qui brillaient au soleil. Il s'essuya les mains avec un chiffon en s'approchant de moi, et ma respiration s'accéléra lorsqu'il m'accueillit avec son sourire à fossettes.
" Qu'est-ce que tu fous dans le coin ? "
Je me suis frotté la nuque. " J'ai, euh, je suis allé faire connaissance avec ma future partenaire de puçage."

Son expression s'assombrit, comme si je venais de lui dire que quelqu'un était mort. " Super."
L'air était suspendu entre nous, chaud et lourd tandis que nous nous tenions là, à nous regarder sans piper mot.
Did rompit le contact visuel en premier et força un sourire. " Viens. Je veux te montrer quelque chose."
Nous sommes entrés dans la baie de garage dont il venait de sortir, et il a ouvert le capot d'une jeep spatiale, exposant un réseau complexe de fils en dessous.
Did s'appuya d'une main contre le capot. " Qu'est-ce que t'en penses ?
- Tu sais que j'ai aucune idée de ce que nous regardons, tu le sais, hein ?" 
Il gloussa, son regard s'attardant sur moi plus longtemps que d'habitude. Il enfourna une main à l'intérieur des entrailles de la bête, tira sur un truc jusqu'à temps que ça se libère, puis présenta le module de ROM entre nos quatre z'yeux.
" Ce disque SSD était presque grillé au-delà de toute réparation. Il m'a fallu trois jours pour le récupérer."

Je fronçai les sourcils. " Pourquoi ne pas l'avoir simplement remplacé par un neuf ? Personne ne se soucie de l'intérieur tant que ça fonctionne bien vu de l'extérieur."
Did haussa les épaules. " Je suppose que je voulais que la Jeep garde un semblant vintage d'elle-même jusque dans ses tripes."

Il me fixa avec une intensité qui fit battre mon estomac, et je me raclai la gorge pour briser la tension.
" Tiens", me dit-il en me prenant la main et en me posant le module ROM dans la paume. " Remets-le dans le moteur."

Je me suis penché sur la Jeep spatiale, visualisant comment il l'avait retiré de la carte mère et tentai de le remettre en place. Mes lèvres se pincèrent alors que je luttais pour remettre le module dans sa position d'origine.
" Je suis pas doué pour ça," je lui fis, d'un ton plus dur que prévu.

Did prit ma main dans la sienne, retournant le module de ROM et guidant mes doigts dans la bonne position sur la carte mère. " Pousse doucement ici."

La peau de ma main picotait sous la sienne, et mon pouls s'accéléra lorsque le déclic confirma l'installation réussie. Un sourire m'étira les lèvres, et quand je me retournai pour faire face à Did, il pencha la tête vers moi et m'embrassa doucement sur la bouche.

Comme par instinct, mes yeux se fermèrent lorsque ses lèvres rencontrèrent les miennes. Je n'avais jamais été embrassé auparavant, car toute démonstration d'affection était expressément interdite par le MDS-23. Ce genre de comportement, s'il était observé, nous causerait tous les deux des ennuis avec le Conseil. Et même si toutes les synapses de mon cerveau s'activaient de façon erratique, me disant d'arrêter...
Je ne pouvais pas.

Les lèvres de Did étaient chaudes et fermes, se moulant parfaitement avec les miennes, nos bouches s'accrochant l'une à l'autre pendant un moment sans fin.

Et puis je me suis souvenu : depuis ce jour, les gens me regardaient avec des yeux de juges, s'attendant à ce que ma puce court-circuite comme celle de mon père.
Je ne peux pas finir comme mon père.

Je m'éloignai de Did, mon estomac se serrant tandis qu'une tempête d'émotions tourbillonnait en moi.

Did ouvrit les yeux qui se mirent à clignoter, comme s'il se réveillait d'un rêve qui s'était terminé bien trop tôt. " Ludo, je... 
- Non," dis-je en m'essuyant les lèvres avec deux doigts. " Toi, plus que tout le monde, tu aurais dû le savoir. Qu'est-ce qui t'a pris ces derniers jours ? Tu agis comme un taré."

Did m'a attrapé par les épaules, les yeux brûlant comme une traînée de poudre dans le désert. " Viens avec moi, Ludo."
Je secouai la tête, ma poitrine se serrant à ses mots. " Je comprends pas."
" En Russie, mec. Il y a une immense colonie d'humains non pucés qui vivent là-bas.

Un étourdissement m'envahit. " Une colonie de Défectueux ? Non, Did. C'est de la folie.
- Non, ce ne l'est pas. J'étudie le truc depuis des mois maintenant. Il y a un passage secret...
- Arrête !"

Je m'éloignai de lui, essayant de m'enfuir aussi vite que possible. Mais Did s'est accroché à moi, son poing étroitement enroulé autour de mon poignet, refusant de lâcher prise.
Les ténèbres ont consumé les bords de ma vision tandis que mes larmes luttaient pour s'échapper.
" Lud," murmura-t-il. " Je t'en prie."

Jour du Puçage

Tout dans mon être me disait de partir. Mais Did se tenait là, immobile et figé, et j'avais jamais rien vu de plus beau - une lueur d'émotion vacillant dans ses yeux.

Je détendis mon bras, son contact enflammant des neurones dans mon cerveau qui étaient restés en sommeil pendant des années. Traitez-moi de fou si ça vous chante, mais comme la dissonance entre ce que je pensais vouloir et ce dont je savais que j'avais besoin s'estompait…, ben j'ai pris ma décision. C'est pour ça qu'on a sauté le mur.
I yeshcho raz spasiba za vash priyom !

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11 juil. 2022

636. Les Signes


 

LES SIGNES
Un éclairage musulman sur le Nouvel Ordre Mondial, les Illuminatis,
la Franc-Maçonnerie, le New Age et le Satanisme.


Série en 60 épisodes
VOSTFR




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7 juil. 2022

635. Mgr. Viganò s'exprime sur le renversement de Roe vs Wade

 


Ce 6ème billet de Monseigneur Vigano fait suite aux 5 premièrs que vous pouvez retrouver ci dessous:

Déclaration du 24 juin 2022 de Mgr Viganò sur l’Arrêt de la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique renversant Roe vs Wade

La tentative d’intimidation des Juges  de la Cour Suprême a lamentablement échoué.
La Cour Suprême des États-Unis d’Amérique, infirmant l’arrêt Roe v Wade du 22 janvier 1973, a guéri un vulnus de nature constitutionnelle et en même temps restauré la souveraineté des États fédérés après près de cinquante ans. La décision de la Cour Suprême ne s’est pas prononcée sur le « droit à l’avortement » – comme l’indique le récit médiatique– mais sur sa « légalisation obligatoire dans tous les États », permettant que la décision sur la « profonde question morale de l’avortement » retourne « au peuple et à ses représentants élus », à qui Roe v. Wade l’avait soustraite contre le diktat considéré comme constitutionnel.

La tentative d’intimidation des Juges de la Cour Suprême, qui a commencé par la diffusion malveillante du projet de loi par les représentants du lobby de l’avortement, a donc échoué. Tout comme la rhétorique de mort de la gauche démocratique, alimentée par des mouvements extrémistes et des groupes financés par l’Open Society de George Soros, a lamentablement échoué. Et il est significatif de voir quelles sont les réactions violentes et intolérantes des soi-disant libéraux, de Barack et Michelle Obama à Hillary Clinton, de Nancy Pelosi à Chuck Schumer, du procureur général Merrick Garland à Joe Biden, sans parler des déclarations des politiciens et des chefs d’État du monde occidental.

Cela suffirait, en réalité, à nous faire comprendre l’importance de cette sentence : les attaques des groupes pro-choix, les agressions contre les associations pro-vie, la profanation des églises, les scènes d’hystérie des partisans du droit de tuer la vie innocente de l’enfant à naître rassemblent de manière emblématique les représentants du Parti démocrate financé par Planned Parenthood à son tour financé par le gouvernement, la gauche Woke, les adeptes du mondialisme de Klaus Schwab, les représentants de la Franc-Maçonnerie internationale, les théoriciens du virage vert  et de la réduction démographique, les propagandistes du genre, de l’idéologie LGBTQ+ et des drapeaux arc-en-ciel, les adeptes de l’église de Satan qui considère l’avortement comme leur « rituel », les marchands de fœtus humains dans les cliniques de la mort, les spécialistes du marketing des « vaccins » produits avec des fœtus humains, les partisans de la farce pandémique et leur groupe grotesque d’experts, tous d’accord pour voir leur hégémonie menacée, qui depuis 1973 a causé la mort de 63 millions d’enfants aux États-Unis, offerts en sacrifice humain au Moloch du politiquement correct.

Le monde globaliste, qui a fait de la violation systématique du corps humain sa bannière idéologique, imposant une thérapie génique expérimentale contre toute preuve scientifique, déchire aujourd’hui ses vêtements revendiquant « l’autonomie corporelle » (bodily autonomy) de la femme et son droit de tuer la vie qu’elle porte dans son ventre. Ce monde globaliste, dans lequel une élite de criminels subversifs s’est emparée du pouvoir et s’est hissée au sommet des nations et des institutions internationales, a perdu les États-Unis d’Amérique, grâce à une condamnation historique prononcée par des Juges sages, parmi lesquels les derniers  nommés par le président Donald Trump, dont l’engagement en faveur de la défense du caractère sacré de la vie a aujourd’hui remporté une grande victoire pour l’Amérique et pour ceux qui la considèrent comme un modèle à imiter. De nombreux États ont déjà déclaré la pratique de l’avortement illégale et grâce à la décision de la Cour Suprême, ils seront enfin en mesure de reconnaître et de protéger les droits de l’enfant à naître.

La presse vaticane et la Conférence épiscopale américaine évoquent ce jour historique avec une modération suspicieuse, comme s’il s’agissait d’un devoir embarrassant pour eux. Bergoglio est silencieux, mais il était si bavard quand il s’agissait d’attaquer Donald Trump ou de soutenir Clinton, Biden et les candidats Démocrates. Son silence face à la victoire du Bien sur l’idéologie de la mort du monde sans Dieu fait comme un écho à la propagande de l’église bergoglienne des soi-disant vaccins et au soutien à l’Agenda 2030 de l’ONU, qui est parmi les principaux partisans de la « santé reproductive » imposée aux nations précisément depuis la sentence de 1973. Sans oublier comment l’Académie Pontificale pour la Vie, voulue par Jean-Paul II, a été défigurée au cours des dix dernières années en incluant des personnages notoirement en faveur de l’avortement et de la contraception.

La haine envers Trump et le réseau de relations et d’intérêts de l’église profonde avec l’État profond ont mis en lumière, entre autres, cette grande contradiction de l’église bergoglienne, engagée à faire des affaires avec la haute finance mondiale et les sociétés pharmaceutiques, tandis que des scandales économiques et sexuels impliquant des politiciens et des prélats émergent.

Le jour où l’Église célèbre la fête du Très Sacré-Cœur de Jésus et de la naissance de Saint Jean-Baptiste qui tressaille de joie dans le sain de sa mère (Lc 1, 44), le Seigneur a voulu accorder aux États-Unis d’Amérique la possibilité de se racheter, de sorte que les lois humaines soient conformes à la Loi naturelle imprimée par le Créateur dans le cœur de l’homme. Et c’est la seule prémisse nécessaire pour qu’une nation soit bénie par le Ciel. One Nation under God.

J’espère que le peuple américain sera en mesure de chérir cette opportunité historique, et qu’il comprendra qu’il ne peut y avoir de justice là où le droit à l’avortement est reconnu, qu’il ne peut y avoir de paix et de prospérité dans une société qui massacre ses enfants, qu’il ne peut y avoir de liberté où la licence, le vice et l’orgueil subvertissent les commandements de Dieu.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque 

24 juin 2022, Très Sacré-Cœur de Jésus

©Traduction pour MPI de F. de Villasmundo relue et corrigée par Mgr Viganò

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Intervention de Mgr Carlo Maria Viganò au IIº Festival de Philosophie « Antonio Livi » – Samedi 25 juin 2022
 
Liberi in Veritate (1)

Laqueus contritus est, Et nos liberati sumus. Ps 123, 7 (2)

Je suis heureux de pouvoir adresser mes salutations aux participants de la deuxième édition du Festival de philosophie consacrée à la chère mémoire de Mgr Antonio Livi. Votre présence à cette journée montre que les souhaits exprimés en juillet de l’année dernière commencent à se réaliser avec l’engagement et la collaboration de tant de personnes de bonne volonté. À elles, ainsi qu’aux organisateurs du Festival, vont mes encouragements et l’assurance de mes prières.

Cette réflexion – plus de deux ans après le début de la grande farce psychopandémique et le coup d’État de la Grande Réinitialisation – n’aura cependant pas les sombres connotations de mon intervention précédente, mais sera marquée par une évaluation des événements que pour simplifier nous pourrions définir réaliste, dans un sens positif. Ce n’est pas vraiment de l’optimisme, car cela exagère dans la positivité ce que le pessimisme dépasse dans la négativité. Le réalisme me semble plus correct et correspond à la vérité.

La première raison de ce « réalisme positif » est basée sur la vertu théologale de l’Espérance : nous savons avec une confiance filiale que le Seigneur nous accorde tous les moyens nécessaires pour mériter le Paradis, et qu’Il ne nous expose à aucune épreuve, sauf celles que nous pouvons vaincre par Sa Grâce. Notre petite victoire sur la tentation du péché est une victoire de Dieu : omnia possum in eo qui me confortat, je peux tout en celui qui me donne de la force (Phil 4, 13). Nous ne parlons donc pas d’un sentiment humain basé sur une illusion, mais d’une prise de conscience basée sur la promesse du Sauveur : sufficit tibi gratia mea, ma grâce vous suffit (2 Co 12, 9).

La deuxième raison de regarder positivement le présent est peut-être plus subjective, mais à mon avis à ne pas sous-estimer. Ces deux années de délire mondial nous ont montrés le vrai visage de l’adversaire, révélant qui a agi par soif de pouvoir, qui pour le profit, qui a suivi un plan criminel contre Dieu et contre l’homme. Nous sommes bien conscients des scandaleux conflits d’intérêts  qui se trouvent au sommet de l’autorité ; nous savons bien qui s’est vendu au mondialisme néo-malthusien, soutenant un récit aussi manifestement faux que délirant ; nous connaissons tous bien ceux qui, depuis les sièges du Parlement, les salles de rédaction des médias, les associations professionnelles, les syndicats et même les églises, sont devenus complices d’innombrables violations des droits naturels et responsables de la mort de millions de personnes dans le monde entier. Et nous connaissons nommément ceux qui, avec un cynisme froid, ont planifié la pandémie pour pouvoir inoculer un sérum génique qui compromet irrémédiablement le système immunitaire, rend les hommes et les femmes stériles, provoque des avortements chez les femmes enceintes et fait mourir les jeunes de crises cardiaques. Les horreurs du Nazisme et du Communisme font pâle figure par rapport à la cruauté impitoyable des théoriciens du dépeuplement du monde, selon lesquels – le ministre de la transition écologique Roberto Cingolani en tête – quatre milliards d’êtres humains devraient être éliminés. Il est impensable qu’un tel crime, commis partout avec les mêmes actions coordonnées et sous une seule supervision, reste impuni. Et s’il sera certainement puni par le Très-Haut, en présence duquel les victimes de l’eugénisme mondialiste crient justice, il faut espérer que même sur cette terre les peuples pourront condamner les responsables à des châtiments exemplaires.

L’année dernière, notre regard s’est tourné avec une grande appréhension vers l’évolution des événements, qui suivaient d’une manière apparemment indéfectible l’agenda des mondialistes du Forum Économique Mondial. De plus en plus de gens ont compris qu’ils étaient confrontés à un plan – mais appelons-le par le terme approprié : un complot – ourdi par des conspirateurs sans morale, mais ils se sentaient impuissants et dépassés. Nous aussi, qui pourtant avions une vue bien claire dès le début sur ce qui se passait, nous avions de multiples raisons de craindre une exacerbation du régime dictatorial qui était en train d’être établi. Et la crise russo-ukrainienne du début de l’année a semblé confirmer cette résurgence. Nous avons eu la confirmation, il y a quelques jours, de nul autre que Bergoglio, que bien avant le début de l’opération militaire russe en Ukraine, l’OTAN voulait provoquer l’intervention de Moscou pour avoir un prétexte pour imposer la transition écologique, suite aux sanctions de la communauté internationale. La pandémie pour le contrôle social, la guerre et la crise économique pour le virage vert, le crédit social, l’abolition de la propriété privée, le revenu universel.

Ces mondialistes sont si prévisibles, dans leurs délires grotesques de domination, qu’ils suscitent l’indignation de ceux qui les entendent parler de philanthropie alors qu’ils exterminent, stérilisent ou rendent des millions de personnes chroniquement malades ; de solidarité et de justice sociale, tout en théorisant l’exploitation de la main-d’œuvre bon marché et en provoquant une augmentation désastreuse du chômage ; de l’écologie, tout en polluant la planète avec des milliards de masques inutiles ou avec les batteries au lithium des voitures électriques. Et si vous remarquez, il semble qu’ils exigent un acte de soumission de leurs partisans, aussi plus les raisons qu’ils donnent pour légitimer leurs décisions sont absurdes et illogiques ou même méprisantes, plus grandes doivent être l’abdication de la raison et la soumission servile de la volonté chez les sujets.

Hétérogenèse des fins : précisément ceux qui, depuis des décennies, nous rabattent les oreilles de liberté, de choix conscient, de droit de critiquer, d’objection de conscience et de désobéissance civile se montrent aujourd’hui des exécuteurs zélés des dispositions sanitaires les plus ridicules, des règles d’hygiène les plus absurdes, des discriminations les plus viles. Et avec la même obéissance aveugle, les apôtres de l’antifascisme vont aujourd’hui de pair avec Pravij Sektor et le bataillon Azov, tandis que les gauchistes qui dénonçaient hier l’impérialisme américain et la dépendance de l’Italie à l’égard de l’OTAN exaltent maintenant les qualités de gouvernement d’un cocaïnomane assujetti à l’État profond qui hisse les symboles néo-nazis et célèbre comme des héros nationaux des criminels de guerre antisémites.

Je crois que de nombreux éléments peuvent nous faire considérer que l’assaut que l’élite mondialiste avait planifié avec l’Agenda 2030 et la Grande Réinitialisation a échoué. Cela ne signifie pas que la guerre est gagnée, mais que la Providence a daigné changer le cours des événements comme pour nous donner une dernière chance de repentir, une occasion de réparer les erreurs et les péchés commis, et d’y remédier. Certes, la pseudo-pandémie et la crise ukrainienne ont poussé de nombreuses âmes à multiplier les prières et les pénitences, implorant de Dieu une trêve qui permette à l’humanité de se réveiller de la narcose dans laquelle elle a sombré pendant des décennies, voire des siècles.

L’échec de l’élite est confirmé par les aveux de nombre de ses représentants, qui tiennent déjà pour acquise la fin du mondialisme. Les fanatiques qui tentent encore de maintenir ensemble le dangereux édifice psychopandémique n’ont pas compris que leurs dirigeants les abandonnent à eux-mêmes ; d’autres, avec l’intuition typique des courtisans, se dépêchent de se repositionner face au changement de récit qui ne peut être reporté. Bientôt, il sera admis que la pandémie et la crise ukrainienne faisaient partie d’un plan subversif mondial, mené avec la complicité de leaders mondiaux, de dirigeants et chefs d’État, de politiciens, de journalistes, de médecins, de professeurs, de magistrats, des forces de l’ordre, d’ecclésiastiques.

Mais précisément parce que cette trahison est maintenant manifeste ; précisément parce que les mensonges qui ont été répandus ont été révélés dans leur fausseté et leur spéciosité ; précisément parce qu’il a été compris que c’est l’autorité actuelle qui est irrémédiablement corrompue et corruptrice, une réaction désespérée est à prévoir, un coup de queue : parce qu’ils n’ont plus rien à perdre, et ils savent que ce qu’ils n’obtiennent pas aujourd’hui avec un dernier coup de queue, ils ne l’obtiendront pas demain, quand leur conspiration sera universellement connue et universellement exécrée.

Ce n’est pas, comme je l’ai dit, une victoire : c’est une trêve qui nous permet de jouer notre rôle dans le processus de reconstruction qui nous attend tous. Un processus qui doit être moral avant même matériel, du cœur avant de l’esprit.

L’effondrement de la société mondiale et la fin de la fausse bipolarité de matrice révolutionnaire (droite / gauche, USA / URSS, libéralisme / socialisme, progressisme / conservatisme) rendront nécessaire un engagement collectif, dans lequel la composante catholique doit jouer un rôle de premier plan, en tant que leader. Mais pour être protagonistes, pour combattre dans l’arène politique, il est nécessaire d’avoir une solide formation religieuse, morale, intellectuelle et politique. Avoir des idéaux, saints et héroïques, animés par le désir de chacun de se sanctifier dans tous les domaines de sa vie, de l’étude au travail, de la famille à l’engagement social. Et je dis se sanctifier soi-même, pour plaire à Dieu qui, dans ce but, nous a créés et nous a faits à son image et à sa ressemblance.

Il est nécessaire de redonner à la société sa dimension spirituelle, en guérissant la blessure séculaire infligée par la laïcité, le libéralisme et le communisme. Le Christ Roi doit régner sur les Italiens avant même l’Italie. Les laïcs catholiques sont appelés à témoigner de leur foi sur deux fronts : social, reconstruisant ce qui a été détruit, restaurant ce qui a été laissé s’effondrer. Écoles, universités, professions, métiers. Un patrimoine de civilisation intimement chrétien.

L’autre front doit être celui de la formation de ceux qui servent la communauté. Éduquons nos enfants à être de bons chrétiens et de bons citoyens, de bons pères et mères de famille, des travailleurs honnêtes, un exemple d’édification pour les autres. Apprenons-leur à ne pas avoir honte de professer d’être Catholiques et à ne pas considérer comme un déshonneur d’aimer la Patrie. Nous formons des dirigeants qui pensent au bien commun et non à leur propre profit ; qui accomplissent leur devoir en sachant qu’ils doivent en rendre compte au Seigneur.

Et n’oublions pas ceux qui, au cours de ces deux années de folie collective, n’ont pas cédé aux diktats d’une autorité soumise à l’élite. Que leur exemple soit un aiguillon pour les jeunes, qui ont besoin de modèles de cohérence, et pour la future classe dirigeante, qui sera appelée à remplacer cette génération de courtisans craintifs et de vils conspirateurs.

En définitive, voilà le véritable changement de ces derniers mois : avoir découvert que le progrès, la fraternité, l’inclusion, la résilience, la durabilité ne sont que des mensonges, qui derrière une apparence de solidarité horizontale se cachent une grande tromperie, une fraude, un plan criminel. Avoir compris qu’il ne peut y avoir de fraternité où le Père commun n’est pas reconnu ; qu’il n’y a pas de solidarité si l’on n’aime pas Dieu et son prochain par amour de Lui ; que la vraie liberté n’est ni l’arbitraire ni la licence, mais la faculté d’agir dans les limites du Bien ; que l’État, en tant que société composée de citoyens appelés à être enfants de Dieu par le baptême, ne peut se déclarer athée ou non confessionnel, mais doit plutôt reconnaître publiquement la soumission de l’autorité civile et de tous ses membres à l’Autorité suprême de Dieu, et à elle conformer ses lois. Car telle est la volonté de Dieu : ce n’est pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le Royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.  (Mt 7, 21).

Remettons Dieu au centre de nos vies, au centre de la famille et de la société, au centre de l’Église. Tout le reste viendra tout seul.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque 

25 juin 2022

©Traduction pour MPI de F. de Villasmundo relue et corrigée par Mgr Viganò

(1) Liberi in Veritate : Alliance contre-révolutionnaire pour la défense de l’Ordre de la création

(2) Le filet a été déchiqueté, et nous, nous avons été délivrés.


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LES 25 POINTS du Comité Liberi in Veritate (Libres dans la Vérité)
Alliance contre-révolutionnaire pour la défense de l'Ordre de la création.

Le comité en cours de constitution,
à la lumière des événements dramatiques et de plus en plus rapides qui plongent l'Italie et une grande partie du monde dans le vortex du totalitarisme sanitaire, de la "Grande réinitialisation et reconstruction" (la soi-disant Grande Réinitialisation ) et de la soi-disant "Nouvel Ordre Mondial", visant à la massification de l'humanité, avec un processus visant à la "redéfinition de l'humain", selon les objectifs de la soi-disant "Quatrième Révolution Industrielle", à travers la
transition numérique : post-humanisme ;
transition écologique : écologie panthéiste égalitaire ;
transition inclusive : genre androgyne ;
transition cyber : trans-humanisme ;
dans le désir d'accepter l'appel présenté par Son Excellence l'Archevêque Monseigneur Carlo Maria Viganò, pour la réalisation d'un Manifeste pour une alliance mondiale anti-mondialiste ;
à la lumière de l'appel anti-mondialiste ultérieur de la Confédération des Triarii:
 

PROPOSE 25 points
afin de promouvoir l'union concrète de toutes les personnes libres, des associations et de tous ceux qui s'engagent activement et trouvent dans les racines de la Vérité chrétienne et de la Tradition classique-chrétienne italienne et européenne leur propre vision du monde, de la vie et de la société humaine, ce qui suit

PROGRAMME DE VALEUR POLITIQUE

POLITIQUE
Pour réagir au totalitarisme mondialiste du soi-disant Nouvel Ordre Mondial
1
Défense inconditionnelle de la liberté personnelle de l'être humain tel que Dieu l'a créé, et revendication inconditionnelle de la liberté physique, de mouvement, de travail et d'entreprise, de planification de son avenir, ainsi que de pensée, d'action et d'association, dans le lit du la loi naturelle, le bien commun et l'adhésion à la Vérité objective ;

2
au niveau européen, à la place de l'actuel projet pro-euro-mondialiste, une proposition de confédération des patries et des peuples, où les États et les communautés maintiennent leur propre identité ;

3
Refus de toute forme de contrôle humain omniprésent, même à distance, de la transition écologique numérique et mondialiste, respectant la création selon la loi de Dieu et rejet de tous les présupposés idéologiques et objectifs pratiques du Grand Reset et du Nouvel Ordre Mondial ;

4
rejet de l'étatisme jacobin-hégélien et du système de parti libéral-marxiste, et création d'une société qui est l'expression des élites de l'esprit et des travailleurs, organique aux principes du communautarisme des valeurs, du travail, de la culture et de l'identité ; en même temps, réévaluation du juste principe d'autorité comme pivot de toute la vie sociale et politique ;

5
une plus grande application du principe de subsidiarité, en défense du rôle des corps intermédiaires, des libertés essentielles des citoyens et comme barrière au totalitarisme centralisateur ; le tout accompagné du respect et de la promotion des autonomies et libertés locales traditionnelles, et des identités culturelles et civiles ;

6
refus de l'immigrationnisme, avec protection des frontières nationales, à entendre aussi dans le sens d'une démarcation aussi bien culturelle que physique ;

7
un soutien fiscal aux familles nombreuses, proportionnel au nombre d'enfants, avec des politiques favorisant à la fois la natalité et la protection réelle des personnes âgées et des malades ;

8
la promotion d'une réforme des coutumes morales et comportementales des personnes, dans un retour aux valeurs d'honnêteté, de loyauté, d'honneur, d'assiduité, de modestie, de courtoisie, du sens du beau et du sens du devoir, qui ont toujours animé les générations passées.

MORALE, VIE, FAMILLE, PERSONNE
Réagir à la subversion anthropologique et au processus post et transhumanisme en cours
9
Défense inconditionnelle de la vie humaine de la conception à la mort naturelle ;

10
Conception de la « famille » comme entité fondatrice de la société et composée exclusivement de père-mère-enfants et donc ouverte à la procréation naturelle, et fondée sur la coopération et le respect des rôles naturels des membres ;

11
interdiction de toute forme de manipulation génétique et interdiction absolue de l'introduction, par voie pharmacologique ou vaccinale, de méthodologies de traçage ou de contrôle ou d'intervention sur les fonctions psycho-physiques naturelles de l'être humain dans une perspective tendanciellement eugénique ou robotique ; ainsi que la revendication de la pleine autorité de l'être humain sur son propre corps et celui de ses enfants mineurs (sans préjudice des états d'exception qui peuvent effectivement se trouver et tels que prévus par la tradition juridique classique et chrétienne).

ÉCONOMIE
 Pour réagir au soi-disant « Great Reset » financier
12
Défense de la propriété privée et de la libre entreprise et du libre-échange dans le respect de la loi naturelle, et promotion de politiques appropriées contre l'exploitation des travailleurs ;

13
la défense de la souveraineté politique et de la liberté monétaire de chaque peuple, avec une monnaie appartenant au peuple non émise sous forme de dette ; et lutter contre toutes sortes d'usures, surtout si elles sont organisées de manière institutionnelle.

14
la promotion de l'indépendance alimentaire et énergétique, dans la mesure du possible, de chaque peuple, pour l'émancipation de la sujétion à la finance apatride ; et de valorisation sous la responsabilité de l'Etat des secteurs stratégiques de l'industrie et des services ;

15
défense et réorganisation générale de l'agriculture, pour qu'elle redevienne le fondement de toute l'économie et de la société elle-même ;

16
promotion de l'artisanat, de la fabrication et du génie entrepreneurial et artistique de chaque peuple (et surtout du génie entrepreneurial, artistique et manufacturier italien) et promotion du retour aux professions et métiers liés à la réalité naturelle ;

17
baisse drastique de la pression fiscale pour les particuliers et les entreprises, et promotion et défense de l'épargne des ménages, au regard de la loi naturelle telle qu'enseignée par la doctrine catholique, ainsi que pour toutes entreprises tant que leurs revenus sont certains, avec l'abandon du rigorisme propre aux politiques d'austérité économique ;

18
création d'une banque publique et mise en place d'établissements de crédit populaire pouvant soutenir les petites et moyennes entreprises, les familles nombreuses en difficulté, les étudiants méritants et nécessiteux ; dans le même temps, séparation des banques commerciales des banques spéculatives.

DROIT
19
Revenir à une conception de droit naturel, au sens classique, du droit, lié à la loi naturelle et divine, contre toute approche - typique de la pensée contemporaine - positiviste, relativiste et technocratique et individualiste, totalitaire et amorale ;

20
La justice doit être exempte d'idéologies et de parti pris, le système judiciaire fondé sur la séparation des carrières et sur une discipline équilibrée de la responsabilité des juges, la peine doit être certaine et proportionnée, avec un système pénitentiaire qui garantisse la dignité de chaque être humain.

SCIENCES ET MÉDECINE
Réagir contre l'eugénisme du transhumanisme gnostique et cybernétique
21
La recherche et la pratique scientifiques doivent être régies par les règles objectives de la loi naturelle et par l'esprit désintéressé de Vérité et d'humanité, favorisant la création d'un modèle économique et commercial différent à appliquer aux industries pharmaceutiques ; dans le même temps, l'État doit atteindre le meilleur niveau de qualité possible dans les structures de santé publiques et privées (contrairement à ce qui se fait depuis des décennies) ;

22
chaque médecin doit être libre de poursuivre, en science et en conscience, son propre travail au service de la santé physique et morale des malades à la lumière des valeurs hippocratiques immortelles et de la charité chrétienne envers les autres, fondée sur une formation clinique adéquate et contre tout protocole et réduction administrative des pratiques thérapeutiques.

CULTURE
Réagir au totalitarisme idéologique massifiant libéral-jacobin-marxiste
23
L'école, l'université et la recherche devront vérifier et re-présenter selon la Vérité et la Morale l'ensemble des notions acquises au cours des siècles modernes, et surtout au cours des dernières décennies et années, avec un processus très courageux de correction de toute déformation et mutilation . , ainsi que la libération de tous les mensonges et erreurs. Il faudra procéder à une véritable reconstruction de la connaissance générale à la lumière de la Vérité dans tous les secteurs de la connaissance humaine ;

24
la sélection des enseignants et des cadres doit avoir lieu sans aucune influence politique, idéologique ou de factions diverses, mais exclusivement selon des critères de choix fondés sur le mérite élevé, dont les enseignants titulaires et titulaires eux-mêmes seront responsables devant la loi, les institutions culturelles auxquelles ils appartiennent et l'ensemble du monde scientifique et culturel ;

25
le système d'information des médias doit être à l'abri des influences politiques et économiques, mais en même temps l'expression la plus fidèle de la vérité objective et de la réalité factuelle. Ce n'est qu'à la lumière de ces valeurs que les vrais professionnels de l'information solide et objective seront sélectionnés.

FOI ET ÉGLISE
Tout ce programme n'aurait aucun sens ni possibilité de mise en œuvre, sans la défense inconditionnelle de la liberté de culte catholique pour un retour à la vraie Foi et à la Tradition de l'Église de tous les temps, telles qu'elles se sont concrétisées providentiellement théologiquement, spirituellement, doctrinalement, liturgiquement , pastoralement, en pleine progression harmonique, dans son Magistère universel infaillible et immuable.

INVITATION
Nous invitons toutes les personnes, toutes les associations liées à la Tradition de l'Église catholique et à l'identité classique et chrétienne de l'Italie et de l'Europe, mais aussi tous ceux qui, en tout cas, partagent essentiellement le programme exposé, à se joindre en s'inscrivant à ce programme , le supportant :

avec une diffusion médiatique massive et personnelle, également en organisant des présentations sur place ;
avec la création de présidia locaux pour la structuration d'une réalité au niveau national ;
et par l'apport économique indispensable qui nous permet de gérer l'ensemble du projet.
Une force similaire nous permettra également de collaborer, dans la mesure du possible et de manière appropriée, avec d'autres organisations similaires mais avec un cadre idéologique différent, mais toujours dans le plein maintien de notre totale fidélité aux valeurs et principes énoncés : en effet, le plus grande sera l'adhésion du peuple à un tel programme, plus grande sera la force de « marchandage » des idéaux auxquels nous croyons et pour lesquels nous nous efforçons. Et, par conséquent, l'avenir sera davantage influencé à la lumière de l'Évangile, de la loi naturelle, de la Tradition.

Nous sommes prêts à collaborer avec d'autres réalités politiques nées comme forces de résistance au totalitarisme mondialiste, mais seulement dans le plein maintien de notre identité religieuse, politique, culturelle : comme cela s'est déjà produit à d'autres moments au cours des siècles passés.

Enfin, nous invitons toutes les personnes libres, les intellectuels, les professionnels de tous secteurs et ceux qui se battent publiquement, ainsi que les associations proches de nous, à se joindre, pour renforcer, qualitativement et opérationnellement, notre action commune.

Pour rejoindre le Comité Libéri in Veritate (Libres dans la Vérité), c'est ici >>> Adhérer
Pour contacter Libéri en Veritate, c'est ici >>> freeinveritate@protonmail.com


FONDATEURS
PRÉSIDENT
Corrado Ruini Freelance, co-fondateur de la Brigade pour la défense de l'évidence.

VICE-PRÉSIDENT
Massimo Viglione historien, président de la Confédération des Triarii

CONSEIL D'ADMINISTRATION
Antonio Bianco entrepreneur, coordinateur Triarii TV
Andrea Cometti Courrier des Régions
Silvana De Mari chirurgienne et essayiste
Chirurgien Giuseppe Di Bella, oncologue
Francesco Fontana avocat, président de Iustitia in Veritate
Paolo Gulisano médecin, essayiste
Mario Iannaccone historien, essayiste
Francesco Lamendola philosophe
Daniele Logoluso essayiste, directrice du blog Spirit of Truth
Marco Eugenio Tosatti Journaliste du Vatican
Aldo Maria Valli Journaliste du Vatican, essayiste

PREMIERS SIGNATAIRES
Don Claudio Crescimanno Prêtre, essayiste
Luca Di Fazio Avocat
Roberto Bonuglia Professeur d'histoire et essayiste.
Guido Vignelli Essayiste
Cosme Massaro Essayiste
Pierluigi Bianchi Cagliesi Journaliste, conférencier, conférencier.
Martino Mora Professeur, essayiste
Davide Lovat Professeur, politologue et essayiste
John Rao conférencier, historien américain, professeur d'histoire à l'Université St. John's à N.York
Elena Bianchini historique Braglia, écrivain. 

RESPONSABLE DES JEUNES
Gabriele Bianco

LES ASSOCIATIONS
Brigade de défense de l'Évidence
Confédération des Triarii
Iustitia in Veritate
Télévision Esprit de vérité
Académie de philosophie de la Nouvelle-Italie
Courrier des Régions
Association les chemins de GRIMOALDO 

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4 juil. 2022

634. Un deal avec la mort


 

Malik Trompe-la-mort était censé être mort.

Youssouf l'avait vu de ses propres yeux. Les lumières vives d'une nuit sombre et pluvieuse sur la promenade des Anglais. Il avait entendu les pneus crisser, le grondement de l'accident alors que les deux voitures s'étaient heurtées de plein fouet, du même côté de la voie côté plage juste en face du Florida Beach. En dépassant largement la vitesse autorisée.

Jusqu'à ce qu'il ne reste plus que les coques écrasées des deux voitures de sport autrefois immaculées. La foule était d'abord demeurée silencieuse, regardant la façon dont les flammes avaient commencé à consumer les deux véhicules, figée par la peur et par le choc.

Et puis quelqu'un - probablement Fadela, la petite amie guindée et promise de Malik - avait laissé échapper un cri qui avait semblé secouer la terre entière et même les nuages au-dessus.

Tout le monde autour de Youssouf se mit rapidement en action, s'avançant pour essayer de trouver un moyen de sortir les corps, mutilés comme on pouvait s'y attendre, des deux garçons de leurs voitures. Youssouf ne bougea pas. 
Tétanisé d'effroi.

La mort le fixait depuis l'autre côté de la voiture de Malik. Yeux caverneux dans un visage inexistant. Il la regarda se pencher en avant dans la voiture, côté conducteur où Malik était affalé contre son volant, du sang s'écoulant, giclant de chaque orifice.

Sa main squelettique caressa le côté meurtri de sa joue avec la tendresse d'un être cher et Youssouf put sentir la tristesse accablante de cette créature lui saturer les os.

La mort pouvait-elle être triste ? Ou était-ce ses propres sentiments qu'il projetait dans cette apparition ? La mort pouvait-elle ressentir ses émotions, entendre les cris dans sa tête, rejouer tous les souvenirs et les occasions manquées entre lui et Malik qui tournaient dans son cerveau comme un film tragique ?

Il ne savait pas.

Il ne savait pas, mais il savait que si la Faucheuse était là pour moissoner, alors la vie et l'avenir de Malik étaient terminés. Il n'aurait rien - ne serait rien - sans Malik Trompe-la-mort à ses côtés. Des mains squelettiques se posèrent sur son torse immobile.

"Faites-pas ça !" Les mot jaillirent comme un murmure, si silencieux qu'il ne pensa pas que la Mort l'avait entendu au début. Mais alors, ses yeux se tournèrent vers lui avec une curieuse inclinaison de la tête.

" Ne le prenez-pas. Je vous donnerai n'importe quoi. Je vous donnerai ma vie, mais ne l'emportez-pas ." Il gardait la voix basse afin que les gens qui criaient toujours autour de lui ne soient pas témoins de sa dépression silencieuse. Il se sentait complètement fou en ce moment, suppliant et marchandant avec la Mort pour un garçon qui ne savait même pas à quel point il comptait pour lui.

La mort semblait le savoir cependant. Pas tant dans les mots que dans la compréhension cachée dans cet espace vide où aurait dû se trouver son visage. Sa forme fantômatique se glissa à travers ce qui restait de la Corvette et à travers les gens qui en sortaient le corps sans vie de Malik pour le poser au sol, et elle s'arrêta juste devant Youssouf.

De près, sa présence était à la fois étonnemment imposante - une grande, effrayante inconnue - et étonnement familière - comme une étreinte chaleureuse.

Youssouf regarda ses mains squelettiques se rapprocher lentement de sa propre poitrine, sa respiration s'accélérant tandis qu'elle la pénétrait et en tirait quelque chose. Ce fut douloureux, presque insupportable, mais pas plus que la douleur qui s'était déjà installée dans son cœur au moment où les deux voitures s'étaient encastrées l'une dans l'autre.

Dans la main de la Mort se trouvait une petite boule de lumière, intensément brillante, même avec sa teinte bleu foncé. La mort sortit ensuite une montre de gousset de l'intérieur de sa djellaba et la tendit à Youssouf. Au début, il fut confus, se demandant ce que ça avait à voir avec le fait de ramener Malik à la vie jusqu'à ce qu'il voie la gravure sur l'arrière de son cadran. Le nom de Youssouf Ndiaye le fixa. Il regarda de plus près et remarqua que les crans du temps n'étaient pas en heures mais en années. Ou plutôt en décennies.

Il compta les décennies qui lui restaient. Huit. Il devrait souffrir quatre-vingts ans de plus sans Malik Trompe-la-mort dans sa vie.

Youssouf regarda désespérément la Mort, suppliant sans rien dire. Une aiguille squelettique pénétra dans la montre, poussant l'aiguille des minutes dans le sens des aiguilles d'une montre et Youssouf observa une décennie disparaître de l'horloge. La petite boule dans sa main devint un peu plus grosse.

Youssouf la poussa encore et encore jusqu'à ce qu'il ne reste que quatre décennies. Quarante années pour lui et quarante pour Malik. La boule de lumière était maintenant de la taille d'une boule de pétanque lyonnaise.

La Mort se retourna et commença à revenir vers l'endroit où le corps de Malik était allongé sur le bitume, deux gars tentaient des massages cardiaques tandis que les lumières et les sirènes commençaient à hurler au loin. Youssouf suivit la mort de près jusqu'à ce qu'ils soient chacun à genoux aux côtés de Malik.

Les mains et les bras de la Mort traversèrent le corps d'un secouriste et atteignirent l'intérieur de la poitrine de Malik comme elle l'avait fait un peu plus tôt avec Youssouf, en ressortant une minuscule boule de lumière rouge. Youssouf regarda les deux boules se rapprocher, la minuscule rouge engloutissant l'indigo et devenant une vibrante écarlate . La mort pressa la boule contre sa poitrine et puis soudain, la Mort s'évapora comme si elle n'avait jamais été là pour commencer.

Malik laissa s'échapper un souffle horrible et effrayé puis s'efforça d'avaler tout l'air qu'il pouvait en retour. L'un des hommes qui lui prodiguait les massages cardiaques hurla "Il est vivant ! C'est un miracle !" et se leva pour aller à la rencontre de l'ambulance qui venait d'arriver.

Youssouf ne savait plus quoi faire désormais. Il ne fit que suivre le mouvement, se levant pour s'écarter afin que les ambulanciers puissent installer Malik sur une civière. Il laissa Fadela le pousser hors de son cheminin pour qu'elle puisse aller sangloter contre la poitrine de son homme, son visage barbouillé de mascara. Il se tourna à nouveau pour s'éloigner tandis que les ambulanciers commençaient à pousser la civière vers l'ambulance, lorsqu'une main jaillit et agrippa fermement son poignet.

Il se retourna, surpris d'avoir les yeux de Malik fixés sur lui. "Qu'est-ce que tu as fait, mon frère ?" La question était tendue et bourrue, à peine audible dans le volume du chaos qui les entourait. Youssouf put voir immédiatement dans les yeux de Malik que ce dernier savait ce qu'il venait de se passer. Que Malik savait qu'il avait conclu un deal avec la Mort pour le ramener, lui Malik,  à la vie en abandonnant une partie de la sienne. Le cœur de Youssouf se serra alors qu'il s'avançait pour tenir la main de Malik dans les siennes.

"Je n'ai rien fait, khouya. C'est un miracle que tu sois en vie. Hamdoulilah !" Malik n'arrêtait pas de le fixer, donnant l'impression qu'il voulait l'engueuler pour ses conneries, lui crier dessus pour ce qu'il avait fait. Il était trop tard cependant. L'accord avait été conclu et Malik fut chargé à l'arrière d'une ambulance tandis que Youssouf s'écartait pour laisser passer la civière.
Malik était censé être mort. Mais Youssouf aurait été damné s'il avait laissé cela arriver.

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1 juil. 2022

633. Oubliez-pas de vous souvenir...



Voilà qui allait faire mal. Ça avait été douloureux avant et ça allait l'être encore. Mais rien de ce dont on a besoin pour survivre n'est jamais gratuit. D'une manière ou d'une autre, il y a toujours un prix à payer.

Lisa se réveilla en nage. La sueur perlait à son front.
"Ramène-moi à l'intérieur. Je peux le supporter." Elle se massa le front en espérant que ses mains tremblantes apaiseraient les braises de sa migraine naissante.
"Lisa, tu ne peux pas. Les niveaux d'acétylcholine qui traversent ton cortex cérébral sont… " Kévin s'arrêta. "Si tu y retournes, tu ne te réveilleras peut-être pas.
-Je connais les risques." Elle se réinstalla sur le sommier en métal et plissa les yeux vers les projecteurs brillants qui lorgnaient au-dessus de sa tête.
"Lisa, s'il te plaît.
- Fais le."

Kévin laissa échapper un soupir de défaite tandis que ses mains s'élançaient sur la console avec une précision réservée. Il arracha et tailla des fils tentaculaires et les replanta dans les prises voisines. À chaque nouvelle connexion, la pièce vibrait de plus en plus fort. L'odeur douceâtre de la lavande engloutit Lisa toute entière. Cela l'étouffa de lourdes vapeurs et sa vision se brouilla. La douleur refit surface.

Elle se réveilla en nage une fois de plus. La sueur perlait toujours sur son front, la migraine maintenant en pleine érection. Ses yeux s'ouvrirent d'un coup et elle chassa les étoiles argentées qui embrouillaient sa vision.
"Essaie à nouveau. Je pense que nous avons presque réussi."

Il n'y eut pas de réponse.

Kévin n'était plus là. Le laboratoire n'était plus là. La piqûre froide du sommier métallique contre son dos n'était plus là. Au lieu de ça, elle se retrouva bercée dans l'étreinte chaleureuse d'une couette en peluche brodée de jacinthes tourbillonnantes.
La couette de sa fille.

La chambre était telle qu'ils l'avaient laissée. Le bruit de la circulation pénétrait par la fenêtre laissée entrouverte pour soulager la chaleur estivale. Du coin de l'œil, elle vit une silhouette franchir le pas de la porte et sortir de la pièce.

Était-ce possible ?

Des larmes se coincèrent dans la gorge de Lisa. Elle se précipita vers la porte, espérant au mieux avoir encore de l'espoir. Le vrombissement lointain des moteurs de voitures s'intensifia.  

Lisa courut dans le couloir, ignorant la douleur sourde dans son genou, et sortit dans le salon. Dans un coin se blottissait une fillette, le dos tourné, fouillant dans leur vieille collection de cassettes vidéo. Des larmes coulèrent sur les joues de Lisa. Elle se précipita en avant, prit la fillette par les épaules et la fit pivoter.

"Camille ?"

Le sang de Lisa se glaça et elle recula de trouille. Là où s'était autrefois trouvé le visage de sa fille, il n'y avait plus qu'un lointain flou de chair et de traits informes. Comme si une liasse de feuilles de papier calque avait étaient pressée sur une image photocopiée une fois de trop. 
Donc, c'était vrai, toutes les diodes et toute la science du monde ne pouvaient pas reconstruire quelque chose à partir du néant. La mémoire devait être encore présente pour être projetée et amplifiée. Mais il n'y avait pas à s'y tromper. C'était sa maison, et c'était bien sa fille.

Elle prit la fillette dans ses bras. "Je suis vraiment désolée, Camille." Elle écarta soigneusement les cheveux capricieux de l'endroit où le visage de sa fille aurait dû se trouver. Elles étaient assises là, se balançant d'avant en arrière. Lisa ne savait pas depuis combien de temps, mais pas une seule fois sa fille ne fit mine de prendre conscience de sa présence. Ni l'une ni l'autre ne prêtait attention au bruit croissant de la circulation. Un seul moteur semblait pourtant sortir du vacarme, projeté le long d'un crescendo frénétique.

Après dix longues années d'abstinence, l'odeur de l'alcool s'empara à nouveau de la gorge de Lisa. Le vrombissement du moteur de la voiture isolée devint un cri, puis un hurlement. Des fragments d'un autre souvenir s'engouffrèrent, menaçant de briser ce qui restait de celui-ci.

Le choc la fit chanceler. Camille s'envola de ses bras et percuta l'asphalte avec un bruit sourd. Des fragments de verre aussi tranchants que ses souvenirs jonchaient la route et captaient la lumière mourante du soleil couchant. Leur berline familiale était silencieuse et fumante, pliée autour d'un chêne puissant qui avait bien mieux résisté que leur voiture à l'impact. Le pare-brise avait disparu, brisé lorsque le corps de Camille l'avait traversé.

"Non. Non. Pas ça !" Lisa détourna son regard du corps de sa fille qui jonchait la route telle une porcelaine brisée. Elle tomba à genoux et implora dans la nuit : " Kévin, fais-moi sortir. Finissons-en maintenant." Il n'y eut pas de réponse.

Clic.

Un porte de la voiture s'ouvrit. Une main sombre agrippa le cadre de la portière et une silhouette se dégagea de l'épave. Le goudron coulait de sa forme émaciée. Chaque goutte opaque s'enroulait en volute de fumée noire avant d'atteindre le sol. Un genou plié en arrière en dépit du bon sens, la forme boita en direction de Lisa, son sourire trop grand pour son visage. " N'est-ce pas ce que tu voulais ?" La voix traversa l'air comme un crissement de pneus refusant de s'arrêter.
Lisa recula, les yeux écarquillés, et se propulsa sur l'asphalte fissuré loin de la silhouette. Loin de sa fille. "Réveille-toi. Réveille-toi. Réveille-toi." Cela ne pouvait pas arriver. Ce n'était pas réel.

La silhouette pencha la tête en direction de sa fille : " Tu voulais te souvenir ? Tu te souviens de quoi ? " Elle se déplaça vers le corps de la fillette. Suivie de son ombre. "Les bons moments ? De bons souvenirs pour t'en convaincre ?" Elle s'accroupit sur le corps de la fillette, son genou cassé se remettant en place dans le processus. " Pathétique vraiment. Tu ne pouvais même pas te souvenir de son visage." 
Son bras s'étendit et caressa le visage de l'enfant d'une griffe pointue. "C'est un tout petit peu trop tard maintenant."

Lisa se jeta depuis l'autre côté de la route vers la silhouette et hurla: "Éloignez-vous d'elle." Elle luttait contre l'ombre tangible, chaque coup voulant ressembler à un coup de fouet. Mais c'était inutile, la silhouette était trop forte. Une main griffue la frappa puis l'attrapa par le cou. Cela lui fit perdre pieds et elle l'attira plus près, face contre face avec ce sourire narquois et empli de dents. "Tu n'étais pas là pour elle alors pourquoi le serais-tu maintenant ?" Les doigts griffus resserrèrent leur étreinte et Lisa vit les bords de sa vision s'obscurcir.

Avec ce qui restait de ses forces, elle se souleva et frappa. Son pied entra en contact avec la silhouette au niveau de son genou blessé. La silhouette recula en émettant un puissant craquement et elle rugit de douleur tandis qu'elle la laissait retomber. Lisa se remit sur pieds en s'étouffant dans l'air, "Je ne vous laisserai plus m'éloigner d'elle." De toutes ses forces, elle porta un dernier coup, un crochet du droit contre le côté de la tête du personnage. Celui-ci bascula de côté. Une flaque de goudron s'évaporant en tourbillons de fumée fut tout ce qui marqua l'impact.

Lisa se précipita vers sa fille et la reprit dans ses bras. Elle la serra contre elle, essayant de recoller le corps brisé. Les cheveux de la fillette étaient maculés de saleté et inondés des larmes tombant librement de sa tête inclinée sur elle. Elle se pencha et murmura doucement : " Tu as payé le prix pour les démons que je ne pouvais pas supporter." Elle déposa délicatement un baiser sur la joue de sa fille. "Je suis tellement désolée."

Émergeant du flou, les bords d'un nez commencèrent à se dessiner, suivis d'yeux fermés et d'une bouche. Les couches de papier calque furent comme décollées les unes après les autres et un flot de paix illumina le visage de sa fille. Elle était exactement telle qu'elle s'en souvenait.

Lisa se réveilla en un éclair et se releva du sommier métallique en plissant les yeux en direction des projecteurs brillants au-dessus de sa tête. La sueur trempait tout son corps et elle avait vaguement conscience que Kévin se précipitait vers elle.
"Est-ce que ça va? Je pensais que je t'avais perdue."
La migraine dispararut et, pour la première fois en dix ans, la douleur s'arrêta.
"Je crois que ça va aller maintenant."

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