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Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

14 mars 2021

478. Vaksassination et TPI pour violation Code de Nüremberg


La plainte déposée la semaine dernière devant le tribunal de La Haye pour violation du code de Nuremberg par le gouvernement israélien a été acceptée. Maintenant en attente d’une décision.


La plainte déposée auprès du tribunal se lit comme suit :

L’avocate Ruth Machnes Suchovolsky a déclaré le 5 mars dernier à Israel News que « dans le même temps, la plainte sera également déposée devant le tribunal de Nuremberg, avec l’avocat allemand Reiner Fullmich. Lundi, la plainte sera déposée à la Haute Cour par Aryeh Suchowolski en Israël, concernant la violation du Code de Nuremberg. » L’avocate ajouta six jours plus tard : « L’expérience que Pfizer mène dans l’Etat d’Israël a été menée en violation du Code de Nuremberg, qui appartient au droit pénal international et est sous la juridiction du tribunal de La Haye. Nous attendons maintenant une décision. »


Cour pénale internationale (lettre d'acceptation)

La lettre d’acception de la plainte par la Cour pénale internationale, signée par Mark Dillon, directeur de l'Unité Informations et Preuves du bureau du Procureur du Tribunal Pénal International de La Haye.

Nous nous adressons à vous au nom de l’association «Anshei Emet», une association en cours d’établissement, dont les membres sont des avocats, des médecins, des militants du public et en général, qui ont fait le choix d’exercer leur droit démocratique de ne pas recevoir le traitement médical expérimental (Immunisation Corona), et qui estiment que de grandes pressions, dures et illégales, sont exercées sur eux au nom du gouvernement d’Israël, des membres de la Knesset, des ministres, des hauts représentants élus du public, des chefs de villes et plus encore.

Nous souhaitons commencer par des connaissances de base sur le sujet: Le vaccin Corona est un traitement médical innovant, qui n’a obtenu que récemment l’approbation de la FDA aux États-Unis (dans le cadre d’une procédure d’urgence uniquement), une approbation qui n’est pas définitive et avec des détails sur 22 effets secondaires du vaccin. En outre, il est clair pour tous les facteurs médicaux que le sujet de l’influence à long terme du traitement n’a pas été testé scientifiquement (tests et recherches), et l’effet à long terme et la sécurité du traitement sur ses receveurs sont inconnus. Il est important de préciser que jamais jusqu’à présent n’ont été administrés dans le monde entier des immunisations par cette technologie médicale d’introduction d’un M-ARN synthétique dans le corps, et toutes les immunisations précédentes ont fonctionné d’une manière totalement différente, par l’introduction d’un ou virus affaibli et excitation naturelle du système immunitaire contre lui. Comme détaillé par un virologue senior, les risques anticipés par ce traitement médical innovant sont ci-joints en Annexe 1 à ma lettre.

« Code de Nuremberg » — Un code d’éthique médical publié sur la base des lois en vertu desquelles les criminels nazis ont été jugés pour avoir mené d’horribles expériences médicales pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le procès des médecins connu sous le nom de procès de Nuremberg. Le Code de Nuremberg a ensuite constitué la base de la législation de la Déclaration d’Helsinki ainsi que la base de la loi sur les droits des patients en Israël. Nous avons l’intention de vous présenter et de détailler comment, dans l’État d’Israël cette année, le gouvernement d’Israël avec ses ministres et ses membres de la Knesset, les chefs de villes et d’autres hauts responsables, enfreignent le code de Nuremberg de manière illégale, de manière flagrante. et extrême, et à notre regret, non seulement dans un seul aspect mais beaucoup, trop!

a) Consentement éclairé pour participer à une expérience médicale — un premier principe du Code de Nuremberg est la volonté et le consentement éclairé de la personne à recevoir un traitement et à participer à une expérience. La personne est censée activer la liberté de choix sans l’intervention d’un facteur employant la force, la tromperie, la fraude, la menace, la sollicitation ou tout autre type de liaison ou de coercition. Lorsque les chefs du ministère de la Santé ainsi que le Premier ministre ont présenté le vaccin en Israël et ont commencé la vaccination des résidents israéliens, les vaccinés n’ont pas été informés, qu’en pratique, ils participent à une expérience médicale et que leur consentement est requis à cet effet en vertu du Code de Nuremberg, et seulement lorsqu’il est devenu évident que le Premier ministre avait effectivement signé un accord avec la société Pfizer (le fabricant), il a d’abord été publié et également déclaré par le Premier ministre, qu’il s’agissait bien d’une expérience médicale , et que c’était là l’essence de l’accord. Il s’agit en fait d’une expérience médicale génétique sur des êtres humains, réalisée sans consentement éclairé et sous une infraction grave et flagrante du Code de Nuremberg.

b) L’accord Bibi-Pfizer. Après factum, il est devenu clair que le Premier ministre d’Israël a signé un accord avec la Pfizer Company (la société de fabrication), en vertu duquel il recevra une énorme quantité de millions de portions de vaccins, et avec une préférence par rapport aux autres pays, et en contrepartie, les vaccinés (résidents d’Israël) serviront d’«expérimentateurs» pour la société pharmaceutique. Il a été convenu que la société pharmaceutique recevrait d’Israël toutes ses informations médicales et personnelles secrètes à son insu ou sans son consentement préalable. En outre, nous devons déclarer que jusqu’à ce moment, le contenu de l’accord concernant la plupart des résidents de l’État d’Israël, n’a pas été publié, ce qui est la transparence obligatoire en vertu de la loi, et il a été publié avec « black-out » / dissimulation d’un grand nombre d’informations incluses dans cet accord. Il convient de dire et de rappeler que nous ne vivons pas dans un pays de dictature, de sorte qu’à l’évidence, un tel accord doit être soumis à une transparence totale envers le large public.

c) Traitements alternatifs. En ce qui concerne le consentement éclairé pour un traitement médical, et sur la base des principes du Code de Nuremberg, il existe une obligation de détailler et de suggérer à un patient plusieurs alternatives de traitement, en détaillant également le processus médical (et tout ce qui y est inclus). comme les avantages et les inconvénients / bénéfices et risques, existant dans chaque traitement, pour lui permettre de prendre une décision personnelle intelligente concernant le traitement qu’il préfère. Comme indiqué, cela doit être fait sans exercer de pressions et librement, en tant que personne libre. Malgré tout ce qui précède, l’État d’Israël et le ministère de la Santé ne présentent pas aux citoyens israéliens les alternatives actuellement existantes pour traiter la maladie de Corona, qui se sont avérées efficaces et avec peu d’effets secondaires, et non dangereuses. Ils sollicitent les citoyens et leur font pression (tout en violant de manière flagrante le processus de consentement éclairé), dissimulent les informations concernant les vaccinations et créent une atmosphère sévère de peur et de coercition.

d) Un quatrième principe est que l’expérience sera menée pour éviter les souffrances ou les blessures physiques. On sait que le traitement a causé la mort de nombreuses personnes, des blessures et des dommages graves (y compris une incapacité et une paralysie) après l’administration du vaccin. Malgré ce fait, le gouvernement n’a pas ordonné l’ouverture d’une enquête sur la question. Il est intéressant de constater que le ministère de la Santé a ouvertement admis que 41% des policiers, des militaires, du personnel éducatif et médical, qui avaient été vaccinés, souffraient d’effets secondaires graves et mettaient leur vie en danger. Il est également étonnant qu’il n’y ait pas de rapports complets sur le nombre de morts ou de blessés, comme on peut s’y attendre dans un tel processus médical au profit du public participant à l’expérience.

e) Un cinquième principe stipule que l’expérience ne doit pas être menée lorsqu’il y a des raisons de supposer que la mort ou des blessures réelles se produiront. Concernant la violation de ce principe, voir ci-dessus. Comme indiqué, concernant les données sur les cas de décès, nous les citoyens n’entendons que de bouche à oreille sur les réseaux sociaux (par des amis, des voisins ou des proches) et non sur les médias centraux.

f) Un principe supplémentaire est que le facteur responsable de l’expérience sera prêt à l’arrêter à n’importe quel stade s’il existe une raison raisonnable de supposer que cela causera des blessures, une invalidité ou la mort du participant à l’expérience. Il a déjà été prouvé que beaucoup de gens sont morts du traitement, ont été blessés, sont devenus invalides et paralysés; cependant, le gouvernement israélien continue d’imposer cette dangereuse expérience aux citoyens israéliens.

g) Voici des publications récentes, qui démontrent les violations flagrantes et criminelles du Code de Nuremberg au nom du gouvernement, des ministres et des membres de la Knesset, des chefs de villes et des hauts fonctionnaires, ainsi que des employeurs :

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples (parmi tant d’autres) de violations du Code de Nuremberg (qui seront jointes à l’annexe 2 de ma lettre).

Exercez une pression économique :

1.    L’Association des fabricants, appuyée par un avis juridique, menace d’envoyer en congé sans solde tout salarié qui ne sera pas vacciné.

2.    Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, souhaite promulguer une loi qui empêchera l’arrivée des non-vaccinés sur un lieu de travail.

3.    Ne pas refuser les frais de chômage.

L’exercice de la pression sociale :

1.    1. Une menace pour empêcher l’accès aux divertissements, aux loisirs et à la réception de services de la communauté.

2.    Les artistes, les leaders d’opinion et les représentants du public, qui dans tous les coins choisissent de faire de la propagande, et de manière agressive et insultante, proposent même des punitions et des sanctions. (Membre de la Knesset Ayelet Shaked, membre de la Knesset Smotrich, le ministre de la Santé Edelstein, membre de la Knesset Benet, animateur de l’émission matinale Avri Gilad, le chanteur Yoram Gaon, Judy Nir Moses et autres)

3.    Des véhicules avec des systèmes de sonorisation errant dans les rues exhortant les gens à arriver pour les vaccinations, des conversations et des avis agressifs des compagnies d’assurance maladie, et même en fixant des rendez-vous pour les vaccinations sans le souhait des assureurs, et plus encore.

Incitations interdites pour les vaccinés :

1.    Recevoir une nuit gratuite dans un hôtel, des jours de vacances, etc., offerts par les propriétaires de diverses entreprises à leurs employés.

2.    Réductions dans divers établissements commerciaux, privés et publics, ainsi qu’une carte d’avantages promue par le gouvernement.

Le Premier ministre israélien a déclaré à plusieurs reprises que les citoyens israéliens participent à cette expérience médicale innovante au profit de tous les citoyens du monde, qui, pour une raison quelconque, ne se précipitent pas pour obtenir le traitement médical susmentionné, et ils attendent avec impatience de voir les expérimentateurs israéliens. Il en est de même de l’accord signé par le gouvernement avec la société Pfizer, occulté en de nombreux endroits, soulevant des questions sur les accords conclus par le gouvernement avec la société Pfizer.

Il est souligné par la présente que les moyens actuellement activés contre les citoyens, y compris la proposition de législation contre quiconque n’a pas été vacciné, contredisent non seulement le Code de Nuremberg et l’autonomie de l’individu sur son corps, mais également la législation en vigueur en Israël, y compris la loi fondamentale sur la dignité et la liberté des personnes, la loi sur la liberté d’occupation, la loi sur les droits des patients, la loi sur l’égalité des chances au travail, l’interdiction de la discrimination dans les produits, services et la loi sur l’accès aux divertissements et aux lieux publics, et d’autres lois.

Par conséquent, et compte tenu de ce qui précède, nous adressons à votre honneur deux demandes principales :

1.    Interrompre immédiatement l’expérience médicale et l’administration de vaccins au public des citoyens israéliens.

2.    Donner instruction au Gouvernement d’entamer toutes les procédures législatives qui enfreignent le principe du consentement éclairé d’une personne pour recevoir le traitement médical décrit ci-dessus, et qui nie le statut juridique en Israël et dans la démocratie israélienne, y compris le fait d’éviter de légiférer sur le Passeport vert, remise des noms de ceux qui ne sont pas vaccinés aux autorités locales ou à toute autre législature nuisible.

3.    Agir avec la sévérité la plus requise contre toute entité publique / commerciale / professionnelle, qui viole les lois de l’État sur les sujets de l’emploi ou les autres sujets nécessaires pour empêcher la contrainte, la coercition ou la sollicitation de vacciner, ainsi que l’objet de discrimination, contre ceux qui ont fait le choix de ne pas recevoir le traitement médical innovant susmentionné.

4.    Nous vous demandons de porter à votre attention qu’une copie de ce document sera également transmise aux canaux médiatiques du monde entier car la violation du Code de Nuremberg est pertinente dans tous les pays du monde libre.

5.    Enfin, il est précisé que ce n’est que récemment qu’une décision a été prise au Parlement européen le “27/1/21”, enjoignant toutes les autorités de ne pas exercer de pression ou de sollicitation sur les personnes pour qu’elles prennent le vaccin Corona de quelque manière que ce soit. Par conséquent, tout ce qui est bon pour les États européens avancés l’est certainement aussi pour Israël — et l’équilibre est évident.

Représentation légale et élection de domicile, les candidats seront représentés aux fins de cette procédure parCour pénale internationale (signatures)

Bientôt une plainte française avec Réaction 19 !!!


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11 mars 2021

477. Branking News 2: Les manchettes


11 Mars 2021 - Un astéroïde va frapper la Terre, annoncent les scientifiques !
Impact prévu dans 13 jours.

12 Mars 2021 - Émeutes généralisées dans le Chaos de l'Astéroïde !
Paris et Los Angeles en flammes - Loi martiale à Pékin.

13 Mars 2021 - État d'urgence déclaré dans toute l'Union Européenne !
Bruxelles invoque les pouvoirs d'Urgence de l'EuroGendFor; Le Président Macron appelle au calme.

14 Mars 2021 - Apparition soudaine du Culte de l'Astéroïde !
Le Groupe apocalyptique atteint 450 millions d'adhérents en moins de 24 heures.

15 Mars 2021 - La criminalité explose à Marseille !
La Police se dit impuissante à résorber les violences dans les quartiers nord.

16 Mars 2021 - Les mariages et les divorces explosent !
Un nombre record de gens revend ses alliances à un nombre encore plus record de gens qui se les arrachent.

17 Mars 2021 -  L'Astéroïde a ralenti son approche !
Les scientifiques expliquent que l'astéroïde doit être un vaisseau spatial.

18 Mars 2021 - Sommes nous tout de même perdus ?
Les Cultistes de l'Astéroïde prophétisent que l'astéroïde contient une armée de libération venue nettoyer la Terre des Illuminatis.

19 Mars 2021 - Nous ne sommes pas seuls !
L'astéroïde a changé de trajectoire, prouvant qu'il est artificiel. Il orbite désormais autour de la Terre. 

20 Mars 2021 - Bienvenus sur Terre !
L'OMS déclare officiellement la fin de la Plandémie. Un "Groupe de Bienvenue" atteint 2 milliards de followers sur Twitter dont 1 milliard 800 millions de fans excités exilés sur Parler et sur Telegram. 

21 Mars 2021 - Les leaders du monde entier adressent un message de paix aux Aliens !
Bill Gates et Georges Soros organisent des méga Concerts tout autour du Globe pour se faire pardonner et fêter l'évènement.

22 Mars 2021 - Elon Musk prépare une fusée et des astronautes pour aller accueillir les Aliens !
La fusée prête à être lancée. Toujours aucune réponse des Extra-Terrestres.

23 Mars 2021 - Aurait-on dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
Second changement de trajectoire du vaisseau Alien l'éloignant de la Terre.

24 Mars 2021 - Salut, Ciao !
Les Aliens ont re-accéléré et s'éloignent de l'orbite terrestre.

26 Mars 2021 - Nous l'avons échappé belle !
Le président Macron sort de son bunker et annonce la quatrième vague. Il rétablit le confinement et impose la vaccination pour tous. Houla ! Le monde a eu chaud aux fesses !

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7 mars 2021

476. Les fuyards d'Avalon


Au son d'une volée de volées de cloches qui fit décoller en masses les mouettes et les goélands, le festival du Solstice débuta dans la cité d'Avalon, la ville aux spires argentées dominant l'océan. 
Les gréements des navires dans les bassins étaient pavoisés de drapeaux et oriflammes. Dans les rues, entre les maisons aux toits d'ardoises et aux murs peints de vives couleurs, entre les jardins aux murets couverts de mousse et sous les grandes allées ombragées d'arbres sculptés, passé de grands parcs et bâtiments publics, les processions se mirent en mouvement.
Certaines étaient purement décoratives: Des anciens dans de longues robes mauves et orangées, des sculpteurs de tombes, des femmes joviales portant leurs nouveaux-nés et papotant entre elles en avançant.
Dans d'autres rues, l'ambiance était plus endiablée, un tintamarre de gongs, flûtes et tambourins, et la jeunesse se trémoussait en levant des cornes emplies de cervoise. Toute la procession gesticulait, comme en extase. Les enfants se faufilaient pour la rejoindre ou en ressortir, leurs cris aigüs comme ceux des oiseaux de mer. 

Toutes les processions se dirigeaient vers le nord de la ville, vers les Vertes Pâtures saturées d'eau, où filles et garçons, dans le plus simple appareil sous l'air vivifiant, aux bras souples et aux pieds et chevilles maculés de boue, tentaient de calmer leurs chevaux rétifs avant la course.
Les chevaux aussi étaient à poil, sans selles ni étriers, seulement équipés de rênes et sans mors glissés entre les dents. Leurs crinières étaient tressées de fils dorés, argentés et émeraude. Ils écumaient des naseaux et caracolaient comme s'ils se lançaient entre eux des défis, au comble de l'excitation: les chevaux étaient les seuls animaux  qui avaient adopté comme les leurs nos cérémonies.
Il y avait juste assez de vent pour faire claquer les bannières qui marquaient le champ de course et emporter jusque là le tintement joyeux des volées de cloches. 
Joyeux ! Comment vous expliquer ce qu'est la joie ? Comment vous décrire les habitants d'Avalon ?
Ce n'étaient pas de simples bonnes gens, voyez-vous, même s'ils étaient heureux. Mais nous ne poussons plus de cris de joie depuis longtemps. Les sourires sont devenus un lointain souvenir. Un archaïsme. 
Oh, je sais bien que la description que je vous ai donnée pourrait laisser entendre que la cité avait aussi un roi, ou un duc, monté sur un splendide étalon et entouré de ses fidèles fouvaliers et porte-glaives, ou peut-être à l'intérieur d'un carrosse doré tracté par une douzaine d'esclaves nubiles et musclés. Mais non, y avait pas de roi, pas de duc.
Les gens d'Avalon n'avaient aucun goût pour les glaives ou autres katanas, et ils ne savaient même pas ce qu'était un esclave. 
Ce n'étaient pas des barbares. Je connais pas exactement les règles et les lois de leur société mais je suspecte qu'elles étaient en tout petit nombre. Puisqu'ils vivaient sans autorité ni esclavage. Ni bourse d'échange, publicité, police ou bombe à retardement.
Mais j'insiste sur le fait que ce n'étaient pas de simples bonnes gens, d'innocents bergers, de nobles sauvages ou de fades utopistes. 
Ils n'étaient pas moins complexes que nous. Le problème, c'est que nous avons pris la fâcheuse habitude, encouragée par les pédants, les fats et les sophistiqués, de considérer le bonheur comme quelque chose de stupide. 
Seule la douleur est intellectuelle, seul le mal est intéressant.
C'est la trahison de l'artiste, le poignard dans le dos du créatif: le refus d'admettre la banalité du mal et le terrible ennui de la douleur. Si vous ne pouvez les soigner, embrassez-les. Si ça fait mal, recommencez.
Mais louer le désespoir, c'est condamner le plaisir; embrasser la violence, c'est perdre tout le reste. Nous avons presque tout perdu; on ne peut plus décrire un homme heureux, ni célébrer la joie.
Comment vous décrire les gens d'Avalon ? Ils n'étaient pas naïfs ni d'heureux enfants - quoique leurs propres enfants, en fait, l'étaient. Ils étaient matures, des adultes intelligents et passionnés, dont les vies n'étaient pas misérables. Oh , miracle ! 

J'aimerais bien pouvoir mieux les décrire. J'aimerais pouvoir vous en convaincre. Avalon, par ma bouche, ressemble à une cité de conte de fée, d'il y a très longtemps et très éloignée, du genre il était une fois de votre tendre enfance.
Peut-être vaudrait-il mieux pour vous que vous l'imaginiez avec vos propres fantasmes, en assumant qu'elle sera à la hauteur de vos espérances et mieux que dans Sim City. Car c'est sûr que je pourrai jamais tous vous satisfaire.
Par exemple, qu'en serait-il de la technologie ? Je pense qu'y aurait ni bagnoles ni hélicoptères dans et au dessus des rues, un peu comme dans cette antiquité que j'avais postée en 2007 ; ceci découle du fait que les gens d'Avalon étaient des gens heureux. Le bonheur est basé sur une saine discrimination entre ce qui est nécessaire, ce qui n'est ni nécessaire ni destructeur, et ce qui est destructif.
Dans une catégorie intermédiaire, toutefois - celle qui n'est ni nécessaire ni destructrice, celle qu'on pourrait attribuer au confort, au luxe et autres exubérances, ils pourraient parfaitement avoir des Harley-Davidson qui n'émettent pas plus de CO2 qu'un cheval arabe ou qu'une vache frisonne n'émet de méthane, le chauffage central, le métro, des machines à laver, et toutes sortes de gadgets merveilleux pas encore inventés à cette époque, des sources lumineuses flottantes, de l'énergie sans carburant, un traitement naturel contre la Covid. 
Ou rien de tout cela: c'est pas ça qui compte.
C'est vous qui voyez. Je suis enclin à penser que la majorité des gens des autres villes des deux côtés de la côte qui sont venus à Avalon pour participer aux festivités ont fait le voyage à bord de petits trains rapides, de Harley à moteurs quantiques mais pétaradant aussi bien que la mienne, et que la gare centrale et le parking à motos d'Avalon ressemblent à des Luna Parks, mais pas autant tout de même que le marché aux légumes ou la halle aux poiscailles.
Mais même avec ces trains et ces motos quantiques, j'ai bien peur qu'Avalon ne paraisse dans les yeux de certains d'entre vous que comme l'équivalent d'un village de Shtroumpfs ou d'une ville de la Comté de Tolkien au pays des Hobbits.
Des sourires, des cloches, des parades, des chevaux, blablabla. Si c'est le cas, rien ne vous empêche de rajouter des orgies. Si une orgie vous parait indispensable, je vous en prie, faites comme chez vous.  
Mais évitons, toutefois, ces temples dont surgiraient des prêtres et prêtresses à poil déjà complètement en extase et prêts à copuler avec les premiers venus, hommes ou femmes, qui ont l'envie de s'unir à la tête de bouc d'un Dieu sanglant, même si l'idée m'en avait traversé l'esprit au tout début. 
Non, vraiment, ce serait mieux si y avait pas de temple à Avalon - du moins pas de temples avec du personnel. La religion ça va, le clergé on s'en passera.
Sûrement que les nymphomanes et les satyriasiques pourraient se balader en liberté, s'offrant tels des souffles divins à la faim et aux besoins des chairs solitaires en manque de partenaires. 
On pourrait même les faire participer aux processions et aux parades pour satisfaire les voyeurs ! On pourrait faire tinter les tambourins au-dessus des copulations sauvages, et glorifier le désir à grands coups frappés sur des gongs ! 
Et, dernier point mais pas le moindre, permettre aux fruits de ces passions d'être adorés et les pupilles chéries de tous.

Un des trucs que je sais être inexistant à Avalon est la culpabilité. Mais quoi d'autre devrait être absent ou absente d'Avalon ? Au début, je me suis dit qu'y aurait pas de drogues, mais je me suis dit ensuite que c'était trop puritain. 
Pour ceux qui aiment en utiliser, la doucereuse arôme de l'herbe divine parfume les ruelles de la ville, l'herbe qui apporte légèreté et brillance au corps et à l'esprit, et, après quelques heures, une langueur rêveuse, et les visions merveilleuses des arcanes et des plus profonds secrets de l'univers, ainsi que les plaisirs sexuels les plus vifs bien au delà de vos rêves les plus fous comme les plus téméraires, et ceci sans aucune accoutumance ! 
Pour des goûts moins extravagants, il y a déjà la cervoise. Quoi d'autre ? Quoi d'autre chercher dans la cité de la joie ? 
Le sens de la victoire, assurément, la célébration du courage. Mais comme nous avons éliminé le clergé, faisons en autant des soldats. La joie bâtie sur des massacres réussis n'est pas la bonne sorte de joie; ça ne ferait pas l'affaire; ce serait à la fois terrifiant et trivial.
Une satisfaction généreuse et sans limite, un triomphe magnanime ressenti, non à l'encontre d'un ennemi extérieur mais en communion avec les âmes les plus pures et les plus justes de tous les humains et la splendeur d'un jour d'été: c'est cela qui fait gonfler les cœurs des citoyens d'Avalon, et les victoires qu'il célèbrent sont celles de la vie. Je pense pas qu'ils soient nombreux à utiliser l'herbe divine.

Le gros de la procession a désormais atteint les Vertes Pâtures. Une appétissante odeur de grillades s'échappe des tentes multicolores des marmitons. Les bouilles des marmots sont macérées de compotes et de confitures; dans la barbichette d'une jeune homme s'accrochent des miettes de pâtisserie. 
Les jeunes gens et les jeunes filles sont grimpés sur leurs montures et commencent à se regrouper près de la ligne de départ. Une vieille femme, ventripotente et riante distribue des fleurs que de jeunes hommes accrochent dans les cheveux de leurs amies. 
Un gamin, de huit ou neuf ans, au bord du champ de course, joue du pipot. Les gens s'arrêtent pour l'écouter, lui sourient mais ne lui parlent pas, car il ne cesse de jouer et ne les voit même pas, ses yeux sombres se balançant au rythme et à la magie de sa musique. Il termine enfin et repose lentement sa flûte sur ses cuisses. 
Comme si ce nouveau silence était un signal, une trompette sonne depuis le podium situé sur le côté de la ligne de départ: impériale, mélancolique et perçante. 
Des chevaux trépignent sur leurs jambes fines, certains se dressent sur leurs pattes arrière et d'autres hennissent comme en réponse.
Visages calmes, les cavaliers caressent le cou de leurs montures pour les calmer, "Calme, du calme, c'est bien ma beauté..." Ils commencent à s'aligner sur la ligne de départ. La foule, le long du champ de course, ressemble à une prairie d'herbes et de fleurs multicolores agitées par le vent. Le Festival de l'Été a commencé.

Vous y croyez ? Acceptez-vous le festival, la cité, la joie ? Non ? Alors permettez-moi de vous décrire un truc de plus.
Dans le sous-sol d'un des plus beaux bâtiments publics d'Avalon, ou peut-être dans le cellier d'une de ses plus belles mansions, il existe une salle. Elle ne possède qu'une porte verrouillée et pas de vitre. Un infime rai de lumière poussiéreux filtre à travers les planches qui barrent une ouverture grillagée et rouillée masquant la rue.
Dans un coin de la petite pièce sont rangés des balais-serpillières aux têtes malodorantes au côté d'un vieux seau tout corrodé.
Le sol est de terre battue et humide au touché. La pièce mesure trois mètres sur deux: à peine plus grande qu'un cagibi pour ranger des outils. Dans cette pièce, un enfant est assis. Ce pourrait être un garçon ou une fille, difficile à dire. On lui donnerait dans les six ans, mais en fait, il ou elle en a dix. 
L'enfant est faible d'esprit. Peut-être est-il né ainsi, ou peut-être l'est-il devenu par peur, par malnutrition ou par négligence. Ou les trois à la fois.
Il se fouille le fond d'une narine pour en ressortir une crotte de nez, de temps à autres il se triture les orteils ou les parties génitales, tandis qu'il se tient assis dans le coin opposé aux balais-serpillières et au seau. 
Il a peur des têtes de serpillière. Il les trouve horribles. Il ferme les yeux pour ne pas les voir, mais il sait bien qu'elles sont toujours là; et la porte est verrouillée et personne ne vient jamais, sauf que l'enfant n'a aucune compréhension du temps ou de ses intervalles - parfois, la porte grince en couinant et s'ouvre, et une ou plusieurs personnes entrent. 
L'une d'entre elle peut alors s'approcher - ou pas - et lui balancer un coup de pied pour le faire se lever. Les autres ne s'approchent jamais, mais l'observent d'un air apeuré et dégoûté puis détournent les yeux.
Le bol et la gamelle, en hâte, sont remplis d'eau et de nourriture, la porte est refermée, reverrouillée et les yeux disparaissent. Ces gens ne prononcent jamais un seul mot, mais l'enfant, qui n'a pas toujours vécu dans ce cagibi, qui a encore des souvenirs de ciels bleus ensoleillés et de la voix de sa mère, parle quelque fois. " Je serai sage," implore-t-il. "S'il vous plait, laissez-moi sortir. Je serai sage !" Ils ne lui répondent jamais. 
Le gosse a même appelé à l'aide certaines nuits, de tous ses poumons même, mais désormais il n'arrive plus qu'à geindre des "gniiiih" et des "gnaaaah" qui ne traversent que difficilement les planches qui obstruent l'ouverture grillagée donnant sur l'extérieur. Et il s'exprime de moins en moins souvent. 
Il est si maigre, il n'a même plus de mollets sur l'arrière de ses tibias; son abdomen ressemble à un ballon; il survit d'un demi-bol quotidien de flocons d'avoine mêlés de saindoux . Il est nu comme un ver et ses cuisses sont un tapis d'égratignures grouillant d'asticots, tandis qu'il s'assoit et s'allonge dans ses propres excréments.

Tout le monde sait qu'il est là, tous les habitants d'Avalon le savent. Certains sont même venus le voir, la majorité se contente de savoir qu'il est là. Tous savent que cet enfant doit demeurer où il se trouve.
Certains comprennent pourquoi, d'autres non, mais ils comprennent tous que leur bonheur, que la beauté de leur cité, la tendresse de leurs amitiés, la santé de leurs propres enfants, la sagesse de leurs savants, l'habileté de leurs artisans, et même que l'abondance de leurs pêches et de leurs récoltes ou la clémence de leur climat ne dépendent que de la plus grande et abominable misère de cet enfant.
Tout ceci leur est généralement expliqué entre l'age de huit à douze ans, dès qu'ils semblent capables de compréhension, quoique assez régulièrement, un adulte vient, ou revient, revoir l'enfant. 
Mais quelle que soit la manière dont on le leur explique, les jeunes spectateurs sont toujours choqués du spectacle. Ils ressentent du dégoût, ce dont ils se croyaient incapable de ressentir.
Ils ressentent de la colère, de l'outrage, de l'impuissance, en dépit de toutes les explications. Ils aimeraient pouvoir faire quelque chose pour l'enfant. 
Mais il n'y a rien qu'ils puissent faire.
Si l'enfant avait été tiré de son cagibi et sorti dehors, s'il avait été nettoyé, nourri et réconforté, ça aurait pu être une bonne chose; mais si cela était fait, à l'instant même toute la prospérité, la beauté et les délices d'Avalon s'évanouiraient et seraient détruits ! 
Ce sont les termes. Ceci est le narratif.  
Échanger tous les bienfaits et toute grâce de toutes vies en Avalon pour cette unique petite amélioration: Jeter aux ordures le bonheur de toute une population pour laisser une chance de bonheur à une seule: Voilà qui serait laisser le champ libre à la culpabilité dans les murs de la ville !

Les termes sont stricts et absolus; pas le moindre mot d'affection ne doit être prononcé envers cet enfant. Souvent, les plus jeunes rentrent chez eux en pleurs après leur visite, ou dans une rage dénuée de larme une fois vu l'enfant et été confrontés à ce terrible paradoxe. Certains même ruminent là-dessus des semaines et même des années.
Mais avec le temps, ils réalisent que même si cet enfant était libéré, sa liberté ne lui apporterait pas grand chose: un vague petit plaisir  dû à la chaleur et à la nourriture, sans doute, mais pas grand chose de plus. 
Il est vraiment trop endommagé et trop idiot pour assimiler de la joie véritable. Il a vécu trop longtemps dans la peur pour se libérer de cette dernière.  
Ses habitudes sont trop grossières pour qu'il réponde positivement à un traitement humain. En effet, après tout ce temps, il se sentirait misérable sans ses quatre murs pour le protéger, sans l'obscurité pour ses yeux, sans ses excréments pour se rouler dedans.
Leurs larmes contre la mordante injustice sécheront vite quand ils commenceront à percevoir la terrible justice de la réalité, et à l'accepter.
Pourtant, ce sont leurs larmes et leur colère, leur tentation de générosité et l'acceptation de leur incapacité à la donner, qui sont peut-être la véritable source de la splendeur de leurs vies. 

Il n'existe pas de bonheur insipide ou irresponsable. Ils savent qu'eux-même, tout comme l'enfant, ne sont pas libres. Ils savent ce qu'est la compassion. 
C'est l'existence même de cet enfant dans le cagibi, et leur conscience de cette existence, qui rendent possible la noblesse de leur architecture, la beauté de leur musique, la profondeur de leur science. C'est à cause de ce gosse qu'ils sont si doux avec les leurs.
Ils savent que si ce pauvre petit damné n'était pas là à sangloter dans sa cave, l'autre, le joueur de flûte, ne pourrait pas égrainer sa musique joyeuse tandis que les cavaliers s'alignent dans toute leur beauté pour la course au soleil de ce premier matin d'été.
Maintenant, croyez-vous toujours en eux ? Ne sont-ils pas plus crédibles ? 
Mais j'ai un autre truc à vous dire, et c'est le plus incroyable.
Il arrive parfois qu'un ou qu'une des adolescents qui ont rendu visite à l'enfant ne retournent pas chez eux pour pleurer ou tempêter, en fait, ils ne rentrent tout simplement plus chez eux du tout.
Parfois même des adultes gardent le silence un jour ou deux, puis quittent leurs demeures. Ces gens sortent dans la rue et marchent en solitaires. Ils continuent à marcher jusqu'à atteindre les portes de la cité d'Avalon, puis les franchissent.
Ils traversent les campagnes d'Avalon. En solitaires, enfants ou adultes, mâles ou femelles. La nuit, ils traversent des villages, entre les maisons éclairées à la bougie, et en ressortent pour s'enfoncer toujours plus loin dans l'obscurité champêtre. En solitaire, ils s'en vont vers l'est ou vers le nord en direction des collines. Ils continuent. Ils quittent Avalon. Ils marchent devant eux dans la pénombre et ne se retournent pas.
L'endroit vers lequel ils se dirigent est encore moins imaginable pour nous que ne l'est la cité d'Avalon. Possible même que cet endroit n'existe pas.
Mais elles semblent pourtant savoir où elles vont, toutes ces âmes en peine s'enfuyant d'Avalon.

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3 mars 2021

475. Mah-mah


Un bruit sec se fit entendre, craquant le silence matinal, et la créature velue assoupie 
à l'entrée de sa caverne s'éveilla brusquement.
D'un bond agile, elle se retrouva sur ses pieds. Elle se tourna vers le petiot, là où il était allongé sur une peau de cerf vidé, à quelques pas à l'intérieur de la grotte. Mais le moutard dormait paisiblement, aucun danger imminent autour de lui.
Simiesquement, la créature s'approcha jusqu'au rebord de la plateforme de basalte qui marquait l'entrée de ses pénates et, portant une patte velue au dessus de ses arcades pour se protéger les yeux d'un soleil printanier, elle ajusta son regard par dessus les arbres jusqu'à la rivière qui coulait derrière. Là-bas, à la tombée de la nuit et aux aurores, les animaux venaient s'abreuver. Mais à cet instant précis, les berges étaient désertes. 
Dans la clairière...
Dans la clairière, un jeune arbre se plia. Un instant plus tard, le craquement d'un tronc brisé lui parvint.
Une silhouette, énorme et sombre, se dessina momentanément au travers des feuillages. La grosse bête cherchait de quoi bouffer dans les branchages. 
Instinctivement, la créature s'accroupit et s'empara du silex pointu qu'elle avait trouvée sur le banc de la rivière voici deux hivers. Elle la tritura entre ses pattes jusqu'à ce qu'elle se loge parfaitement dans le creux de sa paume et que ses gros doigts aient une bonne prise. 
C'était un outil remarquable, ce bout de caillasse. C'est avec celui-ci qu'elle avait dépecé le cerf deux nuits auparavant, et massacré la tête de cette chose craignos, molle, longue et tachetée, lovée telle une amarre pas loin de son feu pas plus tard que ce matin même.
D'une certaine manière, c'était mieux qu'un vulgaire gourdin. Ah, si elle pouvait un jour en dénicher un avec un tel caillou tranchant poussant au bout tel une ratiche sur une gencive, ça serait le top...  
La créature scruta l'extérieur une fois de plus, et retourna à sa place près du marmot.
Elle s'accroupit là; et presqu' aussi sec, ses paupières s'affaissèrent et se refermèrent. La créature se reposa ainsi, assise sur ses talons et au soleil, car la nuit précédente, elle s'était remplie la panse quasiment à la limite du trop plein et il restait encore pas mal de barbaque sur la carcasse dans le fond de la caverne. 
L'avant-veille, rentrant bredouille et les mains vides de la chasse, elle était tombée par hasard sur un tigre à dents de sabre repu et endormi en pleine digestion à quelques mètres de distance de la carcasse du cerf que ce tueur en série avait égorgé quelques heures auparavant.
Sans faire de bruit, elle avait embarqué la carcasse encore tiède et sanguinolente sur ses larges épaules velues et l'avait ramenée en ahanant jusqu'à sa caverne, et sa femelle avait braisé des lanières de la viande tendre et juteuse sur le feu qu'ils conservaient allumé en permanence prés de l'entrée de la grotte. Et ils s'en étaient empiffrés jusqu'à plus soif, à se faire péter la couenne de l'estomac.
S'étant réveillée aux aurores, la créature, un mâle, était encore à demi repue. Un os à moelle encore tiède et quelques vers et asticots trouvés sous un tapis de mousse soulevé au bord d'une flaque d'eau avaient suffi à étancher son petit creux matinal.
Elle était donc assise, somnolente à l'entrée de sa caverne, baignée de soleil, immobile, sauf pour ses doigts velus qui exploraient par intermittence le tapis de poils qui recouvraient son poitrail et son bidon. De temps à autres, ses doigts fouineurs dénichaient un cancrelat, et la créature, après un grognement de triomphe, la croquait entre ses puissantes mâchoires et l'ingurgitait: - en dépit de son état rassasié, ces petites saloperies avaient pas trop mauvais goût, et la satisfaction de se débarrasser ainsi de ces éternels squatteurs ajoutait un peu de piment à leur manque de sel et de poivre.        
Mais voilà t'y pas qu'à ses côtés, le petiot émergea de son sommeil. Il remua sur la peau de cerf, secouant ses menottes et fouettant l'air de ses petits petons, en émettant des gargouillis. Dans l'esprit de la créature, tandis qu'il écoutait, à moitié assoupi, les syllabes liquides qui s'échappaient de la bouche du petit, des visions du ruisseau qui bouillonnait en dévalant du versant de la colline enneigée, bien au dessus de la caverne, pour rejoindre la rivière tout en bas, traversèrent son esprit.
"Ouah ouah, ouah," babilla le petit: la créature pensa à l'eau cristalline et pure aspergeant le gros rocher où elle s'asseyait parfois pour observer les créatures aquatiques et agiles glissant dans les profondeurs verdâtres de la mare qui s'était formée juste en dessous.
"Couh, couh," pipa le marmot; la créature pensa aux oiseaux dans le haut des arbres qui se souhaitaient de beaux rêves à la tombée de la nuit.
Mais voilà que les bruits du petit changèrent de registre. Ils semblèrent s'agiter. De ses lèvres, remuant mollement à la surface de ses gencives encore vierges de dents, sortirent les sons "Mah, mah."  Il gémissait, encore et encore, il pleurnichait, "Mah, mah, mah, mah". 
Agacée, la créature fit mine de se lever. Mais sa femelle la devança, vive comme l'éclair, furtive comme une couleuvre, sur ses pieds dénudés. Elle souleva l'enfant de sa peau de cerf, et approcha sa tête d'un des mamelons. Aussi sec, le marmot stoppa ses jérémiades: on entendait plus que les bruits de succions de ses petites lèvres tandis qu'il tétait.
Dans la boîte crânienne de la créature, des mémoires s'éveillèrent. Vaguement, elle se souvint d'un autre petit - celui que le maudit tigre à dents de sabre avait emporté sous leurs yeux, voici trois printemps. Ce petit aussi, s'était agité et avait pleurniché, et prononcé des "Mah, mah" lorsqu'il avait eu faim. Et, en entendant ce son, se souvint-elle, sa femelle, laissant sur place ce qui l'avait occupée dans le fin fond de la caverne, s'était approchée de lui et lui avait présenté ses tétons. 
La créature s'empara de la pierre de silex et commença à en gratter aléatoirement le sol de pierre du rebord de sa caverne. Quelque chose au sujet des images vues dans son esprit l'excitait et la dérangeait. Elles soulevaient en elle le même malaise vague qu'elle avait connu le jour où elle avait grimpé toute seule au sommet de la plus haute des collines et embrassé l'inimaginable et vertigineuse immensité  des plaines qui s'étendaient au delà de la rivière.
Perplexe, elle se leva, rejetant en arrière les long cheveux noirs qui encombraient ses arcades et sa vision et se dirigea vers le rebord de la plateforme rocheuse marquant l'entrée de la grotte afin de regarder ce qui se passait en bas prés du cours d'eau.
Mais les berges étaient désertes, la clairière aussi semblait vide, les arbustes immobiles, et même les roseaux, les pieds dans l'eau, ressemblaient à des statues. Aucun mouvement.
Derrière elle, sa femelle reposa l'enfant sur la peau de cerf, et, sans un bruit, regagna le fond de la grotte. Le marmot piailla un petit quelque chose, babilla un autre truc, souffla une bulle crémeuse et puis ferma son clapet. Elle se retourna pour lui jeter un œil. Le papote pionçait déjà.
Dans la température croissante de ce milieu de matinée, la créature était songeuse. Il y avait de ça bien des hivers, lui rapportait sa mémoire, elle aussi avait été enfant; et donc elle aussi avait dû être un jour une créature minuscule et sans défense telle celle que sa femelle venait d'allaiter, une petite créature qui pleurnichait et babillait dès qu'elle avait la dalle et qui se nourrissait aux mamelles d'une femelle. Elle se demanda en passant si elle avait émis les même sons que celui couché sur la peau de cerf.
Pour essayer, juste pour voir, elle arrondit ses lèvres épaisses pour tenter de reproduire le son...
Un bruissement de feuille se fit entendre derrière elle. Elle se retourna d'un bond, dans une soudaine pré-connaissance d'un danger.
Dans un fourré juste à côté de l'entrée de la caverne se tenait tapie une espèce d'énorme coyote. Il était galeux et décharné par la faim. Ses yeux dorés ett affamés bordés de paupières sanguines étaient fixés sur l'enfant.
Furtivement, ventre collé au sol, l'animal se dirigeait centimètre par centimètre en direction de sa gouleyante proie. Au moment où la créature l'aperçut, la bête avait terminé son approche et repliait déjà ses pattes arrières pour l'assaut final.
Les yeux de la créature mesurèrent les options. Mais elle était trop loin.
Jamais elle n'atteindrait l'enfant à temps.
Avant qu'elle ne parcoure la moitié de la distance, le prédateur aurait bondi, refermé ses puissantes mâchoires sur le petit et taillé avec sa proie dans les sous-bois.
Un court instant, la créature se tétanisa, comme prise de paralysie. Puis ses lèvres se souvinrent du son émis par le petit. À sa plus grande surprise, le rugissement de sa voix résonna dans toute la caverne.
" MAH, MAH!" rugit-il. "MAH, MAH!"
Le coyote stoppa net dans son élan. Il montra les crocs en direction de la créature. Puis ses yeux se reportèrent sur l'enfant; il s'apprêtait de nouveau à bondir.
Mais tandis que le coyote se préparait à se relâcher tel un ressort pour la mise à mort, la femelle apparut à l'entrée de la grotte. L'instinct du danger l'avait alertée. En un éclair, elle s'empara de son marmot et le mit en sécurité.
Le saut du coyote vit atterrir le corps de ce dernier sur la peau de cerf désormais désertée, et, tandis que la créature se rapprochait, armée de son silex, pour lui faire sa fête, le coyote détala dans les fourrés.
Portant l'enfant dans ses bras, la femelle se rapprocha d'elle.
Le cerveau de la créature comprit enfin le truc qu'elle n'avait encore jamais compris jusqu'à cet instant.
Elle allongea un bras et pointa un doigt sur le front de sa femelle.
"Mahmah," dit-elle. "Mahmah."  

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27 févr. 2021

474. Point d'Interrogations ?


Point d’interrogations ?

Te poses tu parfois les questions surannées,
Celles qui stagnent là, aubades sans refrain
Comme l’œil scrutateur qui poursuivit Caïn,
Venant hanter les nuits de ses vieilles années ?

Âme seule égarée sur la Terre incarnée,
Prisonnière d'un corps qui l’a prise en chemin,
Qui la libèrera, peut-être bien demain,
Sans savoir pour autant quelle est sa destinée ?

Est-ce la fin d’un tout, le début d’un néant,
N’était-ce qu’une escale en trop vaste océan,
N’était-ce qu’une halte prise en purgation ?

Levure dans le pain qui demain séchera,
Étincelle de vie d’un cœur qui lâchera,
Ira t’elle assouvir une autre conception ?

*
Dis-moi donc, chambellan, grand maître du festin,
Quel dessert prévois-tu pour son humain palais
Une fois libérée, timide feu follet,
Sa pauvre âme apatride en quête de destin ?

Meringues de couleurs ou bien glaces sans tain
Tandis que l’être aimé pleure sur mausolée,
Se demandant aussi, pauvre âme inconsolée,
Si rejoindra un jour son très cher Valentin ?

Et que peut espérer un pauvre esprit athée
En attendant la mort de sa cape drapée
Fauchant devant lui ces points d’interrogation ?

A quoi peut donc s’attendre une âme à l’agonie
Qui se sent délaissée, vouée aux gémonies,
Sera-ce point final ou temps de transition ? 

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