Bienvenue, curieux voyageur

Avant que vous ne commenciez à rentrer dans les arcanes de mes neurones et sauf si vous êtes blindés de verre sécurit, je pense qu'il serait souhaitable de faire un petit détour préalable par le traité établissant la constitution de ce Blog. Pour ce faire, veuillez cliquer là, oui là!

28 mars 2007

238.Morts-vivants


« Que penses-tu de la mort ? » Bon, ben je dirais que c’est la prise de conscience constante de la mort qui donne du piment à la vie. À partir du moment où on perd le sens de sa propre moralité, on succombe à une différente sorte de mort, une mort dans la vie, ce qui est une mort beaucoup plus dangereuse que celle qu’on redoute en général.

J’ai le choix, le même choix auquel tout homme est confronté. Je pourrais vivre une vie frivole, comme sous les draps du lit de Cristalle B36 pour ne citer qu’elle, je pourrais essayer de vous impressionner avec la baraque dans laquelle je vis, les fringues que je porte, la caisse que je conduis.

Je pourrais m’efforcer d’obtenir le succés, l’admiration de mon entourage. Révéler au grand jour leurs jalousies. Je pourrais rechercher à dominer ma propre famille, ou l’équipage de mon rafiot, dans la vaine tentative de masquer mes propres déficiences.

Je pourrais rechercher la gloire - comme je le fais couramment à travers ce putain de blog -, ce qui est, comme je m’en aperçois chaque matin, la plus insaisissable de toutes les poursuites, car la gloire n’a pas de substance et a tôt fait de s’évaporer.

Je pourrais aussi m’adonner à un papotage sans fin sur la façon dont je perçois mes relations et mes voisins, dissipant l’énergie de ma vie morceaux par morceaux. Je pourrais me vautrer dans l’apitoiement, refusant d’accepter toute responsabilité pour mes propres turpitudes. Je pourrais manipuler mon entourage pour qu’il prenne soin de moi, ce qui est la façon de faire de nos dirigeants comme de ceux qui voudraient prendre leurs places.

Je pourrais me plaindre de la monotonie, comme si c’était à mon entourage qu’il revenait d’injecter un peu de piment dans mon existence.

Mais tout ça n'est, somme toute, que la logique des morts-vivants, des gens qui ont abandonné la vie, qui sont partants pour dilapider leur don le plus précieux, parce qu’ils refusent de confronter la réalité de la mort. S’ils voulaient vivre, vraiment vivre, ils se relèveraient en une résurrection de leur fabrication et s’engageraient dans la vie qui est la leur.