20 mai 2005

58.Blablabla...

Je sais que pour certains d'entre nous il paraît naturel de dire des choses contraires à celles que nous pensons ou vivons réellement. Moi même, je l'ai souvent fait, pas vraiment intentionnellement, ça m'échappe parfois, disons en le faisant volontairement pas exprès, d'autres fois aussi, mais toujours sans le faire exprès volontairement, mais bon, le fait est là.
Mais quand quelqu'un le fait si souvent que ça en devienne évident et même flagrant, même si ce n'est que pour qualifier ses propres actions ou pour démontrer aux autres qu'ils ne sont pas eux-même ceux ou ou celles qu'ils n'aimeraient pas qu'on croit, ce qui en fait revient à les dévoiler encore plus crûment, eh ben ça me rend malade.

Parce qu'exploiter une personne, même par l'entremise d'un Blog ou d'un poème, c'est un peu lui arracher l'âme en réalité, pas seulement la presser comme un citron, mais la démolir. Reste à savoir qui est la croix et qui est le crucifié...

Ce qui est malheureux, c'est que ce sont souvent les histoires les plus décevantes, celles qui n'ont pas de véritable fin, et par conséquent pas de véritable sens, qui paraissent les plus conformes à la vie. Un truc que j'ai compris quand même, il ne faut pas juger les gens sur leur fidélité en tant qu'êtres humains, leur affection se limite en général à l'excitation d'un moment.
Pour terminer sur une note plus pimpante, je dirai que c'est toujours celui qui rit le dernier qui rit le mieux!

18 mai 2005

57.Quizz

Sérieusement, je pense pas que vous serez captivés. Mais faites comme chez vous, vraiment.. Vous voyez, parfois ma tête se barre en voyage. Mon cerveau adore mastiquer des plats différents, mais ils doivent avoir de la consistance. Sinon je resterais assis devant ma télé à mater des pubs ou de la real-télévision plutôt que de laisser mon esprit galoper et galoper. Si loin que parfois quand ma femme me demande: "T'as pensé à remplir la feuille d'impôts?", je reste totalement absent "Hein, tu as dit quelque chose?" . Alors, au cas où vous seriez une de ces personnes qui n'ont apparemment rien de mieux à faire que de rester scotchés devant un écran brillant, espérant que de minuscules particules des problèmes existenciels de gens qui vous sont totalement étrangers vous sautent à la figure et vous pénètrent et quelque part rendent vos propres problèmes plus supportables (notez que pour ce genre choses, il y a certainement mieux à faire), voici quelques uns des thèmes que je me propose de soulever aujourd'hui: Pourquoi suis-je si fainéant?
A. Est-ce à cause de l'herbe?
B. Est-ce que je culpabilise simplement à cause d'un grave manque d'amour propre?
C. Qui a dit qu'il fallait de l'ambition pour être heureux?
et D. Est-ce que j'exploite à fond mon soit-disant potentiel?
Question subsidiaire: Le potentiel est-il quantifiable, et si non, comment saurai-je si j'ai atteint ses limites?
Il est si difficile en fait de dire ce qui fait qu'une vie a été une vraie vie. Je dis "vraie", mais qu'est ce que je veux dire en fait? Tiens, par pur défi, j'aurais presque envie de vous dévoiler le fond de ma pensée. Mais je n'en ferai rien. Car chacun sait que le défi est à l'opposé de la véritable indépendance. Un petit indice quand même: Je pourrais aussi bien dire "Une vie où une personne devient ce qu'elle est." ... sinon, elle n'a jamais existé.

13 mai 2005

56.Tel père, tel fils...

Nous sommes au mois de mai, le mois où naquit mon père il y a bien longtemps. Mon père était un grand moralisateur. La plupart du temps on s'engueulait, du moins quand il n'osait plus me frapper. J'aimerais penser que c'était surtout dû au fait que c'était un con, toutefois je pense qu'à la racine de nos désaccords se trouvait le fait que nous nous ressemblions étrangement. J'ai plus tard commencer à trouver en moi beaucoup des attributs que je n'aimais pas en lui. Et ça fout les boules! Beaucoup. Il était souvent critique et rabaissant, et définitivement moralisateur. 
Près de sa fin, il m'a un jour dit qu'il savait que ce qu'il me disait était blessant mais qu'il ne pouvait s'en empêcher. Je suis désolé d'admettre que je sais exactement ce qu'il voulait dire. Parfois, je ressens le besoin physique de me bâillonner moi-même la bouche avec les deux mains afin d'éviter de dire des choses qui peuvent se passer d'être dites. J'ai une femme aimante, généreuse et attentionnée, des enfants merveilleux et je suis terrifié à l'idée qu'ils pourraient en venir à me haïr simplement parce que je n'aime pas la façon dont ils s'habillent ou la façon qu'elle a de ranger ses tupperwares.

10 mai 2005

55.Calculez-vous même!

Je peux écarter la théorie que la Terre pourrait dévier de son orbite si tous les chinois et autres crèves la faim se mettaient à sauter à pieds joints en même temps. Mais le fait que les affamés sont si nombreux est contrebalancé par le fait que nous autres peuples occidentaux tendons à devenir de plus en plus gros. Nous devenons de plus en plus obèses pour cette simple et unique raison: contrebalancer le poids du nombre croissant de crèves la faim. Alors tous au McDo pour sauver la planète!

6 mai 2005

54.En chasse...

C'est peut-être pas tout ce qui vous entoure, pas tous les gens ni toutes les choses qu'il faut blâmer pour ce vide que vous ressentez. Peut-être que l'unique raison pour laquelle votre plumard vous paraît trop grand, pour laquelle vous en avez marre de dormir seul(e) se trouve en vous. Peut-être avez-vous besoin de faire la paix avec vous même. 
C'est pourtant comme un jeu de cache-cache. Vous cherchez, cherchez encore, cherchez toujours cette clé magique qui déchaînera les démons en vous et leur rendra la liberté, vous rendant la santé mentale. Peut-être que tous ces pare-feux que vous avez établis - ces trucs que vous faites et qui semblent vous rendre heureux(se) - peut-être qu'ils ne vous aident pas vraiment. Ils vous permettent seulement de vous évader. 
L'évasion n'aide pas, elle n'a jamais aidé personne. Partir peut vous ouvrir des perspectives, mais partir signifie seulement que tout sera encore là quand vous reviendrez. On peut envier ceux qui semblent en paix avec eux-même, qui semblent entiers, qui ont un foyer, des enfants, un job. Mais ceux-ci ne cherchent rien. Ceux sont les gens du milieu, ils ne changeront pas les choses - ni artistiquement ni personnellement. Ils n'ont jamais connu l'excitation de la chasse - la quête de ces choses qui vous rendent votre intégrité. Ils sont contents de ce qu'ils ont. 
Moi je veux pas de cette merde. Cette sensation de vide en moi, qui se déguise en solitude la plupart du temps, je m'y révèle, mon manque d'intégrité fait partie de ce qui fait de moi un être entier. Etre constamment à la recherche de quelque chose qui me fasse vivre. On naît dans une société avec des images pré-programmées. C'est comme quand on fait ses courses - vous entrez dans un magasin et vous choisissez votre image dans les rayons: punk, hiphop, goth, rasta, bobo, bcbg...tous anonymes... ce sont là toutes les images qu'on vous propose - Putain que c'est dur de se retrouver, ils vous ont retrouvés à votre place! Il n'y a plus d'aventuriers parce que l'aventure aujourd'hui se résume à un voyage safari organisé à quelques milliers d'euros. Il n'y a plus de scouts, plus de découvreurs, plus d'explorateurs parce qu'on a tous un téléviseur, il y a même plus de lettres depuis qu'il y a l'email. 
La raison pour laquelle tant de gens se sentent vides réside dans le fait qu'on ne prend plus la peine de chercher de quoi remplir ce trou. Peut-être qu'en fait rien ne peut le remplir, peut-être que la seule chose qui compte en fait, c'est la quête. La fin qui justifie les moyens. 
En tous cas, c'est elle mon moteur et c'est elle qui m'emplit de colère, c'est elle que je crains, que j'aime et qui m'inspire. Laissez les vous juger pour être trop émotifs, laissez les vous juger pour être trop cyniques, laissez les vous juger pour manque d'amour propre, qu'ils aillent se faire foutre, cherchez, trouvez vous, trouvez le bon moteur.

3 mai 2005

53.Appendicectomie

Je parle ici d’une opération chirurgicale qui me tenaille les tripes depuis bien avant mon départ et après mûre réflexion - me connaissant, prenez pas ça comme une vengeance - j’ai décidé de m’y soumettre. Y a quelque chose de duraille à s’faire chambrer, trouvez pas ? Une espèce de dépouillement… Dépouillement de vos valeurs, de votre intégrité, de votre morale et que sais-je … ? Assailli par le mal des hauteurs, la perte de la parole, le remord sexuel ou la gueule de bois…, et puis quoi encore, est-il nécessaire d’étudier plus à fond les symptômes pour cerner le diagnostic? Okay, je prétexte peut-être un mal de ventre temporaire…, mais le mal est bien là, même si l’abdomen dont je suis le propriétaire est le moins affecté par cette souffrance. Disons que c’est l’excision du mal d’une tumeur bourrée d’épines qui a souhaité me faire croire universelle sa vérité… Une sorte de mante religieuse, moitié sœur de la miséricorde, moitié prédatrice : je l’arrache d’ailleurs comme une plante grimpante emplie de passion mais n’ayant rien accompli avant de fâner. Ses fleurs par ailleurs étaient rouges sanguines délavées et leur parfum très évasif… Pour ceux qui m’aiment encore, ne vous inquiétez surtout pas, ma convalescence sera achevée avant l’équinoxe…